Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont

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Charles Henri de Lorraine-Vaudémont
Charles Henri de Lorraine, Prince of Vaudémont, Sovereign of Commercy, 1708.jpg

Charles Henri de Lorraine-Vaudémont

Naissance
Décès
Nationalité
Père
Mère
Enfant
Distinction
chevalier de l'ordre de la Toison d'or (d) +

Charles-Henri de Lorraine (Bruxelles, - Nancy, ), comte puis prince de Vaudémont, de Commercy, etc., est le fils légitimé de Charles IV de Lorraine et de Bar et de sa maîtresse Béatrix de Cusance. Il servit dans les armées de l'Empire romain germanique et fit entièrement reconstruire le château de Commercy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Henri est le troisième enfant que Charles IV eut avec Béatrix de Cusance. Le divorce du duc d'avec la Nicole de Lorraine n'ayant pas été légitimé par le Saint-Siège, les enfants nés de ce « deuxième » mariage (reconnu plus tard) ne purent prétendre à la succession au duché.

Le prince de Vaudémont reçut de son père un petit État souverain composé de territoires pris dans le nord du duché de Lorraine : la baronnie de Fénétrange, les comtés de Sarrewerden, de Bitche et de Falkenstein.

Titré par son père comte puis prince de Vaudémont, Charles-Henri hérita sans doute du tempérament de son père et fut un grand homme de guerre. Il fut toutefois plus fidèle et constant, après avoir choisi de servir l'Empire et non le roi de France, oppresseur des duchés. Gouverneur du Milanais, Grand d'Espagne de première classe, il fut fait chevalier de l'ordre de la Toison d'or en 1675.

Château de Commercy (état actuel)

En 1669, il épousa une de ses cousines françaises de la maison de Lorraine-Elbeuf, Anne-Élisabeth (fille du duc d'Elbeuf et d'Anne-Elisabeth de Lannoy) ; ils eurent un fils, Charles-Thomas (1670-1704), lui-même prince de Commercy et homme de guerre qui mourut avant son père. Charles-Henri renonça alors, au profit du duché, à son État souverain des environs de Bitche.

En compensation, le duc Léopold attribua à son cousin le prince de Vaudémont la principauté de Commercy en 1708. Le prince fit construire dans cette petite capitale un vaste château ; Germain Boffrand, architecte du Roi (de France, Louis XIV) et premier architecte du duc de Lorraine, en dressa les plans, conservant les bases d'un ancien château-fort cantonné de tours rondes ; il reprendra ce même principe pour le célèbre château d'Haroué.

Veuf depuis 1714, le prince mourut à 74 ans, sans postérité survivante. Il fut inhumé à la chartreuse de Bosserville que son père avait fondée. La principauté de Commercy fit alors retour au domaine ducal.

Un Lorraine-Elbeuf, Joseph-Marie (1759-1812), porta encore le titre de prince de Vaudémont. Sa femme, née Louise de Montmorency-Logny, fut une précieuse amie de Talleyrand.

Un amateur de musique et des arts[modifier | modifier le code]

Toute sa vie, le prince a été un grand amateur de musique. À Bruxelles, le compositeur Pietro Antonio Fiocco lui dédicaça un petit opéra intitulé Le Retour du printemps, le 13 juin 1699, écrit dans le style lullyste[1]). Le manuscrit en est conservé à la Bibliothèque nationale de Vienne.

À Milan, Charles-Henri avait fait monter le dramma per musica Angelica nel Cataï, adaptation italienne du Roland du même Lully, à l'occasion de la venue de Philippe V d'Espagne[2].

La dédicace de la Nouvelle méthode pour apprendre la musique (1709) de Michel Pignolet de Montéclair apprend que celui-ci fut le maître de musique de la musique de Charles-Henri, et qu'il l'accompagna jusqu'à Milan peu avant 1699.

Enfin il fut probablement[réf. nécessaire] en rapport avec le compositeur Henry Desmarest.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Portraits[modifier | modifier le code]

Des portraits peints de Charles-Henri de Lorraine et de son épouse sont visibles à l'hôpital Saint-Charles de Commercy. Il existe aussi des portraits gravés par Nicolas de Larmesin d'après Jean Ranc[réf. nécessaire].

Sources manuscrites et imprimées[modifier | modifier le code]

par ordre chronologique

  • Bibliothèque nationale de France (Manuscrits) : Collection de Lorraine, vol. 726 à 970, regroupa des papiers du prince de Vaudémont (correspondances, comptes, rentes, documents divers). Inventaire de cette collection dans Philipe Lauer, Collections manuscrites sur l’histoire des Provinces de France, tome I (Bourgogne-Lorraine), Paris, 1905, p. 439-485.
  • Augustin Calmet, Notice de la Lorraine, Lunéville, 1840 (lire en ligne).
  • Lettres inédites de Mmes des Ursins, de Maintenon, de MM. le duc de Vaudémont, le maréchal de Tessé et le cardinal de Janson, Caen, A. Hardel, 1862.
  • Léonce Pingaud, Le Prince Charles-Henry de Vaudémont (1649-1723), Besançon, Dodivers, 1879, 32 p. (précédemment publié dans Mémoires de la Société d'émulation du Doubs, 1876).
  • Nigel Kent-Barber, Le Prince de Vaudémont, Charles-Henry de Lorraine et le régime espagnol au Milanais (1700-1707) : Une introduction au fonds Vaudémont, thèse de lettres, Paris, 1967, 277-XV ff.
  • (en) John M. Stapleton Jr. Forging a coalition army : William II, the Grand alliance and the Confederate army in the Spanish Netherlands, 1688-1697, Ohio State University, 2003.
  • John Childs, The Treaties of the War of the Spanish succession : An historical and critical dictionary, Greenwood, 1995, p. 460-462.
  • Nicolas Moralès, L'Artiste de cour dans l'Espagne du XVIIIe siècle : étude de la communauté des musiciens au service de Philippe V (1700-1746), Madrid, Casa de Velasquez, 2007.
  • Manuel Couvreur, « Pietro Antonio Fiocco, un musicien vénitien à Bruxelles (1682-1714) », Revue belge de musicologie n°55, 2001, p. 147-164.
  • Hubert Collin, « Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudémont, souverain de Commercy, homme de guerre, diplomate et homme de cour (1649-1723) : portrait d'un « citoyen de l'univers » ami des arts », Henry Desmarest (1661-1741) : Exils d'un musicien dans l'Europe du grand Siècle, Versailles, CMBV et Sprimont, Mardaga, 2005, p. 137-148.
    Une version plus développée du texte précédent a été lue à Nancy à l'Académie Stanislas le 23 mai 2003, sous le même titre (disponible en ligne).

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Couvreur, 2001, p. 158-159.
  2. Morales, 2007, p. 169.