Charles François Nivard

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Ne doit pas être confondu avec François Nivard Charles Joseph d'Hénin.
Charles François Nivard
Biographie
Naissance
Décès
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Maître

Charles-François Nivard, est un peintre paysagiste français, né le à Nancy[1] et décédé le à Versailles[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles François Nivard naît le 22 avril 1739 dans une modeste famille nancéienne, de Pierre-Nicolas Nivard (1716-1762), Maître tisserant, et d'Anne Ladmiral (1696-1776). Marié [3], il commence à peindre et déménage à Paris pour mieux vendre ses toiles. C'est là qu'il rencontre Simon-Mathurin Lantara, qui lui apprend de nombreuses techniques, notamment pour peindre les effets de lumière, le ciel et les nuages. En 1783, alors que Nivard a 44 ans, il est agréé par l'académie royale de peinture et le succès vient[4]. Il débute au Salon de peinture et de sculpture la même année[5].

Marié le 14 novembre 1763, à Nancy, paroisse St-Epvre, Meurthe-et-Moselle, avec Marguerite Henry, née le 11 décembre 1741 à Nancy, décédée le 20 novembre 1804 à Nancy, (qu'il a perdu de vue depuis cinq ans), il adhère publiquement aux idées révolutionnaires : il date ses tableaux selon le calendrier républicain, et est un des premiers bénéficiaires de la loi autorisant le divorce en France, se séparant le 10 novembre de sa femme Marguerite Henry, dont il a eu quatre enfants: Joseph né le 3 avril 1764 à Nancy, Thérèse née le 23 novembre 1765 à Nancy et décédée le 18 mai 1842 à Nancy, Marie Anne née le 6 août 1767 à Nancy, décédée le 3 octobre 1767 à Nancy, et Marie Margueritte née le 13 mai 1769 à Nancy, décédée le 26 janvier 1776 à Nancy (sources : Registres des archives de Nancy), il part rejoindre à Villeneuve-le-Roi sa maîtresse Marguerite Adelaïde Poilleux, née à Beauvais, Oise, Picardie, décédée le 4 mai 1810 à Versailles (source : Registres  des archives de Villeneuve-le-Roi ), qu'il épouse dès le 19 novembre 1792 et dont ils auront trois filles : la première, Charlotte Adélaïde née vers mars 1787 à Villeneuve-le-Roi et décédée le 22 octobre 1787 à Vaumort, 89, Yonne ; la seconde, Adélaïde Jeanne Charlotte, née le 11 mai 1789 à Villeneuve-le-Roi ; la troisième, Anne-Fédérée née le 27 juillet 1790 à Villeneuve-le-Roi.

Les deux dernières filles de C. F. Nivard ne seront jamais mariées. Leur père, Charles François, avait fait une déclaration, le 26 août 1820, devant Bouant Simonat, notaire à Versailles, "pour rendre hommage à la vérité et éviter toutes contestations après son décès". La seule ressource qu'il a, dit-il, consiste dans une indemnité annuelle de 400 francs, représentative de son droit au logement au Louvre, comme membre de l'Académie royale de peinture. Et il déclare tristement, "que cette somme étant insuffisante pour fournir à ses besoins, à cause surtout de l'état de cécité dans lequel il est depuis plusieurs années, il se trouve à la charge de Melles Adélaïde-Jeanne-Charlotte Nivard et Anne-Fédérée Nivard, ses enfants, et de feu dame Marguerite-Adélaïde Poilleux, son épouse, qui n'ont cessé de lui prodiguer tous leurs soins[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les berges de la Saône à Lyon, tableau de 1804.

Les tableaux de Charles-François Nivard sont inspirés des modes de la fin du XVIIIe siècle : nombreux paysages champêtres, scènes villageoises, ruines antiques ou décors urbains. On lui connaît en particulier deux grandes vues des bords des fleuves de Lyon, l'une de la Saône et l'autre du Rhône, datées de 1804 et conservées au musée Gadagne[4], ainsi qu'une vue de Paris prise du Pont-au-Change[5].

Dans les années qui suivent, il travaille beaucoup et expose régulièrement au Salon jusqu’en 1804.

Ses tableaux étaient très appréciés des amateurs et nous les retrouvons dans les collections du duc de la Rochefoucauld, du marquis de Ségur ou celle du marquis de Montesquiou. La plupart de ses acheteurs possédaient des propriétés dans le Beauvaisis, ce qui explique la prédilection de l'artiste pour cette région.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Nomenclature des tableaux de Charles-François NIVARD : (Liste communiquée par Jean-Marie NIVARD, dans laquelle il a été maintenu l'orthographe des livrets des Salons et des catalogues.)

- Salon de 1783 : "Vue du château et village de Maupertuis en Brie et d'une partie d'un jardin appelé l'Elisée." - "Vue d'une ferme en Beauvoisis." - "Vue d'un château en Lorraine" - "Vue de l'église de Maricel, à une lieue de Beauvais." - "Vue d'une chaumière en Beauvoisis" - "Eglise gothique" (gouache) - "Port d'une rivière" (gouache) - "Moulin appelé Echalas, près de Saint-Denys" (gouache).

- Salon de 1785 : "Un pays montueux, au soleil levant." - "Vue du château de la baronnie de Mello." - "Vue des environs de Mello." - "Pays montueux d'après nature à la suite d'un orage."

- Salon 1787 : "Un paysage dans le genre héroïque." - "Paysage au soleil couchant." - "Vue de l'église de Saint-Evremond à Creille." - "Paysage où la violence du vent est exprimée." - "Deux paysages de forme ronde : un matin ; un soir." - "Effet de soleil dans un temps couvert."

- Salon de 1789 : "Paysage dans le genre héroïque." - "Paysage au soleil couchant, on y voit un chasseur endormi." - "Vue du Château de Mello en Beauvoisis." - "Paysage montueux au soleil couchant." - "Deux paysages : un clair de lune et un matin." - "Effet de soleil dans un temps couvert." - "Paysage où le ciel, après la pluie, commence à s'éclaircir ; les nuages se dissipant d'un côté produisent un effet de soleil sur un port que l'on aperçoit ; le devant est occupé par une sorte de tente qui sert d'abri aux marins et aux marchandises." - "Paysage peint sur bois à la gouache ; on y voit les débris d'une ancienne ville, sous la porte de laquelle passe un régiment."

- Salon de 1791 : "Paysage orné de figures et d'animaux." - "Paysage." - "Paysage avec figures."

- Salon de 1804 : "Procession du culte catholique à la campagne." - "Fête de village où se tient une foire." - "L'amusement des villageois les jours de repos." - "Lever de lune sur un port de mer." - "Effet de soleil éclairant en partie une ville placée en amphithéâtre." - "Des monuments antiques, premier plan éclairé du soleil."

- Salon 1806 : "Vue de la Ville de Lyon, l'une sur le Rhône, l'autre sur la Saône." (Ces deux tableaux figurent aujourd'hui au musée Gadagne de Lyon.) - "Paysage représentant le matin."

Ci-dessous, nous croyons indispensable, à la suite de la nomenclature des Salons, de mentionner les oeuvres de C-F NIVARD figurant dans les collections particulières ou relevées dans les catalogues de ventes publiques. ;

- Collection du Comte L. Beaupré, Nancy. - "Ruines et colonnes baignant dans un ruisseau et émergeant d'un fouillis de feuillage ; à gauche une lavandière ; à droite un chevrier et trois de ses bêtes." - " Paysage en longueur. Coloris conventionnel où dominent deux tons : ocre rouge et vert bleuté. L'horizon très délicat se perd dans un ciel rose et doré de coucher de soleil. Cela donne l'impression d'un panneau de tapisserie verdure réduit, mais d'un grand sentiment décoratif (gouache)."

- Collection Didot. - "Paysage, temps nébuleux." Vente faite en 1814. Tableau adjugé 62 francs. (MIREUR, dictionnaire des ventes d'art. Paris, 1911, t. V.)

- Collection Duclos-Dufresnoy. (notaire à Paris; de 1763 à 1791) - Catalogue d'une collection précieuse de tableaux originaux de l'école française du cabinet de feu le citoyen Duclos-Dufresnoy, par F.-L. Regnault, Paris, 1795, in-8°, 66 pages.

N° 70. - Deux vues de campagne prises dans les environs de Chantilly : la première est coupée de bois et d'étangs ; dans le fond on aperçois le village et le château de Mello ; sur le devant, à travers des masses d'arbres, une église, dont on voit le clocher ; quelques figures et des moutons sont près de là. Dans la seconde on distingue un monument antique au bord d'une rivière et un chasseur endormi près duquel un jeune garçon retient un chien en laisse. ces riches compositions sont exécutées avec soins.

N° 71. - Vue d'une église et de quelques fabriques, entourées de masses de paysages ; de grands arbres se détachent sur un ciel clair et quelques figures ornent le devant ; des montagnes couvertes de bois occupent les plans suivants et terminent le fond. Ce tableaux harmonieux est d'une touche libre.

N° 72. - Un village entouré de saules et bordé d'une rivière au bord de laquelle une paysanne est assise près d'un pêcheur.

N° 73. - Vue d'un port de mer enrichi d'architecture ; sur le devant, des hommes sont occupés à des travaux de débarquement.

N° 74. - Un paysage ; la droite est occupée par une porte de ville ruinée ; près de là on voit une cascade, et sur le devant une petite rivière ; le fond est terminé par une vaste étendue. Ce tableau est orné de quelques figures.

N° 75. - Deux petits paysages: le premier avec bâtiments à tourelles ; on voit dans le second une forêt bordée par une rivière. Ils sont ornés de quelques figures.

N° 76. - Deux tableaux : l'un offre un clair de lune, des paysans se voyant sur le devant. L'autre présente une vaste étendue de pays enrichie de rochers, cascades et figures.

N° 77. - Deux autres paysages de sites montueux, ornés d'architecture, ruines et figures.

N° 78. - Deux vues des campagnes de Mello à travers une vaste étendue de bois et d'étangs, on distingue le château et le village ; quelques figures et animaux occupent les différents plans de ces tableaux.

N° 79. - Deux paysages, l'un avec rochers enrichis de cascades qui tombe dans une rivière bordée de saules, à travers lesquels on aperçoit des restes d'aqueducs et autres monuments antiques ; le pendant offre une église et l'entrée du village ; ils sont ornés de figures et animaux.

N° 80. - Une vue de Mello, prise par un temps couvert ; le château et le village s'y voient entourés de saules, sur le devant un pâtre et une jeune fille gardent des moutons.

N° 81. - Deux petits paysage, ont voit dans l'un, au bas d'une forteresse, des aqueducs et une cascade ; l'autre offre une vaste étendue de pays coupée de rivières ; ils sont enrichis de quelques figures.

N° 82. - Deux petits paysages coupés de rivières et ornés d'architecture et de figures.

Collection Langlois, notaire honoraire à Paris. - Deux petits paysages, dont nous donnons les reproductions.

Collection Langlois, notaire à Senlis. - "Portrait de Nivard" (dessin oval au crayon ), attribué à lui-même.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Jules Guiffrey 1872-1885] Jules Guiffrey, « Charles-François Nivard — Peintre de paysages (1792-1821) », Nouvelles archives de l'art français, Gallica,‎ 1872-1885, p. 272-284 (ISSN 0994-8066, lire en ligne). Les notes, dates et précisions sur la famille de Charles François NIVARD sont apportées par Jean-Marie NIVARD [7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source, registre de Nancy (N. 1720-1780), paroisse St-Epvre, page 435/649, Acte No 457
  2. Sources: A-D des Yvelines : registre de Versailles (D. 1821-1821), page 23/153, Acte No 21
  3. Jules Guiffrey 1872-1885, Documents communiqués par M. Ch. Mercier, p. 274.
  4. a et b D. Miège, J. Fayet-Trévy et P. Gausset, « Deux vues de Lyon, par Nivard », sur Musées Gadagne (consulté le 9 septembre 2015).
  5. a et b « Charles-François Nivard », sur Art lorrain (consulté le 9 septembre 2015).
  6. Source : Jules Florange, expert à Paris en 1914 : 17, rue de la Banque (informations de la Bibliothèque Nationale de France
  7. « Généalogie de Charles François NIVARD (dit NIVARD-de-NANCY) », sur Geneanet (consulté le 2 mars 2018)