Charles Carrington

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Charles Carrington
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Charles Carrington (né Paul Harry Ferdinando le à Bethnal Green, Angleterre et mort le à Ivry-sur-Seine) est un éditeur britannique d'ouvrages à caractère érotique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Carrington naît dans un pauvre quartier de Londres au sein d'une famille d'immigrés portugais, il est le sixième enfant de Sarah Elizabeth Cox (1834-1890) et de John Isaac Ferdinando (1822-1904).

Au début des années 1890, il voyage probablement entre Paris et Amsterdam. Peut-être fournit-il à l'éditeur Auguste Brancart quelques textes inédits, et l'aide-t-il à la préparation de ses catalogues. Il a quitté Londres sans doute à la suite du Post Office (Protection) Act de 1884, qui limitait considérablement l'envoi de livres licencieux (même sous pli discret). D'autres éditeurs britanniques comme William Lazenby, Edward Avery, Harry Sidney Nichols l'accompagnent vers Paris, et de là, expédient leurs productions vers le Royaume-Uni.

Au cours de l'année 1891, il épouse Jeanne Héloïse Espargillier, âgée de 20 ans et originaire d'Albussac. Ils auront trois enfants.

Vers 1895, il s'installe comme libraire-éditeur à Paris au 32 rue Drouot, à quelques mètres de Madame Doucé et prend alors le pseudonyme de Charles Carrington. De 1898 à juin 1907, il s'établit 13 rue du Faubourg-Montmartre et se spécialise en littérature sadomasochiste et autres récits de flagellation, sous le pseudonyme (parfois collectif[1]) de Jean de Villiot[2],[3]. Afin de couvrir son activité licencieuse, il se met à publier des traductions en anglais d'Aristophane, d'Oscar Wilde et d'Anatole France. Il publie un catalogue et des réclames en anglais qui vantent ses rare and curious books[4].

Après son expulsion de France à la suite d'un procès où il est accusé d'obscénité, de pornographie et de publier des livres à caractère violent, il se réfugie à Bruxelles, accompagné de son neveu James Ashley, et s'installe tout d'abord au 15 rue des Longs Charriots à Ixelles de juin 1907 au 11 décembre 1909, puis, jusqu'au 28 mars 1912, au 10 rue de la Tribune. Il revient ensuite à Paris, au 11 rue de Châteaudun, où il reprend sa véritable identité : Paul Ferdinando, libraire-éditeur, ancienne maison Charles Carrington.

Pour certains ouvrages, il a recours aux talents de l'illustrateur Martin Van Maele. Il est à noter que le poète Henri Michaux travailla pour lui en 1920, et qu'après la mort de Carrington, il géra un temps seul la boutique.

Syphilitique et aveugle, il termine ses jours dans un hôpital spécialisé situé à Ivry-sur-Seine.

Catalogue sélectif[modifier | modifier le code]

En plus de publications sous son nom, soit plus de 300, Carrington publia certains ouvrages anonymement, avec lieu et date fantaisistes, et d'autres sous les mentions suivantes : Société des Bibliophiles ou Librairie des Bibliophiles (avec l'ajout Français et Étrangers ou Parisiens), et ce, afin de déjouer la censure.

  • Anonym., Les Dessous de la pudibonderie anglaise, 1898
  • Anonym., Memoirs of Private Flagellation, Paris, Librairie des Bibliophiles Français et Étrangers, 1899
  • Le Fouet à Londres (The Whip in London), coll. « La Flagellation à travers le monde », 1902
  • Stanislas Matthew de Rhodes [pseud. de Jacques Desroix], La Chambre jaune, [1891], 1902
  • Leopold von Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure, trad. Raphaël Ledos de Beaufort, 1902
  • Jean de Villiot [pseud. de Georges Grassal], La Flagellation amoureuse, 1904
  • Jean de Villiot, Parisienne et Peaux-Rouges, suite de 20 illustrations en couleurs par Henri Caruchet, coll. « La Flagellation à travers le monde », 1904
  • Antonio Gallonio, Traité des instruments de martyre, [1591], [1659], 1904
  • Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray, sept compositions de Paul Thiriat gravées par Eugène Dété, Paris, 1908

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traduction[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avec Hector France et Hugues Rebell ; cf. notice de personne de la BnF.
  2. Raymond-Josué Seckel, « La flagellation », L'Enfer de la Bibliothèque. Éros au secret, sous la dir. de Marie-Françoise Quignard et Raymond-Josué Seckel, Bibliothèque nationale de France, 2007, p. 350.
  3. Voir notice de personne du catalogue général de la BnF.
  4. Fr. : « Livres rares et curieux… » (in The Paris Book Gazette, 1906).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Di Folco (s/dir.), Dictionnaire de la pornographie, PUF, 2005 - art. « Littérature »
  • Jean-Pierre Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1880 et 1920, vol. 1, Paris, chez l'auteur rue Jacques Callot, 2002, p. 17 (ISBN 978-2-9517742-0-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]