Charles Burns

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Charles Burns
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Charles Burns au Festival de Solliès-ville en aout 2009.

Naissance (59 ans)
Washington, États-Unis
Nationalité américaine
Profession
illustrateur et auteur de bandes dessinées

Charles Burns, né le à Washington (États-Unis), est un illustrateur et auteur de bande dessinée. Dans ses œuvres, il se montre un observateur caustique de l'Amérique profonde et de la jeune génération.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1955 d'un père océanographe, Charles Burns fait ses études artistiques aux côtés de Matt Groening. Il aurait inspiré à Matt Groening le personnage des Simpsons : Charles Montgomery Burns[1].

Ayant toujours évolué dans les métiers de la création, Burns ne s'intéresse à la bande dessinée qu'après sa rencontre avec Art Spiegelman, lorsque celui-ci l'invite à participer à Raw Magazine dès 1981[1]. Il est notamment l'auteur de El Borbah, Big Baby et de la série Black Hole dont la production lui demande dix années de travail.

La puissance de ses images vaut à Charles Burns d'être très sollicité en tant qu'illustrateur. Ses dessins figurent aussi bien dans des revues underground qu'en couverture de magazines à grand tirage (Time Magazine, The New Yorker, Rolling Stone, The Village Voiceetc.).

Il travaille aussi dans la publicité et notamment sur une campagne des pastilles mentholées Altoids[2].

Il a collaboré à l'adaptation en dessin animé d'un de ses strips, Dog Boy.

En 1992, il a conçu les décors de The Hard Nut (en), version du Casse-Noisette de Tchaïkovski chorégraphiée par Mark Morris et représentée à la Brooklyn Academy of Music.

Il a été nommé illustrateur officiel des couvertures du magazine The Believer dès son lancement en 2003.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Charles Burns produit des récits fascinants d'étrangeté et de noirceur, situés principalement dans l'Amérique faussement rassurante des années 1950 et 1960. Du catcheur de El Borbah aux adolescents « pestiférés » de Black Hole, il développe un univers d'une cruelle beauté, qui n'est pas sans évoquer celui de David Lynch. Arte décrit Charles Burns comme le « chantre du mal être adolescent »[3]

Detective stories : un monde de personnages hybrides, à l'animalité troublante. Le détective semble tout droit sorti du cabinet du docteur Moreau.

Big baby : cet album à l'humour tordu explore de façon étonnante les désordres mentaux et la violence ordinaire, dans une ambiance de noirceur empreinte de cauchemar.

Fleur de peau réunit trois histoires sur l'Amérique et ses peurs, dans lesquelles l'auteur s'inspire d'éléments disparates pour créer un univers névrosé et macabre. Derrière son humour décalé, surgissent la violence et la folie du modèle américain.

Black Hole : dans une petite ville américaine, ambiance années 1970, d'étranges phénomènes se déclarent chez les adolescents. Une nouvelle maladie, surnommée la « peste ado » ou « la crève », avec des symptômes aussi variés qu'imprévisibles, quelques bosses, une vilaine irruption cutanée ou même l'apparition de nouveaux membres, va brutalement changer les rapports entre les jeunes. L'intégrale de Black Hole fait partie des « Essentiels d'Angoulême » décernés lors du Festival d'Angoulême 2007.

En novembre 2010, Charles Burns débute une nouvelle saga de trois opus dont le premier intitulé Toxic fait d'explicites références aux Aventures de Tintin d'Hergé. Dans cet ouvrage, le premier de Burns en couleurs, il multiplie les aller-retour du rêve à la réalité. Parallèlement, Burns à publié une version pirate de Toxic, écrit dans une langue étrangère imaginaire, aux éditions Le dernier cri [4]. Il a également l'originalité d'avoir un ordre narratif différent de l'ouvrage référent[5].

En 2014 est publié Calavera, le tome 3 de sa série Toxic. La critique du magazine Télérama écrit : « Rêve, réalité, présent, passé s’entremêlent dans ce récit fascinant, émaillé notamment de références à Hergé[6]. » Fin décembre 2014, pour le même magazine Télérama, l'album fait partie des « 10 meilleures BD de l’année 2014[7]. ». Il est en Sélection Officielle du Festival d'Angoulême 2015.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Traductions françaises
  • El Borbah :
  1. El Borbah, première édition, Les Humanoïdes Associés, coll. « Pied jaloux », 1985
  2. Defective stories, réédition avec 3 histoires de El Borbah et 2 inédites, Albin Michel, 1989
  3. El Borbah, réédition, Cornélius, coll. « Solange », 2008
  1. Sciences naturelles, 1998
  2. Métamorphoses, 1999
  3. Visions, 2001
  4. Reine des lézards, 2002
  5. Grandes vacances, 2003
  6. Bleu profond, 2005
  • Big Baby, Cornélius, coll. « Solange », 2003
  • Fleur de peau, Cornélius, coll. « Solange », 2005
  • Black Hole : L'Intégrale, Delcourt, coll. « Contrebande », 2006 - Prix Essentiel Festival d'Angoulême 2007
  • Toxic :
  1. Toxic, Cornélius, coll. « Solange », 2010 et Johnny 23, version « pirate » en langue étrangère imaginaire de Toxic, Le Dernier Cri, 2010
  2. La Ruche, Cornélius, coll. « Solange », 2012
  3. Calavera, Cornélius, coll. « Solange », 2014 - Sélection officielle du Festival d'Angoulême 2015
En anglais

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Peur(s) du noir, scénario et dessin d'un court-métrage de ce film d'animation réalisé par six dessinateurs.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1998 : Prix Harvey du meilleur encreur pour Black Hole
  • 1999 : Prix Harvey du meilleur encreur pour Black Hole
  • 2001 : Prix Harvey du meilleur encreur pour Black Hole
  • 2002 : Prix Harvey du meilleur encreur pour Black Hole
  • 2004 : Prix Harvey du meilleur encreur et du meilleur artiste de couverture pour Black Hole
  • 2005 : Prix Harvey du meilleur encreur pour Black Hole
  • 2006 : Prix Harvey du meilleur encreur et du meilleur album non inédit pour Black Hole
  • 2006 : Prix Eisner du meilleur recueil pour Black Hole
  • 2007 : Drapeau : France « Essentiel » d'Angoulême pour Black Hole

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles Burns (int. Todd Hignite), In the Studio. Visits with Contemporary Cartoonists, New Haven et Londres : Yale University Press, 2006, p. 104-131.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Laurence Remilla, « Tracks - Charles Burns - "The Toxic Avenger" »,‎ 4 mars 2011 (consulté le 10 juin 2015).
  2. « Charles Burns For Altoids »,‎ (consulté le 10 juin 2015).
  3. « BD : "Toxic" de Charles Burns »,‎ (consulté le 10 juin 2015).
  4. http://www.mediapart.fr/club/edition/comic-strip/article/181110/salut-je-suis-nitnit-alias-johnny-23
  5. http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/arte-journal/3562388.html
  6. « La bédéthèque idéale #66 : “Calavera”, la fin du cauchemar en couleur de Charles Burns. », article journal Télérama , du 09/10/2014.
  7. « La bédéthèque idéale : les 10 meilleures BD de l’année 2014 », article Télérama du 22 décembre 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]