Charles Blondin

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Charles Blondin
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Jean François Gravelet dit Charles Blondin, le Grand Blondin ou encore, simplement, Blondin, né le à Hesdin (Pas-de-Calais, France) et mort le à Ealing (Londres, Royaume-Uni) est un funambule et acrobate français.

Il est le premier à traverser les chutes du Niagara sur une corde, en 1859.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François Gravelet est né à Hesdin[1],[2]. C'est à l'âge de 5 ans[3] qu'il fait ses premiers pas sur une corde raide. Ses parents, funambules, lui apprennent leur métier. Il hérite de leur troupe et donne des représentations dans toute la France. Il se marie le à Tarascon (Bouches-du-Rhône) avec Marie (Rosalie) Blanchery, née le à Toulouse. Ils ont six enfants dont trois survivent : Aimé Léopold, né le à Vauvert (Gard), Aimé Jean Baptiste, né le à Vienne (Isère), et Émélie, née le à Nevers (Nièvre).

Il est recruté en 1851 par Gabriel Ravel, qui dirige une troupe d'acrobates et de pantomimes très connue aux États-Unis. Il part avec lui pour ce pays, en laissant en France sa femme et ses trois enfants. C’est à cette occasion qu’il prend le surnom de Blondin, sous lequel il deviendra mondialement célèbre.

Il fait pendant huit ans de nombreuses tournées aux États-Unis, au Canada et à Cuba, avec cette troupe puis avec celle des Martinetti, une autre famille française d'acrobates. Il se marie à nouveau à Boston, le , avec une Américaine, Charlotte Lawrence. Quelques mois plus tard, le , son fils aîné, Aimé Léopold, qu'il avait abandonné en France avec sa mère, son frère et sa sœur, meurt à Saint-Chinian (Hérault). Il a avec Charlotte Lawrence cinq enfants : Adèle, Edward et Iris, nés aux États-Unis, et plus tard Henry Coleman et Charlotte, nés en Angleterre.

Blondin traverse les chûtes du Niagara en 1859.

En 1858, lors d'une tournée avec les Martinetti, il voit pour la première fois les chutes du Niagara. L’idée de les traverser ne le quitte plus dès lors. C'est un an plus tard qu'il accomplit son rêve. Il tend une corde de chanvre de 330 mètres de long un peu au-dessous des chutes et fait la traversée le , devant douze mille spectateurs. Il accomplit de nombreuses fois ce parcours, en variant les démonstrations : avec sauts périlleux avant et arrière, en équilibre sur une chaise, en prenant des photos de la foule, en faisant cuire un repas sur un réchaud, un sac sur la tête, avec une brouette, et même en portant sur le dos son agent Harry Colcord[4]. Il renouvelle cet exploit l'année suivante en présence du prince de Galles.

Blondin au théâtre de Shoreditch par Gustave Doré en 1872.

Il s'installe en Angleterre, à Ealing, dans sa maison appelée Niagara House. Très populaire, il continue longtemps à attirer la foule dans tout le Royaume-Uni. Ainsi en 1861 et 1862, il donne 130 représentations au Crystal Palace, à Londres, et rassemble au total 1 480 000 spectateurs. Il fait de nombreuses tournées dans le monde entier : Espagne, Portugal, Belgique, Allemagne, Autriche, Italie, France, Russie, Inde, Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis (Californie), Chili, Argentine, Uruguay, Brésil.

En juin 1874, au cours d’un voyage vers Townsville (Queensland, Australie), son bateau fait naufrage, et il doit passer une nuit dans un bateau découvert sous une pluie torrentielle, avec la pianiste Arabella Goddard qui arrive aussi pour une tournée en Australie[5].

Il retourne à New York en 1888 pour une série de représentations, mais n’est pas autorisé à traverser à nouveau les chutes du Niagara. Sa dernière représentation a lieu à Leeds en 1896 (il est alors âgé de 72 ans).

Il est enterré au cimetière de Kensal Green[6] de Londres, aux côtés de ses deux dernières épouses : Charlotte (morte en 1888) et Katherine (morte en 1901).

Postérité[modifier | modifier le code]

Il est le modèle du personnage de Passepartout du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, qui le cite dès le premier chapitre. Verne le mentionnera aussi dans Une ville flottante (chapitre XXXVIII) et Kéraban-le-Têtu (partie 2, chapitre XVI)[7]. Son nom est également cité dans la deuxième aventure de Sherlock Holmes, écrite en 1889 par Arthur Conan Doyle, Le Signe des quatre[8].

Il a donné son nom au parc Blondin, à Brentford.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tables décennales du Pas-de-Calais.
  2. Des biographies indiquent Saint-Omer.
  3. (en) George Linnaeus Banks, Blondin: His Life and Performances, (ISBN 9781146620079).
  4. http://www.nflibrary.ca/nfplindex/show.asp?id=89311&b=1
  5. (en) Arabella Goddard in Australia sur Wayback Machine
  6. (en) www.nflibrary.ca/nfplindex/show.asp?id=91836&b=1
  7. Alexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 1 : A-E, éditions Paganel, 2019, p. 114
  8. Google Livre Les Aventures de Sherlock Holmes d'Arthur Conan Doyle, T. 1, volume 1.

Liens externes[modifier | modifier le code]