Charles Barbara

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Charles Barbara, né à Orléans le et mort à Paris le [1], est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis-Charles Barbara est le fils d'un luthier originaire de Dausenau (près de Coblence), établi à Orléans. Après avoir fréquenté le collège de sa ville natale, il poursuit ses études à Paris au lycée Louis-le-Grand, pour préparer, théoriquement, l’École polytechnique et sans doute s'éloigner d'un père tyrannique et violent. Il est répétiteur au collège de Nantua, puis revient à Paris où il accepte un poste de précepteur dans la famille d’Édouard Drouyn de Lhuys.

En 1841, il entre en relation avec le groupe des Buveurs d'eau[2] : Henry Murger, le philosophe Jean Wallon, les peintres François Tabar et Alexandre Schanne. Il fournit à Murger le modèle du personnage nommé Carolus Barbemuche dans les Scènes de la vie de bohème. Il ne pardonnera jamais à Murger ce portrait peu flatteur[3]. Il fait ensuite la connaissance de Baudelaire, Champfleury, Nadar qui resteront toujours ses amis bien qu’il soit lui-même bien peu expansif[4]. Il s'oriente alors définitivement vers le journalisme et la littérature, même si la musique a toujours joué un grand rôle dans sa vie (son père est luthier, son frère Pierre professeur de musique, son frère Georges accordeur de piano). Il joue lui-même du violon et, pour gagner sa vie, se produit dans de petits théâtres parisiens[5].

Comme ses amis de la bohème, Barbara eut beaucoup de difficultés financières[6] et fut constamment harcelé par des créanciers[7].

Sa première publication, une nouvelle intitulée Le Plat de souliers, paraît dans La Gazette de la jeunesse en 1844. Il collabore ensuite au Corsaire et à L'Artiste d’Arsène Houssaye.

Il revient à Orléans en 1848, rédacteur au Journal du Loiret, rédacteur en chef gérant du Démocrate (23 numéros), puis rédacteur au quotidien La Constitution où il est chargé du feuilleton. Il publie Casimir Henricy, Eugène Sue, Georges Guénot-Lecointe, Jules Sandeau, Alfred des Essarts, Joseph Méry, Émile Souvestre, Hippolyte Castille, Victor Doinet, Marc Fournier et une traduction du Double assassinat dans la rue Morgue. Lui-même publie des articles sur le théâtre et la musique.

En 1850, de retour à Paris, il fait connaissance, à la brasserie Andler, du groupe des Réalistes : Max Buchon, Gustave Courbet, Alfred Bruyas, Duranty, Jules-Antoine Castagnary, Daumier, Alfred Delvau[8]. Il publie des nouvelles dans le Bulletin de la société des gens de lettres, la Revue de Paris, L'Illustration. Son premier roman, L’Assassinat du Pont-Rouge, d'abord publié en feuilleton dans la Revue de Paris, paraît, profondément remanié, en juillet 1855 à Bruxelles, édité par Hetzel, exilé en Belgique. Il publie ensuite des contes et des nouvelles dans le Journal pour tous, hebdomadaire illustré de Charles Lahure dont le directeur était Jules Simon et dans La Revue française.

En 1861, il épouse Marie-Émilie Scherry, dont il aura deux enfants. Il avait enfin gagné un peu d'argent grâce à un mélodrame qu'il avait tiré de son premier roman et qui fut joué au Théâtre de la Gaîté. Mais en 1866, sa femme et sa fille furent emportées par une épidémie de typhoïde. Ce drame ayant altéré sa santé mentale, il fut interné dans la maison de santé municipale, dite Maison Dubois[9], où il se suicida en se jetant par une fenêtre[10].

Barbara et Baudelaire[modifier | modifier le code]

Baudelaire appréciait l'œuvre de Barbara. Il a usé de son influence auprès des éditeurs afin que ses textes puissent être publiés[11]. Il lui a consacré un paragraphe de son article : M. Gustave Flaubert. Madame Bovary. — La Tentation de saint Antoine (in L'Artiste, 18 octobre 1857, texte repris dans L’Art romantique sous le titre : Madame Bovary par Gustave Flaubert)[12].

Dans son roman L'Assassinat du Pont-Rouge (1855), Barbara campe une réception au cours de laquelle les participants sont invités à écrire dans le Livre d'or de la maîtresse de maison. Un poète y écrit « de mémoire » un sonnet, « Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire », qui est la retranscription du poème de Baudelaire qui deviendra la pièce XXXVII des Fleurs du mal. Ce poème présente donc la particularité d'avoir été cité intégralement dans un roman avant même d'avoir été disponible en librairie, puisqu'il ne le sera qu'en 1857. Le poète du roman n'est pas nommé. Son sonnet est attribué à « un poète chez lequel une aptitude décidée pour les spéculations les plus ardues n'excluait pas une poésie chaude, colorée, essentiellement originale et humaine. »

Barbara et Dostoïevski[modifier | modifier le code]

Nori Kameya[13] a relevé de nombreuses similitudes entre Crime et Châtiment et L'Assassinat du Pont-Rouge :

c'est la pauvreté qui amène le protagoniste à commettre son crime ;
la scène de l'assassinat est décrite longuement avec force détails ;
les meurtriers justifient leur acte par des considérations d'ordre philosophique : il s'agirait d'un acte « humanitaire » ;
ils agissent en ayant conscience de nier la loi morale, ce qui leur procure une sensation de puissance ;
par la suite, ils sont sujets à des rêves hallucinatoires dans lesquels leur victime leur apparaît ;
très vite, ils éprouvent le besoin d'avouer leur crime ;
soulagés après leurs aveux, ils n'éprouvent cependant aucun repentir.

Enfin, Nori Kameya note que Dostoïevski lisait parfaitement le français et qu'il a séjourné à Paris entre 1855 et 1866.

Barbara et Edgar Poe[modifier | modifier le code]

En 1847, il découvre Edgar Allan Poe (il a toujours beaucoup lu et était très cultivé). Il est probable que c'est lui qui a attiré l’attention de Baudelaire sur le poète américain[14]. Lui-même sera influencé par William Wilson et par The Murders in the rue Morgue. Ses Histoires émouvantes, claire allusion à Poe, sont parues à la même date et chez le même éditeur que les Histoires extraordinaires. Son récit Les Jumeaux porte également témoignage de cette influence[15].

Barbara et le réalisme[modifier | modifier le code]

Barbara est souvent classé parmi les romanciers réalistes[16], voire naturalistes, ce qui lui valut d'être attaqué par la critique de son temps[17]. Il a souvent écrit en sociologue, s'intéressant surtout à la vie des humbles et des opprimés. Beaucoup de récits sont à clés et basés sur des faits réels. Il a critiqué la société de son temps, mais ne fut jamais un révolté à la Vallès[18]. La critique a relevé l'influence que put avoir Barbara sur Émile Zola[19]

Barbara et le fantastique[modifier | modifier le code]

À côté ou parallèlement à sa veine réaliste, Barbara a cultivé le fantastique. Il a écrit des contes clairement fantastiques (réunis dans Mes Petites-maisons), mais la plupart de ses récits réalistes contiennent aussi des épisodes surnaturels (où la musique joue un très grand rôle). Barbara pourrait-il être considéré comme un précurseur du genre littéraire connu de nos jours sous le nom de réalisme magique ?

Barbara et le « bizarre »[modifier | modifier le code]

Bien que Barbara puisse être considéré comme un héritier des Lumières[20], il a aussi souvent décrit des situations ou des personnages hors normes. Son premier récit, Le Plat de souliers, histoire gastronomique, met en scène la confection d'un plat à base de vieux souliers crottés et moisis. Ses héros sont souvent des monomanes aux passions refoulées, des solitaires à la vie étrange qui fait place au merveilleux[21]. Le major Whittington, dans le conte éponyme, vit au milieu d'automates de sa création qui jouent le rôle de femme, fille, domestiques, amis censés représenter une société idéale. Il traite ses androïdes comme des êtres vivants. La critique américaine s'est penchée sur ce cas de fétichisme[22].

Barbara et la science-fiction[modifier | modifier le code]

Le Major Whittington possède un arrière-plan scientifique et technique qui fait de Barbara un précurseur de Jules Verne. Il met en scène le télégraphe électrique, le phonographe, les gratte-ciels, la machine à calculer, l'anesthésie, le traitement de maladies graves par des bains atmosphériques, des automates[23]. (Barbara avait préparé le concours d'entrée à Polytechnique).

Barbara et le roman policier[modifier | modifier le code]

Romanzoff met en scène une affaire criminelle, décrit une perquisition puis un procès en Cour d'assises. Mais c'est surtout L'Assassinat du Pont-Rouge qui peut être qualifié de véritable roman policier. L'intrigue principale est plutôt menée sur le mode psychologique, mais au milieu du récit est enchâssé un « Étrange intermède » qui en constitue le chapitre XI. Le juge d'instruction y raconte comment un crime mystérieux a donné lieu à une enquête scientifique fondée sur des observations minutieuses, des raisonnements rigoureux, la recherche d'indices. Or ce roman précède de beaucoup L'Affaire Lerouge, 1866 et Monsieur Lecoq, 1869, d'Émile Gaboriau, généralement considérés comme les premiers romans policiers français. On peut donc dire : « C. Barbara est en fait l'inventeur du genre, puisqu'il publia L'Assassinat du Pont-Rouge en 1850 [sic pour 1855]. C'est le premier récit d'énigme, avec un personnage de détective et un drame intime. » (Yves Olivier-Martin, « Origines secrètes du roman policier français », Europe, no 571-572, novembre-décembre 1976, p. 145).

Textes parus en revue[modifier | modifier le code]

  • La Gazette de la jeunesse
    • Le Plat de souliers, 1844
  • Le Corsaire
    • Un nouveau Pâris mystifié, 1846
    • Romanzoff, 1846
  • L'Artiste
    • La Ronde fantastique, 1846
    • Le Rideau, 1846
    • L'Ombre du mancenillier, 1847
  • Bulletin de la société des gens de lettres
    • Les Proverbes, 1851
    • Héloïse, 1852
    • Les Douleurs d'un nom, 1853
    • Vieille histoire, 1853
  • L'Illustration
    • L'Homme qui nourrissait des papillons, 1853
  • La Revue de Paris
    • Le Billet de mille francs, 1853
    • Les Jumeaux, 1854
    • La Leçon de musique, 1854
    • Un drame ignoré : extraits des rapports d'un agent de police, 1854
    • L'Assassinat du Pont-Rouge, 1855
  • Le Journal pour tous
    • Thérèse Lemajeur, 1855
    • Une chanteuse des rues, 1855
    • Les Sourds, 1856
    • Les Fous, 1857
    • Madeleine Lorin, 1857
    • La Régina, 1857
    • Ary Zang, 1863
    • Mademoiselle de Sainte-Luce, 1864
  • La Revue française
    • Esquisse de la vie d'un virtuose, 1857
    • Le Major Whittington, 1858
    • Irma, 1858
    • François Cottier, 1866

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ce recueil de nouvelles comprend : Les Jumeaux ; La Leçon de musique ; Vieille histoire ; Le Rideau ; Extraits des rapports d'un agent de police ; Une Chanteuse des rues ; Héloïse ; Les Douleurs d’un nom ; Le Billet de mille francs
  • Mes Petites-Maisons, Hachette, 1860
Ce recueil de nouvelles comprend : Esquisse de la vie d'un virtuose ; Le Major Whittington ; Romanzoff ; L’Homme qui nourrit des papillons ; Irma Gilquin ; Les Sourds
  • Les Orages de la vie, Première série : Thérèse Lemajeur, Madeleine Lorin, Hachette, 1860
  • Ary Zang, Hachette, 1864
  • Mademoiselle de Sainte-Luce, Librairie internationale, 1868

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • L’Assassinat du Pont-Rouge, Marabout, 1975
  • « L’Assassinat du Pont-Rouge » et « Le Major Whittington », in Nori Kameya, Un Conteur méconnu : Louis-Charles Barbara, t.II, <Anthologie et Documents> avec notes et variantes, Nice, Université de Nice, 1983
  • Le Major Whittington, introduction et notes de Nori Kameya, Minard, 1985
  • L’Assassinat du Pont-Rouge, préface de Sylvain Goudemare, Éditions du griot, 1989
  • Esquisse de la vie d'un virtuose, préface de Nori Kameya, V. Hamy, 1990
  • L’Assassinat du Pont-Rouge, Lyon, Chardon bleu, 1997
  • L’Assassinat du Pont-Rouge, Toulouse, Ombres, 1997

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nori Kameya, « Louis-Charles Barbara, un ami de Baudelaire », Études de langue et littérature françaises, no 46, 1985, p. 36-51
  • Nori Kameya, Un conteur méconnu : Charles Barbara, Minard, 1986
  • Marcel A. Ruff, L’Esprit du mal et l'esthétique baudelairienne, Armand Colin, 1955
  • Nathalie Prince, Les Célibataires du fantastique, l'Harmattan, 2002
  • Régis Messac, Le "Detective Novel" et l'influence de la pensée scientifique, Honoré Champion, 1929
  • R. Brouwers, La Vie et l'œuvre de Charles Barbara, romancier et conteur réaliste, Université libre de Bruxelles, 1959

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Barbara, dessin au fusain et à l’estampe rehaussé de gouache et de crayons de couleurs, Panthéon Nadar no 247

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les ouvrages qui mentionnent Barbara le font naître en 1822. C’est Nori Kameya qui a rectifié cette erreur en publiant son acte de naissance dans sa thèse soutenue à Nice en 1983.
  2. Ceux qui n'ont jamais assez d'argent pour payer une bouteille de vin.
  3. H. Murger, The bohemians of the Latin Quarter, traduction de Ellen Marriage et John Selwyn (1901), introduction de Maurice Samuels, University of Pennsylvania Press, 2004.
  4. « Le sphinx ne dit pas un mot de sa vie passée et ne se confia à personne. » Champfleury, Souvenirs et portraits de jeunesse, Dentu, 1872, p. 116.
  5. Champfleury a raconté ces épisodes dans des articles parus dans la Revue de Paris : « Les trios des Chenizelles », « Les quatuors de l'île Saint-Louis » (violon : Barbara et Olivier Métra, violoncelle : Champfleury, alto : Schanne) et lui dédie son étude sur Richard Wagner (Bourdillat, 1860)
  6. « Sa vie fut une lutte atroce contre la misère et son œuvre doit à ces circonstances une âpreté et une gravité qui ne sont pas sans grandeur. » René Dumesnil, Le Réalisme, J. de Gigord, 1936, p. 33.
  7. « Craignant de ne pouvoir te rencontrer, je t’écris. J'ai besoin de cent francs pour tourner une catastrophe. Peux-tu me les prêter ? Tu me rendras un service dont il est impossible de te dire l'étendue. » Lettre à Nadar du 1er août 1863.
  8. « La passion qu'ils proféraient pour la vérité, entendez la vérité crue, leur valut le surnom tout indiqué de « réalistes ». » A. Schanne, Souvenirs de Schaunard, Charpentier, 1887, p. 286.
  9. Aujourd'hui hôpital Fernand Widal, là où était mort son ami Murger.
  10. Son destin tragique a inspiré à Alphonse Daudet le conte « La Légende de l'homme à la cervelle d'or » (Lettres de mon moulin).
  11. Lettre de Baudelaire à Barbara du 15 juillet 1852 : « Quand il vous plaira d'aller trouver M. Maxime DuCamp, et de lui présenter une nouvelle, vous serez très bien reçu. Je n'ai pas besoin de vous parler de la chaleur que j'ai mise à prêcher votre valeur. »
  12. « Plus récemment encore, M. Charles Barbara, âme rigoureuse et logique, âpre à la curée intellectuelle, a fait quelques efforts incontestablement distingués ; il a cherché (tentation toujours irrésistible) à décrire, à élucider des situations de l’âme exceptionnelles, et à déduire les conséquences directes des positions fausses. Si je ne dis pas ici toute la sympathie que m’inspire l’auteur d'Héloïse et de L’Assassinat du Pont-Rouge, c’est parce qu’il n’entre qu’occasionnellement dans mon thème, à l’état de note historique. »
  13. « Dostoïevski, auteur de Crime et Châtiment, a-t-il lu L'Assassinat du Pont-Rouge de Charles Barbara », Revue de littérature comparée, 1993, vol.  37 no 4, p. 505-512.
  14. Rosemary Lloyd, Baudelaire’s World, Cornell University Press, 2002, p. 203.
  15. Célestin-Pierre Cambiaire, The Influence of Edgar Allan Poe in France, Stechert, 1927.
  16. « Pourquoi semblé-je ignorer les délicats et les sensibles, les Deltuf et les Paul Perret, et les terribles dans le réel, les Barbara ; […] », Sainte-Beuve, Les Nouveaux Lundis, Michel Lévy frères, 1866, p. 2.
  17. « C'est toujours le même défi que la réalité crue jette à la vérité idéale, celle de l'art ; — toujours le pathétique à outrance, celui qui s'attaque aux nerfs et fait frissonner la chair, substitué à l'émotion intelligente qui pénètre au fond du cœur. » Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury, Dernières Études historiques et littéraires, t. 1, Michel Lévy Frères, 1859, p. 289.
  18. « Je crois l'homme né pour souffrir » déclare un des personnages de ses Jumeaux.
  19. « Dans Thérèse Raquin, l'action ne rappelle-t-elle pas certain roman de Charles Barbara (L'Assassinat du Pont-Rouge) publié en 1859. C'est le même adultère, la même noyade du mari, la même tragédie du remords. » Léon Deffoux, Émile Zavie, Le Groupe de Médan, Payot, 1920, p. 46.
  20. « Il est de l'école des conteurs philosophiques et réfléchis ; de l'école de Voltaire, de Diderot. » Jules Barbey d'Aurevilly, Romanciers d'hier et d'avant-hier, Lemerre, 1904.
  21. Après sa mort, un éditeur réunissant un certain nombre de ses contes leur donna pour titre : Les Détraqués (Calmann-Lévy, 1881).
  22. « A big increase in gynoïd-fetish stories took place first in France in the post-1850s period. » Jon Stratton, The Desirable Body. Cultural Fetishism and the Erotics of Consumption, University of Illinois Press, 2001, p. 212.
  23. Sans doute inspirés par Jean-Paul Richter.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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