Charles Arnault (1890-1950)

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Charles Arnault
Image dans Infobox.
Charles Arnault avant 1945.
Biographie
Naissance

Cholet (Maine-et-Loire)
Décès
(à 59 ans)
Cholet (Maine-et-Loire)
Nom de naissance
Charles Auguste Eugène Marie Arnault
Nationalité
Activités
Architecte, historien, conférencierVoir et modifier les données sur Wikidata

Charles Arnault, né le à Cholet (Maine-et-Loire) et mort le dans cette même ville, est un architecte, artiste et historien français, spécialisé dans l'étude de l'histoire de sa ville natale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Auguste Eugène Marie Arnault, né à Cholet le [1], est le fils de Charles François Arnault (1858-1947)[2], tapissier-ébéniste et fabricant de meubles[3],[N 1] et de Justine Eugénie Retailleau.

Il est dans les premiers élèves à faire ses études au lycée Sainte-Marie de Cholet, construit en 1901. Il est titulaire du baccalauréat (humanités classiques grec et latin). Archiviste né, il n'a toutefois pas étudié à l'École nationale des chartes.

De la classe 1910[4], l'année de sa mobilisation, il habite 21, rue Saint-Antoine à Paris. Il fait l'objet de sursis et en 1914 est ajourné pour tuberculose pulmonaire par la commission spéciale de Cholet. Il s'engage en 1916 dans le 1er groupe d'aviation à Dijon comme secrétaire et dessinateur puis termine la Première Guerre mondiale au grade d'officier d'administration de 2e classe[5],[N 2].

Le , il épouse Juliette Marie Antoinette Desgouttes[6]. Il meurt à Cholet le [1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Doué pour tous les arts, son goût du dessin le conduit vers l'école des beaux-arts de Nantes. On lui connait de nombreux dessins au trait qu'il consacre, comme son père, aux coins les plus pittoresques de sa ville natale[7], dont de lui : les Calins, la tour de la rue des Vieux-Greniers, les maisons de tisserands, etc. Après la Première Guerre mondiale, il poursuit des études à Paris. Il y obtient son diplôme d'architecte en 1920[8]. À cette période il aide son camarade Michel Roux-Spitz pour le Grand Prix de Rome[6].

En 1923, Charles Arnault est d'abord employé par Victor Rabjeau père avant d'ouvrir son propre cabinet d'architecte au 35, boulevard Chanzy à Cholet[9].

Prenant la suite de François Biron, il a été conservateur du musée de Cholet[10].

Écrivain et conférencier[modifier | modifier le code]

Selon le docteur Guilbert[N 3] : « il travaillait activement à un ouvrage que nous attendions depuis longtemps : L'histoire de Cholet »[11],[12] mais Charles Arnault se soumettait aux exigences de l'histoire[13] ; plutôt perfectionniste, estimant ses recherches insuffisamment abouties, par ailleurs mort trop tôt, à soixante ans, ses écrits, hors de nombreux articles, ne font l'objet d'aucun ouvrage édité par lui. Quelques années après, plusieurs auteurs font largement référence à certains de ses travaux, dont Élie Chamard, lui ayant survécu une vingtaine d'années, son cousin à la quatrième génération, reprend fréquemment ses travaux et le cite de nombreuses fois dans Vingt siècles d'histoire de Cholet[14]. Charles Arnault laisse, entre autres, une magistrale étude sur l'urbanisme de Cholet.

Publications[modifier | modifier le code]

Parmi les articles qu'il écrit pour le Bulletin des sciences, lettres et beaux-arts[15],[9], on peut citer :

Tour dite du Grenier à sel, rue des Vieux Greniers à Cholet, qui contient l'escalier d'un ancien logis seigneurial.
  • Thibault Carté, recteur de Saint-Pierre (1923, pages 32 à 51) ;
  • Le presbytère Notre-Dame de Cholet (1924, pages 63 à 74) ;
  • Collection Trémolières (1925, pages 23 à 27) ;
  • Vieux souvenirs, vieilles demeures (1926, pages 51 à 70 ; 1934, pages 169 à 182 ; 1935, pages 209 à 259) ;
  • L'invasion de la Vendée : La bataille de Torfou (1927-28, pages 30 à 105) ;
  • L'héritage de Gilles de Rais (1929, pages 7 à 16) ;
  • Un émule choletais de Nostradamus (Rouëllond de la Rouëllondière) (1931, pages 19 à 30) ;
  • Documents sur l'insurrection vendéenne (1933, pages 299 à 322) ;
  • Nos vieux cimetières (1935, pages 236 à 259) ;
  • Le rôle d'un Syndicat d'initiative (1937, pages 163 à 172) ;
  • Les souvenirs de Louise Barbier sur l'insurrection vendéenne (1937, pages 247 à 310) :
  • Industrie et commerce de Cholet aux XVIe et XVIIe siècles (1939, pages 39 à 129)[16] ;
  • Les conditions de la vie choletaise aux XVIe et XVIIe siècles (1940, pages 81 à 127) ;
  • Les batailles autour de la Tremblaie 1793 (Cholet) (1941, pages 39 à 46) ;
  • Questions Vendéennes (1945, pages 121 à 127 ; 1946, pages 127 à 141 ;1947, pages 142 à 157) ;
  • Les journées de février 1848 à Cholet (1948, pages 79 à 91) ;
  • Les trois châteaux de Cholet (1950, pages 29 à 36) ;
  • Souvenirs de Cholet (1952, pages 177 à 186 ; 1953, pages 77 à 90 ; 1954 pages 63 à 71) ;
  • Étude sur l'urbanisme de la ville de Cholet (1954, pages 137 à 200).

Principales réalisations comme architecte[modifier | modifier le code]

À Cholet on lui doit l’arrière de l’hôtel de La Poste de la rue de Pineau (1925-1933), la salle de sport de la Jeune-France (1930), la réalisation de l'aérogare du Pontreau (1935-1937), les bains-douches du boulevard de la Victoire[8], la chapelle de l'institution Sainte-Marie et un nombre important de belles demeures[9].

Hommages[modifier | modifier le code]

Une rue de Cholet porte le nom de l'architecte et érudit Charles Arnault[17].

Il consacre une grande partie de son temps dans les archives de la Société des sciences, lettres et arts de Cholet (SLA). Comme son père, il s'intéresse aux guerres de Vendée. Se référant à la tradition familiale, qui s'appuie sur l'avis de son ami Augustin Jeanneau, sa petite fille Chantal Leveau[8] souligne : « Toutes ses études étaient marquées par le souci d'une impartialité absolue ».

Augustin Jeanneau ajoute : « On écoutait Charles Arnault sans se lasser… Il vérifiait ses textes avec scrupule et ses recherches aboutissaient à des trouvailles dont ont largement bénéficié ceux qui vinrent après lui… je crois qu'on n'a pas fait sa part à l'étendue de son érudition »[13].

Selon Gabriel Boussonnière : « La grande passion de Charles Arnaud, c'est l'histoire choletaise qu'il a raconté en détail grâce à ses travaux d'archiviste. Très accaparé par sa mission historiographique, il a moins construit que ses deux devanciers[N 4] dont il est le fils spirituel[18] ». On déduit notamment qu'il a mis tout son talent « à refaire l’hôtel particulier néo-gothique du maire, Francis Bouet, un havre de paix remarquable par sa décoration intérieure, son magnifique escalier ou son cabinet de travail entouré de vitraux »[9].

De l'architecte Maurice Laurentin[N 3] on relève : « L'historien des Mauges fut d'abord un artiste », mais aussi : « Quand un concours mit les architectes choletais en parallèle, ce fut lui qui remporta le prix »[11],[19].

Michel Lefort[3] s'attache, lors d'un entretien du à citer aussi en 1950, le président de la SLA, Roger Gourdon : « Charles Arnault l'ami de l'art, l'animateur de notre musée, l'historien de notre ville. La reconnaissance des choletais doit monter vers cet homme qui les a tant aimés »[11].

Au travers de l'avant propos de Jean-Christophe Mênard on relève : « Très jeune, le talentueux historien, inspiré par la fibre paternelle et les Sociétés Savantes très en vogue... devient le héraut passionné de sa ville, puis conservateur du Musée »[10].

Élie Chamard est de tous le mieux placé pour affirmer : « Charles Arnault aurait été le plus apte à écrire l'histoire de notre ville[20]. On connaît son érudition et la probité du parfait historien qu'il était »[21],[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Membre fondateur de la SLA en 1881 avec Léon Pissot, Charles François Arnault a également réalisé des croquis des quartiers de Cholet au XIXe siècle.
  2. Fiche matricule 773 (qui porte 1906 pour l'année de mobilisation ?)
  3. a et b Membre du bureau de la SLA et conservateur du musée de Cholet en 1938.
  4. Léon Renard et Victor Rabjeau

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « archives municipales de Cholet », sur cholet.fr (consulté le ).
  2. Chantal Exertier-Arnault et al. 2019, p. 7.
  3. a et b Sylvie Arnaud, « Ils vont révéler l'histoire cachée de Cholet », Ouest-France,‎ .
  4. AD49, « Table fiches matricules Cholet », sur archinoe.fr, 1910 (consulté le ), p. 2/25
  5. AD49, « Fiches matricules Cholet », sur archinoe.fr, 1910 (consulté le ), p. 253
  6. a et b Chantal Exertier-Arnault et al. 2019, p. 8.
  7. Gabriel Boussonnière, « Cholet. Le mystère de la tour de huit étages du XIXe siècle enfin élucidé », sur ouest-france.fr, Le Courrier de l'Ouest, (consulté le )
  8. a b et c « Cholet : La grande saga de Charles Arnault père et fils », sur courrierdelouest.fr, Le Courrier de l'Ouest, (consulté le ).
  9. a b c et d « Archives municipales de Cholet : Fonds Charles Arnault », sur calameo.com (consulté le ).
  10. a et b Chantal Exertier-Arnault et al. 2019, p. 13.
  11. a b et c Bulletin SLA et nécrologie 1950, p. 17-20.
  12. a et b Chantal Exertier-Arnault et al. 2019, p. ii.
  13. a et b Augustin Jeanneau 1974, p. 124.
  14. Élie Chamard 1970.
  15. Augustin Jeanneau 1974, p. 122.
  16. Charles Arnault 1939, p. 32 à 129.
  17. Jeanneau et Durand 1988, p. 12.
  18. Gabriel Boussonnière, « Cholet : Ces architectes ont bâti la ville mais pas que… », sur courrierdelouest.fr, Courrier de l'Ouest, (consulté le )
  19. Chantal Exertier-Arnault et al. 2019, p. 1.
  20. Jean-Claude Michon, « Cholet. Charles Arnault, architecte et érudit, a laissé plus d’une trace », sur ouest-france.fr, Le Courrier de l'Ouest, (consulté le )
  21. Élie Chamard 1970, p. 9.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Charles Arnault, « Cholet son Industrie, son commerce aux XVIe et XVIIe siècles », Bulletin, Cholet, Société des sciences, lettres et arts de Cholet,‎ . Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Élie Chamard, Vingt siècles d'histoire de Cholet, Cholet, Farré et Freulon, , 355 p. (ASIN B0014L9ONI), réédité en 1981 . Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Chantal Exertier-Arnault, Michel Lefort, Mickaël Leclerc et Jean-Christophe Mênard (préf. Gilles Bourdouleix), Cholet disparu, carnet d'aquarelles et dessins : Charles Arnault 1890-1950, Cholet, Pays et terroirs, , 104 p. (ISBN 978-2-7516-0368-6) . Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Chantal Exertier-Arnault et Jean-Christophe Mênard, Les carnets d'aquarelles Charles Arnault du Cholet disparu (23 planches 40x30cm), Cholet, Pays et terroirs, , 42 p. (ISBN 978-2-7516-0367-9).
  • Augustin Jeanneau, Cholet et les Choletais après la belle époque, Cholet, Les Éditions du Choletais, , 250 p., dépôt légal : IV-1974 . Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Augustin Jeanneau et Adolphe Durand, Cholet à travers les rues, Cholet, Pierre Rabjeau, , 192 p. . Document utilisé pour la rédaction de l’article.

Liens externes[modifier | modifier le code]