Charles-Joseph Panckoucke

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Panckoucke.
Charles-Joseph Panckoucke

Charles-Joseph Panckoucke, né le à Lille et mort le à Paris, est un écrivain et un éditeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’André Joseph Panckoucke (1700-1753), lui-même écrivain, libraire et éditeur à Lille, Charles-Joseph Panckoucke prit la direction de la librairie lilloise en 1757, puis s’installa aussi à Paris en 1762. Il fut l'initiateur d'une société savante de Lille, l'Académie Brunin, en parallèle de ses activités de libraire-éditeur [1].

Il joua un rôle important dans la diffusion des connaissances au XVIIIe siècle. Intime des grands philosophes et intellectuels de son siècle, il devint libraire-éditeur officiel de l’Imprimerie royale et de l’Académie royale des sciences et une figure incontournable du monde de l’édition, en quelque sorte l’un des premiers magnats de la presse. Son acharnement dans le développement de ses affaires jusqu'à son dernier souffle depuis sa résidence du 321 rue de Grenelle en fait l'ancêtre des industriels du Second Empire qui, à la différence de ceux de la Monarchie de Juillet, ne se retireront pas des affaires une fois fortune faite pour jouir de leurs rentes, mais mourront à la tâche. Les Hachette, Calmann Lévy ou Dalloz suivront l'exemple de celui qui leur servit de modèle.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (17e division)[2]. Ses actifs ont été estimés à 2 422 000 livres.

Il avait épousé Thérèse Couret de Villeneuve, fille de Martin Couret de Villeneuve, imprimeur du Roy à Orléans, et de Marthe Marteau de Neuville. De ce mariage, naquirent : Antoinette Pauline qui épousa Henri Agasse de Cresne, Chevalier et servant du Roy ; Thérèse Caroline qui épousa Antoine-François Peyre, architecte du Roy et contrôleur des bâtiments royaux, dont la fille Caroline Peyre épousa Désiré Dalloz et dont leur fille épousa Paul-Jules-Armand Mame ; Charles-Louis-Fleury Panckoucke, surnommé le Grand Panckoucke, président du Sénat et qui créa le 1er groupe de presse français avec Le Mercure de France, Le Moniteur universel et La Gazette de France et qui épousa Ernestine Désormeaux, femme de lettres, artiste et traductrice de Goethe, dont il eut Ernest Panckoucke, éditeur et maire d'Onzain.

Sa sœur, Amélie Panckoucke, était une femme de lettres et salonnière célèbre. Son beau-frère était l'académicien Jean-Baptiste Suard.

Éditeur[modifier | modifier le code]

C’est lui qui suggéra à Denis Diderot de donner une suite à l’Encyclopédie dès 1769 mais ce projet avorta. Panckoucke obtint néanmoins une licence pour faire paraître un supplément – appelé Supplément – en 1775 et qui parut en quatre volumes en 1776 et 1777. Panckoucke fit aussi paraître en deux volumes l’index de l’Encyclopédie, appelé Table analytique, volumes préparés par Pierre Mouchon (1733-1797) et publiés en 1780.

Le Grand Vocabulaire français contenant l'explication de chaque mot de Joseph Nicolas Guyot, Chamfort et Ferdinand Camille Duchemin de la Chesnaye, comprenant 30 volumes publiés entre 1767 à 1774, marqua également son temps et reste encore un ouvrage de référence.

Mais la grande œuvre de Panckoucke demeure l’Encyclopédie méthodique, une nouvelle encyclopédie organisée par sujet plutôt que par ordre alphabétique. Il reçut une autorisation de publication en 1780 et fit paraître son premier prospectus publicitaire en 1782. Cet immense ensemble de 210 volumes parut jusqu’en 1832, la publication après la mort de Panckoucke étant assurée par sa fille Thérèse-Charlotte Agasse, veuve de son associé Henri Agasse de Cresne (1752-1813). Le Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la nature, consacré à l’histoire naturelle, parut aussi individuellement.

Tant en développant ses affaires parisiennes, il maintient la librairie implantée à Lille à l'origine du succès de la maison d'édition Panckoucke. Il associe son cousin Placide-Joseph Panckoucke (1745-1800) au capital, père de Henry Panckoucke qui fera carrière dans l'Administration impériale. Placide-Joseph décède en 1800 et sa veuve, Agélique Charlotte Petit, reprend la librairie lilloise aux côtés de son cousin Charles-Joseph. Henry Panckoucke décédant à Naples en 1812, la librairie lilloise est intégrée à la maison d'édition parisienne et suivie plus particulièrement par Henri Agasse de Cresne.

Homme de presse[modifier | modifier le code]

Panckoucke fut aussi l’éditeur de deux revues célèbres, le Mercure de France et le Moniteur Universel qu’il fonda en novembre 1789.

C’est lui aussi qui a fondé, sous la Révolution le journal la Clef du Cabinet des Souverains, censuré et supprimé sous le Consulat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Charles-Joseph Panckoucke[modifier | modifier le code]

  • (en) David I. Kulstein, « The Ideas of Charles-Joseph Panckoucke, Publisher of the Moniteur Universel, on the French Revolution », French Historical Studies, vol. 4, no 3. Spring, 1966, p. 304-319
  • (fr) Christophe Rey, Charles-Joseph Panckoucke : artisan de l'encyclopédisme français [1]
  • Robert Darnton, L'aventure de l'Encyclopédie, 1775-1800 : un best-seller au siècle des Lumières, Paris, Editions du Seuil, coll. « Points / Histoire » (no H159),‎ 2013 (1re éd. 1979) (ISBN 0-674-08785-2, 2-262-00242-8 et 978-2-7578-3073-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :