Charles-Jean-Amédée

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Charles-Jean-Amédée
Illustration.
Fonctions
Duc de Savoie
prince de Piémont
comte d'Aoste
et de Maurienne
roi titulaire de Jérusalem
et de Chypre

(6 ans, 1 mois et 3 jours)
Prédécesseur Charles Ier
Successeur Philippe II
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Surnom L'Enfant[1],[2]
Date de naissance
Lieu de naissance Turin
Date de décès
Lieu de décès Moncalieri
Père Charles Ier de Savoie
Mère Blanche de Montferrat

Charles-Jean-Amédée, communément appelé Charles-Jean-Amédée de Savoie et à tort[1] Charles II par certains auteurs[3],[2], né à Turin le et mort à Moncalieri le , est duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, roi titulaire de Jérusalem et de Chypre de 1490 à 1496.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Jean-Amédée de Savoie naît le , à Turin[1]. Il est le fils de Charles Ier, duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, et de Blanche de Montferrat[2].

Il n'a que neuf mois à la mort de son père, en 1490[1],[2]. Le jeune duc est élevé par Merle de Plosasque, amiral de Rhodes en 1485, et son parent Corin de Plosasque, archevêque-comte de Tarentaise. La régence est assurée par sa mère, Blanche de Montferrat[1]. Celle-ci eut du mal à s'imposer face aux seigneurs savoyards et notamment à Philippe de Bresse. D'autre part, le roi Charles VIII de France dut traverser ses états pour mener ses campagne d'Italie. Sa mort à l'âge de six ans à la suite d'une chute de son lit — « [il] tomba de son lit ou d'une escabelle et mourut[4] » — met fin à cette période de troubles et son grand-oncle Philippe de Bresse lui succède[1].

Charles-Jean-Amédée de Savoie meurt en 1496[1]. Son corps est inhumé dans l'église Notre-Dame de Moncalieri (Piémont)[5].

Controverse sur le nom[modifier | modifier le code]

Charles-Jean-Amédée de Savoie est appelé Charles II par certains auteurs. Les détracteurs de cette appellation retiennent:

  • que de nombreux auteurs l'appellent Charles-Jean-Amédée et non Charles II et réservent l'appellation Charles II au duc Charles qui a régné de 1504 à 1553 et qui se faisait appeler Charles le Second[6]
  • qu'il ne s'appelait pas Charles, mais Charles-Jean-Amédée et qu'il était donc le premier de la lignée des Charles-Jean-Amédée et ne pouvait être le second de la lignée des Charles de Savoie,
  • qu'il ne s'est jamais fait appeler Charles II, ses monnaies affichant au contraire son prénom complet Karolus Iacobus Amedeus ou en abrégé K I A, et jamais Carolus II[7],
  • et que les monnaies de Charles II (1503-1544) mentionnent tout au long de son règne CAROLVS II ou KAROLVS SECUNDUS (même référence que ligne précédente)[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Genoux, Histoire de Savoie, Rééditions: La Fontaine de Siloé, Montmélian 1997, (ISBN 284206044X) « Charles-Jean-Amédée ou Charles II » p. 237-241.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Thalia Brero, Les baptêmes princiers : le cérémonial dans les cours de Savoie et de Bourgogne (XVe-XVIe s.) - Volume 36 de Cahiers lausannois d'histoire médiévale, Université de Lausanne, Section d'Histoire, Faculté des Lettres, , 468 p. (ISBN 978-2-94011-049-0), p. 38.
  2. a b c et d Sabaudia
  3. notamment par Victor de Saint-Genis, Histoire de Savoie, d'après les documents originaux, Bonne, Conte-Grand et Cie éditeurs, Chambéry, 1869, Vol1 p. 481 « l'héritier de Charles Ier était un enfant de neuf mois Charles II  » (lire en ligne).
  4. Claude Genoux, Histoire de Savoie depuis la domination romaine jusqu'à nos jours, F. Saillet, 1852, 480 pages, p. 241 (lire en ligne).
  5. Paolo Cozzo, « Stratégie dynastique chez les Savoie: une ambition royale, XVI-XVIII siècle », dans Juliusz A. Chrościcki, Mark Hengerer, Gérard Sabatier, Les funérailles princières en Europe, XVIe-XVIIIe siècle : Volume I : Le grand théâtre de la mort, Les Editions de la MSH, , 412 p. (ISBN 978-2-73511-686-7, lire en ligne), p. 228-229 (Carte).
  6. * Georges Doublet, historien niçois: Le mariage du duc Charles II et de l'infante Béatrice de Portugal, revue Nice historique n° 195, p.105 s. * Eugène Caïs de Pierlas, historien niçois, L'Hôtel des Monnaies à Nice, Bull. de la Soc. niçoise des Sc. nat., hist. de Géogr., 1886, p. 6: évoque une patente des privilèges donnée par "Charles II le 10 janvier 1544", * Nice et son comté (1200-1580), témoignages et mémoires, descriptions et chroniques médiévales. Ouvrage collectif publié par la Délégation patrimoine historique de la Ville de Nice, Mémoires millénaires éditions. 2010. Textes anciens sélectionnés par l'historien Hervé Barelli. La plupart des auteurs utilisent Charles II. Dans son étude "Nice au XVIè siècle ou la création d'une place-forte moderne" Marc Bouiron, archéologue de la Ville de Nice, évoque "le règne de Charles II (1504-1553)" (p. 11). Il en fait de même en p. 306 dans son étude "François de Belleforest, Comosgraphie universelle". Josiane Rieu (Université de Nice Sophia-Antipolis) étudie un texte de 1538 et mentionne "le duc de Savoie Charles II" dans sa communication "Le poète et le prince" (p. 139). Blythe Alice Raviola (Université de Turin) évoque "Charles II et son fils Emmanuel-Philibert" (p. 175). Dans une longue présentation d'un document, Hervé Barelli retient Charles II (p. 167, étude sur Pierre Lambert, seigneur de la Croix), bien qu'il mentionne en p. 178 "en 1504, à l'accession de Charles III au trône de Savoie" ou encore en p. 181 "Philippe de Savoie, frère cadet de Charles III". En p. 237, il ne donne pas du Charles II au "petit Charles-Jean-Amédée de Savoie qui régnait nominativement lors du passage de Charles VIII, sous la régence de sa mère, Blanche de Montferrat", mais il évoque en note 135 "Philippe II, père des ducs Philibert II et Charles III". En p. 240, il précise que "le duc Philippe de Bresse devint duc à la mort de son neveu le petit Charles-Jean-Amédée en 1496" (il ne dit pas à la mort de Charles II).
  7. * Luigi Simonetti, Monete italiane medioevali et moderne, vol. 1, Casa Savoia, parte 1, Ravenne 1967, * Elio Biaggi, Le antiche monete piemontesi, Editrice Tipolito Melli, Borgone di Susa, 1978* Sergio Cudazzo, Monete italiane regionali, Casa Savoia, Ed. Numismatica Varesi, Pavie, 2005* Jean Duplessy (ing. rech. hon. CNRS), Les monnaies françaises féodales, tome II. Ed. Platt, Paris, 2010.
  8. Pour quelques exemples : * - pièce de 10 ducats: CAROLVS II DVX SABAVDIE (Cudazzo, n° 318, p. 193) * - ducat 2e type: CAROLVS DVX SABAUDIE II (Cud. n° 321, p. 194) * - écu d'or: CAROLVS DVX SABAVDIE SECONDVS (Cud. n° 331, p. 198) * - écu d'or 4e type: KROLVS SECVNDVS DVX SABAVDI (Cud. n° 334, p. 199) * - teston IIIè type : CAROLVS DVX SAB II (Cud. n° 340, p. 202) * - teston IVè type; CHAROLVS DVX SABAV SECONDVS (Cud. n° 341, p. 202) * - teston VIè type: KROLVS II DVX SABAVDIE (Cud. n° 343, p. 203) * - demi teston Ier type; CAROLVS DVX SABAVDIE SECOND (Cud. n° 357, p. 209) Pour un très bel exemple:[1]