Charenton-du-Cher

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Charenton-du-Cher
Église de Charenton du Cher
Église de Charenton du Cher
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Saint-Amand-Montrond
Canton Dun-sur-Auron
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de France
Maire
Mandat
Pascal Aupy
2014-2020
Code postal 18210
Code commune 18052
Démographie
Gentilé Charentonnais[1]
Population
municipale
1 095 hab. (2014)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 43′ 50″ nord, 2° 38′ 35″ est
Altitude 178 m
Min. 167 m
Max. 253 m
Superficie 47,89 km2
Localisation

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Charenton-du-Cher

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Charenton-du-Cher

Charenton-du-Cher est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Charenton-du-Cher est un village faisant partie de la région Centre, dans le département du Cher. Chef-lieu de canton, il regroupe 9 communes (Charenton compris). Pour une superficie de 47,89 km2, la cité compte 1 154 habitants. Charenton comprend deux hameaux : Laugère et les Perrons.

Le bourg de 750 habitants s'étire sur la route de Saint-Amand-Montrond à Sancoins et est compris entre la Marmande et l'ancien canal de Berry. La partie centrale du bourg date des époques gallo-romaine (Carento-Magus) et mérovingienne et est limitée par l'ancienne enceinte.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Arpheuilles Le Pondy
Thaumiers
Vernais Rose des vents
Saint-Pierre-les-Étieux N
O    Charenton-du-Cher    E
S
Coust Saint-Bonnet-Tronçais Ainay-le-Château

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous les formes vicaria Carintominse en 818, Carentonium en 1327, du nom propre gaulois Carantus et -ó-magos [2]. Les Gaulois mettaient l'accent tonique sur la dernière voyelle -o- du premier élément : les finales en -ômagos se sont donc transformées en -ômos pour finalement être réduites au simple son -on, -an ou -en.
Le mot gaulois magos a d'abord désigné un simple champ, puis un champ de foire, un marché et enfin le village ou la ville qui se développe autour de ce marché.

Histoire[modifier | modifier le code]

Charenton est au IXe siècle une vicairie et forme au XIIe siècle une baronnie comprenant Orval, Bruère, le château fort de Saint-Amand, Épineuil et Meillant. Cet ensemble compose l'apanage de la branche cadette de la très puissante maison de Déols (Châteauroux) laquelle joue un rôle brillant au Moyen Âge. Le roi Philippe-Auguste inaugure son règne par une expédition en Berry destinée à punir Ebbes VI de Charenton qui s'était mis, sur ses vieux jours, à opprimer les clercs et à s'emparer des biens de l'Église. Au XIVe siècle, Charenton est une possession de la maison de Sancerre puis d'Amboise jusqu'en 1540.

Charenton dépendra jusqu'à la Révolution de la châtellenie d'Ainay-le-Château et de l'élection de Saint-Amand. Sa coutume était particulière et fortement influencée par celle du Bourbonnais.

sarcophage en pierre couvercle à demi-soulevé. Divers motifs gravés : deux lions, un paon, un symbole christique, une fontaine
Le sarcophage de saint Chalan (VIIe siècle).

.

L'abbaye royale de Bellavaux de Charenton dédiée à Notre-Dame était une abbaye bénédictine féminine qui à son origine, en 620, avait suivi la règle de saint Colomban. Elle avait, au XVIIIe siècle, le Roi comme collateur et l'archevêque de Bourges pour patron. L'abbaye bénédictine de Charenton possédait un sarcophage en marbre blanc attribué à saint Chalan (visible au musée du Berry à Bourges).

Les plus anciens vestiges trouvés à Charenton lors des travaux d'adduction d'eau en 1963 sont de l'époque romaine (tégula, monnaie, sols...) et surtout mérovingienne (mobilier, boucles de ceinture, sarcophages, lampe à huile en terre cuite...). Sous l'actuelle place de l'Église, il existe un cimetière daté du haut Moyen Âge.

Grandes dates historiques[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Carento Magus est le nom gaulois de Charenton. Ce toponyme de Magus correspond aux bourgs commerçants établis aux carrefours des grands axes routiers. Magus signifie originellement « champ », puis « marché » et enfin « ville ». Carento pouvant signifier ami, il s'agirait du « champ d'un ami ». Cette appellation est liée à la présence d'une fontaine bénéfique comme à Nerimagus ou à Argentomagus. À l'époque gallo-romaine, Carento-magus relève de l'Aquitaine Première et est situé en territoire des Bituriges sur le chemin reliant Avaricum à Bourbon.

  • 620 : fondation d'une abbaye féminine par un disciple de Saint Colomban.
  • 819 : siège d'une viguerie carolingienne (Vicaria Carintominsis) selon le cartulaire de saint Sulpice.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Xe siècle : élévation de la motte castrale, arrivée de la famille de Déols. Ils sont les seigneurs de Charenton de 1005 à 1226.
  • 1139 : construction de l'abbatiale Notre-Dame, laquelle sera démontée lors de la Révolution française à partir de 1796.
  • 1150 : fondation de la ville de Saint-Amand-le-Castel et de l'abbaye cistercienne de Noirlac par les seigneurs de Charenton.
  • 1164 : arrêt du pape Alexandre III à Charenton.
  • 1183 : les Brabançons commandés par Curbaran et Raymond Brun envahissent la ville et s'y installent avant d'y être vaincus par les Capuchonnés le 21 juillet lors d'une bataille au nord-est de la cité[3].
  • XIIe siècle : construction de l'église Saint-Martin.
  • 1215 : Renaut de Montfaucon fonde l'Hôtel-Dieu.
  • 1226 : seigneur de Charenton, Ebbes VII se noie dans l'étang de la Maison Dieu sur Cher qui prend le nom de Noirlac en souvenir de cette tragédie. L'extinction de la branche aînée masculine des Déols-Charenton s'ensuit. La seigneurie charentonnaise comprenait alors les fiefs d'Orval, de Bruère, du castel de Saint-Amand, d'Épineuil et de Meillant.
  • 1249 : le testament de Mathilde de Charenton provoque l'éclatement de la baronnie entre les familles de Sancerre et de Sully.
  • 1266 : Guillaume de Courtenay échange avec Guillaume de Sancerre les terres de Charenton contre celles de La Ferté-Loupienne, à proximité de Courtenay.
  • 1319 : la famille de Challeu (Chaillot - Chaillou) est propriétaire d'une maison dans le « château » de Charenton. Ils bâtiront le château du Creuzet à Coust et le pont de pierre sur la Marmande.

La famille de Sancerre possédera la baronnie de Charenton jusqu'en 1402. La comtesse de Sancerre, Marguerite ne laissant pas de descendance directe, ses héritiers se disputeront les terres jusqu'en 1454. La seigneurie de Charenton revient alors à Anne du Bueil, épouse de Pierre d'Amboise. L'un de ses fils, le cardinal Georges d'Amboise financera l'embellissement de leur demeure de Meillant ainsi que la réfection de l'abbaye bénédictine féminine à Charenton.

  • XVIe siècle : Gabrielle de Thianges du Creuzet est prieure de l'abbaye Notre-Dame de Bellavaux de Charenton, sa sœur Euchariste (ca1572 ; ca1686) y est aussi religieuse.
  • 1540 : Georges d'Amboise junior meurt à la bataille de Pavie en Italie. L'héritière Antoinette d'Amboise est l'épouse d'Antoine de la Rochefoucault-Barbezieux qui devient seigneur de Charenton.
  • 1568 : Nicolas de Nicolay, géographe du Roi, décrit la ville dans sa générale description du Bourbonnais comme « petite ville, abbaye de dames et justice, en laquelle voulait anciennement avoir un beau et fort château à présent ruiné. Contient ladite ville 258 feux ».
  • 1570 : M. de Guerchy, capitaine protestant, occupe la ville.
  • 1578 : Antoine de Brichanteau, époux d'Antoinette de La Rochefoucault, devient seigneur de Charenton.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

  • 1651-1652 : durant la Fronde et le siège de Montrond, Charenton est occupé par les troupes royales comprenant plus de 500 cavaliers et chevaux, les pillages sont nombreux. La ville et la campagne avoisinante sont ruinées.
  • 1675-1697 : l'abbesse Renée de Mesgrigny fait faire d'importants travaux de rénovation à l'abbaye avec la construction d'un logis abbatial.
  • 1710 : à la suite de la faillite économique de la famille de Brichanteau, vente par adjudication des terres charentonnaises à M. Gorge d'Entraigues de Roise dont la fille Julie-Christine a épousé Paul François de Béthune-Charost.
  • XVIIIe siècle : le duc de Béthune-Charost introduit les béliers mérinos, le tabac, le colza... et développe les forges.

Révolution[modifier | modifier le code]

  • 1790 : fondation de la commune de Charenton rattachée au département du Cher, district de Libreval. Charenton quitte le Bourbonnais pour le Berry.
  • Démantèlement de l'abbaye : 1791 vente des biens mobiliers, en août 1792 vente des cloches, en septembre évacuation du couvent par les religieuses, en 1793 martèlement des écussons, en mai vente des biens meubles de l'appartement de l'abbesse, installation du comité de surveillance jusqu'au 10 octobre 1797, en 1794 division en lots de l'enclos abbatial, en 1795 vente de l'enclos abbatial à Pierre Barbarin pour 15 570 francs, en 1817 les pierres brisées provenant de la démolition de l'abbatiale servent à remettre en état les chemins et la butée du pont de pierre.
  • 1805 : premier conseil municipal - Gaston Bouzique est maire et Pierre Alexandre Duliège son adjoint.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1825 : installation provisoire d'une prison dans l'ancien logis abbatial.
  • 1826 : percement du canal de Berry.
  • 1836 : organisation des sapeurs-pompiers.
  • 1832 : organisation du bureau de bienfaisance.
  • 1839 : en juillet, décision de la démolition de la porte sud dite « Saint-Priest » prise par le conseil municipal avec alignement de la maison dite « La Verrye » pour élargir l'abord du marché avec échange de terrains et construction d'un mur partant de l'angle du midi de la façade de la maison jusqu'au poirier du jardin.
  • 1840 : percement de la route Angoulême - Nevers, les remparts sont éventrés, le donjon démoli ainsi que la chapelle Notre-Dame-de-Grâce qui sera reconstruite dans le narthex de l'ancienne abbatiale.
  • 1851 : arrivée de la maréchaussée et du bureau de poste.
  • 1858 : installation d'une école dans les locaux du couvent.
  • 1860 : fermeture des forges.
  • 1869 : arrivée du télégraphe.
  • 1891 : le 6 septembre, inauguration du « tacot », chemin de fer économique.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1900 : la cité est dotée de 13 réverbères allumés d'octobre à mars de 5 h à 10 h et le soir du lundi de Pâques.
  • 1929 : transfert du cimetière à la sortie du bourg, route de Coust.
  • 1938 : fermeture de la tuilerie.
  • 1945 : fermeture du canal de Berry.
  • 1955 : Le canal de Berry est déclassé et aliéné.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Charenton-du-Cher.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

taillé : au 1) d’azur aux deux crosses adossées d’argent, au 2) d’argent aux trois fasces de gueules.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1946 1947 Marcel Chacrot   -
octobre 1947 1949 Charles Vincent   -
mars 1949 1952 André Dard   -
juillet 1952 1957 Jean Gaulmier   Professeur et écrivain
mai 1957 1959 Joseph Pehu   -
mars 1959 1995 Pierre Leblanc   -
juin 1995 2000 Guy Morinat   -
mai 2000 en cours
(au 2 avril 2014)
Pascal Aupy DVD Agriculteur, conseiller départemental
Réélu pour le mandat 2014-2020[4]
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 095 habitants, en diminution de -2,06 % par rapport à 2009 (Cher : -0,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 186 1 172 1 143 1 208 1 305 1 421 1 436 1 568 1 526
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 582 1 655 1 722 1 760 1 828 1 994 2 004 1 943 2 030
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 985 1 984 2 012 1 737 1 708 1 658 1 554 1 517 1 511
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
1 382 1 372 1 371 1 292 1 154 1 096 1 119 1 095 1 095
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Un lavoir se situe près de la Marmande et un autre près du canal de Berry.
  • Se trouve aussi l'église Saint-Martin de Charenton-du-Cher qui se situe dans le centre du village.
  • Il existe enfin une chapelle nommée Notre-Dame-de-Grâce, elle se trouve dans le « vieux Charenton » et occupe le narthex de l'ancienne abbaye bénédictine féminine.
  • À voir aussi les restes de l'enceinte fortifiée (mur, fossé, motte castrale, tour de guet, trace de la poterne), quelques vieilles maisons Renaissance, le pont de pierre dit Saint-Priest.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé sur le site habitants.fr Consulté le 22/07/2008.
  2. Ernest Nègre Toponymie générale de la France - Volume 1 - Page 193
  3. Histoire du Berry: Volume 2 - 1844 - Louis Reinal - page 64-72
  4. « Maires et adjoints déjà élus dans le canton », L'Echo du Berry (Édition du Cher), no 3124,‎ , p. 15
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .


Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives départementales du Cher - séries H, Q et L
  • Archives communales de Charenton du Cher
  • Bulletins de la société archéologique et historique du Berry
  • Histoire du Berry - Raynal
  • Histoire du Berry - Chaumeau
  • Histoire du Berry - Thomas de la Thomassière
  • Générale description du Bourbonnais - Nicolas de Nicolay
  • Histoire et statistique monumentale du département du Cher - M Buhot de Kersers
  • Le Berry du Xe siècle au milieu du XIIIe - Guy Devailly
  • Dictionnaire toponymique - H Boyer
  • Le diocèse de Bourges - sous la direction de G Devailly
  • Le Culte de la Vierge en Berry - Villepelet
  • L'église de Bourges avant Charlemagne - M de Laugardière