Chapelle des Jésuites de Cambrai

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Chapelle des Jésuites de Cambrai
Image illustrative de l’article Chapelle des Jésuites de Cambrai
Chapelle des Jésuites sur la place St Sépulcre, à Cambrai
Présentation
Culte catholique
Rattachement (anciennement) jésuite
Fin des travaux 1692
Architecte Jean Bégrand
Style dominant baroque
Protection Logo monument historique Classé MH (1920)
 Inscrit MH (1927)
Logo monument historique Classé MH (1928)
Logo monument historique Classé MH (1930)
 Inscrit MH (2012)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Ville Cambrai
Coordonnées 50° 10′ 22″ nord, 3° 13′ 51″ est

Géolocalisation sur la carte : Nord

(Voir situation sur carte : Nord)
Chapelle des Jésuites de Cambrai

La chapelle des Jésuites est une église désaffectée au culte de style baroque se trouvant sur la place du Saint-Sépulcre à Cambrai (France). Construite de 1679 à 1692, en annexe d’un collège jésuite, elle est classée comme monument historique en 1920.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première chapelle[modifier | modifier le code]

À la demande du premier archevêque de Cambrai, Mgr Maximilien de Berghes, les jésuites arrivent dans la ville, d’abord comme prédicateurs (1561). Ils y fondent ensuite un collège, ouvert le . Étant favorablement reçus, et malgré des problèmes financiers, les jésuites construisent une petite église pour les activités pastorales et spirituelles accompagnant généralement leur enseignement. En un an (1574-1575) la chapelle de style gothique est achevée. Dédiée à Saint Michel Archange, elle est consacrée par Mgr Louis de Berlaymont le jour de Pâques 1575.

Dans l’esprit du Concile de Trente qui requiert une meilleure formation du clergé, Mgr de Berlaymont demande également aux jésuites qu’ils se chargent d’un séminaire. Par manque d’hommes, le Supérieur général refuse.

Nouvelle église baroque[modifier | modifier le code]

La voûte du chœur

Un siècle plus tard, l’église est trop petite. L’archevêque van der Burch (1616-1644) avait laissé en testament une somme considérable pour le projet d’une nouvelle église. Les travaux ne commencent cependant que le , grâce au dynamisme du recteur Guillaume de Waha. L’architecte en est le frère jésuite Jean Bégrand. Les travaux sont très lents: sept ans plus tard, les fondations sortent à peine du sol. En 1692, la façade est achevée et l’église inaugurée sous le rectorat de Jean Sonius. Il faut encore deux ans pour que l’église soit vraiment terminée. Et la décoration intérieure, sculptures, peintures, autels et mobilier, occupera tout le XVIIIe siècle...

Expulsion et période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Expulsés de France par le parlement de Paris en 1761, les jésuites sont défendus cependant par le Parlement de FlandresDouai), qui dans un mémorandum envoyé en 1762, demande le maintien des jésuites. Il doit cependant céder et l’arrêt d’expulsion est décidé. Fin l’inventaire de la chapelle est fait. Les jésuites sont expulsés des lieux le .

Le collège passe par diverses mains. Le clergé séculier s’en occupe à partir de 1766. En 1791, le corps professoral ayant refusé la constitution civile du clergé il est remplacé en bloc. L’abbé assermenté de 1791 est lui-même remplacé par un laïc en 1792. C’est la désorganisation. Les élèves et séminaristes quittent le collège ou n’y reviennent pas. Par deux fois la bibliothèque est lestée de nombre de ses livres. Le a lieu la dernière distribution des prix.

Finalement les bâtiments sont réquisitionnés pour le logement des troupes. Le tribunal révolutionnaire s’installe au collège. L’église sert d’abord de prison aux prévenus et plus tard de magasin de fourrage pour le maître des postes.

Restauration[modifier | modifier le code]

En 1836 Mgr Louis Belmas acquiert la propriété pour en faire le grand séminaire de son diocèse de Cambrai. Le l’église est reconsacrée, et ouverte à nouveau au culte.

Une nouvelle crise surgit avec la loi de séparation de l'Église et de l'État, en 1905. Lors de l'expulsion du grand séminaire le , Mgr Delamaire, coadjuteur est arrêté[1]. Les bâtiments sont transformés en caserne. Durant la Première Guerre mondiale l’église est utilisée comme salle de cinéma... Puis, de 1918 à 1931, elle est rendue au culte catholique, alors que la cathédrale qui a fort souffert de la guerre est en chantier de reconstruction. La chapelle des Jésuites, classée en 1920 et rachetée par le diocèse en 1927, devient en 1958 un musée d'objets et art religieux.

La nef, lieu d'exposition temporaire de Cocoon, de Klaus Pinter

Classement[modifier | modifier le code]

La procédure de classement s'est déroulée en plusieurs phases : La chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2]. La façade (avec la toiture) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [2]. La façade sur rue (et la toiture) du bâtiment de l'ancien Grand Séminaire fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2]. La grande salle du Tribunal Révolutionnaire fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2]. Le mur se prolongeant sur la rue des Écoles, les façades et toitures de l'aile sud et de l'aile perpendiculaire côté rue Louis-Renard, les deux escaliers avec leurs rampes en bois et la salle du XVIIIe siècle avec son décor au rez-de-chaussée de l'aile sud, la cour intérieure et le jardin sont inscrits depuis le [2].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cent ans de vie dans la région, Tome 1 : 1900-1914, éditions la Voix du Nord, 1998, page 51
  2. a b c d et e Notice no PA00107400, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Delattre, Les établissements des jésuites en France depuis quatre siècles (4 vol.), Enghien, 1949, tome 1, col. 1031-1055.

Lien externe[modifier | modifier le code]