Chapelle de la forteresse du Mont-Valérien de Suresnes

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Chapelle de la forteresse du Mont-Valérien de Suresnes
Intérieur de la chapelle de Forbin-Janson.
Intérieur de la chapelle de Forbin-Janson.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Paroisses des Hauts-de-Seine
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Ville Suresnes
Coordonnées 48° 52′ 22″ nord, 2° 12′ 38″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chapelle de la forteresse du Mont-Valérien de Suresnes

La chapelle de la forteresse du Mont-Valérien de Suresnes désigne deux églises situées à Suresnes.

Historique est description[modifier | modifier le code]

Il existe deux chapelles dans l'enceinte de la forteresse du Mont-Valérien.

Crypte[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, la crypte est datée des années 1610 (voire du règne d'Henri III) ; elle pourrait être le dernier témoignage du calvaire religieux initié par Hubert Charpentier au XVIIe siècle et détruit au début des années 1840 afin de laisser place à la forteresse militaire. Il s'agirait cependant d'une confusion. Certes, sur les cadastres de 1783 et de 1813, ainsi que sur les plans de démolition qui ont vu la disparition du pèlerinage du mont Valérien, apparaît un bâtiment à cet emplacement appelé « cave » mais le mot « chapelle » ou son aspect actuel ne sont pas mentionnés. Chateaubriand évoque pour sa part une glacière qui aurait été autrefois une chapelle. L'édifice pourrait ainsi plutôt dater de l'époque de la construction de la forteresse, car il est précisément aligné sur le « bâtiment de 1812 » et sur la caserne nord, tous deux édifiés à partir de 1841. Il faut cependant noter que des documents de 1846-1848 au sujet de cette crypte évoquent le terme de « restauration », ce qui ne permet pas de trancher le débat.

Elle est surnommée « chapelle inachevée » dans la mesure où seule la crypte et des soubassements ont été réalisés. La technique de construction de la partie non-souterraine de l'édifice (amorce surmontée d'une croix) est identique à celle utilisée pour les deux poudrières du fort construites à partir de 1842. Alignées aux autres bâtiments, la crypte et sa partie supérieure ont sans doute été initialement jugés suffisant pour interrompre les travaux, afin de se concentrer sur la réfection de la chapelle de Forbin-Janson vers 1850. L'achèvement de la construction de la chapelle est donc différée et n'aura finalement jamais lieu.

Constituée de murs en pierre de taille, la crypte se présente comme une voûte annulaire reposant sur un pilier central à l'intérieur, ouvrant sur une salle en hémicycle. Des soupirails permettent son éclairage et son aération. À l'extérieur, un pignon porte une cloche baptisée Jeanne d'Arc par les troupes du 8e régiment de transmission (qui siège dans la forteresse) car celle-ci compte parmi les patronnes de l'unité, ayant également « reçu » des voix. L'édifice religieux porte officiellement le nom de chapelle Saint-Gabriel, aussi patron des transmissions.

Reconvertie en réserve alimentaire de l'armée, elle devient une chapelle le 20 juin 1954[1],[2], consacrée par le cardinal Maurice Feltin. Elle accueille deux plaques : en hommage à l'aumônier allemand Franz Stock, qui assista des résistants condamnés à mort sous l'Occupation, et au père Jean-Pierre Feseuille, tué à Beyrouth en 1990.

Chapelle de Forbin-Janson[modifier | modifier le code]

La chapelle de Forbin-Janson est édifiée en 1828 par l'abbé Charles de Forbin-Janson près du château familial adjacent érigé à la fin du XVIIIe siècle. Il s'agit d'un bâtiment de style néo-gothique où étaient autrefois déposées les stèles funéraires de Guillemette Faussart et Hubert Charpentier, religieux qui comptent parmi les fondateurs de la tradition de pèlerinage sur le mont, dont une partie des cendres fut envoyée au sanctuaire de Notre-Dame de Bétharram, près de Lourdes (la pierre tombale de Guillemette Faussart se trouve actuellement au musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes). Lors la construction du fort au début des années 1840, qui voit apparaître un mur de soubassement sur son côté sud-ouest, l'entrée de la chapelle est inversée et installée de l'autre côté. Vers 1850, elle commence à servir d'aumônerie pour les troupes et des mariages y sont même célébrés. Elle est désaffectée au début du XXe siècle, servant de stock d'armes. Le 10 décembre 1939, elle est rendue au culte en présence du cardinal Verdier, alors que le début de la Seconde Guerre mondiale voit affluer dans la forteresse plusieurs unités chargées de protéger la capitale (8e régiment du génie et 407e régiment d'artillerie anti-aérienne). La messe y est célébrée jusqu'en juin 1940. Sous l'Occupation, la chapelle accueille certains des résistants condamnés, exécutés ensuite dans une clairière du fort[3].

Paroisse[modifier | modifier le code]

Article connexe : Paroisses des Hauts-de-Seine.

Seule la crypte du XVIIe siècle sert encore au culte, pour les soldats en poste dans la forteresse. Les deux chapelles sont fermées au public, hormis lors des Journées européennes du patrimoine (pour les deux) et pour les visites du mémorial du Mont-Valérien (pour la chapelle de Forbin-Janson).

Depuis janvier 2010, la commune de Suresnes fait partie du doyenné du Mont-Valérien, l'un des neuf doyennés du diocèse de Nanterre[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes. Mémoire en images, t. 1, Éditions Alan Sutton, 1995, p. 76.
  2. Le patrimoine des communes des Hauts-de-Seine, Flohic éditions, 1994, p. 381.
  3. « La chapelle », mont-valerien.fr, consulté le 22 octobre 2018.
  4. « Courtault Bernard », mont-valerien.fr, consulté le 25 octobre 2018.
  5. « Carte des doyennés janvier 2010 », sur le site du diocèse de Nanterre (consulté le 18 septembre 2011).

Article connexe[modifier | modifier le code]