Chapelle Notre-Dame-de-la-Motte de Vesoul
| Chapelle Notre-Dame-de-la-Motte | ||
La chapelle de la Motte | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Nom local | Chapelle de la Motte | |
| Culte | Catholique | |
| Type | Oratoire | |
| Rattachement | Notre-Dame | |
| Début de la construction | 1855 | |
| Fin des travaux | 1857 | |
| Architecte | François-Jules Février | |
| Style dominant | Néo-gothique | |
| Géographie | ||
| Pays | ||
| Région française | Bourgogne-Franche-Comté | |
| Département français | Haute-Saône | |
| Commune française | Vesoul | |
| Coordonnées | 47° 37′ 45″ nord, 6° 09′ 08″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Vesoul
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La chapelle Notre-Dame-de-la-Motte, ou également appelée chapelle de la Motte, est une chapelle-oratoire dédiée à la vierge Marie située à Vesoul, dans la région Bourgogne-Franche-Comté. La chapelle est placée au sommet de la colline de La Motte, à 150 mètres au-dessus de la plaine.
Au Moyen-Age, le site de la chapelle est occupé par le donjon du Castrum Vesulium, forteresse mentionnée dès le IXe siècle. Le sommet de la Motte accueille également une chapelle dédiée à la Vierge fréquentée par des pèlerins dès le XIIIe siècle. Après la destruction du château en 1479 puis en 1595, le site du sommet de la Motte est progressivement délaissé. Par la suite, une croix en bois surplombant toute la cité y est érigée, avant qu'elle ne soit détruite sous la Révolution.
En 1854, une épidémie de choléra décime des milliers de personnes dans le département. Vesoul, bien que ville la plus peuplée de Haute-Saône, ne recense que peu de morts de cette maladie. Convaincues que la ville a été protégée par la Vierge, qui a une aura importante dans la cité, les autorités religieuses locales décident de lui faire construire une chapelle en guise de remerciement au sommet de la Motte. Construite dès 1855, la chapelle est finalement inaugurée puis bénie en 1857.
Au XXIe siècle, la chapelle de la Motte est l'un des monuments les plus emblématiques de la ville de Vesoul. Face à l'état de détérioration avancé du monument, la mairie procède en 2013 à la restauration de la chapelle et de sa statue.
Situation géographique
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La chapelle se trouve au sommet de La Motte, butte-témoin de forme conique qui culmine à 378 mètres d'altitude[1]. Le sommet offre une vue sur toute la plaine environnante.
La chapelle est uniquement accessible par un sentier situé sur le coteau sud de la Motte. Le centre de Vesoul se trouve à une distance d'un kilomètre de la chapelle, en contrebas, au pied de la Motte.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le site avant la chapelle
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Bien que probablement occupé depuis des temps plus anciens, le sommet de la Motte est occupé de manière certaine au moins dès le haut Moyen-Age par le Castrum Vesulium, une large forteresse couvrant le sommet de La Motte mais aussi une vaste partie de la butte. En effet, la première mention écrite de cette citadelle évoque la date de 899. Vesoul dépend, avec d'autres bourgs environnants, de la paroisse de l'église Saint-Martin-de-Pont, fondée au VIe siècle et située à environ deux kilomètres au sud de la cité[2].
Au cours du haut Moyen-Age, se trouve en plein sommet de la Motte, le donjon du château. Dans son ouvrage sur les sires de Faucogney, Jules Finot affirme que : « les fondements du donjon, dit M. Longchamps, ont été retrouvés sur le point culminant de la montagne à la place meme où M. l'abbé Boilloz, curé de Vesoul, fit ériger une chapelle votive en l'honneur de la Vierge[3]».
Par ailleurs, une chapelle castrale est située à proximité du donjon, probablement à l'Est de celui-ci. La chapelle dépend alors du prieuré du Marteroy, monastère fondé en 1092 et localisé sur un versant de la Motte. Dédiée à Notre-Dame et à Saint-Michel, choisie pour être les protecteurs du château, cette chapelle abrite notamment une statue de la vierge. A cette époque, la mère protectrice de la citadelle est également appelée Notre-Dame-du-Chastel de Vesoul' (en référence au château de Vesoul)[4],[A 1], dont la vénération est attestée au moins de entre le XIIIe siècle et le XVe siècle[2]. Il est dit qu'en temps de paix, les croyants de la région étaient autorisés à venir prier se recueillir dans la chapelle[5]. La chapelle est ruinée puis détruite lors des sièges de 1479 et de 1595[6].
Après la destruction du château, le site du sommet de la Motte est progressivement délaissé jusqu'a ce qu'une grande croix en bois y soit érigée au XVIIe siècle ou XVIIIe siècle par les vignerons de Vesoul, afin de raviver le culte de Notre-Dame. Sous la Révolution, cette croix est détruite est remplacé par un obélisque en pierre[7].
Contexte : le choléra en Haute-Saône (1853-1854)
[modifier | modifier le code]Au milieu du XIXe siècle, la France connait une importante épidémie de choléra. La Haute-Saône est alors l'un des départements français les plus touchés. Les localités recensant le plus de décès du choléra sont Gray (563) et Gy (390) suivi de Saulx (320), Saint-Loup-sur-Semouse (267), Pesmes (251), Villersexel (112), Selles (165). Certains villages perdirent près d'un tiers de leur population. Au total, près de 10 000 personnes en Haute-Saône moururent du choléra en 1853 et 1854.
Au mois de , le département était alors ravagé par cette épidémie, mais la ville de Vesoul avait étrangement été épargnée ; très peu de cas de choléra ont alors été recensés[A 2]. Le dimanche , face à la menace du choléra, les habitants de Vesoul décidèrent de réaliser une procession jusqu'à Notre-Dame-d'Échenoz, à quelques kilomètres au sud de Vesoul, espérant bénéficier de la protection divine de la Vierge et ainsi de protéger la ville du choléra[8]. En effet, un sanctuaire dédié à Marie existait depuis longtemps dans cette petite localité.
La procession, qui rassembla plusieurs milliers de personnes, débute dans la soirée au départ de l'église Saint-Georges de Vesoul, jusqu'à Échenoz[A 3]. Au retour à l'église Saint-Georges, les paroissiens réunis dans l'église émirent le vœu d'ériger au sommet de La Motte un monument religieux en l'honneur de la vierge Marie, en guise de remerciement pour avoir préservé la ville de Vesoul du choléra, mais aussi pour assurer cette préservation à l'avenir[A 4].
Élaboration et réalisation de la chapelle (1854-1857)
[modifier | modifier le code]Conception et préparation du projet
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Afin d'ériger un monument religieux au sommet de la Motte, les paroissiens demandèrent l'accord de la municipalité de Vesoul ; les terrains du sommet de la Motte étant propriété communale. Le curé de Vesoul adresse alors une lettre au maire de Vesoul, Étienne Bernard Rossen, le dans laquelle il y explique que la population souhaite remplacer la croix en bois au sommet de la Motte par une authentique chapelle consacrée à la Vierge Marie. Il y joint un plan du monument conçu par François-Jules Février (1811-1892), nommé architecte du département de la Haute-Saône en 1841[9],[A 5], et assure que la construction de la chapelle sera totalement financée par une souscription publique. Le maire réunit le conseil municipal pour délibération avec pour résultat un accord unanime, les membres du conseil municipal ayant eux-mêmes de fortes peurs sur les ravages du choléra dans le département[A 6].

Le , la commission d'archéologie de Vesoul mandate une sous-commission chargée de surveiller les futurs travaux de terrassement de la chapelle[A 7]. Dans l'attente de la construction de la chapelle, une grotte en l'honneur de la Vierge est creusée au sommet de la Motte. Consacrée au culte, elle est bénie le [A 6].
Une première souscription de fonds est réalisée envers la population catholique de la ville : entre trois et quatre jours de collecte de fonds, 10 000 francs furent collectés. Plus tard, une deuxième et une troisième souscription furent a nouveau soumise aux habitants[A 8].
Dans le but de facilité l'accès au sommet de la Motte, un véritable chemin en lacet est tracé, dès le . En effet, l'accès au sommet - 150 mètres au-dessus de la plaine - se faisait jusqu'alors par le biais d'un sentier rudimentaire et mal entretenu[A 7].
Construction de la chapelle
[modifier | modifier le code]Les travaux de la chapelle débutèrent en juillet 1855. Dès le 9 juillet, on commence à creuser les fondations de l'édifice. La sous-commission d'archéologie missionnée pour les travaux de la chapelle constatent de solides et épaisses fondations au sommet de la Motte ; il est alors estimé qu'elles correspondent au donjon de l'ancien château fort Castrum Vesulium qui fut rasé quelques siècles auparavant. De plus, une petite pièce de canon fut également retrouvée[A 9]. Le 12 août, la première pierre est posée. Ce même jour, une procession rassemblant plus de dix mille personnes a lieu : Monseigneur le Cardinal-Archevêque, les autorités de Vesoul ainsi qu'une soixantaine d’ecclésiastiques sont présents[A 9].
L'archevêque bénit les quatorze stations du chemin de croix, ainsi que la grotte creusée au sommet. Conformément au rituel, il bénit la première pierre du monument dans laquelle est renfermé le procès-verbal de construction de la chapelle ainsi que de multiples médailles et pièces de monnaie. Après avoir posé la première pierre symbolique, les religieux se dirigèrent vers l'église Saint-Georges[A 10].
Les travaux de la chapelle eurent lieu au cours de l'année 1856 et en partie en 1857 pour se terminer le .
Inauguration du sanctuaire
[modifier | modifier le code]La chapelle est inaugurée le . Une importante fête, relatée par divers journaux de presse, est organisée[A 11]. On estime à 15000 le nombre de personnes rassemblées. De nombreuses personnalités, dont monseigneur Gousset, archevêque de Reims successeur d'Hincmar et héritier de son siège et monseigneur Mathieu, le successeur des Granvelle et des Grammont[A 12]. La chapelle fut bénite à 17h30 en ce jour du [A 13].

Une procession a lieu de la ville jusqu'au sommet de la Motte. Une croix processionnelle suivie de 135 prêtres est portée jusqu'au sommet. Le cardinal Gousset et monseigneur Gérard assistent a la procession. Des autorités judiciaires, administratives, financières et militaires sont également présentes[A 14]. Après une heure de marche, toutes les personnes se trouvent quasiment au sommet de la Motte. Cette heure a aussi connu des discours et quelques arrêts. Au sommet, se trouve la maison du gardien du site. Il a également été aménagé une grande plateforme qui a pour objectif d'accueillir du monde pour célébrer la pose de la croix[A 15].
À la suite de l'ascension de la croix, à l'arrivée au sommet, le cardinal Mathieu dédie la chapelle, conformément au rite chrétien. À la fin de ces prières, le cardinal bénit les personnalités religieuses ainsi que les habitants présents lors du sacre. C'est alors que le cardinal Mathieu fit ce discours : « Pluviam voluntariam segregabis, Deus, hœreditati tuœ, et infirmata est, tu verô perfecisti eam », ce qui signifie « Vous avez réservé, ô mon Dieu, une pluie salutaire à votre héritage; il était affaibli, vous l'avez fortifié »[A 16]. À la suite des prières du cardinal Mathieu, le clergé raccompagna celui-ci à l'église Saint-Georges de Vesoul[A 17].
La chapelle aux XXe et XXIe siècle
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En 1916, une statue de l'archange Saint-Michel est installé devant la grotte, à proximité de la chapelle.
Le , la chapelle est en partie détruite par un incendie. Elle est par la suite réhabilitée ; sa restauration terminera en .
Le , le site de La Motte sur lequel se trouve la chapelle a été classé pour son caractère pittoresque[10].
En 2013, une importante restauration de la chapelle à lieu. La pierre calcaire était en effet très altérée par les eaux de pluie, tandis que l'érosion du socle naturel avait engendré un déchaussement de l'emmarchement. Les travaux menés par la mairie de Vesoul commencèrent au printemps 2013. Ils furent découpés en trois points :
- la restructuration de l'édifice, avec mise en place d'un enduit à la chaux naturelle et rénovation de la statue, ainsi qu'un nouvel éclairage nocturne.
- l'aménagement d'un parvis pour stabiliser l'érosion du sol et étancher la voûte naturelle de la grotte située en contrebas de la chapelle.
- la création d'une signalétique abordant différents points historiques et géographiques.
Ces travaux ont été temporairement suspendus en 2014 pour cause de fouilles archéologiques[11],[12].
Aujourd'hui, la chapelle Notre-Dame-de-la-Motte, avec son chemin de croix, est un lieu de pèlerinage pour beaucoup de croyants de la région.
Architecture
[modifier | modifier le code]Caractéristiques de la statue
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La statue Notre-Dame-de-la-Motte est en bronze, peinte de couleur blanche. Elle est d'une hauteur de 3,50 mètres. Les pierres de la chapelle proviennent de la carrière de la Motte. Elles sont décrites comme parfaites pour l'élévation du monument. La statue de Marie a été créée dans les fonderies de monsieur Barbezat et Compagnie, au Val d'Osne. Pesant 1 530 kilogrammes, la statue a été achetée, au prix de 300 francs, uniquement par un généreux bourgeois de Vesoul, qui la donna à la ville pour l'implantation du monument. La statue, représentant la Vierge, a ses mains tendues vers le quartier ancien de Vesoul. Vestimentairement, la statue a la tête couronnée de fleurs et le corps vêtu d'une robe et d'un manteau en or. Deux lampes accompagnées de parfums se trouvent à ses côtés[A 11].
À ses pieds s'enroule un serpent, allégorie récurrente dans l'iconographie chrétienne symbolisant le triomphe de la Vierge sur le Mal.
Caractéristiques du portique
[modifier | modifier le code]Le portique est grand et surmonté de clochetons. Au centre de ces clochetons se trouve une flèche accompagnée d'une croix. Composé de brique rouges, le portique est ouvert sur ses quatre côtés. Au milieu se trouve un piédestal en pierre blanche[A 15].
Répliques du monument
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Une réplique de la chapelle existe dans le quartier sud de Vesoul. Située entre le no 33 et le no 35 du boulevard du général de Gaulle, il s'agit d'un petit oratoire entièrement clos représentant Notre-Dame-de-la-Motte[13]. Une autre réplique de la chapelle est exposée à l'hôtel de ville de Vesoul.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Vesoul (Haute-Saône) », sur AGGLOmérations antiques du CENtre Est de la Gaule (consulté le ).
- Joseph Morey, La chronique de l'Église de Vesoul, Vesoul, , 267 p. (lire en ligne), p. 224.
- ↑ Jules Finot, Les sires de Faucogney, vicomtes de Vesoul, H. Champion, , 304 p. (lire en ligne), p. 17.
- ↑ André Jean Marie Hamon, Notre-Dame de France ou, Histoire du culte de la Sainte Vierge en France, depuis l'origine du christianisme jusqu'à nos jours, vol. 6 : comprenant l'histoire du culte de la Sainte Vierge dans les provinces ecclésiastiques d'Avignon, d'Aix et de Chambéry, H. Plon, , 566 p. (lire en ligne).
- ↑ Joseph Morey, La chronique de l'Église de Vesoul, Vesoul, , 267 p. (lire en ligne), p. 226.
- ↑ Joseph Morey, La chronique de l'Église de Vesoul, Vesoul, , 267 p. (lire en ligne), p. 227.
- ↑ Joseph Morey, La chronique de l'Église de Vesoul, Vesoul, , 267 p. (lire en ligne), p. 231.
- ↑ « Histoire de l’épidémie de choléra au XIXe siècle », L'Est républicain, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Cécile Gastaldo, « Jules Février (1842-1937), architecte méconnu à l’origine de l’hôtel Gaillard », Livraisons de l'histoire de l'architecture, no 33, , p. 97–109 (ISSN 1627-4970 et 1960-5994, DOI 10.4000/lha.761, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « La Butte dite la Motte », Bourgogne-Franche-Comté - Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, (consulté le ).
- ↑ Olivier Simonin, « Vesoul (Haute-Sâone). La Motte », Archéologie médiévale, no 45, , p. 258–259 (ISSN 0153-9337, DOI 10.4000/archeomed.7839, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Christian Peter et Stéphane Guyot, « Vesoul (Haute-Saône). La Motte », Archéologie médiévale, no 46, , p. 276–277 (ISSN 0153-9337, DOI 10.4000/archeomed.7459, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Édouard Choulet, « En mémoire de sa mère, il construit la réplique de Notre-Dame de la Motte de Vesoul et l’offre à la Ville », L'Est républicain, (lire en ligne, consulté le ).
- J.C. Boilloz (dir.), Notre-Dame-de-la-Motte : Notice historique sur le sanctuaire et le pèlerinage, t. 1, Vesoul, Jacquin, , 63 p. (lire en ligne)
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- La Motte
- Castrum Vesulium
- Histoire et Chronologie de Vesoul
- Christianisme à Vesoul
- Patrimoine de Vesoul
- Liste des lieux de culte de Vesoul
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- J.C. Boilloz (dir.), Notre-Dame-de-la-Motte : Notice historique sur le sanctuaire et le pèlerinage, t. 1, Vesoul, Jacquin, , 63 p. (lire en ligne)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Pour l'ensemble des points mentionnés sur cette page : voir sur OpenStreetMap (aide), Bing Cartes (aide) ou télécharger au format KML (aide).