Chantier (roman)

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Chantier
Auteur Stephen King
Genre Roman
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Roadwork
Éditeur Signet Books
Lieu de parution New York
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de parution
ISBN original 978-0451096685
Version française
Traducteur Frank Straschitz
Éditeur Albin Michel
Collection Spécial suspense
Date de parution
Lieu de parution Paris
Type de média Livre papier
Nombre de pages 348
ISBN 978-2226030184

Chantier (titre original : Roadwork) est un roman écrit par Stephen King, paru en 1981 sous le pseudonyme de Richard Bachman.

Résumé[modifier | modifier le code]

Novembre 1973. Bart Dawes est un petit cadre américain typique, à la vie bien rangée. Son existence bascule quand il apprend que sa maison et la blanchisserie où il travaille vont être rasées, pour permettre la construction d'une autoroute. Dawes achète des armes sans sembler être conscient des motivations qui le poussent à le faire. Malgré les avis d'expropriation de la mairie, il ne fait aucune démarche pour trouver une nouvelle résidence, retardant sans arrêt l'échéance ce qui provoque des tensions avec son épouse Mary. Plus grave encore, il fait de même pour la blanchisserie alors que le patron de l'entreprise l'a chargé d'acquérir un nouveau local.

Bien que conscient d'agir contre ses intérêts, Dawes ne peut s'empêcher de saboter délibérément l'achat d'un nouveau bâtiment pour la blanchisserie et il est licencié. Quand Mary apprend la nouvelle, elle le quitte. Peu à peu, alors que le chantier avance, Bart Dawes, laisse remonter ses frustrations, bascule dans la violence et la folie. Il apparaît qu'il n'a pas surmonté la mort de son fils Charlie, survenue quelques années auparavant et qu'il est incapable de trancher les liens émotionnels qui le lient à la maison et au lieu de travail où il a vécu heureux pendant des années avec sa femme et son fils. Dawes entre en contact avec Sal Magliore, un homme lié à la Mafia, afin d'acheter des explosifs. Magliore commence par refuser, suspectant un coup monté, et Dawes fabrique des cocktail Molotov, s'en servant pour endommager des engins et un bâtiment du chantier. Magliore, voyant que Dawes est sérieux, finit par lui vendre des explosifs. Dawes les paye en faisant mine de vendre enfin sa maison à la mairie inquiète, car il est désormais le seul habitant qui reste dans son quartier, à la condition de toucher l'argent tout de suite. Dawes confie le reste de l'argent à Magliore pour qu'il revienne plus tard à Olivia Brenner, une jeune auto-stoppeuse que Dawes a rencontrée et qui a passé une nuit chez lui.

En janvier 1974, le jour de la date limite où il doit quitter sa maison, Dawes installe les explosifs partout à l'intérieur. Il se retranche dans sa propriété et échange des coups de feu avec la police quand celle-ci arrive sur les lieux. Des journalistes ne tardent pas à arriver et Dawes négocie pour que l'un d'entre eux vienne l'interviewer. Une fois le journaliste reparti, Dawes fait sauter sa maison avec lui. L'épilogue révèle que la mairie n'avait aucune raison particulière de construire cette nouvelle route, il lui fallait juste dépenser entièrement son budget alloué aux travaux publics afin qu'il ne soit pas réduit l'année suivante.

Analyse[modifier | modifier le code]

Chantier est le livre qui se rapproche le plus d'un roman « classique » que King ait écrit avant les années 1990. Écrit juste après Carrie, à l'époque du premier choc pétrolier (mais publié bien plus tard), il présente, comme les autres romans signés du pseudonyme de Richard Bachman, un personnage principal poursuivant une obsession. Bart Dawes recherche « l'illusion d'une réponse » à tout ce qui a contribué à faire partir sa vie en morceaux : les changements économiques, la solitude et l'aliénation, l'échec de son mariage et, par dessus-tout, la mort, causée par le cancer, de son seul enfant[1]. L'obsession de Dawes le conduit inexorablement à la folie et à la mort. Il souffre lui-même d'un « cancer de l'âme » qui le pousse à s'en prendre vainement à ce monde qui lui a fait tant de mal[2]. Les événements qui exercent leur pression sur Dawes jusqu'à le faire craquer sont tragiques mais n'ont rien d'extraordinaires, King suggérant qu'aucun de nous n'est à l'abri de subir le même sort[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. George Beahm, Tout sur Stephen King, Lefrancq,‎ (ISBN 2-87153-337-7), p. 315-318
  2. (en) Stan Wiater, Christopher Golden et Hank Wagner, The Complete Stephen King Universe: A Guide to the Worlds of Stephen King, MacMillan,‎ (ISBN 0312324901), p. 433
  3. (en) Michael R. Collings, The Many Facets of Stephen King, Wildside Press,‎ (ISBN 0893709239), p. 33-34