Chanson d'automne

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Chanson d'automne est un des plus fameux poèmes de Paul Verlaine. Il a paru dans Poèmes saturniens (1866).

Radio Londres[modifier | modifier le code]

Sa première strophe, légèrement altérée, a été utilisée par Radio Londres le 5 juin 1944 à 21 h 15, peu avant le débarquement de Normandie, pour informer le réseau de résistance "Ventriloquist" (et non l'ensemble de la Résistance française) que celui-ci aurait lieu dans les heures suivantes. Les nazis auraient réussi à décrypter ce message et "c'est pour cela que les militaires débarquant ont rencontré une telle résistance"[réf. nécessaire].

Citations et erreur[modifier | modifier le code]

Le poème commence ainsi :

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Cette citation est souvent utilisée à tort avec les termes « bercent mon cœur ». Charles Trenet a notamment réalisé une chanson à partir de ce poème, où il a choisi de dire « bercent mon cœur », probablement pour rendre le texte plus consensuel. Georges Brassens, ayant repris la chanson de Trenet, y remettra la strophe originale. Ce choix fut aussi celui de Léo Ferré pour l'adaptation du même poème dans Verlaine et Rimbaud (cependant dans l'enregistrement public du DVD Léo Ferré chante les poètes, Ferré dit aussi « bercent » dans le premier couplet, et « blessent » dans sa reprise en fin de chanson).

Cette citation est aussi utilisée au début d'une chanson du groupe québécois Aut'Chose intitulée Chanson d'automne.

Avant cela on trouve l'erreur dans Histoire de la littérature française d'Émile Faguet, datant de 1900-1905, et sur une épreuve d'une lithographie de Frédéric-Auguste Cazals[1], où elle est corrigée.

La suite du poème se compose des deux strophes suivantes :

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Ce poème est également cité par :

  • Serge Gainsbourg, en 1973, à plusieurs reprises tout au long de la chanson Je suis venu te dire que je m'en vais (« comme dit si bien Verlaine “au vent mauvais” », etc.) ;
  • Boby Lapointe dans Monsieur l'agent (« Au violon mes sanglots longs / Bercent ma peine / J'ai reçu des coups près du colon / J'ai mal vers l'aine ! ») ;
  • Les Discrets dans Chanson d'automne, où le poème fait office de paroles ;
  • Charles Trenet dans Chanson d'automne, où le poème fait de même office de paroles ;
  • Alain Barrière dans Elle était si jolie, qui se déroule elle aussi à l'automne, dans une réminiscence du poème verlainien par l'usage de la même expression : "au vent mauvais" ; dans le même couplet, le chanteur "pleure souvent" ce qui n'est pas sans rappeler les "sanglots longs" de Verlaine ;
  • Dooz Kawa, dans Tristement Célèbre ("Les sanglots longs des violons / de l'automne m'isolent / débarquement au bloc B / et les feuilles sont tombées / et séchées sur le sol...").
  • Les Discrets, un groupe de Shoegaze Français, a également repris ce poème en intégralité en guise de paroles pour une de leurs chansons[2],[3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lithographie de Frédéric-Auguste Cazals publiée dans Verlaine de Jacques-Henri-Bernecque (Seuil, 1966), p. 38.
  2. « Les Discrets-Septembre et Ses Dernières Pensées », sur Spirit Of Metal
  3. Les Discrets - Chanson D'automne,‎ (lire en ligne)