Chamoson

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Chamoson
Chamoson
Le village de Chamoson vu depuis Nendaz.
Blason de Chamoson
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton du Valais Valais
District Conthey
Localité(s) Grugnay, Saint-Pierre-de-Clages, Les Vérines, Némiaz, Chatelard, Les Mayens-de-Chamoson
Communes limitrophes Leytron, Riddes, Nendaz, Ardon, Conthey, Bex
Président Claude Crittin (PDC)
NPA 1955
No OFS 6022
Démographie
Gentilé Chamosard
Population
permanente
3 986 hab. (31 décembre 2020)
Densité 123 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 12′ 00″ nord, 7° 13′ 00″ est
Altitude 650 m
Superficie 32,47 km2
Divers
Langue Français
Localisation
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Chamoson
Liens
Site web www.chamoson.net
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Chamoson est une commune suisse du canton du Valais, située dans le district de Conthey, entre les villes de Martigny (17 km) et de Sion (12 km).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune vu depuis Nendaz.

Situation générale[modifier | modifier le code]

Au nord, le Grand Muveran fait office de frontière avec la commune de Bex dans le canton de Vaud. Le massif du Haut de Cry fait office de frontière avec la commune de Conthey. À l'est, le rocher du Cy de Grü et le pied du coteau font office de frontière avec la commune d'Ardon. Au sud, le Rhône crée la frontière avec les communes de Nendaz et de Riddes. Enfin, à l'ouest, la rivière Losentse fait office de frontière avec la commune de Leytron.

Localités[modifier | modifier le code]

La commune comporte plusieurs localités, la principale étant bien-entendu Chamoson, au sommet du cône d'alluvions de la Losentse, avec 2 360 habitants recensés.

Juste au-dessus de ce village, se situe le hameau du Grugnay avec 203 habitants recensés. Au pied du coteau s'étend Saint-Pierre-de-Clages (604 habitants), célèbre pour son église romane. Sur le flanc du Haut de Cry, les deux hameaux d' Azerin et de Némiaz totalisent 117 habitants. Entre la Losentse et son affluent, le torrent de Cry, le hameau Les Vérines abrite 236 personnes. Enfin, le hameau de Châtelard se situe à l'Ardève, tandis que sur les hauteurs, proche de la limite communale avec Leytron, on trouve les Mayens de Chamoson, avec 302 habitants.

Les indications de population datent du recensement 2016[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Comme pour la majorité des communes du Valais, le territoire de Chamoson se trouve entièrement sur le bassin versant du Rhône.

Le cours d'eau principal, la Losentse, prend sa source à l'étang de la Forcla situé au pied du Pacheu. Elle compte trois affluents : le Grand Tsené, s'écoulant depuis la Pointe de Chemo, le torrent de Cry et le Tsené (anciennement torrent de Saint-André ou Merdesson) en provenance du Haut de Cry[4].

Montagnes[modifier | modifier le code]

La commune de Chamoson est délimitée par de nombreux sommets de montagnes : L'Ardève (1 501 m), le Grand Muveran (3 051 m), la Tête aux Veillon (2 846 m), Le Pacheu (2 798 m), la Tita Naire (2 701 m), les Pointes de Tsériés (2 753 m), le Haut de Cry (2 969 m), la Tête de Vertsan (2 563 m), les Ancillons (1 640 m), la Routia (1 306 m) et le Cy de Grü (746 m).

Les quelques montagnes situées entièrement sur la commune sont : la Pointe de Chemo (2 626 m), la Dent de Chamosentse (2 721 m), le Sécheralle (2 522 m) et la Tita di Larzes (2 038 m)[5].

Population[modifier | modifier le code]

Gentilé[modifier | modifier le code]

Les habitants de la commune se nomment les Chamosards[6] (lé Tsamozâ en patois valaisan[7]). Ils sont surnommés lé Leu, soit les loups[7].

Démographie[modifier | modifier le code]

La commune compte 1 140 habitants en 1850, 1 731 en 1900, 2 053 en 1950, 2 094 en 1980 et 2 497 en 2000[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue aérienne (1955).

On est incapable de dater la création de ce village, la plus ancienne découverte est une hache-ciseau en amphibolite calcique découverte au Lieu-dit La Posse, datant du 5e millénaire avant JC[9] des habitats en terrasses datant de la période de l'âge du Bronze final ont été mise à jours sur le haut du cône des Lumeires[10].

Des vestiges de villa gallo-romaine ont été trouvés également, les archéologues s'accordant à décréter que c'est là que se trouvait un lieu de villégiature pour les habitants de Sedunum : campus amasorium (camp d'amusement) [11].

En 999, le roi Rodolphe III de Bourgogne cède les villages de Chamoson, Ardon et Saint-Pierre-de-Clages à l'évêque de Sion[11].

Durant le Moyen Âge, Ardon et Chamoson forment une même seigneurie, qui au fil des luttes va appartenir tantôt à l'évêque de Sion, tantôt à la Maison de Savoie.

Vers 1230, de nombreux écris font référence à la construction d'une fortification à Chamoson par l'évêque Landry de Mont, bâtisseur du château de la Soie[12]. Lors du traité du , le Comte Amédée IV de Savoie reconnaît la propriété de ces deux châteaux à l'évêché de Sion, puis est cédé en 1260 à Pierre II de Savoie. En 1266, pour réduire les coûts d'entretient, le château de Chamoson est partiellement démantelé[13]. Il est remis en état deux ans plus tard par l'évêché lorsque Philippe Ier de Savoie le restitue[14].

Lors de l'année 1384, Amédée VII massacre la garnison du chateau du Crest à Ardon. Les défenseurs de Chamoson préfèrent se rendent sans opposer de résistance et se voient rattaché à la Savoie. Le château est démantelé durant cette période. Après la bataille de la Planta, en 1475, le Prince-évêque de Sion reprend le contrôle de cette région.[14].

Le , une importante lave torrentielle a déferlé sur Chamoson après un orage.[15],[16].

Patrimoine bâti[modifier | modifier le code]

Église paroissiale Saint-André. Édifice de structure basilicale à trois nefs, néogothique, avec transept et choeur polygonal. Construite en 1928-1930 par l'architecte Lucien Praz. Le clocher, conservé de l'ancienne église, présente une flèche pyramidale et date de 1751-1752 (millésimé sur les fers qui ceinturent le sommet du clocher). À l'intérieur de l'église, la mosaïque ornant l'abside, les peintures murales dans la nef, ainsi que les vitraux datent de 1928-1930 et sont dus à Edmond Bille[17].

Village. Maisons de pierre, en partie ornées de décors peints du XIXe siècle. Maison paysannes. École bâtie en 1920-1940 par les architectes Lucien Praz et Robert Tronchet dans le goût Heimatstil valaisan[17].

Politique[modifier | modifier le code]

Le conseil communal comporte 5 élus. L'actuel est composé de : Claude Crittin (président), Sandra Maillard-Koller (vice-présidente), Christophe Bessero, Stéphane Giroud et Luc Monsciani[18].

Au niveau cantonal, la commune n'a jamais eu d'élus au conseil d'état. 32 habitants ont eu la chance de siéger au grand conseil, dont 4 l'ont même présidé : Albert Delaloye (1932-1934), Robert Carrupt (1958-1960), Albert Biollaz (1966-1968) et Charles-Marie Crittin (1973-1974)[19].

Au niveau fédéral, la commune compte 3 personnes ayant été élues conseillers nationaux : Camille Crittin (1928-1959), Antoine Favre (1943-1959) et Félix Carruzzo (1959-1979)[20].

Viticulture[modifier | modifier le code]

Chamoson est la plus grande commune viticole du Valais, avec ses 427 hectares de vignes. Le terroir de Chamoson est réputé idéal pour le sylvaner, dont résulte un vin appelé Johannisberg.

Activité minière[modifier | modifier le code]

Une mine de fer, à Chamoson, produisait la « chamosite ». Au tout début du XIXe siècle, Pinson et Liotard en sont les premiers propriétaires connus. En 1814, un ingénieur français de mines, Émile Gueymard, signale ici de nombreuses scories qui attestent une exploitation ancienne. En 1820, un autre ingénieur des mines, Pierre Berthier, précise que ce minerai est formé de sous-silicate de fer, de sous-silicate d'alumine, et d'eau, une composition qui ne semble pas attestée ailleurs. Berthier propose donc d’appeler ce minerai « chamosite » du nom du lieu de sa découverte.

Jusqu’en 1857, le minerai est transporté par luges, puis par chars à bœufs jusqu'aux forges d'Ardon. En 1855, ce filon produit 1 500 tonnes de minerai, mais les prix d'extraction augmentant, il n’est bientôt plus rentable. L'exploitation est interrompue en 1857.

Une nouvelle concession est accordée en 1936 et l'exploitation reprend en 1941, le transport se faisant désormais en partie au moyen d'un téléphérique. Mais la société qui se charge de l’exploitation est mise en sursis concordataire en 1944, quelques jours avant qu'une avalanche emporte une partie des installations. En outre, en 1945, le Conseil fédéral interdit l'usage du bois local pour traiter le minerai. La liquidation est donc prononcée et la fermeture définitive de la mine intervient le . Seuls quelques vestiges attestent encore cette activité qui fut un temps importante[21].

Dans un tout autre domaine, une découverte en 1980 a révélé un four à goudron végétal dans un abri sous roche au pied de l'Ardève. Cette installation exceptionnelle, la seule connue à ce jour en Suisse romande, se situe dans un bois à 750 mètres d'altitude, au haut d'une vigne sur la rive droite de la Losentze. Il n'y a pas pour l'instant d'éléments permettant sa datation[22].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

  • Fonds : Chamoson, Commune (1304-1964) [24 mètres]. Cote : CH AEV, AC Chamoson. Sion : Archives de l'État du Valais (présentation en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Population résidente permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le sexe, l'état civil et le lieu de naissance, en 2020 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  2. « Portraits régionaux 2021: chiffres-clés de toutes les communes », sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  3. http://www.chamoson.net/commune/population-286.html
  4. cartes nationale suisse n° 1305
  5. cartes nationale suisse n° 1305 et n° 1306
  6. Charles Knapp (dir.), Dictionnaire géographique de la Suisse, vol. 6 : Toffen - Zybachsplatte, Neuchâtel, Victor Attinger, 1902-1910, p. 191 [détail des éditions] [lire en ligne (page consultée le 17.11.2022)]
  7. a et b Paul Fehlmann, Ethniques, surnoms et sobriquets des villes et villages en Suisse romande, Haute-Savoie et alentour, dans la vallée d'Aoste et au Tessin, Genève, Jullien, , 274 p. (ISBN 2-88412-000-9), p. 24
  8. Danielle Allet-Zwissig, « Chamoson » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  9. Pierre Pétrequin, Christophe Croutsch et Michel Errera, Approche des productions valaisannes en amphibolite calcique (néphrite),, Jade, .
  10. Pugin et Corboud, Le Valais avant l’histoire : 14 000 av. J.-C. -47 apr. J.-C., -Gallay A., .
  11. a et b J-E Tamini, Pierre Délèze et Paul de Rivaz, Essai d'Histoire d'Ardon, Chamoson et Saint-Pierre-de-Clages, Editions à la Carte, , 168 p. (ISBN 2-88464-757-0).
  12. Louis Blondel et André Donnet, Châteaux du Valais, Walter, , 293 p..
  13. Daniel Masotti, Le château de Chamoson ou la forteresse perdue, Association d'Études militaires de Saint-Maurice, .
  14. a et b Daniel Masotti, Le château disparu de Chamoson, Pro Castrum, , 41 p..
  15. info sur rts.ch
  16. la lave torrentielle de Chamoson sur YouTTube
  17. a et b (de) Hans Jenny (dir.), Kunstführer durch die Schweiz : Genf, Neuenburg, Waadt, Wallis, Tessin, vol. 2, Zurich, Société d’histoire de l’art en Suisse /Büchler Verlag, , 725 p. (ISBN 3-7170-0165-5), p. 373.
  18. « Le conseil communal - légistalture 2021-2024 :: Commune de Chamoson », sur www.chamoson.net (consulté le )
  19. Fernand Crittin, Chamoson à travers les âges, Editions à la Carte, , 256 p. (ISBN 978-2-88924-281-8)
  20. https://www.parlament.ch/fr/ratsmitglieder#k=historique%20des%20%C3%A9lus
  21. Vincent Quartier-la-Tente, « Un minerai de fer au nom d’un village valaisan », Passé simple, no 45,‎ , p. 21-23.
  22. Vincent Quartier-la-Tente, « Un four à goudron végétal à Chamoson », Passé simple, no 65,‎ , p. 17-18.

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