Le Chambon-sur-Lignon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Chambon-sur-Lignon)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chambon.
Le Chambon-sur-Lignon
Mairie
Mairie
Blason de Le Chambon-sur-Lignon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Arrondissement Yssingeaux
Canton Mézenc
Intercommunalité Communauté de Communes du Haut-Lignon
Maire
Mandat
Éliane Wauquiez-Motte
2014-2020
Code postal 43400
Code commune 43051
Démographie
Population
municipale
2 609 hab. (2012)
Densité 63 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 42″ N 4° 18′ 11″ E / 45.0616666667, 4.3030555555645° 03′ 42″ Nord 4° 18′ 11″ Est / 45.0616666667, 4.30305555556  
Altitude Min. 874 m – Max. 1 139 m
Superficie 41,71 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Haute-Loire

Voir sur la carte administrative de Haute-Loire
City locator 14.svg
Le Chambon-sur-Lignon

Géolocalisation sur la carte : Haute-Loire

Voir sur la carte topographique de Haute-Loire
City locator 14.svg
Le Chambon-sur-Lignon

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Le Chambon-sur-Lignon

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Le Chambon-sur-Lignon
Cercle de silence sur la place, juin 2010

Le Chambon-sur-Lignon est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne. Elle s'est d'abord appelée Le Chambon puis Le Chambon-de-Tence avant de prendre son nom actuel en 1923.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Chambon-sur-Lignon est située dans les monts du Vivarais, à l'est du Velay, près de la limite administrative avec le département de l'Ardèche.

Ce village marque le début des Cévennes.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Jeures Tence Rose des vents
Mazet-Saint-Voy N Devesset
O    Le Chambon-sur-Lignon    E
S
Les Vastres Mars (Ardèche) Saint-Agrève

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La commune est située à proximité de l'axe Le Puy-en-VelayValence.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • 1893 : Le Chambon devient Le Chambon-de-Tence.
  • 1923 : Le Chambon-de-Tence prend le nom du Chambon-sur-Lignon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ville huguenote depuis le XVIe siècle dans le Massif central, la commune et sa région sont très tôt une station touristique et un centre d'accueil pour les enfants ou dans les années 1930 pour les réfugiés espagnols, via le collège Cévenol [1].

La commune et l'ensemble du plateau Vivarais-Lignon accueillent également des réfractaires au STO au début de la la Seconde Guerre mondiale et se rendent surtout célèbres par l'action de leurs habitants pour aider les Juifs fuyant les persécutions nazies et le régime de Philippe Pétain pendant cette guerre[2].

À partir de 1940, le pasteur en titre de la paroisse André Trocmé et sa femme Magda, s'attachèrent à sauver des citoyens juifs, menacés par le régime du maréchal Pétain d'être envoyés dans les camps de concentration. Tous deux poussèrent les villageois (essentiellement des protestants dont la mémoire de leur propre persécution est encore vive) à les accueillir dans leurs maisons et dans les fermes des alentours, ainsi que dans des institutions publiques. Un autre pasteur, Édouard Theis, directeur du collège Cévenol, accueille aussi bien des professeurs que des enfants juifs. À l'approche des patrouilles nazies, les personnes hébergées partaient se cacher dans la campagne en dehors du village. Après leur départ, les habitants allaient dans les bois en chantant une certaine chanson pour prévenir les Juifs que le danger était écarté[3].

Au-delà de l'accueil, les habitants de cette région ont fourni de faux papiers d'identité, des cartes de rationnement et aidé au passage de la frontière avec la Suisse[4]. Cependant, certains habitants payèrent ce courage de leur vie et furent arrêtés et déportés, comme le cousin du pasteur Trocmé, Daniel Trocmé, qui mourut au camp de Majdanek. Le documentaire Les Armes de l'esprit avance le chiffre de 5 000 Juifs ayant trouvé refuge à un moment ou à un autre dans la région du Chambon-sur-Lignon, certains historiens[5] optent pour une évaluation beaucoup plus prudente d'environ un millier de juifs, principalement des enfants[2]. Étant donné l'absence de coordination centralisée de cette résistance spirituelle au nazisme et donc l'absence de source ou de méthode fiable, tous s'accordent à dire qu'il est illusoire de vouloir dénombrer précisément les survivants ayant résidé ou juste brièvement transité par le Chambon dans le cadre d'une filière d'évasion. Il est à souligner que ce mouvement de résistance non-violente s'est étendu au delà des quelque 9 à 10 000 protestants de l'ensemble du plateau Vivarais-Lignon et que les minorités catholiques[Note 1] ont également contribué au sauvetage[2]. Des organisations juives on également contribué à ce mouvement, notamment l'OSE (Œuvre de secours aux enfants), les EIF (Éclaireuses éclaireurs israélites de France) et le service André, organisation de Résistance juive[2],[6].

En 1990, le gouvernement israélien reconnut toute la région et ses habitants comme « Justes parmi les nations » pour leur action humanitaire et leur bravoure face au danger. Un jardin et une stèle honorent la région du Chambon au mémorial de Yad Vashem. C'est la seule collectivité, avec le village néerlandais de Nieuwlande, à avoir reçu cet honneur[7].

Parmi les nombreux juifs accueillis et cachés au Chambon figurent le futur mathématicien Alexandre Grothendieck, l'écrivain André Chouraqui, l'orientaliste Georges Vajda, le philosophe Jacob Gordin et les historiens Jules Isaac et Léon Poliakov. Albert Camus vint au Chambon en 1942-1943 pour soigner sa tuberculose, y écrivit Le Malentendu, et travailla à La Peste et à L'Homme révolté.

Le village a accueilli le président de la République Jacques Chirac le 8 juillet 2004, journée au cours de laquelle il prononce un discours hommage, où, dans une sorte de réponse à son propre discours du Vel d'Hiv du 16 juillet 1995, il oppose à « ceux qui commirent l'irréparable », « le choix de la tolérance, de la solidarité et de la fraternité » fait par les « villageois et paysans du Plateau, habitants du Chambon et des localités voisines, guidés par des pasteurs et des enseignants admirables[8] ».

Le 2 septembre 2007, Le Chambon a accueilli le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso, venu saluer l'équipe de rugby à XV du Portugal participant à la coupe du monde 2007 et qui avait été logée sur le plateau[9].

Le collège Cévenol, fondé en 1938, est toujours un établissement secondaire international, pour la paix.

Le , la commune est endeuillée par l'affaire Agnès Marin.

Le 3 juin 2013 est inauguré un lieu de mémoire commémorant l'accueil et le sauvetage des juifs par les habitants du village pendant la Seconde Guerre mondiale[10].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Chaumière au Chambon-sur-Lignon.

Juste après la guerre, le Chambon-sur-Lignon a connu un fort attrait touristique. Certains disent qu'il y avait plus d'une centaine de pensions et hôtels. L'office du tourisme du Haut-Lignon est l'un des plus anciens de France (100 ans en 2012).

De nombreuses infrastructures ont été construites sous le mandat de Raymond Vincent afin de continuer à développer le tourisme (un golf 18 trous, tennis, etc.).

Le Chambon-sur-Lignon mise depuis quelques années sur les infrastructures sportives. De nombreuses équipes de sport professionnelles viennent chaque année en stage de préparation physique. En 2011, le village accueillit l'équipe de France de rugby (XV de France) pour un stage de préparation à la coupe du monde en Nouvelle-Zélande.

Depuis le 3 juin 2013, on peut visiter le lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon, un musée qui regroupe les traces de la désobéissance civile collective des habitants du plateau et de leur sauvetage des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Tout en mentionnant les noms des quelque 25 personnes proclamées « justes » par le mémorial de la Shoah Yad Vashem, en commençant par les animateurs de la communauté que furent les pasteurs Trocmé et Theis, le maire Guillon et l'instituteur Roger Darcissac, le mémorial explique le contexte et précise bien que c'est l'ensemble du plateau, au-delà même de la commune du Chambon, qui fut impliqué dans ces actes d'héroïsme discrets.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1971 mars 2001 Raymond Vincent    
mars 2001 mars 2008 Francis Valla DVD  
mars 2008 en cours
(au 27 août 2014)
Mme Éliane Wauquiez-Motte[11] UMP  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 2 609 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 730 1 557 1 976 1 740 2 400 2 270 2 319 2 280 2 329
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 231 2 211 2 048 2 155 2 170 2 195 2 333 2 327 2 490
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 670 2 693 2 642 2 391 2 593 2 543 2 721 3 202 3 163
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2012
3 096 2 846 2 811 2 791 2 854 2 642 2 661 2 662 2 609
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le temple protestant : en 1604, les protestants du Chambon édifièrent un premier temple au lieu-dit le Creux, en bas du village. Ce temple fut incendié et détruit en 1679, sur ordre de l'intendant D'Aguesseau. En 1810, après la publication des Articles organiques de 1802, les fidèles demandent l'édification d'un nouveau lieu de culte. Le temple est alors inauguré en 1821.
  • Collège-lycée Cévenol international (collège Cévenol) fondé par André Trocmé et Édouard Theis en 1938.
  • Lieu de mémoire inauguré en juin 2013 pour rappeler l'attitude des habitants du Chambon et des alentours dans l'accueil et le sauvetage des juifs pendant l'Occupation.
  • La commune est desservie par le train touristique Velay Express[14], qui emprunte une ligne historique ouverte en 1902[15].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

La commune du Chambon-sur-Lignon porte :

  • De gueules à un cerf contourné d'or, ramé d'azur, accompagné en pointe de deux palmes d'argent les tiges passées en sautoir, au chef cousu d'azur chargé de trois croissants aussi d'argent

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un exemple de sauvetage par des congrégations religieuses catholiques est celui de la commune de Chavagnes-en-Paillers.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Boulet, Histoire de la Montagne-refuge, Polignac, Éditions du Roure,‎ , 416 p.
  2. a, b, c et d Patrick Cabanel, Philippe Joutard, Jacques Semelin et Annette Wieviorka, La montagne refuge - Accueil et sauvetage des juifs autour du Chambon-sur-Lignon, Albin Michel,‎ 2013 (ISBN 978-2-226-24547-2), p. 393
  3. Patrick Cabanel et Laurent Gervereau, La Deuxième Guerre mondiale, des terres de refuge aux musées, Actes du colloque de Chambon-sur-Lignon,‎ , p. 213-216
  4. Pour une description de la vie au Chambon-sur-Lignon durant la Deuxième Guerre mondiale : L'Auberge des musiciens, de Léon Poliakov (voir Bibliographie).
  5. François Boulet, « « Etrangers et Juifs en Haute-Loire de 1936 à 1944 » », Cahiers de la Haute-Loire,‎ , p. 301-350. Voir aussi Marc-André Charguéraud
  6. Livre sur le réseau André, Site d'information des éditeurs Belin, De Boeck, La Découverte et Erès [1]
  7. « (...) communes du Chambon-sur-Lignon et du plateau Vivarais-Lignon à qui a été décernée, cas unique, une Médaille des Justes collective » (Introduction au dictionnaire des Justes de France, reproduite sur le site des juifs d'Alsace et de Lorraine) ; « La commission de Yad Vashem a cru devoir déroger à la loi qui n’autorise de décerner le titre de Juste qu’à des personnes nommément désignées, et l’a attribué dans ce cas unique à l’ensemble de la population (la seule autre dérogation concerne la commune néerlandaise de Nieuwlande) » (d'après le Dictionnaire des Justes de France cité ici) ; « Le village de Nieuwlande partage aujourd'hui avec les communes françaises de l'ancien consistoire protestant de la Montagne, autour du Chambon-sur-Lignon, le privilège d'avoir été honoré en tant que personne morale du titre de Juste » (Jacques Sémelin, Claire Andrieu, Sarah Gensburger, La Résistance aux génocides : de la pluralité des actes de sauvetage, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2008, page 457)
  8. http://www.jacqueschirac-asso.fr/fr/wp-content/uploads/2010/04/Chambon-sur-Lignon.pdf
  9. (en) RWC 2007 - Portugal get home advantage in France
  10. « Nouveau lieu de mémoire en juin », sur lefigaro.fr,‎
  11. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 27 août 2014).
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2012.
  14. « Velay Express », sur velay-express.fr (consulté le 19 mars 2015).
  15. « Historique du réseau du CFD Vivarais », sur asso-vfv.net (consulté le 19 mars 2015).
  16. Mon parcours sur le Site de L. Wauquiez, consulté le 9 mai 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Abbé V. Manevy et Janik Rozo (illustrations) (préf. de l'abbé A. Fayard), Le Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire - Regards sur son Histoire, Saint-Étienne, Éditions du Chevalier,‎ (réédition 1980).
  • C. Maillebouis (préf. P. Cabanel), La Montagne protestante, Lyon, Éditions Olivétan,‎
  • Gérard Bollon, Le Chambon du Prieuré au XVIIe siècle, Cheyne,‎
  • Gérard Bollon, Le Chambon d'hier et d'aujourd'hui, Dolmazon,‎
  • Gérard Bollon, Les Villages sur la montagne, terres d'accueil et de refuges, Dolmazon,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Boulet, Histoire de la Montagne-refuge, Polignac, Éditions du Roure, 2008, 416 p.
  • Léon Poliakov, L'Auberge des musiciens (repris dans ses Mémoires).
  • Henry Patrick Gérard, La Montagne des Justes : Le Chambon-sur-Lignon, 1940-1944, Éditions Privat,‎
  • Lionel Chetwynd, Héros de l'ombre Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Sauvage, Les Armes de l'esprit, 1989, long-métrage documentaire (90 min.) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philip Hallie (en), Lest Innocent Blood Be Shed: The Story of Le Chambon and How Goodness Happened There (« Le sang des innocents : Le Chambon-sur-Lignon village sauveur »), 1979 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Carol Matas, Greater Than Angels (« Plus grand que des anges »), collection jeunesse, 1998 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Caroline Moorehead. Village Of Secrets. Defying The Nazis In Vichy France. Harper: New York, 2014. (ISBN 9780062202475)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]