Chamanisme mongol

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Le chamanisme mongol, plus généralement appelé religion populaire mongole[1] ou occasionnellement tengrisme[note 2].

En mongol, on parle de böö mörgöl (mongol cyrillique : бөө мөргөл), parfois traduit par paganisme.

Le chamanisme jaune est un terme utilisé pour désigner une version particulière du chamanisme mongol, influencé par le bouddhisme. Le terme « Jaune » se réfère au bouddhisme majoritaire de Mongolie suivant l'école des bonnets jaunes (Gelugpa) du bouddhisme tibétain, dans laquelle les membres portent des bonnets jaunes pendant le les services[2]. Le terme sert également à le distinguer d'un chamanisme qui n'est pas influencé par le bouddhisme (d'après ses pratiquants), le chamanisme noir[3], ainsi que du chamanisme blanc.

Panthéon[modifier | modifier le code]

Le chamanisme mongol est animiste, il est principalement composé de 99 créatures divines nommées Tngri.

Le chamanisme mongol est centré autour de l'adoration des tngri (dieux) et du plus haut Tenger (тэнгэр, Paradis, Dieu du paradis, Dieu ou Qormusta Tengri (Хормуста-тенгри). Dans la religion populaire mongole, Genghis Khan est considéré comme l'une de ses incarnations, sinon la principale incarnation, du Tengri[4].

Le Ciel-Père est en binôme avec Etügen ekh (Этүгэн эх), représentation spirituelle chez les mongols de la Terre-Mère (эх газар, ekh gazar).

Le Mausolée de Gengis Khan dans la ville d'Ordos, en Mongolie-Intérieure, est un centre important de cette tradition religieuse. Sülde Tngri qui représente le süld de dirigeant importants se réfère principalement à Gengis Khan.

Mergen (en) (nom turc), également connu sous le nom mongol bouriate de Zasa Mergen (Заса Мэргэн) et la divinité de la sagesse et de l'abondance chez les Turcs.

Dayisun Tngri (en) est un dieu de la guerre, à la fonction protectrice.

Dayan Degereki ou Dayan Deerh, surtout lié au chamanisme jaune, à la fois divinité de la fertilité et un esprit gardien des initiations chamaniques, et à la fois une déité protectrices de la loi bouddhiste[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sülde Tngri (Sülde blanc) est l'un des tous esprits de Genghis Khan (l'autre étant le Sülde noir), représenté soit par son cheval blanc ou jaune, soit par un fier guerrier chevauchant son cheval. À l'intérieur, le temple sanctuarise une statue de Genghis Khan (au centre) et quatre de ses hommes de chaque côté (pour un total de neuf, un nombre symbolique dans la culture mongole). Il y a un autel permettant des offrandes aux hommes divinisés, trois süldes blancs faits de crins de chevaux blancs. Au niveau du sülde central, des cordes soutiennent des pièces de tissu bleu clair nouées, ainsi que quelques-unes blanches. Le mur est couvert de tous les noms des mongols kins. Les photographies ne sont pas permises dans le temple.
  2. Tengrisme est un terme utilisé pour les religions indigènes de l'Asie centrale

Références[modifier | modifier le code]

  1. Heissig, 2000. p. 46
  2. Shimamura 2004, p. 649–650
  3. Pegg 2001, p. 141
  4. Man, 2004. pp. 402-404
  5. (en) Török Róbert J., A Tibetan offering ritual to Dayan Degereki, a Mongolian local deity, vol. 62, coll. « Acta orientalia Academiae Scientiarum Hungaricae », (DOI 10.1556/AOrient.62.2009.1.3), p. 45-87

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Biambyn Rinčen, Matériaux pour l'étude du chamanisme mongol, Wiesbaden, O. Harrassowitz, (notice BnF no FRBNF36593794)
  • (en) Carole Pegg, Mongolian Music, Dance, & Oral Narrative : Performing Diverse Identities, U of Washington P, , 376 p. (ISBN 978-0-295-98112-3, lire en ligne)
  • (en) Ippei Shimamura, « Yellow Shamans (Mongolia) », dans Walter Mariko Namba et Eva Jane Neumann Fridman, Shamanism: An Encyclopedia of World Beliefs, Practices, and Culture, vol. 1, ABC-CLIO, , 649–651 p. (ISBN 9781576076453, lire en ligne)
  • Laetitia Merli, De l’ombre à la lumière, de l’individu à la nation : Ethnographie du renouveau chamanique en Mongolie postcommuniste, Paris, Nord-Asie 2, , 333 p. (ISBN 978-2-9518888-6-9)
  • (en) Balogh Mátyás, Contemporary Buriad Shamanism in Mongolia, Budapest, (lire en ligne)
  • Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l'histoire ou Recueil des relations originales inédites (notice BnF no FRBNF32826375, lire en ligne), « DU CHAMANISME EN CHINE, par le Père HIACYNTHE. Extrait de l'ouvrage ayant pour titre: La Chine considérée au point de vue civil et moral (en russe); par le Prince EMM. GALITZIN. », p. 287-316.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]