Chamanisme coréen

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Cérémonie de kut en octobre 2007.

Le chamanisme coréen est encore une religion très vivante. Bien qu'empreint de ses origines sibériennes, il a de nombreux caractères nationaux, qui lui ont valu un renouveau dans le dernier quart du XXe siècle.

Parmi ces originalités, les chamans sont la plupart du temps des femmes, les mudangs. Leur équivalent masculin est le paksu, mais il est beaucoup plus rare. En tant que chaman, la mudang apporte des soins, attire la fortune sur tel ou tel, communique avec les esprits des morts, y compris les personnes célèbres, prononce des malédictions.

Histoire du chamanisme coréen[modifier | modifier le code]

Le chamanisme est la plus ancienne religion de Corée, venue probablement de Sibérie à la Préhistoire. Les plus anciennes chroniques coréennes, le Samguk yusa et le Samguk sagi évoquent les mudangs.

L'arrivée du bouddhisme au début de notre ère, puis du confucianisme réduisirent l'influence du chamanisme.

Durant la période Chosŏn, le chamanisme fut condamné, considéré par les élites confucéennes comme de simples superstitions et pratiques magiques. Sous l'occupation japonaise, le chamanisme fut même réprimé, et il ne se releva pas après la guerre, confronté à la modernisation et l'occidentalisation du pays.

Après ce déclin au XXe siècle, le chamanisme autrefois considéré comme un ensemble de superstitions et de rituels magiques connaît un renouveau auprès des jeunes générations (nées après 1970), qui y trouvent des références culturelles propres.

Depuis les années 1970, on voit des hommes devenir mudang.

Rites du chamanisme coréen[modifier | modifier le code]

D'origine sibérienne, le chamanisme coréen a été progressivement modifié par le contact avec le bouddhisme et le confucianisme. Plusieurs rituels ont ainsi disparu : les sacrifices humains (au contact du bouddhisme), par exemple ; d'autres ont été conservés, comme le kosa ou le kut.

Les totems sont appelés jangseung : ils protègent les villages contre les catastrophes naturelles et les esprits malfaisants.

Le kosa[modifier | modifier le code]

Le kosa est un rite d'offrande faite aux esprits avant le démarrage d'une entreprise : construction d'un bâtiment, tournage d'un film, examen. Les offrandes et les prières sont censées attirer la bienveillance des esprits.

Le kut[modifier | modifier le code]

Une mudang exécutant un kut. Peinture de Shin Yunbok titrée Munyeo sinmu (무녀신무, 巫女神舞), fin de la dynastie Joseon (1805).

Le kut est une danse chamanique, déclinée sous différents aspects, que la mudang effectue en transes. Elle permet d'entrer en contact avec les esprits, de prédire l'avenir ou de connaître le passé.

Transmission des pouvoirs de chaman[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de formation pour devenir mudang. Le don se transmet par hérédité dans le sud, n'importe qui peut le recevoir d'un mudang dans le centre et le nord.

Le chamanisme dans la Corée moderne[modifier | modifier le code]

Il y a environ cinquante mille mudangs en Corée du Sud. Les mudangs sont très présents dans la société coréenne actuelle : outre les fréquents appels à leur office pour le kosa, elles tiennent des cafés de voyance, fréquentés avant toute étape importante de la vie : examen, entretien d'embauche, mariage.

Les cafés de voyance sont très nombreux dans le quartier de Seongbuk-gu à Séoul, et tendent à remplacer auprès des jeunes les maisons de voyance, reconnaissables au mat de bambou portant deux drapeaux, un blanc et un rouge.

Il n'est pas un bâtiment qui ne soit construit, une nouvelle usine qui ne soit inaugurée en Corée sans un rituel chamanique traditionnel (kosa) destiné à s'accorder la bienveillance des esprits du lieu.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Les mudangs et le chamanisme coréen sont présents dans toute une série de films de fantômes (goedam en coréen), dont les plus célèbres sont :
    • Memento Mori (1999)
    • Deux Sœurs (2003), la cinquième adaptation du conte populaire Janghwa et Hongryun depuis 1924.