Chamagne

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Chamagne
Chamagne
L'église Saint-Denis.
Blason de Chamagne
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Épinal
Intercommunalité Communauté d'agglomération d'Épinal
Maire
Mandat
Stéphane Boeuf
2020-2026
Code postal 88130
Code commune 88084
Démographie
Gentilé Chamagnon(ne)s
Population
municipale
466 hab. (2019 en augmentation de 3,56 % par rapport à 2013)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 33″ nord, 6° 16′ 51″ est
Altitude 293 m
Min. 254 m
Max. 342 m
Superficie 15,29 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Charmes
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Liens
Site web chamagne.fr

Chamagne est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Chamagnons. Ce nom est une francisation du lorrain-roman chaimaignons[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Localisation dans le département.
Situation géographique de Chamagne.
Légende.

Chamagne est le dernier village traditionnel rural vosgien situé sur la rive droite de la Moselle avant que la rivière pénètre en Meurthe-et-Moselle. Socourt et Gripport lui font face sur la rive gauche.

Les habitations sont très groupées le long de la D 112 qui mène de Charmes à Bayon (village type lorrain). Le reste du territoire communal compte de nombreux étangs et 380 ha de forêts.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Chamagne est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (49,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (51,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (35,9 %), prairies (35 %), terres arables (14,1 %), eaux continentales[Note 2] (5,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,6 %), zones urbanisées (3,3 %), zones agricoles hétérogènes (0,4 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du village est attesté Chemaines en 1164, puis Chemania en 1174[9]. Certains le relient à un nom de personne gallo-romain, Camanius[10],[11]. Xavier Delamarre y voit un nom d'origine gauloise, *Camania, qui serait, avec le suffixe celte -ia, le domaine de Caman(i)os[12] (Camanos est un nom de personne celte attesté). À noter aussi le gaulois cammano d'où provient le français chemin[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte postale ancienne de Chamagne.

Chamagne existait déjà en l'an 1000. Le village et ses environs furent un fief templier.

Chamagne dépendait du bailliage de Charmes depuis 1751. Au spirituel, la commune dépendait du doyenné d’Épinal[14].

Au XIXe siècle, de nombreux Chamagnons étaient colporteurs. Ils vendaient principalement des images d'Épinal et des petits livres édités par Jean-Charles Pellerin.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité 2014[modifier | modifier le code]

La mairie.

En 2014, le budget de la commune était constitué ainsi[15] :

  • total des produits de fonctionnement : 330 000 , soit 711  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 281 000 , soit 605  par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 96 000 , soit 207  par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 150 000 , soit 323  par habitant ;
  • endettement : 697 000 , soit 1 501  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 19,41 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 9,31 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 12,52 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 38,75 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 21,36 %.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
vers 1604   Nicolas Gellée    
vers 1634   Jean Gellée (Le Viel)    
vers 1664   Jean Gellée (Le Jeune)    
1890 1904 Auguste Nicot    
1904 1913 Joseph Jacquel    
1913 1919 Paul Carage    
1919 1935 Joseph Bajolet    
1935 1942 Just Jolain    
1942 1947 Émile Guinot    
1947 1953 Gustave Contal    
1953 1955 Charles Balland    
1955 1959 André Pariset (1922-2018)   Inspecteur SNCF
1959 1977 Jean Cargemel   Fermier
1977 1995 Pierre Trousselard   Boulanger
1995 2008 Gérard Pachot DVD  
mars 2008 En cours
(au 18 février 2015)
Marie-Christine Finot DVD Fonctionnaire de catégorie C

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[17].

En 2019, la commune comptait 466 habitants[Note 3], en augmentation de 3,56 % par rapport à 2013 (Vosges : −2,86 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
486530560588594628654643611
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
628631572605546491506496511
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
454369392372377385342353340
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2019 -
323358441416462457465466-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Information Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Faune[modifier | modifier le code]

À l'initiative du maire Pierre Trousselard, le Castor d’Europe (Castor fiber)[26],[27] a été réintroduit sur le territoire de Chamagne. Cet animal peut s'observer sur les berges de la Moselle et dans certains étangs des anciennes gravières de la commune.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Malhortie, capitaine vers 1475 du duc René II[28].
  • Nicolas de Chamagne, maître-maçon (= architecte) qui construisit notamment l'Hôtel de Martigny à Nancy, en 1621[29].
  • Claude Gellée, dit "le Lorrain"[30]. Il est aussi surnommé "Claude" en Grande-Bretagne. Peintre paysagiste baroque, né à Chamagne en 1600, mort à Rome en 1682 où il a effectué la majorité de sa carrière. La maison natale du peintre, habitat lorrain typique, est ouverte au public en été.
  • Alice Jouenne (1873-1954), enseignante et militante socialiste.
  • Le lieutenant-colonel Jacques Royal[31] revint s'établir à Chamagne à sa retraite ; il y sera adjoint au maire de 1959 à 1977[32]. Quatrième de ses huit enfants, Ségolène Royal fréquenta le collège de Charmes et poursuivit ses études à Épinal puis à Nancy.
  • Ségolène Royal (1953 -), femme politique, a résidé dans la commune dont sa famille est originaire.

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D’azur à un livre ouvert d’argent chargé sur la page senestre d’un C antique de gueules, traversé d'un bâton de pèlerin d’or mis en bande ; au chef cousu de gueules chargé d’un alérion d’argent accosté à dextre d’un croissant montant d’or et à senestre d’un besant du même.
Commentaires : Le blason a été créé en 2000. Le livre et le bâton évoquent les colporteurs. L'alérion représente la famille Gellée, le croissant et le besant rappellent des seigneurs du lieu.

Blason populaire[modifier | modifier le code]

Comme il est dit à la section Histoire, le village comptait de nombreux colporteurs au XIXe siècle. Ils vendaient, entre autres choses, des contes illustrés par l'imagerie d'Épinal. Dans le langage populaire de l'époque, un conte s'appelait «une fiauve» (fable) francisé en «mentrie» (menterie). Tout naturellement, les habitants ont été surnommés «les mentous» : les menteurs puisqu'ils colportaient des menteries.

Chamagne faisait aussi l'objet de plusieurs citations peu flatteuses : il est comme les chevaux de Chamagne, il court vite... En descendant ! Ou lorsqu'un guérisseur ne parvenait pas à soigner un malade, il disait à son sujet : il est comme les chamagnons, il a le cœur à droite[1],[33] !

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b christian Herbé, « Cartographie des blasons populaires », sur cherbe.free.fr, (consulté le ).
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989, page 167.
  10. Origine du nom de famille Chamagne.
  11. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., page 168.
  12. Xavier Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne : -500 - +500, Paris, éditions Errance, , 383 p. (ISBN 978-2-87772-483-8), p. 98.
  13. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions Errance, , 440 p. (ISBN 978-2-87772-237-7), p. 100.
  14. Archives départementales.
  15. Les comptes de la commune « Copie archivée » (version du 19 avril 2019 sur l'Internet Archive).
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  20. Église Saint-Denis.
  21. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise, , 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 160 à 163.
  22. Orgue de l'église saint Denis.
  23. Inventaire de l'orgue de l'église Saint Denis.
  24. Synthèse des relevés - Chamagne.
  25. « Maison natale de Claude Gellée », notice no PA00107101, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  26. Castor fiber Linnaeus, 1758.
  27. Réserve Naturelle Régionale de la Moselle Sauvage.
  28. Malhortie, capitaine du duc René II, Dictionnaire des Vosgiens célèbres.
  29. « Recherche - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur inventaire-nancy.grandest.fr (consulté le )
  30. GELÉE (Claude) ou GELLÉE, dit le Lorrain, artiste peintre, Dictionnaire des Vosgiens célèbres.
  31. Ségolène Royal, la fille du lieutenant-colonel.
  32. Son ancêtre Paul Émile Carage (1861-1939) fut maire de Chamagne, source, Généalogie Magazine, no 268, mars 2007, page 18.
  33. Jean Vartier, Sobriquets et quolibets de Lorraine et du Bassigny, Jarville-la-Malgrange, Éditions de l'Est, , 217 p. (ISBN 2-86955-065-0, lire en ligne), p. 53-55 ; 170.