Chaitya

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Chaitya à Tokha, dans le district de Katmandou (Népal).

Chaitya (sanskrit चिता, IAST : caitya, pali : cetiya, « tumulus », « sanctuaire », masculin en français) est un terme polysémique du bouddhisme qui renvoie généralement à un stūpa et à son sanctuaire[1]. Il peut aussi désigner une stèle vishnouite[2].

Fonction[modifier | modifier le code]

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Le terme chaitya peut désigner, un stūpa — c'est-à-dire un reliquaire contenant des reliques du Bouddha Shakyamuni, d'un bodhisattva ou d'un personnage éminent[1]. Lorsque l'on distingue entre stupâ et chaitya, le premier est une construction qui abrite une relique, ce qui n'est pas le cas du second qui désigne simplement un sanctuaire commémoratif.

À ce propos, l'indianiste André Bareau précise[3] :

« Il faut bien distinguer entre un stûpa, tumulus de terre, de briques ou de pierres, de forme hémisphérique, construit pour contenir des reliques corporelles du Buddha ou d'un de ses saints disciples, et un caitya, qui est seulement un monument commémoratif, vide de reliques et dont l'aspect n'est jamais précisé dans les textes antiques. Le mot caitya, que l'on rattache traditionnellement à la racine CI, 'entasser', ce qui en ferait un synonyme de stûpa, d'où la confusion entre les deux termes et ce qu'ils désignent, est bien plutôt senti, dans les ouvrages canoniques, comme dérivant de la racine CIT, 'penser'. En effet, le caitya est défini dans ces textes comme étant un objet destiné à rappeler à la mémoire (anu-SMR) des fidèles qui le voient un événement important de la vie du Buddha (...). »

On trouve dans de nombreux monastères creusés dans la roche, comme à Ellora (Mahrashtra) un chaitya rectangulaire à trois nefs qui sert de réunion pour les moines, et qui se termine par une abside dans laquelle se trouve un stûpa — objet, lui, de dévotion[1].

Hors du bouddhisme[modifier | modifier le code]

Le mot peut aussi renvoyer à un sanctuaire non bouddhiste[1], ou encore à des arbres qui font l'objet d'un vénération pré-bouddhique (chaitya-vriksha)[4]. André Bareau précise[3] à ce sujet :

« (...) [L]es caitya pré-bouddhiques étaient essentiellement des arbres ou des bosquets sacrés, habités par des divinités mineures, donc identiques à ceux que l'on trouve encore si fréquemment dans l'Inde d'aujourd'hui. De nos jours, de tels arbres sont entourés d'une petite plateforme carrée sur laquelle sont généralement dressées quelques stèles grossièrement sculptées d'images variées représentant surtout des Nâga, ces génies mi-hommes mi-serpents de la mythologie indienne. »

Motif décoratif[modifier | modifier le code]

Développement de l'arche chaitya, à partir de la grotte de Lomas Rishi.

Dans l'architecture indienne, on a appelé caitya-window une fenêtre en forme d'arc en fer à cheval situé sur la façade de bâtiments couverts d'une voûte en berceau. Ce motif fréquent notamment dans les chaitya rupestres — d'où le nom qu'on leur a donné (on trouve aussi le terme kudu en tamoul)[5],[6].

Architecture[modifier | modifier le code]

Si l'hindouisme marque dans le temple la présence de la divinité en un lieu précis, le sanctuaire (garbha griha), une salle de petites dimensions qui contient l'image divine, les chaitya rectangulaires que l'on trouve dans l'art bouddhique montrent bien qu'ils sont avant tout destinés à accueillir le sangha[7]. On peut définir le chaitya comme « salle de réunion du culte bouddhique, au plan en abside »[8]. Ce plan comprend une nef centrale dominée par une voûte en berceau, et des bas-côtés le plus souvent couverts d'un voûte en demi-berceau. Le fond de l'édifice est occupé par un stûpa en réduction (dāgaba). Dans les caitya anciens, la façade présente une ouverture en fer à cheval qui permet à la fois l'éclairage et l'aération du bâtiment et qui était pourvue d'un écran en bois[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Robert E. Buswell Jr. et Donald S. Lopez Jr., The Princeton Dictionary of Buddhism, Princeton, Princeton University Press, 2014 (ISBN 0691157863), p. 161.
  2. Pierre Baptiste et Thierry Zéphir, L'art khmer dans les collections du musée Guimet, Paris, Éd. de la Réunion des musées nationaux, , 474 p., 33 cm (ISBN 978-2-7118-4960-4), p. 236-240
  3. a et b André Bareau, « Le Parinirvâna du Buddha et la naissance de la religion bouddhique », Bulletin de l’École Française d'Extrême-Orient, 1974, vol. 61, n° 1, p. 290-291. [lire en ligne (page consultée le 26 juillet 2021)]
  4. C. Sivaramamurti, L'art en Inde, Paris, Citadelle et Mazenod, 1999, p. 74.
  5. C. Sivaramamurti, L'art en Inde, Paris, Citadelle et Mazenod, 1999, p.175.
  6. a et b Raïssa BRÉGEAT, Marie-Thérèse de MALLMANN, Rita RÉGNIER, « INDE (Arts et culture) - L'art », sur universalis.fr (consulté le )
  7. Édith Parlier-Renaud (Dir.), L'art indien. Inde, Sri Lanka, Népal, Asie du Sud-Est, Paris, PUPS, 2010, (ISBN 978-2 840-50702-4) p. 56 + 387 (v. « cella »).
  8. Édith Parlier-Renaud (Dir.), 2010, p. 387.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]