Chachapoyas (peuple)

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Cultures précolombiennes non inca

Les Chachapoyas sont un peuple andin dont le nom signifie « guerriers des nuages ». Réputés grands, blonds et blancs de peau, ils vécurent du IXe au XVe siècle sur un territoire de 65 000 km2 dans le Nord de l'actuel Pérou, à cheval sur les départements de San Martín et d'Amazonas.

Comme beaucoup de peuples conquis par les Incas, celui-ci est mal connu, car les principales sources à leur sujet sont celles qui nous sont parvenus à travers leurs conquérants les Incas et surtout les conquistadors espagnols. On trouve cependant de nombreux vestiges de leur civilisation à Jalca par exemple, également El Gran Pajatén, Gran Vilaya, Gran Sapasoa ou les 12 cités des Condors. Mais la plus connue est sans doute la forteresse de Kuélap localisée à 3 000 m d'altitude.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Origines[modifier | modifier le code]

Selon l'hypothèse du chercheur allemand Hans Giffhorn (de), les Chachapoyas du Pérou seraient des descendants de Carthaginois et de Celtibères. Des Carthaginois se seraient enfuis sur leurs galères pour aller se réfugier en Amérique à la fin des guerres puniques. Alliés à des Celtibères des îles Baléares, ils auraient parcouru l'Amérique, débarqué au Brésil et fondé une colonie au Pérou[1],[2].

Conquête Inca[modifier | modifier le code]

En 2004, des archéologues péruviens et américains ont mis au jour, dans la jungle amazonienne du Pérou, une importante métropole du peuple Chachapoyas, située à 2 800 m d'altitude au milieu d'une épaisse végétation, dans la région de Saposoa, et constituée de cinq citadelles qui auraient connu leur âge d'or aux VIIe et VIIIe siècles, donc bien avant les Incas[3].

Les Incas eurent du mal à soumettre les indiens Chachapoyas, qui ne furent finalement soumis et intégrés à l'empire qu'après plusieurs longues et difficiles campagnes, dont la dernière fut menée par l'Inca Tupac Yupanqui vers 1475. Mais même après cette date, ils se rebellèrent souvent.

En 1532, l'Inca Atahualpa demanda à Francisco Pizarro, comme gage de sa bonne volonté, de l'aider à combattre les Chachapoyas, en révolte contre son autorité. Finalement les indiens Chachapoyas firent alliance avec les Espagnols.

En 1536, ils refusèrent de prendre part à la rébellion de Manco Capac II.

Rites funéraires[modifier | modifier le code]

Sarcophages de Carajia

Les Chachapoyas pratiquaient, dans les périodes les plus récentes, l'embaumement des morts. Ils ôtaient les organes par le fondement du corps : soit par le vagin pour les femmes, soit par l'anus pour les hommes. L'orifice était ensuite bouché par un tampon de tissu enroulé[4].

Des boules de coton étaient placées entre les dents et les joues afin de leur conserver du volume. Les Chachapoyas en plaçaient aussi dans le nez.

La peau du visage était enduite d'onguents, ce qui donne aux visages des momies une coloration tannée.

Les corps étaient inhumés repliés en position quasi-fœtale. Les doigts étaient liés un à un ensemble, et attachés à la tête.

Vestiges[modifier | modifier le code]

On trouve des vestiges de leur civilisation dans le district du Levant, à Jalca par exemple, ou un édifice circulaire à Colla Cruz. Ils sont les bâtisseurs de la forteresse de Kuélap, à 3 000 m d'altitude. Parmi d'autres vestiges se trouvent les mausolées de Revash ou Usator, les sarcophages de Carajia, Chipuric, Petuen, Guan, y Ucaso ; le musée de Leimebamba en abrite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Hans Giffhorn, Wurde Amerika in der Antike entdeckt ? Karthager, Kelten und das Rätsel der Chachapoya, C.H.Beck, , 288 p. (lire en ligne)
  2. (de) « Verblüffende Funde », sur deutschlandradiokultur.de,
  3. (en) John Roach, « Pre-Inca Ruins Emerging From Peru's Cloud Forests », sur nationalgeographic.com, (version du 17 septembre 2004 sur l'Internet Archive).
  4. Nathan Schlanger et Anne-Christine Taylor, La préhistoire des autres. Perspectives archéologiques et anthropologiques, La Découverte, , p. 89.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Federico Kauffmann Doig et Giancarlo Ligabue, Los Chachapoya(s) : moradores ancestrales de los Andes amazónicos peruanos, Universidad Alas Peruanas, Lima, Perú, 2003, 485 p. (ISBN 9972-97191-0)
  • (es) Gerald Taylor (dir.), Relatos quechuas de La Jalca : Chachapoyas, Instituto francés de estudios andinos (IFEA), Lima, 2003, 72 p. (ISBN 9972-623-24-6)
  • (es) Inge R. Schjellerup, Incas y Españoles en la conquista de los Chachapoya, IFEA, Lima, 2005, 641 p. (ISBN 9972-42-728-5) (texte remanié d'une thèse)
  • Olivier Fabre, Contribution à l'archéologie de la région chachapoya, Pérou, Université Paris-Sorbonne, Paris, 2006, 2 vol., 381 p. (thèse d'Histoire de l'art et archéologie)
  • (en) Lena Bjerregaard (dir.), Chachapoya textiles : the Laguna de los Cóndores textiles in the Museo Leymebamba, Chachapoyas, Peru, Museum Tusculanum Press, University of Copenhagen, Copenhagen, 2007, 119 p. (ISBN 978-87-635-0499-7)
  • (es) Jacques Malengreau, Parientes, paisanos y ciudadanos en los Andes de Chachapoyas : identidades, divisiones sociales y solidaridad en la comunidad de San Carlos, Centro Bartolomé de las casas, Cuzco, 2009, 349 p. (ISBN 978-9972-691-89-8) (Travaux de l'Institut français d'études andines)
  • (de) Hans Giffhorn, Wurde Amerika in der Antike entdeckt ? : Karthager, Kelten und das Rätsel der Chachapoya, C.H. Beck, München, 2013, 288 p. (ISBN 978-3-406-64520-4)
  • (en) Brendan Sainsbury, « The Story of Peru’s Cloud Warriors : What can be known about Peru’s pre-Incan civilisation? », History Today, vol. 71, no 2,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )

Filmographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Les momies du peuple des nuages, film documentaire de Amy Bucher et Larry Engel, Gédéon programmes, 1999, 52 min (inclus dans le DVD Le mystère des momies, ARTE France développement, Issy-les-Moulineaux, Gaumont Columbia tristar home vidéo, 2004)

Liens externes[modifier | modifier le code]