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Château du Douhet

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Château du Douhet
Image illustrative de l’article Château du Douhet
Début construction XVIIe siècle
Propriétaire actuel Copropriété privée
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1969, 2023)
Coordonnées 45° 49′ 17″ nord, 0° 34′ 00″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région historique Saintonge
Subdivision administrative Nouvelle-Aquitaine
Département Charente-Maritime
Commune Le Douhet

Le château du Douhet est en Charente-Maritime, dans la commune du Douhet.

Le château du Douhet existait déjà depuis de nombreux siècles (le plus ancien document conservé date de 1250[1]) lorsque Briand de Vallée l’obtint par échange en 1521[2]. Pour Briand, il ne s’agissait que d’une résidence de campagne, ses principales activités se situant à Bordeaux — il était conseiller au parlement de Bordeaux et professeur au Collège de Guyenne — mais le château allait devenir la demeure de ses descendants directs pendant les 249 années suivantes[3].

À sa mort en 1544, son fils unique, Nicolas de Vallée, devint seigneur du Douhet[2]. Il fut l’un des chefs protestants durant les guerres de Religion. Son héritier était son fils aîné, Jacques de Vallée, dont l’épouse, Judicq de Campet, devint châtelaine du Douhet à sa mort.

L’héritière de Judicq fut sa fille Claude de Vallée, qui épousa Charles de La Rochefoucauld. Après la mort prématurée de Charles, Claude administra seule le domaine avec succès. Le grand nombre de ses débiteurs atteste de sa solide situation financière[4].

La fille de Claude, Judith de La Rochefoucauld, hérita du Douhet en 1659. Le premier mari de Judith, Charles Poussard de Lignières, fut assassiné en 1654, deux ans après leur mariage, alors que Judith était enceinte de leur premier enfant, Charles François Poussard de Lignières (1655–1731)[5]. En 1658, Judith épousa Renaud de Pons de Thors; ils eurent sept enfants, qui moururent tous sans postérité[6].

Persécutés en raison de leur religion protestante, Renaud fut interné dans des établissements parisiens de 1686 à 1688, et Judith ainsi que leur fille Henriette furent internées séparément pendant cinq mois en 1688. Renaud fut banni de France en février de la même année, les deux femmes en septembre[7].

Judith laissa le Douhet entre les mains de ses fils — à ce moment-là, il s’agissait de Charles Poussard, Guy Louis, Jacques Auguste et Marc Anthoine de Pons de Thors. À la mort du dernier fils, Guy Louis, en 1744, le Douhet fut hérité par les descendants de Charles Poussard, Marie-Judith Poussard de Lignières, veuve de François-Joseph, comte de Plas, et les neveux de cette dernière, Charles-François Boscal de Réals, enseigne de vaisseaux, et Louise Boscal de Réals, épouse de Louis-Ignace de Karrer, colonel d'un régiment suisse de son nom. Vers 1750, il est loué à Mgr Simon-Pierre de La Corée, évêque de Saintes.

En 1769, après la mort de l'évêque de Saintes, ils vendent le domaine au fermier général Clément de Laage, seigneur de Bry-sur-Marne, Bellefaye et autres lieux, agissant au nom de son frère, l'abbé Pierre-Léonard de Laage, prêtre, docteur en théologie de la faculté de Paris, chanoine de l'église cathédrale de Saintes, abbé commendataire de l'abbaye royale de Notre-Dame-de-Bellefontaine. L'abbé de Laage est le dernier seigneur du Douhet. Ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, il émigre en Espagne. Le château est alors confisqué et vendu comme bien national. En 1800, le banquier Mathieu Faure, également acquéreur du château de Coulonge-sur-Charente, l'acheta[8].

Plus récemment, il est acheté en 1946 par l'industriel Jean-François Parfait Damilleville, ancien « As des as » pendant la Première Guerre mondiale (9 victoires). Il le sauva de la ruine qui le guettait. Après plus de 25 années de travaux, le château retrouva une certaine vie.

Racheté par un promoteur immobilier, le château, ainsi que ses dépendances, ont subi d'importants travaux intérieurs pour l'aménagement d'appartements privés. Le tout est organisé en copropriété depuis 2009.

D’après les inventaires conservés du château, datés de 1544, 1658 et 1793[9], il apparaît clairement que le corps de logis principal décrit en 1544 est le même bâtiment qu’au XXIᵉ siècle, n’ayant subi que des modifications d’ordre essentiellement esthétique, telles que celles apportées aux fenêtres, aux portes et à la toiture — ainsi que la suppression de la tour qui existait autrefois à l’angle sud-est du bâtiment principal.

Des travaux de rénovation menés en 2023 ont mis au jour des murs enduits spécifiques ainsi que l’évacuation de la latrine aménagée dans le mur oriental, tous deux mentionnés dans l’inventaire de 1658[10].

Nulle part, dans des centaines de manuscrits originaux, il n’est fait mention d’un incendie dévastateur ni d’une reconstruction complète du château.

Il a été inscrit monument historique le . Un nouvel arrêté du se substitue au précédent[11].

Architecture

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Château du Douhet, portail


L’avant-cour est précédée par un fossé, un haut mur de clôture et une porte cochère très simple qui permet l’accès au château.

L'entrée se fait par un porche dans le mur et donne sur une avant-cour bordée des deux côtés de dépendances à un étage couvertes de longs toits de tuiles.

L'allée centrale passe une balustrade pour arriver au logis en U autour de la cour. Ne subsiste que l'aile Ouest.

Sous la cour des caves voutées viennent d'un château antérieur. Dans une de celles-ci, une glacière y a été aménagée au 18e siècle. (Salle ogivale)

Le pavillon central couvert d'ardoise est prolongé par deux ailes à toiture basse limitées à leur extrémité par deux pavillons à haute toiture d'ardoises.

L'autre façade, côté jardin est marquée en son centre par un escalier à double révolution.

Coté jardin toujours, les portes du sous-sol sont surmontées de frontons. Le corps de logis principal gagne en monumentalité, par un haut soubassement taluté rendu nécessaire par la dénivellation du terrain, renfermant à l'origine une orangerie, et un équilibre plus juste des volumes mis en valeur par deux pièces d'eau vive.

L'apparition de baies à arcs segmentaires au dernier niveau montre que nous sommes dans une étape de transition et que ce château, daté traditionnellement des années 1680, pourrait-être plus récent, et avoir été entrepris à peu près à la même époque que le château de Taillebourg, soit entre 1715 et 1730 environ.

Le colombier, une fuie cylindrique du XVIe siècle, comporte 1916 boulins (les nichoirs) mais il a perdu son toit.

Côté jardin, un escalier de pierre, à double volée demi-circulaire, fait communiquer rez-de-chaussée et jardin.

Les jardins avec miroirs d'eau, alimentés par les vestiges d'un aqueduc romain, sont eux aussi monuments historiques par arrêté du . Ils sont inscrits au pré-inventaire des jardins remarquables[12].

Le parc est traversé par les vestiges d'un aqueduc gallo-romain souterrain.

Notes et références

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  1. Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, vol 29, p 309
  2. a et b Médiathèque Saintes manuscript 509 nr 82
  3. Kühle, Judit – The Life of Judith de La Rochefoucauld. (Une biographie fondée sur des manuscrits originaux.)
  4. Par example: Archives départementales de la Charente-Maritime, E 844 fol 334
  5. Archives départementales de la Charente-Maritime, E 844 fol 79
  6. Kühle
  7. Archives nationales, O/1/32 fol 62 et O/1/32 fol 252
  8. Revue du Cercle Généalogique de Saintonge vol 136 p 19
  9. Médiathèque Saintes manuscript 509 nr 82; Archives départementales de la Charente-Maritime, E art 844 et Q 197.
  10. Kühle, p 81
  11. « Château », notice no PA00104672, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Jardin du château », notice no IA17008850, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture

Articles connexes

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Bibliographie

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  • Châteaux manoirs logis, la Charente-Maritime, éditions Patrimoines et Médias 1993, (ISBN 2-910137-04-X)
  • (en) Riëtha Kühle, Judit - The Life of Judith de La Rochefoucauld of Le Douhet, Kindle edition, 2025

Liens externes

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  • Ressource relative à l'architectureVoir et modifier les données sur Wikidata :