Château des Brétignolles

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Château des Brétignolles
Image illustrative de l’article Château des Brétignolles
Vue de la façade du château des Brétignolles
Période ou style Architecture gothique
Début construction 1498
Fin construction 1501
Propriétaire initial Jean Bernard
Destination actuelle propriété privée
Protection  Inscrit MH (1949)

Logo monument historique Classé MH (1986)[1]

Site web http://www.chateaudesbretignolles.fr/
Coordonnées 47° 08′ 05″ nord, 0° 19′ 11″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Région historique Centre-Val de Loire
Localité Anché

Géolocalisation sur la carte : Indre-et-Loire

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Château des Brétignolles

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(Voir situation sur carte : France)
Château des Brétignolles

Le château des Brétignolles (à l'origine Château des Bertignolles) est situé en Touraine dans la commune d'Anché dans le département d'Indre-et-Loire, il a été inscrit monument historique par arrêté le 14 septembre 1949[3].

Le domaine des Brétignolles est situé au nord sur la rive gauche de la Vienne, entre Chinon et l'Île-Bouchard. C'est un château de la Loire.


Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[4],[5][modifier | modifier le code]

  • XIeme siècle: la terre des Hautes Brétignolles est la propriété de l'abbaye de Marmoutier et dépend du prieuré de Tavant.
  • 1277: le fief relève de la seigneurie de Sazilly
  • 1351: le fief relève de la seigneurie de Jaulnay
  • 1447: la terre est la propriété de la famille Bernard, ancien seigneurs de la Ferté-Bernard
  • 1498-1501: construction du château
  • 1507: fondation de la chapelle seigneuriale
  • 1640: Guillaume de Bordeaux, conseiller du roi achète les Brétignolles à Louis Bernard
  • 1706: le domaine appartient à René Guillaume Martineau.
  • 1718: le domaine entre par mariage dans la famille Turgot (dot de mariage de Madeleine Françoise Martineau à Michel-Étienne Turgot)
  • 1732: construction des communs
  • 1811: le domaine des Brétignolles est acquis par Pierre-Jean-René de Pierres de Fougeray.
  • 1932: les Brétignolles sont vendues au comte Bernard de la Fosse, un des membres descendants de la famille Bernard
  • 1949: le château, la chapelle et la tour médiévale sont inscrits à l'inventaire des Monuments historiques
  • 2016: le château des Brétignolles est acquis par une famille normande.

Les propriétaires des Brétignolles[modifier | modifier le code]

Détails de Guy Bernard - évêque de Langres
Détail du frontispice des Statuts de l'ordre de Saint-Michel, représentant Guy Bernard - évêque de Langres, par Jean Fouquet entre 1469 et 1470.

Avant 1447[modifier | modifier le code]

Les terres des Brétignolles sont cités dans un diplôme de Charles le Chauve au 9eme siècle[6] et appartenait à Saint-Martin.

Au 11eme siecle, le fief devient la propriété de l'abbaye de Marmoutier.

En 1277, les Brétignolles sont en possession de la famille de Sazilly. Pierre de Sazilly en est seigneur[7].

En 1351, le fief change de mains et relève de la seigneurie de Jaulnay.

La famille Bernard[8],[9][modifier | modifier le code]

Après avoir vendu la Ferté-Bernard en 1319, dont ils étaient seigneurs depuis 1040 et après avoir vendu la Châtellenie de Louplande en 1354, les Bernard ruinés par les guerres virent s'installer en Touraine et en Anjou et établissent une présence incontournable dans la région, dans les charges publiques les plus vues[7].

Jean Bernard (1386-1463), chancelier d'Anjou puis archevêque de Tours en 1441. Il construit une partie de la cathédrale de Tours à ses frais, fut ambassadeur à Madrid en 1455 et député de Charles VII au concile de Mantoue en 1459.

Étienne Bernard - frère de Jean Bernard, seigneur de la Motte d'Artanne et des Brétignolles, maître de la chambre aux deniers du comte de Ponthieu, plus tard Charles VII, receveur des aides à Angers en 1415, trésorier général des finances de la Reine Marie d'Anjou, femme de Charles VII en 1428, ambassadeur de la Reine Sicile Yolande au Congrès D'Arras en 1435. Le Dauphin Charles VII lui fit don d'un cheval le 18 novembre 1421. Le 29 mars 1422, conseiller de Charles VII, il fut dispensé de faire preuve de noblesse et reçut la permission de mettre une fleur de lys d'or sur ses armes, au lieu d'une étoile qu'il portait jusqu'alors.

Guy Bernard - neveu de Jean Bernard, est évêque et duc de Langres et premier chancelier de l'Ordre de Saint-Michel.

La famille Bernard à Brétignolles (1447-1640)[modifier | modifier le code]

A partir de 1447 et jusqu'en 1640, les Brétignolles appartient à la famille Bernard.

En 1447, Jean Bernard, fils d'Étienne Bernard, seigneur de la Motte d'Artannes, capitaine du château et gouverneur de Loches, et grainetier du grenier à sel de Chinon, devient propriétaire des Brétignolles.

Entre 1498 et 1501, Jean Bernard ordonne la construction du château.

En 1507, Antoine Bernard - fils du précédent Jean Bernard (et de Jeanne de Balan), chanoine et archiprêtre de Loches, seigneur de Brétignolles, de Vau et de Cheniers, fonde la chapelle. Après sa mort, Les Hautes Brétignolles passèrent à Savary de Lacosme.

Les Basses Brétignolles (comprenant le château) restent dans la famille Bernard et passent successivement à:

Étienne Bernard écuyer seigneur de la Motte et de Champigny sur Yonne, maître d'hotel du Roi et de la Reine marié à Anne Le Goux

Jean Bernard - fils d'Étienne Bernard, valet de chambre de Henri II, épousa le 14 novembre 1535 (ou 1533?) Jeanne Hurault seigneur de Saint-Denis.

Louis Bernard écuyer seigneur du Parc et de Vau d'Anché. Louis Bernard ainsi que sa femme Claude Le Camus vendent le domaine à Guillaume de Bordeaux le 15 mai 1640.

1640-1811[10][modifier | modifier le code]

Guillaume de Bordeaux - conseiller au roi, rachète par la suite les Hautes Brétignolles et rétablit la terre dans son ensemble, comme au temps d'Antoine Bernard en 1507.

Par alliance, la propriété passe à René Guillaume de Martineau en 1706. Par succession, Pierre Martineau devient seigneur de Brétignolles.

En 1718, par mariage la propriété passe de la famille Martineau aux Turgot (dot de Madeleine Françoise, fille de Pierre Martineau à Michel-Étienne Turgot). Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands de Paris et conseiller d'Etat devient propriétaire des Brétignolles. Il fait bâtir les communs en 1732.

En 1789, le propriétaire est Anne Étienne Michel Turgot.

En 1811, Marie Victoire Turgot - héritière d'Anne Étienne Michel Turgot, vend les Hautes et Basses Brétignolles à Pierre-Jean-René de Pierres de Fougeray (1758-1828) - sous-lieutenant à la suite du régiment de cavalerie du Roi. Ce dernier reçoit de Louis XVIII, le titre de vicomte le 20 mars 1816.

1811-1932: la famille de Pierres[11][modifier | modifier le code]

Par la suite, le domaine des Brétignolles et le titre de vicomte sont transmis de Pierre-Jean-René de Pierres de Fougeray à son gendre Gabriel Théodore de Pierres (1785 - 1837), marié à Eugénie de Pierres et chef d'escadron, puis transmis à Auguste de Pierres (1812-1872) - fils ainé de ce dernier.

Auguste de Pierres mort sans enfant, transmet le domaine des Brétignolles à son frère Eugène Stéphane de Pierres (1818-1876) - premier écuyer de l'impératrice Eugénie. Il est enterré avec son épouse Jane Mary de Pierres (1821-1873) - Dame d'honneur de l'Impératrice Eugénie, dans la chapelle du château. Ses trois enfants Henri Stéphane, Hermann Fortuné Marie et Jeanne Marie héritent pour un tiers chacun des Brétignolles.

Le 26 septembre 1876, Jeanne Marie (1848- 1911) moyennant une soulte à sa charge attribuée à ses frères Henri Stéphane et Hermann Fortuné Marie, devient seule propriétaire du château des Brétignolles. Elle se marie en 1891 avec Charles Olivier Jules Bellivier de Prin (1855-1917).

Le 26 juillet 1917, leur unique fille Yolande Bellivier de Prin (1894-1929) devient seule et unique propriétaire du château des Brétignolles par succession. Elle se marie en 1918 avec Fernand de Joussineau de Tourdonnet (1891-1941) et ont 4 héritiers.

Après 1932[modifier | modifier le code]

En 1932, les quatre héritiers de Tourdonnet vendent le domaine à un membre descendant de la famille Bernard, le Comte Marcel de Bernard de la Fosse (1883-1982). Par succession, les Brétignolles revirent à la Comtesse Yollande de Grasset, puis à ses quatre filles en 2004.

En 2016, le château des Brétignolles est acquis par une famille normande.


Description[12],[13][modifier | modifier le code]

Au sein d'un vaste parc boisé et entouré de murs d'enceinte, le château des Brétignolles se détache au sommet d'une pente et adossé au coteau. L'édifice surplombe la petite vallée.

Le château[modifier | modifier le code]

Le château construit en pierre de taille entre 1498 et 1501 par Jean Bernard, est de style gothique flamboyant et n'a subit aucune modification majeure au cours des siècles.

La demeure en pierre de tuffeau est composé d'un logis central de plan rectangulaire et flanqué aux angles de quatre tours dissemblables: au nord-est une tour polygonale abritant l'escalier à vis, au nord-ouest une en fer à cheval, au sud-est une tour rectangulaire, au sud-ouest une tour circulaire[4]. L'ensemble se compose de deux étages et d'un comble

Durant la seconde guerre mondiale, le château fut occupé pendant 17 mois par un détachement allemand: le mobilier fut brisé et certaines salles du château servirent d'écuries aux chevaux.

La chapelle[modifier | modifier le code]

La chapelle seigneuriale édifiée en 1507 par Antoine Bernard, chanoine et archiprêtre de Loches et seigneur des Brétignolles, de Vau et de Cheniers (près d'Azay le Rideau) est dédiée à Sainte Marie-Madeleine et Notre-Dame-de-Pitié.

À l'extérieur, elle est épaulée de contreforts et possède une façade haute à pignon aveugle et est percée à sa base d'une porte.

À l'intérieur, les deux travées voutées sur croisée d'ogives avec trois blasons désignent les Bernard avec quatre rocs d'échiquier et au centre une fleur de lys d'or ("Ecartelées au 1er et 4e d'argent à un roc d'échiquier de sable, et au 2e et 3e sable à un roc d'échiquier d'argent le tout chargé d'une fleur de lys d'or"), les armes d'Antoine Bernard et les armes de la France avec trois fleurs de lys.


Les communs[modifier | modifier le code]

Au nord-est du château, les communs anciennement écuries ont été bâtis en 1732 et agrandis en 1830. L'édifice est formé par un corps de bâtiment avec deux ailes symétriques en retour d'équerre.

La façade principale est symétrique avec deux grands portails et sept lucarnes aux frontons triangulaires et courbes.

Tour médiévale du 14e siècle dans le parc du château des Brétignolles. Probablement un vestige de rempart ou un poste de garde.

La tour médiévale[modifier | modifier le code]

La tour médiévale cylindrique en moellons, isolé dans le parc et à proximité de la chapelle est antérieure au château, et date du XIVème siècle. Il s'agit sans doute d'un vestige de l'enceinte fortifiée qui entourait le château[5]. Elle possède trois contreforts, quatre archères et une canonnière.

La tour a été transformée plus tard en colombier comme en atteste la présence de boulins dans la partie supérieure de l'édifice.

Les caves troglodytes[modifier | modifier le code]

Les nombreuses caves troglodytes sont creusées dans le rocher du coteau, derrière le château et avaient un rôle particulièrement important dans la vie du château.

Parmi lesquelles la cave du four à pain et de la buée, du pressoir ou encore de la grange.

L'éolienne Bollée[modifier | modifier le code]

L'éolienne Bollée a été édifiée entre 1894 et 1902 derrière la chapelle et servait de pompage de l'eau.

Elle a été gravement endommagé lors d'une tempête en 2016.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 15 septembre 1986
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail
  3. « Château des Brétignolles », sur Ministère de la Culture (consulté le 8 décembre 2019)
  4. a et b Lainé Martine, « Réf. Mérimée IA37000246 », sur Ministère de la Culture, (consulté le 8 décembre 2019)
  5. a et b René Charles Guilbaud (Attaché de conservation), ANCHÉ - Château des Brétignolles
  6. Actes de Charles II le Chauve, t. II, no 239 (an 862)
  7. a et b Société des amis du Vieux Chinon, « Les Brétignolles (Anché) », Société des amis du Vieux Chinon - Tome 3,‎
  8. inconnu, « Les Bernard en Touraine au XVe Siècle », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ inconnu
  9. Carré de Busserolle J. X., Armorial général de la Tourraine - Tome 1, 1884, réédition 1978, p. 132, 133
  10. Carré de Busserolle J-X, Armorial général de la Tourraine - tome II, 1884, réédition 1978, p. 761 - 763, 994
  11. Acte notarial de vente des terres des Brétignolles à Monsieur et Madame de Bernard le 22 octobre 1931 à Tours.
  12. Carré de Busserolle J-X, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine - Tome I, Société archéologique de Touraine, p. 408 - 409
  13. Montoux A., Vieux logis de Touraine - Tome III, , p. 17 - 23