Château de la Coindrie

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Château de la Coindrie
Image illustrative de l’article Château de la Coindrie
La Coindrie vers 1921.
Période ou style Renaissance
Début construction XIXe siècle
Propriétaire initial Famille Monnier
Coordonnées 46° 56′ 41″ nord, 0° 27′ 42″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région historique Poitou
Subdivision administrative Nouvelle-Aquitaine
Département Deux-Sèvres
Commune Argentonnay
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de la Coindrie
Géolocalisation sur la carte : Deux-Sèvres
(Voir situation sur carte : Deux-Sèvres)
Château de la Coindrie

Le château de La Coindrie, construit vers la fin du XIXe siècle à l'entrée de l'ancienne commune de La Coudre, se trouve à Argentonnay, dans le département français des Deux-Sèvres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Armes de la famille Garnier, seigneurs de Villedon et de la Coindrie[Note 1]

Le premier château[modifier | modifier le code]

Un premier château, fortifié, est érigé à partir du XIIIe siècle[1]. Il est tenu du milieu du XIIIe à la fin du XIVe par une branche de la famille Garnier[2] qui possède les seigneuries de La Coudre et de La Coindrie et dont les deux premiers auteurs connus prénommés Pierre sont maires de Poitiers à plusieurs reprises entre 1230 et 1283[3],[4].

Au XVe siècle, la propriété est entre les mains de la famille La Coudre, puis passe par alliance aux Guillet, qui la détiennent jusque vers le milieu du XVIIe siècle[2].

Les Richeteau et la Révolution[modifier | modifier le code]

Armes de la famille Richeteau[Note 2]

Le château appartient ensuite à une branche de la famille Richeteau[5],[1] qualifiée de seigneurs de La Coudre et de La Coindrie.

La famille Richeteau est issue de la région de Thouars. Elle donna trois maires de Poitiers au XVIIe siècle et fut maintenue noble depuis 1600 par les charges de maires et d’échevins de la ville de Poitiers. Elle forma plusieurs branche dont celle de La Coindrie et de La Coudre qui remonte à Louis Richeteau, écuyer, seigneur de La Coindrie à la fin du XVIe siècle[6],[7]. Après sa mort en 1574 lui succèdent de père en fils Jehan, un autre Louis (tous deux maires de Poitiers au milieu du XVIIe siècle), Urbain-Marie et Urbain-Stanislas-René-Marie († 1734).

Le fils de ce dernier, Henri-Charles-Urbain-René de Richeteau[8],[Note 3] naît en 1726 et épouse en 1753 Catherine-Mélanie Hunault de la Chevallerie[9] ; leurs onze enfants naissent tous au château de la Coindrie, entre 1754 et 1768[10].

À la Révolution, quatre de ces enfants émigrent[11], dont l'aîné René-Louis-Pierre qualifié de seigneur de la Coudre[12]. Un autre fils, Louis-Alexandre-François, est le chef local d'une des bandes vendéennes qui luttent contre les Républicains : il se joint à la troupe d'Adrien-Joseph Delouche et de Gabriel Baudry d’Asson pour attaquer Bressuire en août 1792. Capturé, il est fusillé le 28 août 1792 (à Bressuire[13] ou à Thouars[14],[15]).

Le dimanche , des éléments de la colonne infernale du général de brigade Louis Grignon assaillent La Coudre, fusillent plusieurs habitants pris à la sortie de la messe et incendient et détruisent le château, brûlant — rapporte la tradition — les pieds d'une fermière qui refusait de livrer les biens des châtelains[Note 4]. Le benjamin René-Louis[Note 5], arrivé le lendemain de Nantes n'y trouve plus que des ruines ; il s'enfuit vers Angers, où il est intercepté, jugé et guillotiné[16],[14] le [Note 6] à l'âge de 25 ans[11].

Le reste de la fratrie quitte la région pour le Maine-et-Loire. Seul un des frères survivants, Joseph-Louis-Marie, reste à La Coudre et s'installe dans une maison isolée. Maire de la commune de 1808 à 1830, il y marie sa fille en 1826[10], et meurt après 1833[11].

Il ne subsiste plus aucun vestige du premier château[2]. Le dernier membre mâle de la famille, Armand-Gustave de Richeteau de La Coudre, meurt en 1917[6].

Le second château[modifier | modifier le code]

Armes de la famille Monnier[Note 7].

Sur ces ruines, selon un plan presque carré inspiré de la Renaissance française, est édifié un nouveau château à la fin du XIXe siècle[1]. Le bâtiment a trois niveaux — dont le dernier partiellement mansardé —, percés de nombreuses fenêtres à traverses et à meneaux[1]. Sa façade principale est ornée d'un pignon triangulaire, flanqué de part et d'autre d'une vaste tour d'angle carrée et d'une tour cylindrique à encorbellement. Il est cerclé de douves.

Une centaine de mètres au sud un corps de ferme imposant de style Second Empire à deux ailes en retour d'équerre sert notamment d'écurie. Un logis pour le gardien construit dans le même style complète les édifices du parc[5].

Octave Monnier[Note 8] s'y installe en 1892[Note 9]. Quatre générations de Monnier sont successivement maires de La Coudre de 1881 à 1990[17] et le château demeure dans la famille jusque vers la fin des années 2010[réf. souhaitée].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les armes de la famille Garnier sont : gironné d'or et de gueules à douze pièces Henri Beauchet-Filleau, Charles Louis Gilbert de Chergé, Paul Henri Ferdinand Beauchet-Filleau et Maurice de Gouttepagnon, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Impr. Oudin, (lire en ligne), p. 719
  2. Les armes de la famille Richeteau sont : d'or, à un aubier de sinople chargé de fruits, au chef d'azur chargé de 3 étoiles du champ Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, t. 6 (lire en ligne), p. 3.
  3. Il n'est pas le René de Richeteau qui acquiert en 1785 le marquisat d'Airvault, issu de la branche dite du Poiron et qui épouse en 1779 Gabrielle-Henriette Chasteigner de Rouvre.
  4. Pour honorer la mémoire des martyrs de La Coudre, mais aussi ceux de Noirlieu, Saint-Aubin-du-Plain, Sanzay, Saint-Clémentin ou encore La Chapelle-Gaudin Une croix érigée à proximité en 1934 « La Croix de la Coindrie, à La Coudre, de 1934 à 2015 - Vendéens & Chouans », sur www.vendeensetchouans.com,
  5. Né à La Coudre le 1 septembre 1768.
  6. « Ex noble, se disant commerçant volontaire au 1er bataillon de la légion nantaise, domicilié à Coudre (sic), département des Deux-Sèvres, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 18 nivôse an 2, par la commission militaire d’Angers. »
  7. Les armes de la famille Monnier se blasonnent : d'argent, à la bande dentelée de sable remplie d'or (Chaffanjon 1976, p. 271).
  8. Né le 21 août 1826 à Thouars (registres d'état-civil de Thouars aux archives départementales des Deux-Sèvres : acte de naissance le 21 août 1826 d'Octave Monnier, fils de Louis Henri Monnier, chevalier de Légion d'honneur, propriétaire à Thouars et de Louise Rose Baillargeau).
  9. Sa famille, les Monnier ou Mounier de Romefort selon le généalogiste Arnaud Chaffanjon était originaire du bailliage de Saint-Jean-d'Angély (Chaffanjon 1976, p. 271), où l'un de ses ancêtres Jacques Mounier conseiller du roi élu au siège de Saint-Jean d'Angély acheta en 1768 le château de Romefort à Puyrolland (voir Louis Marie Meschinet de Richemond, Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Charente-Inférieure: série B, La Rochelle, E. Martin, (lire en ligne), p. 344,« Château de Romefort - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur gertrude-diffusion.poitou-charentes.fr (consulté le 8 mai 2020) et Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, Saintes : Z. Mortreuil, (lire en ligne), pp 293-294.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Château de La Coindrie », sur argentonnay.fr
  2. a b et c Association promotion patrimoine, Châteaux, manoirs et logis: Les Deux-Sèvres, Editions Patrimoines & médias, (lire en ligne), p. 82.
  3. Henri Beauchet-Filleau, Charles Louis Gilbert de Chergé, Paul Henri Ferdinand Beauchet-Filleau et Maurice de Gouttepagnon, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Impr. Oudin, (lire en ligne), p. 720
  4. Antoine René Thibaudeau et H. de Sainte-Hermine, Histoire du Poitou, t. 3, Robin et Cie, (lire en ligne), p. 369-371
  5. a et b Dominique Guinefoleau, « Le château de la Coindrie : comme une île sur la terre », sur lanouvellerepublique.fr, La Nouvelle République,
  6. a et b Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, t. 6 (lire en ligne), p. 3.
  7. Grands notables du Premier Empire Deux-Sèvres, Ed. du Centre national de la recherche scientifique, (lire en ligne), p. 111.
  8. « Liste de la noblesse de la province de Poitou », Archives Parlementaires de la Révolution Française, vol. 5, no 1,‎ , p. 397–406 (lire en ligne, consulté le 28 avril 2020)
  9. Marquise de La Rochejaquelein, Mémoires (lire en ligne)
  10. a et b « Henry de Richeteau », sur roglo.eu (consulté le 29 avril 2020)
  11. a b et c La Maraîchine normande, « La Coudre, Thouars (79), Angers (49) - 1792 - René-Louis et Louis-Alexandre-François Richeteau de la Coindrie », sur shenandoahdavis.canalblog.com, (consulté le 28 avril 2020)
  12. C. Lopez, A. Imbert et G. Le Moël, « Demande de passeports (1793-1818) », sur Centre historique des archives nationales, p. 148, 1970-1990
  13. Abbé Félix Deniau, Histoire de la Vendée, Lachèse et Dolbeau, (lire en ligne), p. 226
  14. a et b Marquise de La Rochejaquelein, Mémoires (lire en ligne)
  15. Bélisaire Ledain, Histoire de la ville et baronnie de Bressuire, Baudry, (lire en ligne), p. 185
  16. « Les patronymes des Guillotinés commençant par R », sur www.prospection.net (consulté le 28 avril 2020)
  17. Robert Weinland, « Maires de La Coudre », sur www.francegenweb.org (consulté le 29 avril 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Beauchet-Filleau, Charles Louis Gilbert de Chergé, Paul Henri Ferdinand Beauchet-Filleau et Maurice de Gouttepagnon, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Impr. Oudin, (lire en ligne), p. 720 (famille Garnier)
  • Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, t. 6 (lire en ligne), p. 3 (Famille Richeteau)
  • Arnaud Chaffanjon, La Fayette et sa descendance, Berger-Levrault, , 326 p. (ISBN 9782701300948, lire en ligne), p. 270-272 (Famille Monnier)