Château de Thoiry

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Château de Thoiry
image illustrative de l’article Château de Thoiry
Le château de Thoiry, côté jardins
Période ou style Renaissance
Type château
Architecte Olivier Ymbert
Début construction 1559
Fin construction 1564
Propriétaire initial Raoul Moreau
Destination initiale habitation
Propriétaire actuel Comte Paul de La Panouse
Destination actuelle habitation
Protection  Inscrit MH (1973)
Site web www.thoiry.net/index.2.php?lang=enVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées 48° 51′ 50″ nord, 1° 47′ 46″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Thoiry

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Thoiry

Le château de Thoiry est un château de la Renaissance situé à Thoiry dans le département des Yvelines, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une erreur d'adversaire?[modifier | modifier le code]

Moins de 50 ans après la construction du château, Raoul II de Moreau, petit fils du premier propriétaire de la bâtisse a entraîné la seule et unique vente du château de son histoire. Le 1er mai 1612, il provoque en duel et tue Ann le Blanc du Raulet aux grilles du château. Condamné à mort pour ce meurtre, il s’exile à Rome. Ses biens saisis, le château de Thoiry a été confié par le roi à Guillaume Marescot. Deux jours avant ce fameux duel, Raoul II Moreau a été prévenu que des ennemis de longues dates étaient en approche. Le lendemain la servante de Raoul est venue l’avertir que ses ennemis avec huit ou dix chevaux le guettaient dans le bois tout proche du château. l’ironie de l’histoire veut que Moreau ne savait pas que c’était du Raulet qui arrivait, ce dernier étant un ami proche de la famille[1].

Une même famille depuis quatre cents ans[modifier | modifier le code]

Depuis son acquisition en 1612 par Guillaume Marescot, le château de Thoiry est resté depuis treize générations la propriété de la même famille, la transmission se faisant souvent par les femmes[2]

Angélique de Marescot[modifier | modifier le code]

Figure notable du château, Angélique de Marescot a animé la vie du domaine par sa forte personnalité. Elle a d'abord été mariée à son cousin Adrien marquis de Baussan puis François Renouard de Villayer qui lui est décédé quatre ans plus tard. Enfin, elle épouse le marquis de Vatan.

En 1739, son fils Alexandre était soigné de la petite vérole. Trois de ses amis en profitèrent pour partager sa quarantaine médicale. Le soir chacun lisait le poème d'amour qu'il avait composé le jour pour la séduire. Ainsi, le greffier et rédigea ce manuscrit intitulé : La Quarantaine du coeur et de l'esprit, chez la veuve Bontemps, rue des Plaisirs, place des Agréments, à Libertopolis, à l'enseigne de la Fine Volupté'.

À la mort de son fils, elle élève sa petite fille Angélique de Baussan.

Angélique de Baussan[modifier | modifier le code]

Portrait de Charles de Machault d'Arnouville par Alexandre Roslin, château de Thoiry.

En septembre 1773, 3 mois après leur Mariage, Charles doit quitter Angélique pour retrouver ses troupes, puisqu’il est dans le régiment de Languedoc-Dragons (il sera colonel en 1780). Pendant ces années où Charles sera éloigné d’Angélique régulièrement, ils vont s’écrire 1500 lettres d’amour, 6000 pages au total. Ces pages conservées dans les archives de Thoiry sont une mine d’or où l’on trouve les petits détails de la vie quotidienne.

Henriette de Machault[modifier | modifier le code]

Leur héritière, Henriette de Machault d'Arnouville (1808-1864), marquise de Vogüé par son mariage en 1826 avec Léonce de Vogüé, fait moderniser le château vers 1840 : la façade sur jardin est rhabillée de pierre, la cour et l'avant-cour sont supprimées, le jardin est mis au goût du jour par Louis-Sulpice Varé.

La Révolution Française[modifier | modifier le code]

A l’aube de la Révolution, Angélique de Baussan, Charles de Machault et leurs enfants se trouvent à Paris. Ils quittèrent la capitale au lendemain de la Prise de la Bastille pour se réfugier à Thoiry. La famille a été dénoncée en décembre 1793 par l’instituteur au bataillon de Montfort auprès du comité de surveillance de la ville. Il aurait dit que le gendre et le beau frère de Charles avaient émigré à l'étranger, ce qui représentait une faute passible d'emprisonnement. Ils ont donc été arrêtés le 20 mai 1794. Condamnés à la guillotine,ils ont été sauvés extrémiste de la mort. C'est suite à la chute de Robespierre que les exécutions à la chaine ont cessé. Ils ont été libéré le 25 octobre 1794.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Eugène, comte de La Panouse, son épouse et Marie Hélène Béjot avaient fait un vœu en début de la guerre de 1914: si les Allemands avaient été arrêtés avant Thoiry, ils consacreraient la chapelle au Sacré Cœur. Revenu épuisé de la Guerre, Eugène mourût en 1919 de la grippe espagnole. Sa veuve réalisa son vœu.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la guerre de 1939/45, Thoiry a souvent été choisi par l’armée Allemande comme lieu de repos pour ses troupes. Le maire de l’époque a du désigner les maisons susceptibles d’accueillir des soldats allemands. Mais le château a lui aussi été occupé et en a subi les dégradations. En 1940, on annonça à la Comtesse de la Panouse que son fils le lieutenant Antoine de la Panouse avait évité à son régiment d’être encerclé en Belgique, mais qu’il avait été blessé trois fois et laissé pour mort. Sauvé par un chirurgien allemand, Antoine fut rapatrié.

Le Parc Zoologique[modifier | modifier le code]

Le château sert de décor en 1966 à quelques scènes du film Paris Brûle-t-il ? de René Clément. Le château, ouvert au public depuis 1965 par le comte Antoine de La Panouse, est aussi célèbre pour son zoo parc animalier. Il est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1973[3]. Le domaine boisé qui l'entoure couvre 380 hectares, dont 130 sont occupés par le parc animalier.

La visite[modifier | modifier le code]

Ce château a traversé les siècles et les événements, il a conservé de ce fait son mobilier de différentes époques et d'importantes archives historiques.La totalité du château ne se visite pas. Seules quelques salles du rez-de-chaussée sont ouvertes au public.

Escalier d'honneur[modifier | modifier le code]

La pièce abritant l'escalier d'honneur est ornée de quatre tapisseries des Gobelins de la série les amours des dieux, aux armes du poète Guillaume Budé : Vénus au bain, Diane de retour de la chasse, le mythe de Narcisse, et L'enlèvement d'Europe. Dans l'entrée figurent plusieurs portraits, dont l'un représente Marie-Hélène Béjot, comtesse de La Panouse.

Salon du Matin[modifier | modifier le code]

Ce salon conserve une collection d'assiettes en porcelaine. Le mobilier se compose notamment de plusieurs fauteuils du XVIIIe siècle, l'un de style Régence, l'autre de style Louis XV, un dernier de style Louis XVI.

Chapelle[modifier | modifier le code]

La chapelle est dédiée au Sacré-Cœur après la Première Guerre mondiale. Les vitraux représentent entre autres deux anges portant les armes de Raoul et den Motet de La Panouse (en référence à leur participation à la croisade de 1248). Une Vierge à l'enfant en céramique réalisée par Della Robbia orne l'intérieur. L'autel en chêne date quant à lui de 1754.

Musée des archives[modifier | modifier le code]

La salle des archives du château de Thoiry conserve plusieurs dizaines de milliers de documents dont seuls quelques-uns sont visibles. Parmi ceux-ci, plusieurs lettres (signées Jean-Jacques Rousseau, Châteaubriand, Rodin, Lamartine, Eugène Sue, George Sand...), arbres généalogiques, photographies, objets divers, médailles et documents officiels.

Salon de la Tapisserie[modifier | modifier le code]

Ce salon doit son nom à la tapisserie des Gobelins dont elle est ornée : elle fut offerte à Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville par Louis XV. Le salon possède plusieurs portraits : l'un représente le chancelier de Ponchartrain, l'autre Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville. Le salon est également meublé de deux bustes du XVIIe siècle réalisés par Raon, et d'un lustre hollandais du XVIIe siècle.

Salon Vert[modifier | modifier le code]

Le salon possède une cheminée monumentale du XIXe siècle, copie de la cheminée Renaissance de l'Hôtel Vogüé de Dijon. Le mobilier se compose notamment d'une série de fauteuils, canapé et bergères réalisés par de Beauve (restaurés à la feuille d'or, et dont les garnitures furent retissés à l'identique), d'une commode en marqueterie hollandaise du XVIIe siècle, d'une petite table du XVIIe siècle en marqueterie fine soutenue par quatre cariatides en bois doré, et d'un lit de chien du XVIIe siècle. La pièce conserve également une tapisserie représentant Henri IV chassant le lion et une collection de portraits (œuvres de l'école de François Boucher, portrait de jeune fille par Nicolas de Largillierre, portrait de Galéas de Marescotti, portrait du roi Louis XV enfant par l'atelier de Hyacinthe Rigaud, portrait de Monsieur le duc d'Orléans représentant le frère de Louis XIV).

Grand vestibule[modifier | modifier le code]

Le grand vestibule, couvert de boiseries, est meublé d'une commode en marqueterie de style Boulle et d'une glace d'époque Régence, entourée de deux bustes romains. Le reste du mobilier se compose du fauteuil de voiture de Charles de Machault d'Arnouville et d'une cassone, coffre de mariage datant de 1450, ramené d'Italie par les Marescoti et restauré en 2007. Le vestibule est orné de plusieurs portraits dont deux pastels représentant Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville et sa femme Geneviève Rouillé, d'un portrait de Gentilhomme par Nicolas de Largillierre et d'un portrait d'Alexandre Millon par Hyacinthe Rigaud.

Portrait de Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, château de Thoiry.

Bibliothèque et Salon de musique[modifier | modifier le code]

Détail du clavecin de Blanchet peint par Christophe Huet.

Les bibliothèques sont surmontés sur leurs corniches de vases Imari du Japon. Elles conservent une collection d'ouvrages anciens.

Le salon de musique ou "salon blanc" est meublé de deux bergères réalisées par Boulard, d'un bureau en marqueterie fine et au-dessus à rouleau signé Lardin, d'une table de Pierre Migeon, de canapés et fauteuils dus à Gourdin Père, tendus de tapisseries d'Aubusson illustrant les fables de La Fontaine, de fauteuils réalisés par Pissard et Jean, de rafraichissoirs de Chine offert par Louis XV, et d'un clavecin réalisé par François-Étienne Blanchet et peint en 1750, près de quarante ans après sa réalisation, de grotesques et de singes musiciens par Christophe Huet, peintre animalier du roi. C'est l'un des derniers clavecins au monde à avoir gardé son mécanisme d'origine. La cheminée en marbre ornée de plaques possède des chenets en bronze doré représentant des sujets chinois. La glace qui la surmonte avec sa boiserie est dorée à la feuille d'or. Les murs sont ornés d'une riche collection de portraits, dont un pastel représentant les trois fils de Machault d'Arnouville, réalisé par Bondé (les mains et les visages sont attribués à la Tour), un portrait d'Angélique de Marescot en religieuse, pastel de Maurice-Quentin de la Tour, et un autre portrait représentant Angélique de Marescot en Vénus.

Chambre d'Angélique[modifier | modifier le code]

Cette chambre d'Angélique doit son nom aux différentes femmes portant le prénom d'Angélique qui furent propriétaires du château: Angélique de Baussan, Angélique de Marescot, Angélique de Vogüé et Angélique d'Apougny. Le mobilier de la chambre se compose notamment d'une liseuse de Pierre Migeon, d'une commode de style Régence et d'une autre de Turcot, d'encoignures, banquettes et chauffeuses de Beauve, d'un lit à baldaquin, et une commode décorée de bronze réalisé par Cressent. Les murs sont ornés de plusieurs portraits : un portrait représentant Angélique de Marescot jeune, un portrait représentant Angélique de Vogüé, un portrait d'Angélique d'Apougny et un autre de Michel de Marescot par Nicolas de Largillierre, un portrait d'Angélique de Baussan et un portrait de Charles de Machault, par Alexandre Roslin.

Boudoir chinois[modifier | modifier le code]

Le boudoir chinois conserve une coiffeuse du XVIIIe siècle, un crachoir, et un fauteuil canné dissimulant une chaise percée. Les soieries peintes du boudoir ont été importées d'Asie au XVIIIe siècle.

Jardins[modifier | modifier le code]

Les jardins de 450 ha sont labellisés « Jardin remarquable ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives privées de La Panouse
  2. . Thoiry n'est la propriété de la famille de La Panouse que depuis la fin du XIXe siècle
  3. Notice no PA00087655, base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]