Château de Saint-Ouen (Saint-Ouen-sur-Seine)

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Château de Saint-Ouen
Image illustrative de l’article Château de Saint-Ouen (Saint-Ouen-sur-Seine)
Château de Saint-Ouen, aujourd'hui.
Période ou style Restauration
Type Néo-palladien
Architecte Jean-Jacques-Marie Huvé
Début construction 1821
Fin construction 1823
Propriétaire initial Louis XVIII
Propriétaire actuel Ville de Saint-Ouen-sur-Seine
Protection  Inscrit MH (1961)
Logo monument historique Classé MH (1965)
Coordonnées 48° 55′ 00″ nord, 2° 19′ 46″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-Saint-Denis
Localité Saint-Ouen-sur-Seine

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Château de Saint-Ouen

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Château de Saint-Ouen

Le château de Saint-Ouen est une demeure située à Saint-Ouen-sur-Seine, en Île-de-France. Le château actuel, construit au XIXe siècle par Jean-Jacques-Marie Huvé, est partiellement inscrit et partiellement classé aux monuments historiques[1]. C'est un exemple particulièrement soigné d'architecture de la Restauration[1]. Le mobilier qui occupait ce château, jusqu'à son transfert en Lorraine au milieu du XIXe siècle, est également d'une qualité exceptionnelle ; racheté par l'État, il pourrait à l'avenir être exposé à nouveau dans le château[2].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château est situé aux nos 12 à 46 rue Albert-Dhalenne[1]. Il est historiquement situé à la périphérie du vieux Saint-Ouen, dont le centre était marqué par l'église Saint-Ouen-le-Vieux.

Le domaine s'étendait sur une terrasse dominant les berges de la Seine, entre la rue de Paris (actuelle rue Albert-Dhalenne), la route de la Révolte et l'actuelle rue des Bateliers. Le grand Parc des Docks de Saint-Ouen, ouvert en 2013, occupe la partie nord de ce domaine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers châteaux[modifier | modifier le code]

Un premier domaine, situé à Clippiacum, existe depuis l'époque de Charles VI dont il ne reste rien.

En 1642, Séraphin Mauray, seigneur de Saint-Ouen depuis 1640 à la suite d’un échange avec le grand aumônier de l’abbaye de Saint-Denis, fonde deux foires annuelles[3]. La foire aux porcs se tient entre le pré du château et la Seine le dernier dimanche d’août et le dimanche de la saint Louis (25 août)[4].

En 1664, Séraphin Mauray vend la seigneurie à Joachim-Adolphe de Seiglières de Boisfranc[3], chancelier de Monsieur, frère du roi Louis XIV. De 1664 à 1669, celui-ci fait édifier un nouveau château par l'architecte Antoine Lepautre. Ce château est constitué de trois corps de bâtiments organisés autour d’une cour. Le pavillon central est orné d’un fronton. L’orangerie, située à l'est, est elle aussi décorée d’un fronton et de bustes disposés dans les baies[4]. Une longue allée traverse le parc pour mener sur une place circulaire (l'actuelle place de la République)[5].

Le château appartient ensuite à Léon Potier, duc de Gesvres (1620-1704), gouverneur de Paris, dès 1679, puis à François Joachim Bernard Potier, marquis de Gesvres (1692-1757), en enfin à la marquise de Pompadour de 1759 à 1764[4].

Le château est acheté en 1811 par Vincent Potocki, grand chambellan de Pologne et général de cavalerie. Louis XVIII, de retour d'Angleterre, y signe dans la nuit du 2 au 3 mai 1814 un acte historique : la déclaration de Saint-Ouen rétablissant la monarchie, reconnaissant cependant certaines libertés acquises durant la Révolution française et l'Empire.

Le château actuel[modifier | modifier le code]

La construction[modifier | modifier le code]

Il ne reste rien de l'ancien château. Celui-ci est en effet acquis en 1816 par Louis XVIII, qui le détruit pour en faire construire un nouveau par Jean-Jacques-Marie Huvé[1], dans le style néo-palladien. La première pierre est posée le 8 juillet 1821[6]. Le 29 octobre 1822, le roi cède le château pour 400 000 francs à sa favorite, madame du Cayla. Le château de Saint-Ouen est décoré et meublé au goût du jour par des artisans réputés : les ébénistes Pierre-Antoine Bellangé et Étienne-Joseph Poirier, quatre bronziers, Lucien-François Feuchère, Pierre-Victor Ledure, la fabrique Lenoir-Ravrio et Pierre-Philippe Thomire, les tapissiers A. Brizard et Granjean, les stucs et staffs Le Roi et, pour la peinture décorative, Pierre-Luc-Charles Cicéri. Un ensemble conséquent de peintures du baron Gérard complète cet ensemble mobilier[6]. La comtesse tient une grande fête d'inauguration le 2 mai 1823, où est présenté le portrait du roi, peint par Gérard. Le château de Saint-Ouen est ouvert à la visite dès l’été 1823 et Madame du Cayla donne régulièrement des « billets » permettant d’accéder au grand salon devenu mémorial en l'honneur de Louis XVIII[6].

La comtesse meurt en 1852 et, en 1869, une partie du mobilier est transférée dans le château d'Haroué (Lorraine)[6].

L'abandon[modifier | modifier le code]

En 1862, une ligne ferroviaire longeant le nord du domaine est tracée dans la bande de terrain située entre le parc et la Seine ; connectée à la ligne de Petite Ceinture (raccordement des Épinettes), cette ligne aboutit à la gare du pont de Saint-Ouen[7],[8]. Le château est fortement endommagé durant le siège de Paris en 1871.

En 1881, Omer et René Talon, héritiers de madame du Cayla, louent le domaine à la Société d'encouragement hippique, qui le transforme en hippodrome. Le champ de courses établi dans le parc est fréquenté jusqu'en 1914. Durant la Première Guerre mondiale, le château devient un hôpital militaire.

Le domaine est racheté par Thomson-Houston (Alstom) en 1917. Le terrain de 26 ha est divisé en deux parties : à l'ouest, un ensemble non bâti constitué de terrains de sport et de jardins ouvriers et sur lequel se trouve le château laissé à l'abandon ; à l'est, est construite en 1921 une usine de fabrication de matériel électrique, connectée au réseau ferré[7].

La renaissance progressive[modifier | modifier le code]

Le château est racheté par la commune en 1958, qui le restaure en 1963 pour en faire le musée d'histoire locale. Depuis, il accueille également le conservatoire de musique municipal.

Le château est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 28 septembre 1961. Les salles du rez-de-chaussée sont classées par arrêté du 16 juin 1965[1].

En janvier 1973, le château héberge, sous haute surveillance, la délégation vietnamienne (Front National de Libération - Viêt Cong) participant, avec les États-Unis, aux accords de paix de Paris, qui mettent fin à la Guerre du Viêt Nam (accords signés le 27 janvier 1973).

Le musée est fermé en 2005, mais sert toujours de réserve. Le conservatoire devrait quitter les locaux en 2020[6].

De 2007 à 2016, l'État fait l'acquisition du mobilier entreposé au château d'Haroué et classé au titre objet des monuments historiques[9]. Il est exposé au château de Maisons-Laffitte avant restauration[6]. Le 18 octobre 2017, le centre des monuments nationaux et la Ville de Saint-Ouen signent une convention en vue de définir un projet culturel pour le château et d'y exposer ce mobilier à leur emplacement d'origine[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est composé sur plan carré avec un rez-de-chaussée, deux étages et comble aménagé, construit en pierres de taille.

L'intérieur comporte un vestibule central sur lequel s'ouvre une cage d'escalier monumental ; sur la gauche, une salle à manger a conservé son décor ancien et ses portes en loupe de noyer ; la salle de billard contient des cheminées et des consoles de marbre blanc ; le salon d'angle a conservé un beau décor de pilastres et de cheminées ; les plafonds sont décorés de pâtisseries formant caissons.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Château de Saint-Ouen », notice no PA00079960, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b Jérôme Coignard, « Quel projet pour Saint-Ouen ? », Connaissance des arts,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Saint-Ouen », sur atlas de l'architecture et du patrimoine de Seine-Saint-Denis (consulté le 25 mars 2019)
  4. a b et c « Château de Saint-Ouen », sur atlas de l'architecture et du patrimoine de Seine-Saint-Denis (consulté le 25 mars 2019)
  5. « Plan de 1740 », sur geoportail93.fr (consulté le 25 mars 2019)
  6. a b c d e et f Centre des monuments nationaux, « A la demande du ministère de la Culture et de la Communication, le Centre des monuments nationaux accueille au château de Maisons un ensemble mobilier appartenant à l’État issu de la commande royale faite pour le château de Saint-Ouen », Dossier de presse,‎ (lire en ligne)
  7. a et b Atelier parisien d'urbanisme, Les Docks de Saint-Ouen, de la zone industrielle à la ville [lire en ligne]
  8. « 1900 - Atlas du Département de la Seine », sur geoportail93.fr
  9. Décret no 2016-736 du 2 juin 2016 portant classement au titre des monuments historiques d'un ensemble d'objets mobiliers conservés au château de Craon à Haroué (Meurthe-et-Moselle) et décret du 13 février 2018 portant classement au titre des monuments historiques d'objets mobiliers conservés au château de Craon à Haroué (Meurthe-et-Moselle)

Articles connexes[modifier | modifier le code]