Château de Penne

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Château de Penne
Image illustrative de l’article Château de Penne
Vue sur la chapelle du château et le village en contrebas.
Période ou style Moyen Âge
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XIVe siècle
Propriétaire actuel Axel et Sophie Letellier
Protection Logo monument historique Classé MH (1902)[1]
Site web http://www.chateaudepenne.com/
Coordonnées 44° 04′ 42″ nord, 1° 43′ 38″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Occitanie
Département Tarn
Commune Penne
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Penne
Géolocalisation sur la carte : Tarn
(Voir situation sur carte : Tarn)
Château de Penne
Vue des ruines.

Le château de Penne est un château fort du XIIe siècle, de nos jours ruiné, dont les vestiges se dressent sur la commune française de Penne dans le département du Tarn en région Occitanie. Le château s'est dressé dès l'époque mérovingienne. Sa situation exceptionnelle lui a permis de jouer un rôle de premier plan dans l'histoire du Quercy. Lors de la croisade des Albigeois, il est l'enjeu de guerres sanglantes entre le seigneur de Penne, rallié à l'hérésie cathare et les partisans de Simon IV de Montfort. Plus tard, pendant la guerre de Cent Ans, Anglais et routiers s'emparent tour à tour de la forteresse. Tombé en ruine durant 450 ans, il est actuellement en cours de restauration.

Les ruines du château de Penne ont été classées monument historique.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château est bâti sur un piton biscornu naturellement taillé à l'abrupt dont il épouse strictement les contours, perché à plus de 120 mètres au-dessus d'un méandre de l'Aveyron. Penne est construit sur la partie septentrionale de la forêt de la Grésigne, à une heure au nord de Toulouse.

Historique[modifier | modifier le code]

En 825, il existe une mention du château à Penne lors d'une visite du roi d'Aquitaine, Pépin, dans la vallée. En 1096, le premier seigneur connu, Geoffroi, se croise à la suite de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse[2].

En 1109, Penne est érigé en fief par le vicomte d'Albi à qui les seigneurs d'Albi rendent hommage. Vers 1140, les Templiers ont des biens dans la châtellenie de Penne. Plusieurs d'entre eux résident alors dans la paroisse de Sainte-Marie-Madeleine des Albis (où fut découverte la grotte de la Madeleine des Albis en 1952), sur la rive droite de l'Aveyron. Rien n'atteste que le château fut une possession templière, mais il est sûr que les seigneurs le possédant étaient liés au Temple, car celui-ci protégeait le chemin de la vallée menant à Montricoux.

Le castrum est conquis, vers 1176, par les comtes de Toulouse sur les Trencavel[3].

En 1208, Simon de Montfort est chargé d'éradiquer l'hérésie cathare. En 1223, durant la croisade des albigeois, Amaury de Montfort se rend maître du château. Le manque d'eau et l’absence de renforts obligent les défenseurs à se rendre[4]. Il est repris par les hérétiques peu de temps après[2].

En 1229, lors de la signature du traité de Meaux, le comte du Toulouse est prié de remettre le château au pouvoir royal. En 1243, un nouveau traité réclame encore Penne à Raymond VII. Mais Olivier et Bernard de Penne ne s'inclinent pas face au pouvoir. Ils se soumettent finalement à Alphonse de Poitiers, devenu comte de Toulouse, qui confirme les privilèges des habitants de Penne. Il fait aménager le château et fait déménager les archives de son comté. En 1271, à sa mort, Penne est réuni au domaine de la Couronne[2].

En 1365, un capitaine gascon du nom de Mongat, agissant pour les Anglais, prend Penne. En 1374, Penne est repris par les Français. En 1384, les Anglais reprennent le village et le conservent jusqu'en 1451. Le château est démantelé en 1586[5], et laissé à l'abandon pendant 420 ans, jusqu'à l'acquisition au début des années 1980 par Me Breuil, avocat, puis en 2006 par un architecte, Axel Letellier.

Description[modifier | modifier le code]

Porterie d'entrée permettant d'entrer dans la forteresse.

Le château est bâti sur une crête aigüe longue de 150 m sur une vingtaine de mètres de large, réduites par endroits à 8 m[6].

Une basse-cour, encadrée de simples murs, est située sur le côté, sur une partie plus basse, au sud du château. Il faut la traverser pour atteindre un châtelet, bien conservé avec ses deux tours. La première, circulaire, date du XIIIe siècle et la seconde en éperon, plus massive, date du XIVe siècle[note 1]. Le châtelet, qui barre totalement l'étroite plate-forme du côté du seul accès possible, renferme deux joyaux médiévaux, un assommoir de trois mètres par trois et au rez-de-chaussée de la tour ronde, une salle d'archères à la maçonnerie presque intacte.

Le donjon, qui domine l'ensemble des constructions, est entouré d'une enceinte irrégulière percée d'archères. De nos jours, il ne subsiste que quelques restes de l'enceinte fortifiée[7]. Le bâti représente 3 500 m2.

Le village est quant à lui niché dans le creux d'un épaulement au pied de la crête.

Restauration[modifier | modifier le code]

De 2009 à 2011, un programme de restauration est en cours à l'initiative du nouveau propriétaire[8], Axel Letellier, architecte de formation, qui a racheté le château en 2006. Les différentes phases annuelles de travaux représentent un budget de 80 000 euros . La région et le département participent à hauteur de 15 % chacun dans le financement[9].

Le château a rouvert au public en .

Protection aux monuments historiques[modifier | modifier le code]

Les ruines du château de Penne ont été classées par arrêté du [1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le châtelet a inspiré la porte Narbonnaise de l'enceinte de Carcassonne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de Penne », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a b et c « Bienvenue au Château de Penne au cœur de l'Aveyron - Presse », sur Château de Penne (consulté le ).
  3. Gilles Séraphin, Christian Remy, Élodie Cassan, Najac, du castrum au château neuf, dans Congrès Archéologique de France, 2009, 167e session, Monuments de l'Aveyron, 2009, Société Française d'Archéologie, Paris, 2011, (ISBN 978-2-901837-40-4), p. 227-246.
  4. Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 146.
  5. « Bienvenue au Château de Penne au cœur de l'Aveyron - Historique », sur Château de Penne (consulté le ).
  6. André Châtelain, L'évolution des châteaux forts dans la France au Moyen Âge, Éditions Publitotal, , 319 p. (ASIN B004Z1ACJ4), p. 30.
  7. http://www.cathares.org/penne-intro.html
  8. « Travaux au château de Penne, tarn » [vidéo], sur YouTube (consulté le ).
  9. Patrick Guerrier, « Le château de Penne rouvrira ses portes en 2010 », La Dépêche,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]