Château de Montréal-de-Sos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Montréal-de-Sos
Image illustrative de l’article Château de Montréal-de-Sos
La tour du Campanal
Période ou style Moyen Âge
Type Château fort
Coordonnées 42° 45′ 49″ nord, 1° 29′ 23″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Département Ariège
Commune Auzat
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Montréal-de-Sos
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
(Voir situation sur carte : région Occitanie)
Montréal-de-Sos
Géolocalisation sur la carte : Ariège
(Voir situation sur carte : Ariège)
Montréal-de-Sos

Montréal-de-Sos est un château fort situé sur la commune d'Auzat, dans la vallée de Vicdessos, en Ariège, France. Ce château comtal fut un des plus importants châteaux des comtes de Foix au Moyen Âge. Bâti à la fin du XIIe siècle, il a été conservé jusqu'au début du XVe siècle, date à laquelle il fut volontairement arasé par les comtes de Foix.

Aujourd'hui à l'état de ruines, ses vestiges incluent une grande enceinte flanquée de deux tours et un quartier aristocratique. Ce dernier est rassemblé autour d'un donjon construit sur une motte, fait assez peu banal en Haute-Ariège.

Montréal-de-Sos fait l'objet depuis 2000 d'un programme de fouilles archéologiques.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

À 25 km au sud de Foix à vol d'oiseau, Auzat est niché en fond de vallée en rive gauche (côté nord-ouest) du Vicdessos, affluent de rive gauche (côté ouest) de l'Ariège. Le ruisseau de Saleix, qui mène au col de la Crouzette à l'ouest, rejoint le Vicdessos dans le village à quelque 730 m d'altitude. Le GR 10 rejoint le Vicdessos à 3,5 km au sud-ouest[1].

Les ruines du château, installées à 881 m d'altitude au nord du hameau d'Olbier, en rive droite (côté sud-est) face au village, dominent ce dernier depuis l'éperon rocheux qui jute de la face nord du Pijol de Brosquet (alt. 1 764 m), extrémité de la crête nord-ouest du Pique d'Endron (alt. 2 472 m)[n 1],[1].


Description[modifier | modifier le code]

Au cœur du château

L'éperon de Montréal-de-Sos est un sommet karstique, domaine des pelouses sèches calcicoles.

Ses flancs sont percés de quelques porches. Certains de ces porches traversent les falaises de part en part sur de courtes distances et constituent des accès depuis le pied de l'escarpement jusqu'au sommet. Ils ont été aménagés pour en faciliter l'accès mais aussi pour pouvoir les barrer. Mais l'accès principal, le seul qui puisse permettre l'installation d'un chemin muletier, était situé au sud-est et versait directement vers le village de Vicdessos vers l'aval et l'ouest, ou bien vers Goulier vers l'amont et le sud.

Le sommet n'est pas tronconique mais constitué d'une succession de vastes paliers. Globalement, la pente y est donc plutôt faible sur de grandes surfaces séparées entre elles par de petits ressauts subverticaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Montréal-de-Sos fut construit à la fin du XIIe siècle lorsque l'autorité comtale s'imposa clairement sur la haute vallée. En 1272, Raymond Bataille de Mirepoix est le seigneur châtelain du château[2]. Des aménagements furent effectués au début du XIIIe siècle et au milieu du XIVe siècle. Il servait alors notamment à la domination comtale du marché du fer dominant Vicdessos et les activités autour de la grande mine de Rancié à Sem. Au début du XVe siècle, à la faveur d'une restructuration des châteaux du comté de Foix et de peur que les ennemis puissent s'en emparer, les comtes le désarmèrent par arasement[3].

Des grottes entourent le sommet et comportent de célèbres peintures dans lesquelles certains voient une représentation du Graal, d'autres l'amusement d'un berger[4].

La fouille archéologique a démontré que le site avait été occupé au moins depuis l'âge du bronze moyen et qu'il recelait un oppidum laténien (second âge du fer).

Programme de fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

En 2000, un programme de fouilles archéologiques a été lancé par la mairie d'Auzat, qui en a confié la responsabilité à l'historienne Florence Guillot. Ce programme a été coordonné par la régie Patrimoines de la Communauté de communes d'Auzat et du Vicdessos. Il s'est terminé en 2017 après 16 ans de fouilles[5],[6].


Principales découvertes[modifier | modifier le code]

A l'issue de la campagne de fouilles conduite en 2013, un rapport détaillé a été publié[7]. Son introduction reprend l'historique des campagnes précédentes.

Voies d'accès[modifier | modifier le code]

Les ruines s'atteignent à pied par un chemin bien tracé depuis le hameau d'Olbier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Le Pique d'Endron (alt. 2 472 m), dans le prolongement nord du Pic de l'Aspre (alt. 2 744 m, 5,3 km plus au sud), marque le point auquel ce massif se divise en deux branches ou crêtes principales. Une crête mène au Pijol de Brosquet (alt. 1 764 m, 3,5 km au nord-ouest de l'Endron), alignant au passage du sud-est au nord-ouest le Pijol des Enroucades (alt. 2 183 m), le Pijol d'Argenton (alt. 1 981 m), le Pijol de Sarrouge (alt. 1 875 m) et le Pijol de l'Asquitère (alt. 1 815 m). Une autre crête mène au Pic du Garbié de Brésoul (alt. 2 047 m), 2 km au nord-est de l'Endron, puis au Pic du Besset (alt. 1 674 m) d'une part et au col de Grail (alt. 1 485 m, à l'est du Pic du Besset).
Références
  1. a b et c « Montréal-de-Sos, carte topographique » sur Géoportail. Les distances à vol d'oiseau se mesurent avec l'outil « Mesurer une distance » dans l'onglet « Outils cartographiques » à droite (symbole de petite clé plate).
  2. [Courcelles 1822] Jean-Baptiste-Pierre Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, t. 5 : A-Z, Paris, impr. de Passan, , sur gallica (lire en ligne), p. 32.
  3. [Guillot 2007] Florence Guillot, « Montréal-de-Sos, premiers résultats », dans Châteaux Pyrénéens au Moyen Âge (annales du colloque « Pouvoirs pyrénéens, de la résidence aristocratique au castrum », 27-28 octobre 2007), Seix (Ariège), éd. de la Louve, , 303-336 p. (présentation en ligne, lire en ligne [PDF] sur hal.archives-ouvertes.fr).
  4. [Mesuret 1966] Robert Mesuret, « Les peintures murales du Languedoc, de la Guienne et de la Gascogne au XVIIe siècle. Essai de catalogue », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. 32,‎ , p. 87-116 (lire en ligne [sur gallica]). Voir notamment Section I : « Les sujets profanes », p. 97 : « Grotte, Montréal-de-Sos ».
    Cet article est la suite de l'ouvrage Les peintures murales du Sud-Ouest : voir note no 114, p. 116.
  5. Guillot & Portet 2017.
  6. Océane Oulés, « Après 16 ans de fouilles, le château de Montréal-de-Sos se dévoile », La Dépêche,‎ (lire en ligne, consulté en ).
  7. [Guillot & Portet 2013] Florence Guillot et Nicolas Portet, « Rapport des sondages archéologiques Montréal-de-Sos », 257 p. [sur researchgate.net], édité par la mairie d'Auzat, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [D. 1972] A. D., « Montréal-de-Sos », Cahiers d'Études Cathares, no 81, 2e série,‎ , p. 45-52.
  • [Gadal 1970] Antonin Gadal, Montréalp de Sos, le château du Graal (La montagne des rois), Haarlem, Pays-Bas, éds. Rozekruis Pers, , sur xxx (présentation en ligne).
  • [Guillot & Portet 2012] Florence Guillot et Nicolas Portet, Rapport de sondage archéologique à la grotte du Campanal (Montréal-de-Sos - Auzat- Ariège) 2012, éd. mairie d'Auzat, , 110 p., sur core.ac.uk (lire en ligne).
  • [Guillot & Portet 2017] Florence Guillot et Nicolas Portet, Le castrum de Montréal-de-Sos, 16 ans de recherches archéologiques sur une fortification des Pyrénées ariégeoises, éd. du Centre d'archéologie médiévale du Languedoc, coll. « Archéologie du Midi Médiéval » (no 8 (suppl.)), , 374 p., sur persee (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Liens externes[modifier | modifier le code]