Château de Montaigu (Meurthe-et-Moselle)

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Château de Montaigu
Image illustrative de l’article Château de Montaigu (Meurthe-et-Moselle)
Vue du château depuis le parc de Montaigu
Période ou style Classique
Type Maison-musée
Architecte inconnu (XVIII°)
Albert Jasson (XIX°)
Pierre Lebourgeois (modifications XX°)
Début construction XVIIe siècle
Fin construction XVIIIe siècle
Propriétaire initial Bon Prévost puis
marquis de Vaugiraud puis Édouard Salin
Destination initiale habitation privée
Propriétaire actuel Gestionnaire : Métropole du Grand Nancy
Destination actuelle musée (Collection Salin)
Protection Logo monument historique Classé MH (1958)
 Inscrit MH (1934, 1957, 1998)
Logo des sites naturels français Site classé (1958)
Site web http://www.museehistoiredufer.fr/le-musee-et-le-chateau-de-montaigu/chateau-et-domaine-de-montaigu/
Coordonnées 48° 39′ 48″ nord, 6° 12′ 57″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Blason Lorraine.svg Duché de Lorraine
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Commune Laneuveville-devant-Nancy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Montaigu
Arrière

Le château de Montaigu est un château situé sur la commune française de Laneuveville-devant-Nancy près de Nancy, dans le parc de Montaigu (qui s'étend également sur Jarville-la-Malgrange), à proximité du Musée de l’histoire du Fer.

Historique[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Il existe au tout début du XVIIe siècle un ermitage placé sous la protection de Notre-Dame de Montaigu. Rapidement, une petite chapelle est construite.

En 1700, le comte de Rennel, chancelier du duc Léopold, y possède un pavillon de chasse.

Vers 1757, sous le règne de Stanislas, Bon Prévost, receveur général des fermes de Lorraine, transforme le pavillon de chasse en une maison de plaisance. Elle est aménagée à flanc de colline, sur un terrain de plus de 25 hectares qu'il dote de bassins. Ces aménagements ont disparu, mais un miroir d'eau et une fontaine du verger ont été restitué en 2018.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le domaine est vendu comme bien national en 1791. Différents propriétaires se succèdent, dont Nicolas Poupillier ou la comtesse d'Alopeux, à qui l'on doit les statues et vases du jardin, provenant pour certains du château de la Malgrange. Lorsque le marquis de Vaugiraud achète cette « campagne » en 1856, il lui donne un aspect plus imposant avec l'ajout de deux pavillons d'angles par l'architecte Albert Jasson.

En 1920, le domaine devient la demeure de Suzanne et d’Édouard Salin (1889-1970). Homme de lettres, scientifique et collectionneur, il est ingénieur métallurgiste de formation et archéologue de passion. Il contribua notamment aux fouilles archéologiques du sanctuaire gallo-romain de Grand.

Il dispose en outre d’une certaine fortune grâce aux forges familiales en Haute-Marne. La famille Salin possède d'ailleurs le Château du Grand Jardin à Joinville.

À peine le couple est-il propriétaire qu'un incendie détruit partiellement les lieux en 1921. Le château est restauré par l'architecte Pierre Lebourgeois, et une partie de la décoration intérieure est réalisée par le peintre Adrien Karbowsky.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent le premier étage du château, tandis qu'Édouard Salin continue de vivre avec sa femme au rez-de-chaussée.

Le couple Salin n'eut pas d'enfants. Il décida de léguer aux institutions culturelles locales, à condition que la propriété soit ouverte au public :

Une partie du parc, déjà amputée dans les années 1850 lors de la création de la ligne de chemin-de-fer, fut cédée en 1955 afin d'y édifier le Musée de l'histoire du Fer.

La chapelle de Montaigu, dans le parc du château, a été inscrite aux monuments historiques par l'arrêté du . Le château en lui-même a été inscrit le . Ses façades et toitures, ainsi que son parc, ont été classés le . Les dépendances ont quant à elles été inscrites le [2].

Collections[modifier | modifier le code]

Si le mobilier provient principalement d'héritages, d'achats en salles des ventes ou d'antiquaires, les collections archéologiques proviennent des fouilles dirigées par Édouard Salin.

Le château de Montaigu renferme des collections issues de fouilles, des objets d’art et du mobilier du XVIIIe siècle au XXe siècle qui témoignent du goût d’un amateur éclairé. Elles sont la propriété de la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée Lorrain.

Pièces visitables[modifier | modifier le code]

Le château possède le label musée de France[3]. A ce titre, il a subi peu de modifications. Les visiteurs le découvrent pratiquement tel qu'il fut habité par les Salin. Plusieurs pièces sont ouvertes à la visite :

  • le vestibule est l'entrée principale des visiteurs et dessert les autres pièces de réception. Elle présente des panneaux sculptés exécutés à la demande d'Edouard Salin comme introduction à sa demeure et à ses collections.
  • le salon de musique est lambrissé de panneaux de chêne issue de l'abbaye d'Écurey. Une des pièces majeures est le clavecin des ateliers Denis datant de 1674. Il fut redécoré au XVIIIe siècle avec un décor dit de « laque à la manière de Chine ». Des quatre clavecins Denis subsistant, c'est le seul encore en état de fonctionnement. Des concerts y sont donnés dessus depuis la réouverture du château en 2017.
  • la salle à manger est aménagée par Adrien Karbowsky. Le mobilier est en citronnier massif, tout comme celui la Villa Kérylos sur laquelle il travailla également. Les motifs décoratifs principaux sont le lierre et les pampres de vigne. On peut également y admirer deux importants vases en céramique réalisés par André Metthey.
  • le grand salon est une pièce très lumineuse décorée sur ses murs de toiles marouflées d'Adrien Karbowsky. Réalisées vers 1922-1923, elles représentent le mythe d'Orphée et Eurydice, inspiré de l'opéra de Christoph Willibald Gluck. Le mobilier est également conçu par Karbowsky mais une partie était destiné au départ à l'appartement parisien d'Auguste Salin, père d'Édouard.
  • le petit salon rassemble des pièces de mobilier du XVIIIe siècle de très grande qualité : une commode par Jacques Birklé, un bureau de pente à décor de chinoiseries par Jacques Dubois, un meuble en demi-lune par Roger Lacroix et surtout un exceptionnel chiffonnier par Jean-Henri Riesener.
  • le bureau d'Édouard Salin tranche avec les pièces précédentes par ses lambris au naturel sur les murs. Les peintures et sculptures datent principalement de la fin du Moyen-Âge. Sur une console en bois doré, un imposant cheval en terre-cuite de la dynastie Tang illustre le goût pour l’éclectisme des propriétaires. Il côtoie d'ailleurs un grand bureau de bois noir et d'ébène dans le goût d'André-Charles Boulle.
  • la chambre d'Édouard Salin étonne au premier étage : en 1949, Salin y installe dans d'immenses vitrines sur trois pans de mur sa collection archéologique. La muséographie adoptée est novatrice, et la qualité des pièces exposées rappellent les nombreuses recherches qu'il a mené dans la restauration et la conservation des éléments métalliques.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France et Région Lorraine, « Laneuveville-devant-Nancy – Jarville-la-Malgrange. Le château et le parc de Montaigu (Meurthe-et-Moselle) », Itinéraires du Patrimoine, Nancy, Inventaire général, n°248, 2001.
  • HANOTAUX Gabriel et SALIN Édouard, Une maison française : Montaigu en Lorraine : 1625, 1757, 1936, Paris, Ch. Massin, 1936.
  • PARROT André, Discours à l’occasion de la mort de M. Edouard Salin, Paris, Institut de France, 1970.
  • PFISTER Christian, Histoire de Nancy. Tome 1, Nancy, Berger-Levrault, 1902.
  • SALIN Édouard, Quarante ans après : une Maison Française : Montaigu en Lorraine, Nancy, Berger-Levrault, 1962 (sur le château de Montaigu et ses collections).
  • SALIN Édouard, « Montaigu : un lieu de pèlerinage lorrain et une demeure du XVIIIe siècle », Revue lorraine illustrée, Jarville : Arts graphiques Modernes, n°4, 1931.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]