Château de Montagu

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Château de Montagu
Image illustrative de l'article Château de Montagu
Les ruines du château vue de la tour nord-ouest
Nom local Le pigeonnier ou le Château de Marcoussis
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Architecte Inconnu
Début construction 1403 ou 1404
Fin construction 1407 ou 1408
Propriétaire initial Jean de Montagu
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel Fondation d'Auteuil
Destination actuelle Ruiné
Protection Logo monument historique Classé MH (1984)
 Inscrit MH (1984)
Coordonnées 48° 38′ 45″ nord, 2° 13′ 15″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Ile-de-France
Subdivision administrative Île-de-France
Commune Marcoussis

Géolocalisation sur la carte : Essonne

(Voir situation sur carte : Essonne)
Château de Montagu

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Montagu

Le château de Montagu est un château français en ruines situé dans la commune de Marcoussis, en pays Hurepoix dans l'actuel département de l'Essonne et la région Île-de-France à vingt-six kilomètres au sud-ouest de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Montagu est situé dans la vallée de la Salmouille sur la rive gauche de la rivière, à un kilomètre à l'ouest de l'actuel centre-ville. Il est aujourd'hui totalement intégré au domaine du lycée privé horticole de la fondation d'Auteuil. Il est situé au pied du coteau nord de la vallée.

Historique[modifier | modifier le code]

Alors, avant de parler du château du XVe, nous devrions parler de la Genèse du château de Montagu : "Le château de la Motte"

Le château de Montagu dessiné par Sarrasin en 1779

Les seigneurs de Marcoussis auraient eu très tôt dans la vallée un château particulier. Ce château pourrait dater d' avant l'An Mille, mais il serait plus probable que ce château fut construit vers le début du XIIe siècle. Il y aurait pu y avoir une motte féodale avant à cause de son surnom :"La Motte de Marcoussis". Mais grâce à la découverte d'une membre des chantiers du château, nous savons que le terme "motte" était aussi désigné pour une retenue d'eau ou un îlot. Ce qui est logique puisque nous savons que "La Motte" était entouré de fossés d'eau mais aussi qu'il y avait à proximité un hameau appelé le Guay, donc un étang qui pourrait s'étendre jusqu'aux douves du château et l'entourer. Nous savons très peu de choses sur l'histoire, le plan ou l'aspect de ce château, puisque, sont rares les documents le concernant. Le premier document le nommant est la donation de la seigneurie et du Manoir de "Marcoucis" par Pierre de Préaux à son frère Guillaume en 1312 : " Le Manoir de Marcoucis comme il se comporte et étant de toute part avec toutes ses appartenances et appendances. Le second et troisième document sont des aveux réalisés pour le Roi par Guillaume de Préaux en 1367 nommé comme "l'Hostel de la Motte" et Jeanne Pisdoë ( veuve de Bernard de Montlhéry ) en 1386 : Un chastel clos de fossés d'eau".

En 1388, Jean de Montagu reçoit la seigneurie de son oncle, Ferric Cassinel, et acquit les fiefs qui faisaient enclave dans la seigneurie de Marcoussis et devint seigneur des lieux. En 1400, il fit jeter les fondations d'un château situé au centre de ses domaines, permettant de matérialiser l'ascension financière et politique qu'il avait atteint grâce à la protection de Charles VI.

La proximité de la capitale a valu au château de Marcoussis d'être en première ligne d'hostilités : entre 1412 et 1435 il fut successivement pris et repris par les Armagnacs et les Bourguignons, puis par les Anglais et les Français. C'est à cette époque qu'aurait était construit la barbacane, ou châtelet, un petit château uniquement défensif. L'ouvrage est souvent attribué à Louis Malet de Graville qui l'aurait construit au début du XVIe. Mais cette hypothèse est contesté car à cette époque, les seigneurs veulent des châteaux pour y habiter et non des châteaux défensifs, donc pourquoi Graville aurait construit un ouvrage à usage purement et uniquement défensif ? Nous ne savons pas, et nous ne sommes pas près de savoir puisque les archives du château ont "mystérieusement" disparu à la Révolution de 1789.

Les ruines actuelles sont un témoignage de l'architecture du début du XVe siècle, dont la Bastille constituait jadis un autre exemple. Du XVIe au XVIIIe siècle, les seigneurs successifs, au premier rang desquels l'amiral Louis Malet de Graville, puis François de Balsac d'Entragues et la comtesse d'Esclignac, continuent d'embellir les bâtiments, mais l'ouvrage se dégrade à la fin de l'ancien régime, faute d'entretien suffisant.

Après la Révolution, le château de Marcoussis est abattu (vers 1805). Selon l'historien Malte-Brun cette décision prise par l'un des héritiers, Armand de Puységur, avait pour but d'éviter sa transformation en prison d'État[1]. L'examen récent de ce sujet par des érudits locaux laisse cependant penser que le démantèlement du château obéissait plutôt à un motif financier de revente des pierres ; l'édifice ayant été hérité en mauvais état et étant de ce fait difficile à valoriser. Mais pourtant aujourd'hui,, nous pensons que le château a été abattu pour trois raisons : 1. Ce n'est pas l'époque où l'on restaure des châteaux et celui-ci net en très mauvais état à cause de la révolution, 2. Le château est fait en grès et le grès taillé vaut extrêmement cher à cette époque, 3. Il y a pourtant bien une étude sur une prison d'état pour le château. Le château de Marcoussis a été, pour l'étude, comparé à celui d'Orsay et il est déduit que celui d'Orsay était plus apte à devenir une prison d'état car celui de Montagu était considéré en trop mauvais état. Le château d'Orsay fut détruit alors restait celui de Marcoussis. Le propiétaire ne voulant pas, le fit abattre ( le Château ). Le commanditaire de la destruction aurait été le frère d'Armand, Antoine-Hyacinthe de Puységur, et l'exécuteur un certain Jean Dioudonnat qui à cette époque avait déjà à son actif la démolition des bâtiments des Célestins.

Entré par le jeu des successions dans la famille de Viella, puis dans celle de La Baume Pluvinel, les ruines du château, et la tour des Oubliettes encore debout, deviennent une curiosité du parc d'agrément aménagé sous le Second Empire par le marquis de la Baume Pluvinel. Un château néo-Louis XIII est construit à proximité immédiate, sur les restes d'une ancienne ferme, par l'architecte parisien Georges Rohault de Fleury (1864).

L'amiral de France Louis Malet de Graville chassant le sanglier à Marcoussis. Extrait du Terrier de Marcoussis

L'ensemble des bâtiments ainsi que les terres furent donnés en 1940, par la dernière propriétaire restée célibataire, Geneviève de La Baume Pluvinel, à la fondation d'Auteuil à condition d'en faire une école d'horticulture qui porterait le nom de Saint-Antoine en hommage à son frère mort à dix-huit ans pendant la Première Guerre mondiale. Dans les années 50 et 60, le directeur de l'école a décidé d'en faire une promenade gothique en comblant tous les trous pour en faire un grand terre-plein( les douves et la barbacane non compris) et en remontant sur le site des portes, fenêtres à meneaux et éléments décoratifs, pas du tout à leur place, avec du ciment !

Dans les années 70, Roland Payen et son association " Les amis du château féodal de Montlhéry" s'attaque à Marcoussis. Pendant près de 20 ans, ils vont couper et arracher les souches et les arbres qui poussaient au milieu du château, arracher le lierre qui mangeait les pierres, déblaient le terre-plein en retrouvant les murs des corps de logis, déterré des centaines de poteries, nettoyé la tour aux oubliettes et posé des planchers et une toiture provisoire. Mais en février 90, une tempête arrache la toiture provisoire de la tour ce qui donna envie à quelques Marcoussissiens (ou Marcoussiens) de créée une association " L'association Historique de Marcoussis" qui entretient depuis 25 ans, avec des chantiers mensuels ( un samedi par mois) et un chantier annuel de jeunes avec l' Association "Rempart", les ruines du Château de Montagu.

Le Terrier de Marcoussis, ou livre d'heures de l'amiral de Graville, illustre au gré de ses exceptionnelles vignettes enluminées la vie quotidienne dans le domaine de Marcoussis, à la fin du XVe siècle. On y découvre le château mais aussi la héronnière, les étangs poissonneux, les viviers, l'élevage des faucons et des faisans. La localisation du Terrier de Marcoussis est à ce jour inconnue, depuis la publication d'une monographie par le comte Durrieu en 1926, reproduisant en noir et blanc les principales vues. Toutefois, le musée Marmottan possède dans ses collections une enluminure provenant de cet ouvrage (ci-contre).

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château était construit sur le modèle de la Bastille, c'est à dire : Quatre grosses tours aux angles du château, reliées entre elles par des remparts avec une demi- tour en leur milieu. Les remparts étant équipés de hourds et de mâchicoulis. Les douves étaient alimentés par la Salmouille. Les corps de logis étaient appuyés contre les remparts. Subsistent encore de nos jours et sont protégés :

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Cusset et Joël Jacquet « L'Essonne des châteaux », C2M information à Gravigny (27), juillet 1996
  • V.-A. Malte-Brun " Histoire de Marcoussis, de son château et de son monastère" 1867
  • Henri Germain " Marcoussis, le réveil de son histoire et monographie" 1973

Iconographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]