Château de Mons (Le Puy-en-Velay)

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Château de Mons
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Le château de Mons est un château situé au Puy-en-Velay, en France.

L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1995[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas grand chose sur sa fondation. En 1299, on parle du Château de Montz. Il existe des écrits sur une bataille entre ligueurs et royalistes au XVIe siècle. Des fresques peintes sur les murs d'une des salles du château sont attribuées au père André Boulers, artiste, père à la résidence de la rue de Grenelle dans les années 1990.

Les Polignac[modifier | modifier le code]

Les Polignac forment la famille la plus illustre du Velay, celle qui essaiera en vain durant des siècles de disputer aux évêques du Puy leur pouvoir temporel. Sa généalogie est toujours restée sujette à caution avant le XIe siècle. En 1331, le jour de la fête de Saint Mathieu, Armand, Vicomte de Polignac, chevalier agissant conjointement avec son épouse, noble Catherine de Bouzols, donnait à Jean de Murs (ou de muret), son médecin, citoyen du Puy, le village LoMont, au mandement de Bouzols ; le donateur ne se réservait que la haute justice et le domaine en arrière-fief[2].

Ce cadeau ne semble guère avoir enthousiasmé notre habile praticien puisque onze ans plus tard en 1342 il quitte le château de Mons et le revend à Gilbert de St Germain Laprade, Seigneur du dit lieu et de Mons.

On a fait des Polignac les premiers vicomtes du Velay dès la fin IXe siècle, au vu de documents très postérieurs ou mal compris. Le castrum Podemniacensis, même s’il paraît très ancien, ne semble leur appartenir vraiment qu’à la fin du XIe siècle. On a également confondu cette maison avec celle des Dalmas, ou même celle des Nonette, à partir de certaines conjectures sur les noms. Il est bon de reprendre les différents maillons de la lignée, en partant d’Armand, l’un des premiers vicomtes qu’aient connus l’Auvergne et le Velay, et qui est cité plusieurs fois dans les chartes de Brioude à la fin du IXe et au début du Xe siècle. Ses donations ont lieu indifféremment en Velay ou en Brivadois, mais il est cependant expressément identifié par ailleurs comme vicomte en Velay. Armand II n’est pas vicomte, mais qualifié de filius Armanni vicecomitis par la chronique de Saint-Philibert de Tournus, abbaye dont les Polignac sont les bienfaiteurs en Velay au Xe et XIe siècles.

Après Armand II se succèdent deux vicomtes théoriquement du ressort vellave : Étienne, qu’on a parfois confondu avec le fils de Bertrand et d’Emilgarde, malgré les noms différents de leurs épouses et la distance entre leurs biens et Agne. On ne peut affirmer qu’ils sont fils et petit-fils d’Armand II, malgré leur apparition suivie dans la chronique de Tournus ; ils ont la charge vicomtale en Velay, comme les Dalmas en Brivadois. Vient ensuite Armand III dont le nom est un indice de filiation plus sûr. Il vit dans la première moitié du XIe siècle et avec lui la généalogie devient solide. On peut alors suivre les travaux traditionnels la concernant Un cercle de forteresses majoritairement ennemies entoure le Puy. La plupart des combats correspondent aux efforts pour attaquer ou dégager la ville. Beaucoup de places fortes vont changer de mains au cours des opérations. Mons avait une position stratégique importante.

Gabrielle Blanc, une bourgeoise, veuve de Antoine Vallat, notaire gît dans son jardin attenant au château de Mons et dicte son testament. Notaires et témoins se tiennent à distance dans un verger voisin. Les six derniers mois de 1586, de septembre à octobre surtout la peste fait rage et fait planer une sombre crainte.

Gouverneur de Saint-Vidal[modifier | modifier le code]

Antoine II de la Tour Saint-Vidal, possédait une assise territoriale importante en Velay avec des seigneuries comme Saint-Vidal, Saint-Quentin, Mons, Goudet et aussi en Gévaudan comme baron de Cénaret et Comtor de Montferrand. Il est devenu le personnage le plus en vue du XVIe siècle et ce n’est pas par hasard. La famille était puissante, trois siècles d’habile alliances avaient agrandi leur possessions. C’est surtout grâce à ses actions lors des guerres de religion - il luttera surtout en Velay, Vivarais et Gévaudan - qu’il sera le plus connu. Toujours plein d’élan et de bravoure, il sera toujours le premier au poste les plus difficile et le paiera par trois fois de blessures. Fort de l’héritage familial et de l’apport d’un mariage avantageux, il s’appuie sur des forteresses (Saint-Vidal, Le Villard, Montvert, Saint-Quentin, Mons, Goudet, Beaufort et Eynac) placées de façon à lui assurer une forte emprise.

Toutefois la politique familiale d’acquisitions tourne court et après sa mort, les biens de sa maison furent partagés et passèrent pour la plupart à d’autres familles. L’apparition de la réforme crée un vaste conflit, mi-religieux, mi-politique, des guerres de religion qui affecte pendant trente ans le Velay comme le reste du royaume.

Le 23 mars 1589, l’évêque Sennectère entre en « ligue » avec Saint-Vidal et l’ensemble de la population. Le 1er septembre 1589, le moine Jacques Clément, armé par les ligueurs assassine Henri III.

En 1593, Henri IV, abjure son protestantisme, la ligue n’a plus de raison d’exister. Les villes se rallient et se font amnistier. En 1594, les politiques tentent de prendre le Puy et se font massacrer. août 1594, le Duc de Ventadour, lieutenant-général en Languedoc pour le roi, assiège le Puy. Il prend le château de Mons, campe à Brives. Ses quatre à cinq mille soldats repartent bredouilles après quelques semaines.

La veille de la Trinité 1594, vint le duc de Ventadour, avec son armée, étant environ quatre mille, à la réquisition du dit Chaste[3] et sa femme la vicomtesse, pour nous faire reconnaître le Roi de Navarre comme vous l’entendrez ci-après; autrement, disaient-ils, qu’ils voulaient exécuter leur arrêt à Paris, précisant que la ville sera rasée et démolie si ce n’est l’église de Notre-Dame. Ils sont venus loger à Brives, à Villeneuve et au Château de Mons qui leur fut rendu par Madame de St Vidal. Ils sont venus courir sur les pauvres manœuvres qui étaient aux champs, jusqu’à nos portes. Mais malgré la grande troupe qu’ils étaient, les nôtres allaient pas moins les attaquer tous les jours. Et la veille de St Laurent, ils sont allés quérir leur canon, pour l’amener devant Jandriac et étant là-haut au devant d’aiguille, toute leur infanterie défendue entre les Vignes, fuyant les manœuvres

Enfin le 5 avril 1596 la paix devient définitive au Puy. Vente faite par Pierre Morel à Jean Philibert de sa métairie de Mons en 1614. Le 7 octobre 1634, quittance pour la vente de la terre et seigneurie de Mons par Pierre Antoine de la tour de Rochefort, baron de Saint-Vidal.

Le 26 octobre 1635, Gaspard Gérentes, seigneur de Chadrac et Bailly de la cour commune du Puy, en recevait l’investiture; ce fief avait été aliéné par Pierre Antoine de Rochefort d’Ally, baron de Saint-Vidal. D'après le baron de Vinols, (les monographies des châteaux de Volhac et du fort (1898)), la terre de Mons avait déjà été cédée, le 7 octobre 1634, moyennant 30 000 livres par Antoine de la Tour à Hugues Spert, fils de Charles et de Catherine Filière, qui en reçut l’investiture le 18 novembre suivant. Son château de Volhac qui avait été brûlé par les soldats du Duc de Ventadour, n’étant plus habitable, Hugues Spert se fixa dans celui de Mons.

Les Spert[modifier | modifier le code]

Hugues Spert mourait le 9 mars 1650, laissant la réputation « d’estre mauvais payeur mais se faisant bien payer, il mourut riche »[4]. Il laissa donc sa fille unique, Marie Isabeau, qui plaisait si fort à Charles de Molette que celui-ci, seigneur de Morangiers, premier consul du Puy, ne craignit pas de tenter de la faire enlever. En effet, dans la nuit du 30 novembre 1651, plusieurs hommes armés firent irruption autour du château. Ils firent tant de bruits et les lueurs des torches éveillant les gens, ce plan échoua et les assaillants se retirèrent, abandonnant plusieurs d’entre eux sur le carreau. À la suite de ce tragique événement, Marie Isabeau Spert épousait Jacques-Hubert Pradier d’Angrain, seigneur de Saint-Julien, lieutenant criminel en la sénéchaussée du Puy[5].

Les jésuites[modifier | modifier le code]

En 1759, le château de Mons devint propriété du séminaire du Puy et ce jusqu’à la Révolution. Il fut acquis par le grand séminaire du Puy comme maison de vacances et de repos. À ce moment-là, les jésuites avaient, à Ours, depuis 1653, une maison de campagne qu’ils quittèrent au moment de la suppression de la compagnie.

En 1839, des tentatives faites pour acquérir le château d’Ours devenu propriété privée échouèrent en raison du prix demandé. Le séminaire du Puy ayant semble-t-il à l’instigation de l’évêque, renoncé à se réinstaller à Mons, les jésuites acquirent le château et ses dépendances en septembre 1839.

Les scolastiques travaillèrent de leurs mains à remettre en état le local très délaissé. De 1840 à 1842, on y ajouta une nouvelle chapelle, et on aménagea le parc, on reconstruisit le mur de soutènement et on transforma un vieux colombier en chapelle de la Vierge. Au moment de l'exil de 1880, le château fut acquis par deux familles amies, les Verac et les Sinéty qui le laissèrent à la disposition du diocèse et de la Compagnie.

Après le retour de 1919, la propriété de Mons était fréquentée tous les jeudis et tous les étés par les Pères et les jeunes Frères qui y trouvaient un cadre et un calme nécessaire à leur repos mais aussi à leurs études et à leurs réflexions. Ils y recevaient aussi des visiteurs et les salles du château, comme les allées du parc, furent le siège d'amicales et parfois vives discussions.

Comme la Compagnie n'était pas motorisée, ses membres faisaient le trajet de Vals à Mons et retour à pied en suivant des itinéraires, à l'époque assez compliques mais encore champêtres. De Bonald demanda au Recteur l'aide des scolastiques pour catéchiser les paroisses de la ville et des campagnes en 1834, ce service est assuré, au Puy dans les paroisses du Collège et des Carmes, et aux environs du Puy dans les villages de Vals, Mons, Taulhac, Brives, Dolaizon, La Roche et Eycenac (Mons et Taulhac dépendent de la paroisse des Carmes, Dolaizon, La Roche et Eycenac de la paroisse de saint Christophe sur Dolaizon). En 1539 s'y ajoutent Tallobre (saint Christophe), Cheyrac (Polignac), Malpas (Cussac), Tressac (Polignac), Fay la Triouleyre (saint Germain Laprade), Jabler (saint Christophe), Bilhac environs du Puy dans les villages de Vals, Mons, Taulhac, Brives, Dolaizon, La Roche et Eycenac (Mons et cette présence, interrompue par l'expulsion de 1880, reprise en 1897, cesse de nouveau en 1901. Dès 1919, aussitôt après le retour à Vals, dix-neuf villages sont visités régulièrement. En 1922, les Frères ont repris les catéchismes à Charentus (Coubon), les Estreys (Polignac), Fay (saint Germain), Jabier (saint Christophe), Malpas (Cussac), Narnhac Polignac), Mons (les Carmes), Orzilhac. Les voici, à partir de 1923, à Bilhac (Polignac), à Taulhac (les Carmes), à partir de 1924 à Chambeyrac (Polignac), à partir de 1927 à Chanceaux. À partir de 1935 à Cheyrac (Polignac), Eycenac (saint Christophe), Narminhac (Polignac) En 1936, d'après le catalogue de la province de Toulouse, 47 scolastiques sur les 70 présents du séminaire, sont engagés dans ces catéchismes. (Coubon), Ours (Les Carmes), Rochelimagne (Polignac), Tallobre (saint Christophe), Tressac (Polignac) et Vals.

En 1940, ils assurent, en outre, le service à Bouzols (Arsac), Chadrac (saint Laurent), Coubon, Dolaizon (saint Christophe), Fareyrolles (sanssac), Nolhac (saint Paulien), Polignac, Tallode (saint Christophe), Vourzac (Sanssac). En 1962/63, acquisition par les Pères Blancs de Vals puis par le Pensionnat Notre-Dame de France qui construisent un stade.

La propriété appartient alors à la Société Borne et Dolaizon qui avait entrepris, en 1959, une étude pour sa souhaitable inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Après son acquisition par Mme Soleilhant, il y sera effectivement inscrit (sauf pour l'aile sud rajoutée) le 19 décembre 1995 mais il menace ruine.

En 1994 fut créée l'Association de Sauvegarde du Château de Mons et de son environnement qui lança en 1996 un appel public pour son éventuel achat en participation et la restauration au moins de sa toiture afin d'assurer la conservation du bâtiment.

Architecture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Château de Mons », notice no PA00135205, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Archives départementales, E (liasse Polignac). En 1488 vivait Pons Salomon, héritier des nobles Pierre et Jean de Murs (Archives départementales G. 641, F°126)
  3. François de Clermont Chaste était sénéchal du Puy et Bailly du Velay. C’est lui qui « assassina » Saint-Vidal. De 1591 à 1594 il continue à piller et ravager le pays. Le 15 octobre 1594 en assiégeant la porte Saint-Gilles pour soumettre la ville au roi Henry. Il meurt dans l’action.
  4. 1) Mémoires de Jacmon, 267 et suivant
  5. Créé en 1560, c’est un tribunal local placé entre les petites juridictions et la cour souveraine du parlement.