Château de Meudon (Bruxelles)

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Le château de Meudon était un château construit à Neder-Over-Heembeek, au Nord de la Région de Bruxelles-capitale vers 1765 et détruit en 1931. Domaine très apprécié de la noblesse, Charles de Lorraine, Napoléon et le pape Léon XIII y auraient séjourné[réf. nécessaire].

Le nom[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, différentes propriétés du quartier adoptent le nom de châteaux royaux des environs de Paris, synonyme d'un certain prestige[1] ; c'est en ce sens que le château de Meudon de Bruxelles portait le nom du château français.

Le château de Meudon et ses environs (carte de Ferraris 1777)
Mur du parc du château de Meudon et de la tour romane (vus de la rue de Meudon)

Construction[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Neder-Heembeek et un château antérieur Castelkeen, existent depuis le XVe siècle[2].

La plus récente construction sur le site date de 1765[3] et est l’œuvre de Ferdinand-Philippe-Antoine baron de Boonem, de Catherine Blondel, son épouse[4] et de Marie-Ferdinande de Boonem, sa sœur.

Le domaine de Meudon se composait du château, de jardins à la française - qui se visitaient au début du XXe siècle[5] - agrémentés de fontaines, de statues, d'étangs, et d'une orangerie. On trouvait également un moulin à eau miniature[6]. L'entrée du domaine (côté canal) était marquée par deux petits pavillons de style Louis XVI - bien visibles en rouge sur la carte de Ferraris. Un portail néo-médiéval en briques rouges a été ajouté dans les années 1870.

Démolition et vestiges[modifier | modifier le code]

Les propriétaires obtiennent un permis de démolition en 1931. Le château est alors rasé et les plans d'eau comblés. L'actuel Parc de Meudon couvre une partie de l'ancien domaine.

Les écuries du château n'ont pas été détruites immédiatement. Elles furent entre autres habitées par la famille de Philomena Lepever de 1953 à 1975[7].

Les pavillons ont encore été restaurés en 1900 et restèrent habités jusqu'en 1940. Le pavillon restant[8], au coin de la rue de Meudon et de la chaussée de Vilvoorde à Neder-Over-Heembeek est en ruine et appartient à la Ville de Bruxelles. Elle voulut le faire démolir en 1990 pour élargir la rue de Meudon, mais l'opposition des riverains[9] fit renoncer à ce projet et força le classement du pavillon par la Région de Bruxelles-Capitale en 2003[10]. L'autre pavillon, qui appartenait à Shell, s'est effondré début [11].

Le portail néo-médiéval des années 1870[réf. nécessaire] à l'entrée du parc de Meudon[12] et de larges parts du mur d'enceinte du domaine.

Le domaine a par ailleurs laissé son nom à la rue de Meudon, adjacente, et à une marque d'eau minérale aujourd'hui disparue.

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Dessin de Ferdinand Joseph Derons de 1725 Eembeckt, een ure van Brussel daté de 1725, lot 546 de la vente Arenberg Auctions des 11 et 12 décembre 2020 (dessin avant l'existence du château)
  • Peinture d'Henri van Assche (1774-1841), Bruxelles, Musées royaux d'art et d'histoire.
  • Olivier Le May, Le château de Meudon à Neder-Hembeek, 1783, Eferding (Autriche), château des Starhemberg, G 70. Reproduit dans Marc Meganck, Toponymes des environs de Bruxelles, Bruxelles Patrimoines, , n° 011 et 012, p. 2..
  • Jan Verbesselt, Het landgoed Meudon : kastelen en heren, De Brabantsche folklore, septembre-.
  • Photos dans les documents cités en note - en particulier la revue locale néerlandophone Uil & Spiegel (Bruxelles).
  • Carte de Ferraris (ci-contre).

Propriétaires connus[13][modifier | modifier le code]

  • François Antoine Graven céda la seigneurie et le château à Ferdinand Philippe Antoine baron de Boonem, Catherine Blondel (son épouse) et Marie Ferdinandine de Boonem, sa sœur, le .
  • Au décès du baron, ces deux dernières restent en possession du village ().
  • Elles le lèguent à leur parent, le chevalier Antoine Jean Hyacinthe de Beughem de Capelle le . Celui-ci le revend aussitôt () à Augustin Juste Scockaert comte de Tirimont, baron de Gaesbeek mais le récupère ensuite. Il meurt en 1814, sans avoir d'enfant de son épouse Théodore Thérèse Diert.
  • Les héritiers du couple vendent le château à M. Bénard.
  • Marie-Thérèse-Jeanne-Joseph Van de Werve, baronne de Haultepenne (1785 - ) achète le château à M. Bénard le [14]. Son mari[15] était décédé, sans descendance, le . Elle était donc veuve au moment de son achat et le château ne dépend donc pas de sa succession à lui.
  • Sans descendance connue, ses héritiers sont donc vraisemblablement ses frère et sœur :
    • Reine van de Werve, née le , mariée à Charles Joseph Emmanuel della Faille et décédée le .
    • Louis Paul van de Werve, comte de Vorsselaer, né en 1791, marié à Jeanne Gillès et décédé en 1850.
  • En 1896, le château est acheté par Albert de Ro (Schaerbeek, - Neder-Over-Hembeek, , notaire à Saint-Josse-ten-Noode). Il s'y trouve encore en 1905[16].
  • Un héritier, son frère, le sénateur Georges de Ro, est encore domicilié au château en 1914[17]. Il était spécialisé dans les questions de propriété intellectuelle y habita entouré d'une collection d’œuvres d'art importante. Il y vécut jusqu'à sa mort en 1921.

Références[modifier | modifier le code]

  • Jan Verbesselt, Het landgoed Meudon : kastelen en heren, De Brabantsche folklore, septembre-.
  • Catalogue de vente publique d'Henri Godts, libraire bruxellois, du , lot 524, aquarelle de P. de Wal offerte et dédicacée à la baronne de Haultepenne en 1830, page147.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marc Meganck, Toponyme des environs de Bruxelles, Bruxelles Patrimoines, 2014, n° 11-12 Lire en ligne.
  2. Marc Meganck et Alain Guillaume, Atlas du sous-sol archélogique de la région de Bruxelles : Bruxelles- Neder-Over_Heembeek, t. 23, Bruxelles, Direction des Monuments et des sites Musées royaux d'Art et d'Histoire, , 119 p. (ISBN 978-2-93045-765-9)
  3. Louis Verniers, Un millénaire d'histoire de Bruxelles, Boeck, 1965, p. 604.
  4. Fils de Ferdinand Philippe baron de Boonem, décédé le 12 février 1728, F.-Ph.-Ant. est né le 17 décembre 1703 et meurt le 6 décembre 1773, sans descendance, comme l'ensemble de ses frères et sœurs. Son mariage avec Catherine-Pétronille-Caroline-Joséphine Blondel du 1er ??? 1725. Voir Joseph Felix Antoine François de Azevedo Coutinho y Bernal, Généalogie de la famille de Coloma, s. d., s. n. p. 218
  5. Le 9 juillet 1909, par exemple ; voir La tribune horticole, Société royale linnéenne de Bruxelles, 1909 (vol. 4), p. 270.
  6. Jan Verbesselt, Het landgoed Meudon : kastelen en heren, De Brabantsche folklore, septembre-novembre 1936 (photo).
  7. Christophe Degreef, Philomena Lepever, 104 jaar : Heb altijd gewerkt en nooit stilgezeten, BrusselNieuws.be, 28 juin 2014, en ligne. Si la famille dispose de photos de ces écuries, elles seraient les bienvenues.
  8. Photos en ligne
  9. E. De Filette, Help ons de paviljoenen van het kasteel Meudon te redden, Uil&Spiegel, 2002, n° 5, p. 1-3.
  10. À partir d'une pétition. Voir [1], [2] et Questions et Réponses, Conseil de la Région de Bruxelles-Capitale, 15 décembre 2003, n° 46, p. 3528.
  11. Un des pavillons Meudon s'est effondré, La Capitale, 4 décembre 2017, p. 11.[3]
  12. Photos.
  13. Alphonse-Guillaume-Ghislain Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, Wanderauwera, 1855, p. 397.
  14. L'acte est passé par le notaire Evenepoel à Bruxelles ; les minutes de l'acte étaient déposées à l'étude du notaire Van Bevere en 1892. Pour tous les détails sur le couple, voir l'article de J. th. de Raadt dans le Bulletin du Cercle archéologique, littéraire et artistique de Malines, tome troisième, 1892, Malines, Henry Cordemans, 1892, p. 298-299.
  15. Louis-Nicolas-Antoine-Ghislain, baron de Haultepenne, né à Nivelles le 10 décembre 1774, épousé en 1805.
  16. Le Gaulois, 16 mars 1905, n°, p. 4, rubrique "Renseignements utiles".
  17. Liste alphabétique des membres du Sénat, 4 août 1914, p. 2.