Château de Messei

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Château de Messei
Image illustrative de l’article Château de Messei
Le château de Messei (essai de restitution d'après les sources écrites).
Nom local Le Vieux Château
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Propriétaire initial Josselin de La Ferrière
Destination initiale Défense et Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Propriété privée
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1975)
Coordonnées 48° 42′ 20″ nord, 0° 32′ 25″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Ancienne province Normandie
Région Normandie
Département Orne
Commune Messei
Géolocalisation sur la carte : Orne
(Voir situation sur carte : Orne)
Château de Messei
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Messei

Le château de Messei est un ancien château fort dont il ne reste aujourd'hui que des vestiges. Il est situé à Messei dans l'Orne, en Normandie.

Ce château flanqué de douze tours, construit au XIe siècle, possédait de larges et profondes douves, un pont-levis, une chapelle[1], une prison et deux cachots, ainsi qu'une basse-cour. Situé sur l'ancienne route de Falaise à Domfront, il a joué un rôle historique à plusieurs reprises. À ce titre, il figure parmi les plus importantes places fortes de Normandie.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Situé à 650 mètres de l'église, le château est accessible par un chemin à gauche, à la sortie du bourg en direction de Domfront. À une centaine de mètres, coule la Varenne, appelée localement le Morin. Au nord, des marécages et des étangs constituent des éléments défensifs[2]. Il existait aussi à cet endroit une forêt, abattue en 1637.

Protégé au sud par les roches du Châtellier, le château, à l'écart du bourg, se dresse sur un plateau assez élevé. Il est traversé par une petite rivière, la Fonte, qui a donné son nom à un chemin de ronde menant à l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, aujourd'hui communément appelée la chapelle des Roches, au Châtellier, où les seigneurs de Messei avaient coutume de se faire enterrer.

À 250 mètres au nord-est du château, à gauche en venant du bourg, se trouve un monticule entouré de grands arbres, qui a passé pour être un lieu d'exécution, mais qui était probablement l'endroit où les seigneurs rendaient traditionnellement la justice[3]. Cette butte constituerait l'emplacement d'une première motte, abandonnée et arasée au profit d'une autre, plus propice et mieux défendue[4].

Propriétaires successifs du château de Messei[modifier | modifier le code]

Les propriétaires du château de Messei
Période Identité
1820-1901 Famille Schnetz
1806-1820 Jean Sigismond Ehrenreich de Redern Bernsdorf
1662-1750 Famille de Louvois
Famille d’Harcourt
1582-1662 Famille de Souvré
1557-1582 Famille de Bailleul
XVe siècle -1557 Famille de Grippel
XIIe siècle -XVe siècle Famille de Foulques du Merle
1095- XIIe siècle Famille d'Osbern Maréchal
? - 1095 Famille de La Ferrière

Histoire[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention écrite du domaine de Messei remonte à l'an 1033 ; une charte datant de cette époque désigne Josselin de La Ferrière comme étant seigneur de Messei[5]. Le [5], deux fils de Jean de la Ferrière, Geoffroy et Jean, vendent le château et la seigneurie de Messei à Osbern Maréchal pour se rendre en Terre sainte, lors de la première croisade, avec le duc Robert II de Normandie[6].

Au XIIe siècle, le château fort passe aux mains de Foulques Ier du Merle[7] qui porte le titre de baron de Messei, pour demeurer près de trois siècles dans cette famille dont seront issus notamment Foulques du Merle, maréchal de France en 1302 et Guillaume VIII du Merle, son petit-fils, compagnon de du Guesclin et capitaine-général en Basse-Normandie, qui reprend le titre. Ce dernier ordonne en 1363 aux habitants d'amener pierre, chaux, sable, bois et le nécessaire à réparer la forteresse. En 1357, il fait confirmer ses droits sur ses sujets de Messei. Ses exigences deviennent si insupportables que des plaintes sont portées contre lui par la population auprès du bailli du comte d'Alençon et même du Parlement de Paris. La bourgeoisie franche qui existait à Messey à cette époque était en effet décidée à faire valoir ses droits[8].

Lors de la guerre de Cent Ans (1337-1453), le château est pris par Philippe de Navarre[9] qui le livre aux Anglais en 1356. Le traité de Brétigny le rend à la France en 1360 mais le château ne sera définitivement libéré que vers 1450 sous le règne de Charles VII.

Entre-temps, en 1402, Catherine, fille unique de Guillaume VIII du Merle, avait épousé Henri de Bailleul à qui elle avait transmis le domaine.

À la fin du XVe siècle, le château appartient à Pierre de Grippel, puis à son fils, Guillaume de Grippel qui meurt en 1550 sans descendance, laissant ses deux sœurs Louise et Marie de Grippel se partager la succession (1551). Vers 1557, Louise, à qui revient le château de Messei, vend sa part et l'échange contre une autre terre avec Jean de Bailleul, sieur du Renouard.

En 1582, il entre dans la famille de Souvré, par le mariage de Françoise de Bailleul avec Gilles de Souvré, gouverneur de Louis XIII pendant son enfance, et maréchal de France. Son fils cadet, Henri de Souvré, en hérita. En 1589, lors des guerres de religion, le château fut en partie démantelé, avec plusieurs pièces de canon, par les Ligueurs, malgré la surveillance du duc de Montpensier.

En septembre 1621, René de Souvré obtient de Louis XIII l'érection de la baronnie de Messei en marquisat, en faveur de son fils Joseph de Souvré qui meurt sans postérité en 1685, sous le règne de Louis XIV. Le château échut alors à Anne de Souvré, petite-nièce de René de Souvré, qui épousa en 1662, le jeune ministre Louvois qui devint marquis de Messey. En 1686, celui-ci obtient que l'érection de la baronnie en marquisat soit maintenue en sa faveur.

En 1750, il est vendu par les arrière-petits-enfants de Louvois, héritiers de Marie-Madeleine Letellier de Louvois de Barbezieux, duchesse François d'Harcourt, au comte de Flers, Ange Hyacinthe de La Motte-Ango.

Lors de la Révolution, le château est désert et abandonné.

En 1806, il est acheté par un Franco-Prussien, le comte Jean Sigismond Ehrenreich de Redern Bernsdorf, fils d'un maréchal de Prusse et diplomate en Espagne et en Angleterre, qui le revend en 1820 aux Schnetz, notaires à Paris. Philippe Schnetz, fils des notaires, décide de le faire démolir vers 1850 afin de servir de carrière de matériaux pour la construction de la ferme de la Fonte. C'est à cette époque que l'on retrouve, en démolissant un mur de l'ancienne prison du château, le matériel nécessaire pour frapper des pièces d'or à l'effigie de Charles IX.

Il ne subsiste aujourd'hui qu'un pan de mur inclus dans un bâtiment agricole, les douves et les deux mottes féodales inscrits aux Monuments historiques par arrêté du [10]. Les visites ne sont pas autorisées.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : sources utilisées de manière significative pour la rédaction de cet article

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Madeleine André, "Sur l'ancien château de Messei : [poésie]" dans Le Pays Bas-Normand, n°1, , p.16-17.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Goglin, Messei : Un regard sur son passé. Le conseil municipal raconte, R.C.P. Coulon éditions, 2011, 169 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Arsène-François Lainé de Néel, Essais historiques sur les vieux châteaux du Moyen Âge et sur les sires de ces castels, qui ont habité la Normandie et l'Angleterre : faits historiques sur onze communes de l'arrondissement de Domfront, 1880, 80 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges Lasseur, Fiefs et manoirs du Passais, Paris, Jouve et Cie, 1947, 215 p.
  • Henri Lefavrais, Histoire des communes du canton de Messey (Orne), 1867, Caen, Goussiaume de Laporte, 1873 [rééd. 1877], 315 p. [rééd. Res Universis, Paris, 1990, 216 p.]Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Édouard de Marcère, Le château et la terre de Messey, Flers, Jouve, 1942, 144 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette chapelle est placée sous le patronage de saint Jean-Baptiste. En 1867, une petite maison en tuiles, annexe de cette chapelle, subsistait à proximité du château ; de même que sa contre-table, visible encore sous la Révolution. Voir à ce sujet Henri Lefavrais, Histoire des communes du canton de Messey (Orne), 1867, rééd. Res Universis, Paris, 1990, p.63
  2. Jean-Louis Goglin, p.17
  3. Henri Lefavrais, Histoire des communes du canton de Messey (Orne), 1867, Caen, Goussiaume de Laporte, 1873 [rééd. 1877], [rééd. Res Universis, Paris, 1990, p.62].
  4. Jean-Louis Goglin, p.19
  5. a et b Jean-Louis Goglin, Messei : Un regard sur son passé. Le conseil municipal raconte, R.C.P. Coulon éditions, 2011, p.26
  6. Ibidem, p.46
  7. La statue gisante de ce Foulques (ou François) du Merle ou de son fils également baron de Messei et seigneur de la Genevraye, est probablement exposée au Museum Of Arts de Philadelphie et visible sur ce lien.
  8. Jean-Louis Goglin, Messei : Un regard sur son passé. Le conseil municipal raconte, R.C.P. Coulon éditions, 2011, p.27.
  9. Arsène-François Lainé de Néel, Essais historiques sur les vieux châteaux du Moyen Âge et sur les sires de ces castels, qui ont habité la Normandie et l'Angleterre : faits historiques sur onze communes de l'arrondissement de Domfront, 1880, p.42-44.
  10. « Vestiges de l'ancien château avec ses deux mottes féodales », notice no PA00110854, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Articles connexes[modifier | modifier le code]