Château de Menars

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Château de Menars
Image illustrative de l'article Château de Menars
Le château de Menars et la Loire
Période ou style Classique
Type Château
Architecte Ange-Jacques Gabriel, Jacques-Germain Soufflot
Début construction c. 1646
Fin construction c. 1775
Propriétaire initial Jacques Charon,
Destination initiale Habitation
Protection Logo monument historique Classé MH (1949, 1986)
Coordonnées 47° 38′ 20″ N 1° 24′ 37″ E / 47.639, 1.410347° 38′ 20″ Nord 1° 24′ 37″ Est / 47.639, 1.4103[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Commune Menars

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Menars

Le château de Menars est un château situé en France sur la commune de Menars dans le département de Loir-et-Cher en région Centre-Val de Loire.

Construit aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vers 1646, Jacques Charon, IIIe du nom, fils de Guillaume Charon seigneur des Hangonnières et seigneur de Noizieux, trésorier général de l'Extraordinaire des Guerres, conseiller d'État et gouverneur de Blois, fait bâtir à Ménars, dans un site superbe dominant la Loire, un château composé d'un corps de logis et de deux pavillons symétriques.

Son fils, Jean-Jacques Charon, président à mortier au Parlement de Paris et beau-frère de Colbert (qui épouse Marie Charon de Ménars), en hérite en 1669; il fait ajouter au château deux ailes inégales et agrandit considérablement le domaine que Louis XIV érige en marquisat en 1676.

En 1760 Ménars est acquis par Mme de Pompadour, qui charge l'architecte Ange-Jacques Gabriel de construire deux nouvelles ailes de part et d'autre des deux pavillons, pour remplacer celles édifiées au XVIIe siècle.

Pour briser l'uniformité de la façade, Gabriel couvre ces deux ailes de toits plats « à l'italienne ». De chaque côté de la cour d'honneur, il bâtit en outre deux pavillons : le pavillon de l'Horloge à droite, qui renferme les cuisines, reliées au château par un souterrain, et le pavillon du Méridien à gauche, où se trouve la conciergerie. Il dirige également d'importants travaux d'aménagement intérieur.

En 1764, à la mort de la marquise, le domaine passe à son frère, Abel-François Poisson de Vandières, marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du roi ; de nouveaux travaux sont réalisés sous la direction de Jacques-Germain Soufflot. Côté cour, le corps de logis est doublé par un corps en rez-de-chaussée couvert "à l'italienne", tandis que les ailes édifiées par Gabriel sont dotées de combles dits « à la Française ».

En 1804 Claude-Victor Perrin, maréchal d'Empire, fait duc de Bellune par Napoléon Ier, acquiert le château, qui a subi de multiples dégradations pendant la Révolution; devenu ministre de la Guerre de Louis XVIII, il y donnera de somptueuses fêtes.

Le comte de Brigode de Kemlandt épousera Emilie Pellapra, fille naturelle de Napoléon Ier; sa jeune et riche veuve épouse en 1830, le prince Joseph de Riquet de Caraman qui crée au château un établissement dénommé « Prytanée » ou école professionnelle[3] qui vise à réunir des jeunes gens de conditions et de nationalités différentes pour leur donner une éducation commune. À cet effet, il fait bâtir un vaste établissement à l'Est de l'avant-cour (en partie conservé), ainsi qu'une petite usine à gaz pour fournir le gaz d'éclairage au collège; il s'y serait ruiné.

En 1871 le domaine échoit à leur fille Valentine Pellapra, princesse Bibesco, qui ne peut le conserver, et en 1879 il est saisi puis vendu aux enchères publiques à Louis Joseph Watel.

Celui-ci, deux ans plus tard, lors de la vente des statues du parc, put acquérir deux grands vases de forme dite "Médicis", L'Automne et Le Printemps d'après Adam (Metropolitan Museum, New-York) qui avaient été commandés en 1742 sur un dessin de Gabriel pour Louis XV; ils restèrent en dépôt avant qu'en 1770 le roi les offre au marquis de Marigny. Une copie en marbre blanc de L'Automne, provenant de la collection Watel, fut vendu à Drouot-Richelieu le 15/12/1997 ((n° 57 du catalogue)

Acquis en 1912 par un certain Félix Allard, il sera conservé par ses héritiers jusqu'en 1939, année de son achat par la Compagnie Saint-Gobain.

Suite à sa nationalisation cette société a revendu en 1983 le château et son parc de 50 hectares à une société détenue par l'homme d'affaires libano-américain Edmond Baysari (né en 1937), qui a fait fortune dans l'immobilier; il est entre autres associé-gérant de la SCI Magna, créée en 2005 et domiciliée à Amboise (37). Ce mécène qui aurait consacré 100 millions d'euros de frais de restauration des bâtiments quasiment invisibles de l'espace public (la vue de la cour d'honneur et du corps de logis central est masquée par une rangée d'arbustes en caisse) du parc et de réameublement des nombreuses pièces, y a rarement séjourné et n'en a autorisé la visite que dans le cadre des Journées Européeennes du Patrimoine annuelles.

Sans héritiers directs et ayant confié la gérance du domaine à sa nièce Linda Salem, qui réside dans les environs, et en litige d'ordre fiscal avec l'Etat français, M. Baysari a fait connaitre en 2015 son intention de le revendre "à condition que le repreneur poursuive l'oeuvre de sauvegarde qu'il y a menée depuis trente ans".


Architecture[modifier | modifier le code]

En dépit des adjonctions successives, le château conserve une simplicité de parti et de construction, non dénuée d'une certaine austérité, dans laquelle se retrouve l'esprit originel du château du XVIIe siècle, qui est encore parfaitement lisible, avec son corps central et ses deux pavillons entre lesquels s'insère le corps ajouté par Marigny et que prolongent les deux ailes créées par Gabriel.

Le corps central en rez-de-chaussée présente de nos jours une grande galerie, créée en 1912 par la réunion de trois pièces.

Le corps de logis présente toujours trois grandes pièces, ancien vestibule au centre, « salle du Dais » à gauche et « ancien salon de compagnie » à droite, ornées de boiseries dessinées par Gabriel, ainsi que des cheminées surmontées de miroirs.

L'escalier de pierre et les lambris d'acajou du corps de bibliothèque du premier étage, datent des transformations effectuées par Marigny.


Mobilier

Ont été conservées les factures de l'ébéniste parisien Jean-François Oeben pour la fourniture de de six commodes en acajou uni « à la Grecque », qu'il livra vers 1760 -1763 pour le château (inventaire des meubles du marquis de Marigny de 1783); l'une de cette série, qui peut provenir de Ménars ou du château de Cellettes a figuré à la vente Paul Fesneault au château de Cherverny des 23, 24 et 25/06/1990 (n°416 du catalogue); deux autres meubles identiques ou très similaires ont été publiées par J. Nicolay - avec quatre autres de même structure mais marquetées, comme les deux conservées au Getty Museum de Malibu (USA) - et par Francis Waston; cf. également l'article d'Alexandre Pradère dans "Connaissance des Arts" n°449 -450 juillet/août 1983, pp 110 à 118.

Un portrait de la marquise de Pompadour "en Diane chasseresse" peint Jean-Marc Nattier à Fontainebleau en 1746, qui orna successivement le château de Ménars (avant 1779) puis l'hôtel parisien de son frère Abel (actuelle place des Vosges) jusqu'en 1781, longtemps considérée comme perdue, puis vendue aux enchères publiques en 1978 puis à nouveau par Sotheby's à Londres le 10/07/2003, est reproduite dans "L'Estamplile-L'Objet d'art" (n° 383/septembre 2003, p.82).

La pendule de Romilly en porcelaine tendre de Sèvres à fond petit vert (vers 1762, Musée du Louvre) faite "pour le château de Ménars" et exposée au château de Versailles, est reproduite par Christian Baulez dans La réouverture de l'appartement de la marquise de Pompadour ("L'Estampille-L'Objet d'art" n°367/ mars 2002, p. 60).


Jardins[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Charon, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, fit aménager un parc « à la Française » avec parterres, boulingrins, canal et pièces d'eau et deux avenues « plantées d'ormes à quatre rangs, l'une de six cents toises et l'autre de quatre cents » d'où la vue embrasse la Loire et la campagne alentour.

Un siècle plus tard, Marigny consacra tous ses soins à l'aménagement du parc dans lequel il présenta une partie de sa prestigieuse collection de sculptures. Devant le château, à la place de l'ancien étagement de parterres, il fit créer une large terrasse. Il mit les jardins au goût du jour en y faisant édifier de nombreuses fabriques.

Un jardin « à l'Anglaise » fut créé dans le Bois-Bas, petit ravin situé à l'Ouest, que Marigny planta de bosquets d'arbres d'essences diverses, abritant des cabinets de treillage, dont l'un renfermait une célèbre machine hydraulique, conçue par le mécanicien Loriot.

Au bord de la Loire, un Désert fut aménagé dans une ancienne sablière et orné d'une grotte artificielle.

Au pied du château, la rotonde de l'Abondance, construite par Soufflot, permet de passer du sous-sol du château à l'intérieur de l'orangerie; elle abritait à l'origine une statue de l'Abondance par Lambert-Sigisbert Adam dit « l'Aîné », remplacée ensuite par un Louis XV par Nicolas Coustou, lui-même remplacé aujourd'hui par une copie de la Vénus de Médicis par Jean-Jacques Clérion.

Vers l'Est la terrasse se termine par un rond-point où Marigny fit bâtir un kiosque dans le goût chinois dessiné par Charles De Wailly; une vue en coupe du "Temple des arts de Ménars" est reproduite dans le catalogue de l'exposition Jardins en France 1760-1820 (Paris,C.N.M.H.S. 1978, p 15).

En 1768 l'architecte Michel-Barthélémly Hazon donna pour son protecteur un projet de pavillon ou belvédère chinois dont le dessin en est reproduit dans sa fiche biographique.

Entre la terrasse et la route s'ordonnaient une série de charmilles, de treillages, de salons de verdure ainsi qu'un potager; en contrebas, autour d'une petite source, Soufflot a créé un magnifique nymphée dont la serlienne en façade et, à l'intérieur, l'ordre dorique sans base révèlent l'inspiration italianisante.

Le petit parc avec ses jardins, ses terrasses, ses rampes d'accès ainsi que la rotonde, le nymphée et le bassin ont été classés monuments historiques le 21 août 1986[4].

Son allée de tilleuls de 4 kilomètres serait la plus longue d'Europe.

Le buste du "Grand Condé" en marbre par Coysevox, appartenant autrefois aux collections royales françaises et offert par Louis XV au marquis de Marigny qui le fit placer dans ces jardins, est actuellement conservé dans le vestibule du château de Parentignat (63).


Art[modifier | modifier le code]

Le château de Ménars est l'un des thèmes importants de l'artiste peintre Anne Français (1909-1995) qui y effectua plusieurs séjours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Chavigny, Le Château de Ménars : Un des joyaux du Val de Loire, Librairie des Champs-Élysées,‎

Source[modifier | modifier le code]