Château de Martainville

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Château de Martainville
Image illustrative de l'article Château de Martainville
Période ou style Renaissance
Type Château
Début construction 1495
Fin construction 1505
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1889, 1931)
 Inscrit MH (1997)
Site web http://www.chateaudemartainville.fr/
Coordonnées 49° 27′ 30″ nord, 1° 17′ 37″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Martainville-Épreville

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Martainville

Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime

(Voir situation sur carte : Seine-Maritime)
Château de Martainville

Le château de Martainville est situé sur la commune de Martainville-Épreville dans le département de la Seine-Maritime.

Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889, divers bâtiments annexes d'un classement en 1931 et les terrains attenants d'une inscription en 1997[2].

Historique du bâtiment[modifier | modifier le code]

Fils de l'une des plus riches familles de la grande bourgeoisie rouennaise et lui-même grand armateur et marchand, le commanditaire de ce château, Jacques Le Pelletier, acquiert en 1482 le fief de Martainville [3], vaste à ce moment de 25 hectares[4]. La date de 1485 gravée sur la clef d'une fenêtre de la tour sud-est ne précise pas la date de la construction mais celle du premier aveu rendu par un Le Pelletier au suzerain dont dépendait le fief de Martainville, l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen[4]. L'élection comme conseiller-échevin de la ville de Rouen en 1493 marque l'apogée de la carrière de Jacques Le Pelletier, qui dût entreprendre la construction peu après.

C'est, à l'origine, un domaine dont l'entrée se faisait uniquement par le nord, dans une basse-cour axée est-ouest, où se dressent encore les anciens bâtiments de dépendance adossés aux murs de clôture nord et sud : maison du métayer, écuries, granges, pressoir, bergeries. Si les bâtiments furent reconstruits ou modifiés, la disposition générale reste primitive : le colombier de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle (le profil du bandeau médian est gothique), situé à l’extrémité occidentale de l’enclos, atteste par sa place l’étendue de la basse-cour. Celle-ci commandait, à l’est, une seconde cour plus petite et grossièrement carrée (42 x 40 m), fermée de hauts murs crénelés, cantonnée de quatre tourelles et occupée en son centre par le château. Au-delà, un vaste jardin était commandé par la cour du logis.

Dressé au centre de son propre enclos et bordé par un fossé, le logis de plan massé rectangulaire, couvert d’un toit en pavillon, est cantonné aux quatre coins de grosses tours aux toitures coniques. Le sommet des tours était muni de consoles, aujourd'hui disparues mais dont subsistent encore les pierres, sciées, qui évoquaient les mâchicoulis des châteaux forts. Construit en briques cuites sur place et en pierres blanches venues des carrières de Vernon, on relève sur l'appareillage une savante inclusion décorative de briques vernissées noires disposées en cœur, en croix, en losanges.

Mais la grande originalité de Martainville réside dans son plan absolument symétrique : un large couloir traversant placé au milieu du corps et qui précède un escalier situé dans une tour hors-œuvre en façade arrière, sa place traditionnelle en Normandie ; à l’allée couplée à l’escalier du rez-de-chaussée répond à chaque étage des couloirs traversants desservis par l’escalier. On ignore l’origine du plan absolument neuf de Martainville, mais l’introduction de ce système de circulation permet d’obtenir une partition claire du corps de logis : les salles et les offices sont regroupés au rez-de-chaussée et les chambres aux étages ; toutes les pièces sont indépendantes les unes des autres, salles comprises. Martainville a inspiré le plan de Chenonceau, construit par Thomas Bohier, général des Finances de Normandie, qui était en contact plus ou moins direct avec Jacques Le Pelletier au moment de la construction. En Normandie, plus d’une dizaine d’édifices du XVIe siècle, tels Auffay[5], Tilly [6] et Bailleul [7], se sont plus ou moins inspirés de Martainville. Mais si le plan de Martainville a fait florès, c'est parce qu'il répondait aux exigences de certains nobles du début du XVIe siècle de posséder une résidence à la campagne susceptible d'accueillir de nombreux convives, de disposer de chambres indépendantes les unes des autres et d'où il était possible de sortir et de rejoindre le vaste jardin d'agrément situé à proximité.

Peu après sa construction, une intervention d’envergure fut menée sur le logis, la travée centrale de la façade principale étant alors entièrement refaite : à l’entrée primitive, on substitua un large portail à deux vantaux muni d’un pont basculant, et aux fenêtres des niveaux supérieurs le chevet d’une chapelle et une tourelle d’escalier. Finalement, l’intervention aura permis d’obtenir une travée monumentalisant l’accès au logis, accentuant l’axe de symétrie de l’élévation antérieure et renforçant les références à la tradition des châteaux forts : le pont-à-bascule remplace le pont-levis, les consoles décoratives des tours et de la tourelle d’escalier évoquent les mâchicoulis des tours de défense et la chapelle au-dessus de l’entrée reprend une disposition de bon nombre d’édifices antérieurs : le château de Mehun-sur-Yèvre et l’hôtel Jacques Cœur à Bourges pour ne citer qu’eux. Les données historiques invitent à voir une campagne de remaniement opérée par Jacques Le Pelletier lui-même. En effet, un événement majeur semble s’être produit dans sa vie autour de 1500 : Richard Le Pelletier, son frère cadet, meurt en 1499, et Jacques, qui hérite de tous ses biens, décide d'arrêter définitivement les activités marchandes de la famille. C'est sans doute à ce moment que Jacques décide de transformer sa demeure campagnarde "en forme de château".

Jacques Le Pelletier est enterré à Rouen, paroisse Saint-Cande-le-jeune, en 1511[4]. Mort sans descendance masculine, c'est son neveu Jacques, second du nom, qui hérite de toute sa fortune. Occupant la charge de Vicomte de l'eau de Rouen, il ne s'occupe guère que de dilapider la fortune acquise par ses aïeuls. Il décède en 1545. En revanche, son fils n'aura de cesse que de porter plus haut la famille Le Peletier dans l'échelle sociale : en 1571, il obtient de Catherine de Médicis et du jeune roi Charles IX de pouvoir commuer son nom de Le Pelletier en celui de la terre de Martainville. Par la suite, Richard Le Pelletier, devenu Richard de Martainville, est nommé gentilhomme de la chambre d'Henri III.

Dans l’histoire attachée au château, on relève également qu’Henri IV chasse de Martainville les troupes du duc de Parme, au cours de sa campagne qui le mène à Fontaine-le-Bourg en 1590.

Au siècle suivant, Louis, le nouveau seigneur de Martainville qui vit à la cour de Versailles, tire d’importants revenus de cette vaste exploitation agricole ; c'est pendant cette période que les communs sont agrandis et que l'intérieur des appartements est à nouveau transformé, notamment au premier étage.

Le dernier des Martainville meurt en 1757 sans héritier et le château passe ensuite à différentes familles [8]. Il subit des déprédations successives. En 1905, un marchand de bestiaux achète le logis et une partie des terres démembrées[8]. Il coupe les alignements de chênes et se prépare à raser la demeure qui a souffert à la fois d'un long abandon et de l'occupation prussienne, quand l'État la rachète in extremis. Mais tout le mobilier original du château a déjà été dispersé. Le château est destiné à devenir après sa rénovation à partir de 1955 un lycée agricole[8]. Il est confié au conseil général de la Seine-Inférieure (devenue Seine-Maritime) qui y installe à partir de 1962 un musée[8]. L'ouverture au public se fait en 1965, par son fondateur Daniel Lavallée, défenseur du Vieux-Rouen, chargé de constituer les collections[8].

C'est au fil des ans que patiemment ce château a retrouvé une toiture, des huisseries, des planchers. Restauré et entretenu par les Monuments historiques, il abrite aujourd'hui un musée des arts et traditions normands.

Le musée des Traditions et Arts Normands[modifier | modifier le code]

Musée des Traditions et Arts Normands
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Martainville-Épreville
Informations générales
Date d’inauguration 1965
Collections Mobilier normand
Nombre d’œuvres 15 000
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 20 000 à 26 000 par an[8]
Site web http://www.chateaudemartainville.fr/

Le musée des Traditions et Arts Normands est labellisé Musée de France et présente dans les 23 pièces du château des collections permanentes et une exposition temporaire renouvelée chaque année.

Le Musée des Traditions et Arts Normands a été créé en 1961 par le Conseil Général de Seine-Maritime.

Son aménagement a été primitivement confié à Daniel Lavallée (1925-1989), professeur d’allemand et célèbre défenseur de la sauvegarde des maisons à pans de bois du vieux Rouen. Un vaste collectage du mobilier, des costumes, de la céramique, de la verrerie et des objets de la vie quotidienne en Haute-Normandie datés du XVe siècle et jusqu’au XIXe siècle a permis de constituer une exceptionnelle collection retraçant l’histoire des arts et traditions populaires de cette région.

Au fil des années, le musée s’est enrichi grâce à de généreux dons, notamment dans le domaine du textile par une importante donation de mouchoirs illustrés de la famille Buquet. Ce sont aujourd’hui 15 000 œuvres qui sont exposées de manière permanente ou temporaire dans le musée et ses dépendances.

Dans le musée, une exceptionnelle collection de mobilier haut-normand évoque l’évolution des styles du XVe au XIXe siècle. L’ethnographie des régions de Haute-Normandie (pays de Caux, Eure, pays de Bray, Littoral) est exposée sous l’aspect d’intérieurs de fermes reconstitués avec meubles et objets de la vie quotidienne aux XVIIIe et XIXe siècles. Le dernier étage présente une des plus importantes collections de coiffes, bijoux et costumes normands. Chaque année, l'association l’Espace Musical présente au dernier étage du musée une nouvelle exposition dédiée à l’histoire de la musique en Normandie, en lien avec la thématique de l’exposition temporaire.

Expositions temporaires [9][modifier | modifier le code]

Dates Titre Observation
16.04.2016 au 26.09.2016 Les gens du lin Exposition labellisée Normandie Impressionniste 2016
02.04.2016 au 27.02.2017 Maisons normandes
03.04.2015 au 07.03.2016 Trois petites notes de musique
26.11.2014 au 18.05.2015 Le temps des collections 3e édition du Temps des collections (Musée des Beaux-Arts de Rouen)
05.04.2014 au 09.03.2015 A la table des normands
22.11.2013 au 19.05.2014 Le temps des collections 2e édition du Temps des collections (Musée des Beaux-Arts de Rouen)
06.04.2013 au 12.01.2014 L'eau et la toilette Exposition labellisée Normandie Impressionniste 2013
07.04.2012 au 07.01.2013 Céramique(s) de Haute-Normandie aux 18e et 19e siècles
07.04.2012 au 25.11.2012 Prairie contemporaine, fleurs de fortune
26.03.2011 au 27.11.2011 Les quatre saisons du jardinier
26.03.2011 au 27.11.2011 Le peuple des graines sélénites

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Notice no PA00100747, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Martainville-Epreville
  4. a, b et c Xavier Pagazani, « Le château de Martainville », Congrès Archéologique de France. Rouen et Pays de Caux, 161e session, 2003, Paris, Société Française d’Archéologie-Musée des Monuments Français, 2005, p. 147-155.
  5. Manoir d'Auffay
  6. Château de Tilly
  7. Château de Bailleul
  8. a, b, c, d, e et f Alain Lemarchand, Le château qui appartient à tout le monde, Paris-Normandie, 20 août 2010, p. 30-31.]
  9. http://www.chateaudemartainville.fr/expositions/

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dépliant du musée départemental des Traditions et Arts normands
  • Xavier Pagazani, « Le château de Martainville », Congrès Archéologique de France. Rouen et Pays de Caux, 161e session, 2003, Paris, Société Française d’Archéologie-Musée des Monuments Français, 2005, p. 147-155.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]