Château de Mailloc
| Château de Mailloc | ||
Le château avant l'incendie, par Gustave William Lemaire (1848-1928). | ||
| Début construction | XVIIe siècle | |
|---|---|---|
| Propriétaire actuel | propriété privée | |
| Destination actuelle | ruines | |
| Protection | ||
| Coordonnées | 49° 04′ 26″ nord, 0° 19′ 04″ est[1] | |
| Pays | ||
| Ancienne province | Normandie | |
| Région | Normandie | |
| Département | Calvados | |
| Commune | Valorbiquet | |
| Géolocalisation sur la carte : France
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Le château de Mailloc [majɔ] aussi dénommé château des Quatre Mailloc est un édifice en ruines sur l’ancienne commune française de Saint-Julien-de-Mailloc dans le département du Calvados, en région Normandie. Il était qualifié d'« une des merveilles monumentales de la Normandie »[2].
Localisation
[modifier | modifier le code]Le château est situé sur la rive orientale de l'Orbiquet, à Saint-Julien-de-Mailloc au sein de la commune nouvelle de Valorbiquet, dans le département français du Calvados.
Son domaine rayonnait sur les anciennes communes de Saint-Julien de Mailloc, Saint-Denis de Mailloc, Saint-Martin de Mailloc et Saint-Pierre de Mailloc, situées en leur temps dans l'ancien canton d'Orbec et l'arrondissement de Lisieux.
Chacune des tours du château est tournée vers l'une de ces quatre localités.
Historique
[modifier | modifier le code]Une première forteresse détruite pendant la guerre de Cent Ans était encore en ruine en 1462. Mailloc était le siège d'une baronnie[3].
Elle fut après cette date entièrement reconstruite à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle[4]. En 1551, Jean de Mailloc en rend aveu à l'évêque de Lisieux, le cardinal d'Annebaut[3].
En 1693, René-Gabriel de Mailloc obtient l'érection de sa baronnie en marquisat[5], et remanie très profondément le château. Les travaux seront achevés par son fils, Gabriel-René de Mailloc[5].
En 1724, à la mort sans descendant de René-Gabriel de Mailloc, seigneur du Champ de Bataille, époux de Lydie d'Harcourt, il passe à cette dernière, qui fut la marraine de la cloche de l'église de Saint-Denis de Mailloc[6], puis à sa famille[7]. En 1760, le marquisat de Mailloc est acquis par la comtesse d'Houdetot, fille du fermier général Louis Denis Lalive de Bellegarde. En 1771, son fils, César Louis François d'Houdetot, est parrain d'une des cloches de l'église de Saint-Julien de Mailloc[8]. En 1775, il parraine la cloche de l'église de Saint-Pierre de Mailloc[9]. En 1816, le domaine est la possession du physicien et mathématicien Pierre-Simon de Laplace[10],[note 1], puis à sa mort en 1827, à Adolphe-François, marquis de Portes, pair de France, l'époux de sa fille Sophie-Suzanne de Laplace (1792-1813). Leur fille, Angélique de Portes, fait ensuite passer le château dans la famille de Colbert, à la suite de son mariage, en 1832, avec Napoléon-Joseph, marquis de Colbert-Chabanais. Leur fils cadet, Pierre Louis de Colbert, prendra le nom de Colbert-Laplace[11],[2].
L'édifice est victime d'un incendie accidentel dans la nuit du au du fait d'un feu allumé par une cuisinière logée dans les parties supérieures d'une tour pour se prémunir du froid en dépit d'une interdiction formelle des propriétaires[12]. Le bâtiment ne présentait pas de traces de réfections ou de réhabilitations au moment du sinistre qui le détruisit[2].
La relation des faits est défavorable à la salariée coupable malgré elle, car elle aurait eu la présence d'esprit « de prendre l'argent de ses gages placés dans un tiroir » et sera stoppée à la gare d'Orbec par les gendarmes. La maison du comte se réfugia dans la demeure du jardinier. Les secours envoyés à Lisieux et Orbec parvinrent sur les lieux à 4 h mais le feu dévora l'édifice et son contenu jusqu'à midi[2].
Le sinistre détruit le mobilier, les tapisseries, l'épée de Charles Quint et les bibliothèques[12]. Peu de choses furent sauvées des flammes si ce n'est un bréviaire ayant appartenu à Colbert de par l'action du propriétaire[2]. Cette destruction entraîna une vive émotion dans la région[2].
Mal assuré, le château n'est pas reconstruit[11].
Depuis les années 1980, les ruines du château bénéficient de travaux tendant à les stabiliser et à les rendre habitables[13],. L'une des ailes est en partie redevenue habitable [14].
Description
[modifier | modifier le code]Le château avant sa destruction se présentait sous la forme d'une enceinte quadrangulaire flanquée de grosses tours rondes aux angles[15],[11] et entourée de douves[4]. Depuis, une aile a été restaurée et est habitée.
Trente fenêtres éclairaient le corps de logis. Les tours étaient munies de corniches et de mâchicoulis[2]. À l'intérieur, certaines pièces étaient ornées d'un riche pavage émaillé[16].
Mobilier
[modifier | modifier le code]Les éléments de mobilier ou de décoration perdus sont très importants : les murs étaient munis de tapisseries des Gobelins, des mobiliers du XVIIe et XVIIIe siècles, des portraits, des porcelaines de Sèvres[2]. La riche bibliothèque aurait accueilli 20 000 ouvrages[11] dont les documents du savant Pierre-Simon de Laplace. Son cabinet, présent au château, est détruit : sa bibliothèque, sa correspondance, ses instruments[2]. Des ouvrages ayant appartenu à la bibliothèque de Colbert sont également détruits dans le même temps[2].
- Photos de Gustave William Lemaire (1848-1928)
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Une vue générale sur les douves.
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Le hall et escalier.
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La bibliothèque.
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Le salon de musique.
Protection
[modifier | modifier le code]Le château est partiellement inscrit au titre des monuments historiques depuis un arrêté du [17].
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La façade sud-est partiellement restaurée.
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La façade nord-est partiellement restaurée.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ La sépulture de Laplace, en forme de temple grec à colonnes doriques, se trouve à 700 mètres du château, dans un pré à l'écart du village de Saint-Julien-de-Mailloc, derrière la chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrande.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
- Saint-Julien-de-Mailloc sur le site villesducalvados.free.fr avec relation de l’incendie de 1925.
- Déterville 1989, p. 71.
- Salch 1987, p. 1077 (cf. Saint-Pierre-de-Mailloc).
- Déterville 1989, p. 72.
- ↑ Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados - Tome V - Arrondissement de Lisieux, Caen, Le Blanc-Hardel, , 847 p. (lire en ligne), p. 836-837
- ↑ Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados - tome V - Arrondissement de Lisieux, Caen, Le Blanc-Hardel, , 847 p. (lire en ligne), p. 820-822
- ↑ Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, tome V, arrondissement de Lisieux, Caen, Le Blanc-Hardel, , 847 p. (lire en ligne), p. 828-829
- ↑ Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados - Tome V - Arrondissement de Lisieux, Caen, Le Blanc-Hardel, , 847 p. (lire en ligne), p. 818
- ↑ Déterville 1989, p. 73.
- Pourquoi Mailloc a-t-il besoin de quatre saints ?, ouest-france.fr, 23 février 2016.
- Cousinade Jean Cruchaudet : soixante Bourguignons au château des quatre Mailloc, leveildelisieux.fr, 07 mai 2014.
- ↑ « Les remparts de Mailloc », sur remparts-de-normandie.ektablog.com, (consulté le )
- ↑ « Restauration des tours Saint-Pierre et Saint-Julien », sur ateliertouchard.fr (consulté le )
- ↑ Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Strasbourg, Éditions Publitotal, , 28e éd. (1re éd. 1979), 1304 p. (ISBN 2-86535-070-3, OCLC 1078727877), p. 1048 (cf. Saint-Julien-de-Mailloc).
- ↑ Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados - Tome V - Arrondissement de Lisieux, Caen, Le Blanc-Hardel, , 847 p. (lire en ligne), p. 820-821
- ↑ « Château de Mailloc », notice no PA00111684, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Philippe Déterville, Richesse des châteaux du Pays d'Auge, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, , 301 p., p. 71-74.
- Henri Pellerin, « Le château de Mailloc », Le Pays d'Auge, juillet 1962, p. 5-12 [lire en ligne]
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à l'architecture :