Château de Lagarde

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Château de Lagarde
Image illustrative de l’article Château de Lagarde
Les ruines du château
Période ou style Château-fort
Début construction 1063
Propriétaire initial Ramire Ier d'Aragon
Protection Logo monument historique Classé MH (1914)[1]
Coordonnées 43° 03′ 02″ nord, 1° 56′ 08″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Ariège
Commune (France) Lagarde

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Lagarde

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Château de Lagarde

Le château de Lagarde est situé sur la commune française de Lagarde, en Ariège, près de Mirepoix. Construit à partir du XIe siècle, le roi d'Aragon Ramire Ier de Navarre en fait d'abord en une tour de garde au nord de son royaume puis la famille Lévis seigneurs de l'Ile-de-France, vainqueurs de la croisade des Albigeois, édifie un château au XIVe siècle sur une colline dominant la vallée de l’Hers-Vif. Il fut l'objet au cours des siècles de nombreux remaniements, dans un premier temps il est défensif (jusqu'au milieu du XVIe siècle) puis il sera transformé au cours du XVIIe siècle, en un splendide palais d'agrément.

Le château est bâti sur un plan carré : quatre tours monumentales, de forme quadrangulaire, flanquent les bâtiments d’habitation. L'ensemble est enserré de plusieurs enceintes, terrasses et fossés successifs.

Le château tombe peu à peu à l'abandon et fut en ruines à partir de la Révolution. Dès le début du XXe siècle, il n'en demeurait déjà plus que des vestiges témoignant de son faste et de sa grandeur passés.

Histoire[modifier | modifier le code]

La tour de garde du XIe siècle fut édifiée en 1063 par Ramire Ier d'Aragon, roi d’Aragon. Durant la croisade des Albigeois, menée contre les cathares par Simon IV de Montfort, elle fit partie avec la seigneurie de Mirepoix de la donation que le roi de France Philippe II Auguste octroya en 1212 à Guy Ier de Lévis, lieutenant du commandant des croisés. C'est le début de la dynastie de la maison parisienne noble des Lévis (du nom de la commune d’Île-de-France située entre Chevreuse et Montfort-l'Amaury), Guy Ier de Lévis puis Guy III de Lévis deviennent tour à tour maîtres de la tour de garde, d'où le nom du petit bourg de Lagarde créé un siècle plus tard. Au début du XIVe siècle, François de Lévis-Mirepoix fit édifier un grand château de forme carrée sur un site rocheux. C’est à cette époque que les quatre tours monumentales furent bâties. Le château de Lagarde fut ainsi construit.

À la charnière des XVe et XVIe siècles, Jean V de Lévis-Mirepoix, propriétaire du château de Lagarde, est un personnage puissant et riche. Il est le sénéchal de Carcassonne, conseiller des rois successifs Charles VIII, Louis XII et François Ier, puis lieutenant général du roi pour le Languedoc. Il va transformer considérablement le château de ses ancêtres, remplaçant les vieux logis du Moyen Âge par des influences de la Renaissance tout en conservant la structure médiévale. Il fait aussi renforcer les défenses extérieures du château qui sera désormais capable de se défendre avec la nouvelle arme qu'est l'artillerie.

L'entrée du château de Lagarde

Jean V de Lévis fait construire le grand escalier à vis surmonté d'une coupole en étoile qui desservait les étages des logis. Il fait aménager une magnifique chapelle de style gothique flamboyant dont il ne reste aujourd'hui que des vestiges. Dans les courtines du vieux château médiéval, il fait percer de larges ouvertures sur l'extérieur, aptes à éclairer généreusement les pièces.

Point d'orgue à ces travaux considérables, il fait enserrer les anciennes murailles dans une seconde enceinte basse adaptée à l'artillerie et élevée à quelques mètres en avant des anciennes courtines dont elle suit fidèlement les contours. Le vide entre les deux lignes de fortification est rempli de terre damée (formant ce qu'on appelait alors un « rempart ») et le dessus forme une large terrasse sur laquelle il était également possible d'installer des défenseurs ou de l'artillerie. Cette enceinte remparée est flanquée aux quatre angles de tours rondes, basses également et renfermant des casemates voûtées destinées à abriter des canons. Les ouvertures de tir de ces casemates autorisaient également des tirs rasants sur le glacis (étendue plate). Une cinquième tour, au milieu d'un des côtés, renferme la porte.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, Louise de Roquelaure, veuve d’Alexandre de Lévis-Mirepoix, mort à la guerre en 1637 à Leucate, entreprend une nouvelle série de constructions et d’embellissements qui devaient transformer le château fort en un petit palais fastueux. Elle fera ériger des grandes statues gréco-romaines en terre cuite de 4 mètres de haut, des terrasses, des jardins à la Française. Surtout grâce à la richesse de sa famille, son intelligence, sa détermination, son admiration pour les châteaux de la Loire, Louise en profite pour créer la galerie des Glaces, une glacière (petite tour ronde) et un étang à poissons pour la nourriture (élément important chez les Lévis, qui ne mangeaient pas de viande, car ils étaient catholiques et l'Église le réglementait). Enfin, Louise de Roquelaure fait enlever l'artillerie, retirant ainsi son aspect militaire. Tous ces éléments font de ce château baroque (XVIIe siècle) une merveille importante chez les Lévis et sa grandeur lui fera obtenir le surnom de « Petit Versailles des Pyrénées », un grand classique du Languedoc. Elle fit ériger la troisième enceinte en créant des terrasses qui servent de promenade.

Au XVIIIe siècle, le dernier seigneur de la famille Lévis-Mirepoix, François Gaston de Lévis-Mirepoix, décide d'émigrer en Italie au moment de la Révolution française. Auparavant, il sauve les archives du château, permettant de connaître encore aujourd'hui les traces du magnifique château. Les documents sont conservés aux Archives départementales de la ville de Foix comme bien national privé.

Sous la Révolution française, le château sera pillé. Sa démolition est demandée par arrêté du 10 floréal An II (29 avril 1794) et il sera détruit et laissé à l'abandon. L’ensemble est d’abord vendu à un carrier avant de servir successivement d’entrepôt d’armes ou de fourrage, d’écuries ou de poudrière. Il redevient en 1805 la propriété de la famille Lévis-Léran, est racheté par le sénateur-maire de Mirepoix Vigarosy, puis revient de nouveau aux Lévis jusqu’en 1983.

Son classement en tant que monument historique en 1889[réf. nécessaire] n’empêcha pas sa désagrégation jusqu’à la fin du XXe siècle. En 1980, un pan entier de la tour sud-ouest fut détruit par des pilleurs pour dérober les pierres des fenêtres et les cheminées monumentales.

Restauration et mise en valeur[modifier | modifier le code]

Un essai de reconstitution

À partir de 1990, divers groupes de bénévoles tentent de remettre en valeur ce qui fut un des plus beaux châteaux français du XVIIe siècle. Plusieurs associations se succèdent dans l'intention d'œuvrer à sa restauration : la nouvelle propriétaire Danielle Gillet fait des travaux de débroussaillage de 1986 à 2000 et ouvre le site aux visites faisant prendre un tournant historique à ce monument et ses vestiges. L'association Comité de Défense du Château de Lagarde met en place en 2006 un jardin potager médiéval et ouvre le site aux visites[2].En 2012, Danielle Gillet donnera le château qui sera géré dès 2015 par la toute jeune association Per le Castel (« Pour le Château ») avec l'objectif d'animer le lieu.

En juillet et août, chaque samedi soir, des repas sont proposés et réalisés par les producteurs locaux sous forme de marché gourmand suivi d'un embrasement du château.

En juillet et août un feu d'artifice y est présenté.

À la mi-septembre, l'Association Per le Castel organise l'un des plus grands rassemblements de reconstituants médiévistes de la région Occitanie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri-Paul Eydoux - Châteaux des pays de l'Aude - p. 212-218, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1973

Notes et références[modifier | modifier le code]