Château de Hunebourg

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Château de Hunebourg
Image illustrative de l’article Château de Hunebourg
Le château de Hunebourg
Protection  Inscrit MH (2007, tous les bâtiments avec sols et éléments mobiliers immeubles, grotte d'amour, bornes délimitant la parcelle)
Coordonnées 48° 50′ 00″ nord, 7° 21′ 51″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin
Commune Dossenheim-sur-Zinsel

Géolocalisation sur la carte : Alsace

(Voir situation sur carte : Alsace)
Château de Hunebourg

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Hunebourg

Le château de Hunebourg est situé à l’ouest de Neuwiller-lès-Saverne dans le Bas-Rhin. Actuellement, le site du château se trouve sur un rocher gréseux à 425 mètres d'altitude. Il est accessible depuis la vallée de la Zinsel. Les comtes de Hunebourg, très probablement issus des comtes de Dabo-Metz, c'est-à-dire des Folmar de Bliesgau-Metz-Lunéville par les hommes et des Eguisheim-Dabo comtes du Nordgau par les femmes, sont cités au début du XIIe dans des documents qui signalent l'existence du château et des deux premiers comtes Theoderic et Folmar. Les sires de Hunebourg qui possèdent le château jusqu'en 1225, sont des avoués des abbayes de Neuwiller et de Honau.

L'édifice fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le plus connu de la famille des Hunebourg est Conrad II, évêque de Strasbourg de 1190 à 1202. Il rompt l'alliance traditionnelle entre les évêques de Strasbourg et les empereurs du Saint Empire. Avec les comtes de Dabo-Metz, il prend le parti du pape Innocent III contre les Hohenstaufen lors de la succession de Henri VI. La compétition oppose Otton de Brunswick au Hohenstaufen Philippe de Souabe qui vient ravager les terres épiscopales et l'évêque doit finalement se rallier à ce dernier. Au XIIIe siècle, le château passe aux mains des Lichtenberg.

Vendu à la Révolution, les ruines du château sont finalement acquises en 1809 par le général Clarke[2], qui transforme le domaine en parc.

En 1932 Fritz Spieser acquit les ruines du château et fit construire à partir de 1934 par Karl Erich Loebell, architecte de l'École de Stuttgart (de) et élève de Paul Schmitthenner, de nouveaux bâtiments résidentiels et un donjon en style néoroman. Dans son récit autobiographique, Tausend Brücken, Spieser décrit les principes qui ont présidé à la reconstruction : fidélité envers l'histoire, proximité avec la nature, simplicité et objectivité dans l'équipement, authenticité des matériaux, orientation vers la tradition allemande de construction[3]. Dans le château fut intégré un gite d’étape (Wanderherberge), sorte d’auberge de jeunesse. Comme tour de la paix le donjon fut dédié « au plus inconnu des soldats de la guerre mondiale 1914-18/aux Alsaciens-Lorrains tombés au combat/et à tous les combattants morts pour la patrie ». Le château abritait des réunions d’associations alsaciennes autonomistes (Erwinsbund, Jungmannschaft) et Spieser y organisait des manifestations de danse folklorique et de chant populaire[4]. Aussi la presse francophile d'Alsace attaqua-t-elle le château reconstruit comme « un bastion de l'esprit allemand »[5].

Le site, après la réoccupation de l'Alsace et l'exécution de Charles Roos, est récupéré par la propagande nazie, devenant un lieu de pèlerinage obligatoire pour les écoliers mosellans et alsaciens[6].

Le bien est sous séquestre en 1944. Le service des domaines, chargé du séquestre, décida de le donner en location à la Société Mutualiste de l'Enregistrement à Paris. Celle-ci s'en rendit acquéreur lors d'une vente publique du 19 mai 1949. Le château resta, un peu agrandi et rénové, longtemps une structure mutualiste destinée aux agents du ministère des Finances.

Lieu d’accueil touristique, le château est devenu aujourd’hui un hôtel, géré par la société Vacanciel.

Alentours[modifier | modifier le code]

Du haut de ses 425 mètres d'altitude et depuis son superbe parc arboré et fleuri, le site de Hunebourg propose un panorama inattendu, non seulement sur les massifs du Schneeberg et du Donon, mais également, sur la plaine d'Alsace (au niveau de Bouxwiller et d'Ingwiller). Le site possède encore un remarquable donjon, malheureusement inaccessible de nos jours (pour des raisons de sécurité et de manque de moyens financiers pour pouvoir restaurer le lieu).

Il est possible d'accéder au Hunebourg par trois routes forestières distinctes :

- depuis le sud, au départ de Dossenheim-sur-Zinsel et la vallée de la Zinsel du Sud ;

- depuis l'est, au départ de Weiterswiller, via la route forestière de Fuellengarten ;

- depuis le nord, au départ de La Petite-Pierre, via les routes du Loosthal et du Johannisthal.

Les randonneurs sont les bienvenus au Hunebourg : en payant une consommation sur place (au bar du château), le randonneur aura le droit de s'installer dans le magnifique parc et de pique-niquer en toute tranquillité. De plus, il pourra contempler un superbe panorama (surtout vers l'Est). Il est même possible de prendre un buffet froid (au prix actuel de 10 ). Le site du Hunebourg possède 30 chambres au total, réparties dans deux bâtiments distincts : le bâtiment principal se situe à droite de l'entrée du château, alors que le bâtiment annexe, secondaire lui, se trouve sur la gauche.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA67000070, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Comte d'Hunebourg et de l'Empire (24 avril 1808), puis duc de Feltre (1809), ministre de la Guerre (1807-1814). Clarke fut fait maréchal de France sous la Restauration.
  3. Friedrich Hünenburg : Tausend Brücken: Eine biographische Erzählung aus dem Schicksal eines Landes. Hünenburg-Verlag, Straßburg-Stuttgart-Stockholm 1952, p. 290–292.
  4. Léon Strauss : Fritz Spieser. Le reconstructeur de la Burg. In : Groupe de Recherche sur le château de Hunebourg : Hunebourg. Un rocher chargé d’histoire du Moyen Âge à l’époque contemporaine, p. 142.
  5. Bernadette Schnitzler: La reconstruction du château de Hunebourg. L’œuvre de F.Spieser et de l’architecte K. E. Loebell (1932–1944). In : Groupe de Recherche sur le château de Hunebourg : Hunebourg. Un rocher chargé d’histoire du Moyen Âge à l’époque contemporaine, p. 175–236.
  6. « La tombe de Roos deviendra un lieu de pèlerinage pour tous les patriotes allemands et alsaciens. Le cercueil a été déposé dans une tour, qui a été élevée à côté du château et sur laquelle flottera jour et nuit le drapeau à croix gammée. » Strassburger Neueste Nachrichten, 22 juin 1941.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fritz Eyer et Bernhard Metz, « Le château de Hunebourg », in Études médiévales, archéologie et histoire, 1985, no 3, p. 119-123
  • Groupe de recherche sur le château de Hunebourg, Hunebourg, un rocher chargé d'histoire : du Moyen Âge à l'époque contemporaine, Société savante d'Alsace, Strasbourg, 1997, 269 p.
  • Bernadette Schnitzler, « La reconstruction du château de Hunebourg : des projets d'extension arrêtés par la guerre (1942-1944) », in Pays d'Alsace, 1999, no 187, p. 41-48
  • Bernadette Schnitzler, « Le Friedens-Turm du château de Hunebourg (1938) : le dernier donjon d'Alsace », in Châteaux forts d'Alsace, 1999, no 3, p. 39-54
  • Bernadette Schnitzler, « Le Un mystérieux poêle en faïence bleue et blanche au château de Hunebourg », in Châteaux forts d'Alsace, 2008, no 3, p. 129-132

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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