Château de Gratot

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Château de Gratot
Image illustrative de l'article Château de Gratot
Période ou style du XIIIe au XVIIIe
Type Château
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVIIIe siècle
Propriétaire initial Famille d'Argouges
Destination actuelle Ouvert au public
Protection Logo monument historique Classé MH (1970)[1]
Coordonnées 49° 04′ 06″ nord, 1° 29′ 23″ ouest[2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Manche
Commune Gratot

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Château de Gratot

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Gratot

Le château de Gratot est à l'origine une maison forte, dont les vestiges subsistants datent de la fin du XIIIe-début du XIVe s. Maintes fois remanié, le chateau présente aujourd'hui une architecture qui s'étage du XIVe au XVIIIe s. Il se dresse sur la commune de Gratot dans le département de la Manche en région Normandie.

Bâti dès le XIIIe siècle, il est maintes fois transformé jusqu'à son apogée au XVIIIe siècle, avant d'être laissé à l'abandon au XIXe siècle, et de devenir aujourd'hui un lieu touristique.

Le château a fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques par arrêté du [1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Gratot est situé dans le département français de la Manche sur la commune de Gratot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier château de Gratot fut construit au XIVe siècle, par la famille d'Argouges, barons de Gratot depuis 1251. Il connu de nombreuses modifications jusqu'au XVIIIe siècle. La famille d'Argouges le vend en 1771. C'est au XVIIIe siècle que Gratot est érigé en marquisat[3].

Laissé à l'abandon au XIXe siècle par ses différents propriétaires, il se dégrade rapidement, seuls les communs utilisés pour les besoins de la ferme du chateau ont toujours été entretenus.

Depuis 1968, une association de bénévoles a entrepris sa restauration et son animation.

Les seigneurs de Gratot[modifier | modifier le code]

Blason de la famille d'Argouges.

La famille d'Argouges est originaire du Bessin. Une branche de cette famille a vécu au château de Gratot de 1237 à 1777.

  • Guillaume d'Argouges, chevalier et seigneur d'Argouges, Saint-Malo-de-Bayeux. Il épouse vers 1237 Jeanne de Gratot qui apporte alors le fief de Gratot.
  • Raoul d'Argouges, armé chevalier en juin 1252, seigneur d'Argouges, fils du précédent. Il épouse en 1252 Jeanne de Granville.
  • Raoul d'Argouges, seigneur d'Argouges, fils du précédent, il épouse vers 1270 Emma de Beaufou.
  • Raoul d'Argouges, seigneur d'Argouges, fils du précédent, fait chevalier par Philippe le Bel en 1313, épouse vers 1300 Jeanne de Semilly.
  • Raoul d'Argouges, chevalier, seigneur d'Argouges, fils du précédent, épouse en 1332 Thomasse de Beaumont, dame de Beaumont en la Hague. Ils bâtissent ensemble le manoir de Beaumont.
  • Guillaume d'Argouges, chevalier, seigneur d'Argouges, Capitaine du château de Bayeux en 1356, il épouse en 1370, Jeanne de Clamorgan.
  • Philippe d’Argouges, écuyer, seigneur d'Argouges, il épouse Marguerite de la Champagne en 1402. Ils font construire la chapelle Saint Gerbold entre 1402 et 1417. 
  • Jean d’Argouges, écuyer, seigneur d'Argouges, il épouse Charlotte de Carbonnel en 1428.
  • Pierre d’Argouges, seigneur d'Argouges, il épouse Marie aux Epaules en 1471.
  • Pierre d’Argouges, seigneur d'Argouges, il épouse Guillemette de Foligny en 1501.
  • Gilles d’Argouges, écuyer, seigneur d'Argouges, capitaine des Côtes de la marine au siège du Cotentin et environs et cofondateur des Cordeliers de Granville. Il épouse Louise d’Angerville en 1543.
  • Jacques d’Argouges, écuyer, seigneur d'Argouges, il épouse Renée de Pont Bellanger en 1566. Elle apporte le château de Rasnes en dot. Il Sert le roi Henri II. 
  • Charles d’Argouges,
  • Louis d’Argouges, chevalier, seigneur d'Argouges, il épouse Claire de Bricqueville en 1646 puis Charlotte de la Bellière en 1651. La seigneurerie est érigée en marquisat. 
  • Georges d’Argouges, chevalier, marquis, seigneur d'Argouges, il épouse Anne Le Vasseur en 1678.
  • Jean-Antoine d’Argouges, chevalier, marquis, seigneur d'Argouges, capitaine de cavalerie puis capitaine de gendarmerie et chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis. Il épouse Renée Bonne Françoise de Faudoas en 1736. Elle apporte la baronnie de Marcey en dot.

Description[modifier | modifier le code]

L'aile restaurée du XVIIIe siècle, tours, escalier et ruines principales du château.

Le château de Gratot se présente sous la forme d'une enceinte quadrangulaire entouré de larges douves alimentées en eau par la « fontaine à la Fée ».

On pénétrait dans la cour du château par une poterne ; porte piétonne et porte charretière munies chacune d'un pont-levis à poutres comme l'attestent les rainures que l'on peut encore observer aujourd'hui. À l'ouest se dressent une tour d'angle, ancienne entrée du chateau qui présente une porte murée et dont la construction remonte à la fin du XIIIe siècle. À l'arrière, un petit pont à quatre arches enjambe les douves et donnait accès au jardin à la Française du château.

Les communs composés de deux bâtiments rectangulaires encadrent la poterne. Ils datent du XVIe siècle. Dans les salles des communs ouest, une exposition permanente « Gratot, des siècles de vie » retrace l'histoire du château et son architecture. Le château abrite régulièrement des manifestations culturelles[4].

Le logis seigneurial des XVe et XVIIe siècles s'inscrit entre la tour Ronde et la tour à la Fée. Le rez-de-chaussée est ouvert de grandes fenêtres, le premier étage de lucarnes de façade en plein cintre. Il avait à l'origine trois étages et une quinzaine de pièces. La tour Ronde, surmontée d'une tourelle de guet, date du XVe siècle et conserve un aspect médiéval. À l'est du logis seigneurial, la tour dite « tour à la Fée est construite fin du XVe siècle ou début du XVIe siècle. Elle est de forme octogonale à la base et elle se termine par une pièce de plan carré et est coiffée d'un toit en bâtière[5], les balustrades et gargouilles en décorent le sommet. L'architecture de cette tour se retrouve dans de nombreuses demeures de la famille d'Argouges.

Des caves, dont l'entrée se situe au pied de la tour Ronde, présentent pour deux d'entre elles des voûtes en plein cintre surbaissé et pour la troisième une voûte d'arêtes sur pilier central.

Légende de la fée[modifier | modifier le code]

Un seigneur d'Argouges revenant de la chasse rencontra à la fontaine une très belle jeune femme du nom d'Andaine, la fée de Gratot. Il en devint éperdument amoureux et lui demanda sa main. La belle lui dit qu'elle était une fée et qu'elle acceptait de devenir son épouse à condition qu'il ne prononça jamais le mot « mort ». Le seigneur le promit.

Un jour, lors d'un banquet organisé pour son cousin le seigneur de Granville, le seigneur de Gratôt, excédé d'attendre sa dame qui s'apprêtait lui lança : « Dame, êtes lente en vos besognes, seriez bonne à aller quérir la mort ! ». La fée poussa alors un cri déchirant, monta sur le rebord de la fenêtre et disparut en laissant l'empreinte de son pied et de sa main.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ancien château de Gratot », notice no PA00110422, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  3. « Site du château - Histoire et restauration » (consulté le 11 juillet 2009)
  4. « Site du château - Horaires et droits d'entrée » (consulté le 11 juillet 2009)
  5. Guide vert Normandie-Cotentin, p. 166-167.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Sarot, Le Château de Gratot, étude descriptive et historique, Ch. Daireaux, Coutances, 1910
  • Jean-Pierre et Joëlle Tiphaigne, Le Château de Gratot, patience de la pierre, Condé-sur-Noireau, 1969

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]