Château de Gratot

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Château de Gratot
Image illustrative de l'article Château de Gratot
Le château de Gratot.
Période ou style Médiéval
Type Maison forte
Début construction XIIIe siècle
Propriétaire initial Famille d'Argouges
Destination actuelle Ouvert au public
Protection Logo monument historique Classé MH (1970)[1]
Coordonnées 49° 04′ 06″ N 1° 29′ 23″ O / 49.0684, -1.489849° 04′ 06″ Nord 1° 29′ 23″ Ouest / 49.0684, -1.4898[2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Basse-Normandie
Département Manche
Commune Gratot

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Château de Gratot

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Gratot

Le château de Gratot est une ancienne maison forte, du XIIIe siècle et des XVe et XVIe siècle[3], maintes fois remaniée, qui se dresse sur la commune de Gratot dans le département de la Manche en région Basse-Normandie.

Bâti dès le XIIIe siècle, il est mainte fois transformé jusqu'à son apogée au XVIIIe siècle, avant d'être laissé à l'abandon au XIXe siècle, et de devenir aujourd'hui un lieu touristique.

Le château fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques par arrêté du [1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Gratot est situé dans le département français de la Manche sur la commune de Gratot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier château de Gratot fut construit au XIVe siècle, par la famille d'Argouges, barons de Gratot depuis 1251. Il subit de nombreuses modifications jusqu'au XVIIIe siècle. La famille d'Argouges le vend en 1771. C'est au XVIIIe siècle que Gratot est érigé en marquisat[4].

Laissé à l'abandon au XIXe siècle par ses différents propriétaires, il sert d'entrepôt pour les fourrages des fermiers du secteur.

Depuis 1968, grâce aux bénévoles qui le rénovent, il retrouve peu à peu son aspect antérieur. En 2003, il a reçu près de 12 600 visiteurs.

Les seigneurs de Gratot[modifier | modifier le code]

Blason des seigneurs de Gratot.

La famille d'Argouges descend d'un certain Lo d'Argouges, qui vécut au Xe siècle.

  • Guillaume d'Argouges, fils de Guillaume d'Argouges, épouse Ades de Bourg.
  • Raoul d'Argouges, fils du précédent, il se trouvait à la bataille de Bouvines en 1214 et nommé dans l'échiquier tenu à la Falaise en 1209. Il épouse Hascolde de Soligny.
  • Guillaume d'Argouges, chevalier, seigneur d'Argouges, Saint-Malo-de-Bayeux, fils du précédent. Cité de 1223 à 1251, Il épouse vers 1210 Jeanne de Gratot.
  • Raoul d'Argouges, armé chevalier en juin 1252, seigneur d'Argouges, Champdubout, Saint-Malo-de-Bayeux, Saint-Martindon, Gratot, Saint-Martin d'Aure, Pont Béllanger, fils du précédent. Il épouse en 1252 Jeanne de Granville. Il meurt en 1280.
  • Raoul d'Argouges, seigneur d'Argouges, de Champdubout, de Saint-Malo-de-Bayeux, de Saint-Martindon, de Gratot, de Saint-Martin-d'Aure, de Pont-Béllanger et Granville, fils du précédent, il épouse vers 1270 Emma de Beaufou.
  • Raoul d'Argouges, seigneur d'Argouges, de Gratot, de Donville et de Saint-Malo-de-Bayeux, fils du précédent, fait chevalier par Philippe le Bel en 1313, épouse vers 1300 Jeanne de Semilly.
  • Raoul d'Argouges, chevalier, seigneur d'Argouges, Gratot, Cosqueville, Granville et Donville, seigneur de Beaumont-Hague, fils du précédent, épouse en 1332 Thomasse de Beaumont, dame de Beaumont en la Hague, d'Anceville, de Neuville, Cosqueville et Bellanville en Cosqueville dans l'élection de Valognes.
  • Guillaume d'Argouges, chevalier, seigneur d'Argouges, Gratot, Saint-Malo-de-Bayeux, Granville, Brainville, Champs de breuil, Saint Martin Don, Beaumont, Néville et Cosqueville. Capitaine du château de Bayeux en 1356, il épouse en 1370, Jeanne de Clamorgan. Il meurt le 13 janvier 1402.
  • Philippotte d'Argouges (vers 1371-1453) leur fille, épouse le 14 avril 1407 Jean de Reviers, seigneur de Fontenailles.
  • Guillemette de Reviers, fille de la précédente, épouse le 28 septembre 1418 à Valognes, Nicolas dit Colin de Couvert.

Description[modifier | modifier le code]

Les communs et l'église
Vue arrière du château. À droite, le logis

Le château de Gratot se présente sous la forme d'une enceinte quadrangulaire entouré de larges douves alimentée en eau par la « fontaine à la fée ».

On pénétrait dans la cour du château par une tour-porte ; porte piétonne et porte charretière munies chacune d'un pont-levis à chaines comme l'atteste les rainures que l'on peut encore observer aujourd'hui. À l'ouest se dresse les ruines d'une tour d'angle qui présente une porte murée et dont la construction remonte à la fin du XIIIe siècle. À l'arrière un petit pont à trois arches enjambe les douves et donnait accès au parc du château.

Les communs composés de deux bâtiments rectangulaires encadrent la porterie. Ils datent de la fin du XVIe siècle. Dans une salle, l'exposition « Huit siècles de vie » explique l'histoire du château et les étapes de sa restauration. Centre culturel, le château abrite régulièrement des manifestations artistiques (peintures, sculptures)[5].

Du logis seigneurial des XVe et XVIIe siècles construit en équerre, il n'en reste que des ruines. Il avait à l'origine trois étages et une quinzaine de pièces, couvert d'un toit à la Mansart. Le rez-de-chaussée est ouvert de grandes fenêtres, le premier étage de hautes lucarnes de façade. Il est flanqué à l'un de ses angles par une tour ronde, accostée d'une guette, du XVe siècle d'aspect médiévale ; à noter, un rétrécissement imprévu de l'escalier pour empêcher les assaillants d'arriver à deux en même temps. L'autre angle est occupé par la tour, dite « tour Mélusine »[1]), construite de la fin du XVe siècle au début du XVIe siècle, sur laquelle s’appuie un puissant contrefort. Octogonale à la base, elle se termine par une chambre de plan carré et est coiffée d'un toit en bâtière[6]. Balustrades et gargouilles en décorent le sommet.

Un pavillon du XVIIIe siècle vient compléter l'ensemble.

Des caves dont l'entrée se situe au pied de la tour ronde présentent des voûtes d'arêtes reposant sur des colonnes composées de pierres mises de chant.

Légende de la fée

Un seigneur d'Argouges revenant de la chasse rencontra à la fontaine une très belle jeune femme du nom d'Andaine, la fée de Gratot. Il en devint éperdument amoureux et lui demanda sa main. La belle lui dit qu'elle était une fée et qu'elle acceptait de devenir son épouse à condition qu'il ne prononça jamais le mot « Mort ». Le seigneur le promit.

Un jour, lors d'un banquet organisé pour son cousin le Seigneur de Granville, le Seigneur de Gratôt, excédé d'attendre sa dame qui s'apprêtait lui lança : « Dame, êtes lente en vos besognes, seriez bonne à aller quérir la mort ! ». La fée poussa alors un cri déchirant, monta sur le rebord de la fenêtre et disparut en laissant l'empreinte de son pied et de sa main.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Ancien château de Gratot », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  3. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 586.
  4. « Site du château - Histoire et restauration » (consulté le 11 juillet 2009)
  5. « Site du château - Horaires et droits d'entrée » (consulté le 11 juillet 2009)
  6. Guide vert Normandie-Cotentin, p. 166-167.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Sarot, Le Château de Gratot, étude descriptive et historique, Ch. Daireaux, Coutances, 1910
  • Jean-Pierre et Joëlle Tiphaigne, Le Château de Gratot, patience de la pierre, Condé-sur-Noireau, 1969
  • Pierre Naudin qui a écrit plusieurs sagas sur la famille d'Argouges au château de Gratot.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]