Château de Coulonges-sur-l'Autize

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Château de Coulonges-sur-l'Autize
Image illustrative de l'article Château de Coulonges-sur-l'Autize
Vue panoramique du château.
Période ou style Renaissance
Début construction 1542-1544
Propriétaire initial Geoffroy et Louis de Madaillan d’Estissac
Propriétaire actuel Commune de Coulonges-sur-l'Autize
Destination actuelle Hôtel de ville
Protection  Inscrit MH (1993)
Logo monument historique Classé MH (1994)[1]
Coordonnées 46° 28′ 54″ nord, 0° 36′ 00″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Deux-Sèvres
Commune Coulonges-sur-l'Autize

Géolocalisation sur la carte : Deux-Sèvres

(Voir situation sur carte : Deux-Sèvres)
Château de Coulonges-sur-l'Autize

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Coulonges-sur-l'Autize

Le château de Coulonges-sur-l'Autize est un château de style Renaissance, bâti entre 1542 et 1544, qui se dresse sur la commune de Coulonges-sur-l'Autize dans le département des Deux-Sèvres. Il abrite actuellement les services de la mairie. Le bâtiment d’architecture Renaissance a été construit sur les restes d’un château féodal[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans le bourg d'origine médiévale, à proximité de l’église, existait un château bâti au XIe siècle au lieu-dit du Pont au Son.

En 1473, après la mort de son frère Charles de Guyenne, Louis XI autorise la famille de Madaillan d’Estissac à réédifier les châteaux de Coulonges-les-Royaux et du Bois-Pouvreau, rasés auparavant par ordre de ce même roi, au sujet des limites de l'apanage de Charles de Guyenne. Le traité est signé à Coulonges-les-Réaux, actuellement Coulonges-sur-l'Autize, le 18 septembre 1469, lors d'une réconciliation entre Louis XI et Charles de Guyenne[3]. En fait, afin que Charles s'éloigne de l'Île-de-France ainsi que la Bourgogne, le roi choit, pour lui, la Guyenne reconquise depuis seulement une quinzaine d'années, un pays où il existe toujours des querelles entre clans ou partis. Cela est exactement l'objectif du roi, un choix géopolitique[4]. À la suite de la mort du duc Charles en 1472, faute d'héritier, le roi obtient plusieurs grands capitaines et conseillers du défunt et le rattachement de la Guyenne à la couronne, sans combattre[5].

Familles d'Estissac[modifier | modifier le code]

Les d’Estissac, issus d'une noble famille d'Aunis, et seigneur de Mussidan-en-Perigord, arrivent en Poitou en 1429, en tant que sénéchal de Poitou. Il s'agit d'Amaury d’Estissac (†1457), chevalier à côte de Jeanne d'Arc au siège d'Orleans, sénéchal de Poitou, puis simultanément sénéchal de Saintonge, notamment, de 1436 à 1451, toujours premier chambellan du dauphin Louis, futur Louis XI. Il achète la seigneurie de Coulonges-les-Royaux vers 1447, avant sa résignation, en 1451[6].

En raison de l'absence d'héritier, Jean de Madaillan, fils de Lancelot de Madaillan et Jeanne d'Estissac, vraisemblablement son neveu, est institué par Amaury d'Estissac et Marguerite Harcourt, sa femme, et succède le nom et les armes d'Estissac le 22 mars 1458[7]. Toutefois, il devient chambellan du frère de Louis XI, Charles de Guyenne, qui cherche toujours l'alliance avec Charles le Téméraire tout en souhaitant épouser sa fille Marie de Bourgogne depuis la Ligue du Bien public.

Sa femme, Jeanne de la Brousse, donne la naissance à deux fils, Bertrand et Geoffroy, qui ont respectivement le vent en poupe. Fils aîné Bertrand de Madaillan d'Estissac embrasse une carrière militaire et accompagne Charles VIII et Louis XII lors de leurs campagnes italiennes. En récompensé, il est nommé sénéchal d'Agenais, sénéchal du Périgord, lieutenant du gouvernement de Guyenne, et après son mariage avec la nièce du puissant cardinal Philippe de Luxembourg, maire et capitaine de Bordeaux. Son frère cadet Geoffroy de Madaillan d'Estissac, quant à lui, abbé de Cadouin et de Notre-Dame-de-Celles-sur-Belle en 1515, puis nommé évêque de Maillezais en 1518, grâce au roi François Ier[8]. Geoffroy reste le seigneur du château jusqu'à sa mort en 1542. Par ailleurs, il est possible qu'il fût un des patrons et protecteurs de François Rabelais. Donc, ces frères connaissaient bien les idées de la Renaissance, y compris celle de l'architecture.

C'est Louis de Madaillan d'Estissac, le fils de Bertrand, qui complète la reconstruction du château de Coulonges-les-Royaux.

Outre les liens entre l’Italie et le Poitou à cette époque, Coulonges bénéficie de la proximité et du rayonnement de la ville de Fontenay-le-Comte, important centre intellectuel et culturel à la Renaissance.

Histoire du château[modifier | modifier le code]

Les travaux débutent au XVIe siècle par un pavillon carré, placé à l’intersection entre les deux ailes actuelles. Le plan d’ensemble initial n’est peut-être pas celui réalisé. En effet, vers 1540, un nouvel architecte dont le nom est inconnu arrive sur le chantier. Il semble venir d’Oiron et son influence se ressent à travers un changement de parti architectural significatif. Le chantier se poursuit par la construction de l’aile est puis de L’aile sud avec la chapelle et la galerie sous arcades. Les travaux sont achevés en 1568. Une aile nord-ouest pourrait avoir été projetée ; sa réalisation effective demeure hypothétique.

Le château est pillé et partiellement démoli au XVIIIe siècle, avant la Révolution. Certains éléments du décor architectural sont acquis à partir de 1849 par l’aquafortiste Octave de Rochebrune pour être installés dans le château de Terre-Neuve à Fontenay-le-Comte.

Le château est classé monument historique depuis 1994, alors que les vestiges de la galerie sud sont, eux, inscrits depuis 1993[1]. Il abrite de nos jours la mairie et l’office de tourisme de la commune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00101224, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. http://www.ville-coulonges-sur-lautize.fr/commune/chateau/chateau.htm
  3. Benjamin Fillon, Lettres écrites de la Vendée à M. Anatole de Montaiglon, p.10, Librairie Tross, Paris 1861 ainsi que Jean Favier, Louis XI, p.596, Fayard, Paris 2001
  4. Jacques Heers, Louis XI, p.68-69, Perrin, Paris 2003
  5. Jacques Heers, Louis XI, p.71, Perrin, Paris 2003
  6. Jean Favier, Louis XI pp.121-122, Fayard, Paris 2001
  7. google book
  8. Jean Plattard, Vie de François Rabelais chapitre III Au service de Geoffroy d'Estissac, Évêque de Maillezais p.29-30, 1928

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]