Château de Cormatin

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Château de Cormatin
Image illustrative de l'article Château de Cormatin
Période ou style Renaissance
Début construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Antoine du Blé d'Uxelles
Destination initiale Demeure de plaisance
Destination actuelle Habitation privée
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1903)
 Inscrit MH (1995)
Site web http://www.chateaudecormatin.com
Coordonnées 46° 32′ 35″ nord, 4° 41′ 03″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Saône-et-Loire
Commune Cormatin

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Château de Cormatin

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne

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Château de Cormatin

Le château de Cormatin est situé sur la commune de Cormatin en Saône-et-Loire, dans une île de la rivière Grosne. Construit au début du XVIIe siècle, il conserve des détails d'origine rares comme son escalier et la décoration de certaines pièces. Le château est classé monument historique en 1862 et 2003 et diverses parties du parc sont inscrites en 1995[1].

Description[modifier | modifier le code]

Seuls subsistent, encadrant une cour d'honneur, le corps de logis principal et une aile disposée en retour d'équerre. Sur ses trois angles extérieurs, l'ensemble est flanqué de pavillons demi-hors œuvre eux-mêmes flanqués sur leurs angles intérieurs de tourelles en surplomb sans valeur défensive. Le corps de logis principal ouvre sur la cour d'honneur par une porte inscrite dans une travée dorique couronnée d'un édicule que surmonte un fronton encadrant un buste décapité. On y accède par un perron de cinq marches. Ce corps de logis comprend au centre de sa façade occidentale un avant-corps d'une travée. L'aile en retour d'équerre ouvre sur la cour par une porte inscrite entre deux pilastres ioniques.

Au milieu de l'aile nord, l'escalier à cage vide est le plus ancien de ce type conservé en France[réf. nécessaire]. Au rez-de-chaussée, les pièces (appartements de la Marquise d'Uxelles notamment) ont conservé leurs cheminées de bois sculpté, leurs lambris encadrant des panneaux de cuir de Cordoue, leurs plafonds à la française délicatement peints, leur mobilier, leurs tableaux attribués à Claude Gelée, Lesueur, Mignard, Nattier, Rigaud, Van de Velde et Velasquez. L'un des plus anciens plafonds est celui, « à ciel », du cabinet des curiosités ; le lapis-lazuli et les dorures du cabinet Sainte-Cécile facilitent le reflet des bougies et donc la lecture.

Le domaine comporte un parc de douze hectares avec parterres fleuris, grand labyrinthe de buis et potager à l'ancienne. Un jardin ordonné a existé dès 1620, soit à l'époque de la construction du château actuel. Simplifié au début du XVIIIe siècle, paysagé vers 1785 avec plantation d'arbres rapportés d'Amérique par Pierre Desoteux après la guerre d'Indépendance (tulipiers, cyprès chauves, etc.). Le jardin est détruit vers 1815 pour trouver la terre nécessaire au comblement des douves. Il a été recréé à partir de 1990 après remise en place des terrains.

Le château, a été classé Monument historique par liste en 1862 puis par arrêté le 2 février 1903. Une partie des jardins, les douves, le terre-plein, le canal et le miroir d'eau, ainsi que le mur de clôture ont été inscrits monument historique le 19 janvier 1995. C'est une propriété privée qui est ouverte au public. Il est accessible par la ligne no 7 du réseau Buscéphale (les autocars départementaux de Saône-et-Loire)

Historique[modifier | modifier le code]

  • XIIIe siècle : la famille du Blé est propriétaire du fief.
  • 1605 : Antoine du Blé d'Uxelles, petit noble de la région, devient un chef militaire durant les guerres de religion pendant lesquelles il s'enrichit[2]. Henri IV le nomme gouverneur militaire de Chalon[2]. Antoine du Blé fait alors construire l'actuel château dans le style Renaissance mais en lui donnant un aspect d'architecture militaire (sous-bassement à bossage, tourelles d'angles, canonnières), inspiré de la citadelle de Chalon[2], affirmant ainsi sa nouvelle position sociale en Bourgogne[2].
  • 1627 : Jacques du Blé, fils du précédent, époux de Claudine Phelypeaux, proche de la reine Marie de Médicis[2], réalise la décoration intérieure dans le goût de l'époque[2], faisant venir de Paris plus de soixante tableaux.
  • 1629 : séjour au château de Louis XIII et de Richelieu.
  • 1730 : au décès du maréchal d'Uxelles, dernier représentant de cette famille, cité par Saint-Simon dans ses Mémoires, le domaine passe entre les mains d'Henri-Camille de Beringhem, gouverneur de Chalon.
  • 1766 : celui-ci revend le domaine à Jean-Gabriel Verne dont la fille, d'abord mariée à Antoine Viard de Sercy, épouse Pierre Desoteux, homme qui participera à la guerre d'Indépendance américaine puis qui fut mêlé, sous le nom de baron de Cormatin, à la révolte des Chouans (il mourra en 1812 en état de démence).
  • 1809 : ayant divorcé deux fois pour sauver son bien, Geneviève-Sophie Verne finit par vendre ses terres au général Étienne Maynaud Bizefranc de Lavaux.
  • 1810 : celui-ci cède le château à Joseph-Laurent Salavin, industriel lyonnais qui confie à un certain Girardet, ex-prêtre, la transformation en manufacture d'indienne de l'aile méridionale du château ; le bâtiment, ébranlé par la destruction de murs porteurs, devra toutefois être détruit, opération dans laquelle l'industriel devait trouver la mort ; le château n'ayant pas été payé, il retourne à Étienne Maynaud Bizefranc de Lavaux.
  • Dans les années 1810, le poète Lamartine, alors âgé d'une vingtaine d'années fréquente Nina de Pierreclau, la fille de la propriétaire dont il aura un fils, Léon de Pierreclau, qui naitra au château[2].
  • 1828 : la fille du général, mariée à Charles Brosse, en hérite.
  • 1843 : la fille naturelle du précédent, Marguerite Verne, épouse Pierre-Henri de Lacretelle ; les Lacretelle continuent de recevoir régulièrement Lamartine. Celui-ci fera son dernier discours politique sur les marches du château juste avant l'avènement du Second Empire[2].
  • 1888 : naissance au château de l'écrivain Jacques de Lacretelle.
  • À la fin du XIXe siècle, Raoul Gunsbourg fait l'acquisition du château[2], dont il aménagera certaines pièces dans le style Belle Époque. D'origine roumaine, après avoir dirigé des théâtres à Moscou, Raoul Gunsbourg fut le directeur pendant plus de 50 ans de l'opéra de Monte-Carlo. Il recevra à Cormatin de nombreux chanteurs d'opéra qui venaient y répéter[2]. Gunsbourg deviendra le maire du village et donnera chaque année un opéra dans les jardins du château, chanté par de grands ténors de l'époque, dont Caruso[2].
  • 11 juillet 1925 : Raoul Gunsbourg vend le château à James Plain, industriel (récupérateur d'huiles usagées à Chalon-sur-Saône)[3].
  • 1973 : James Plain revend la propriété, avec son mobilier, à M. Loret de Sainte-Croix.
  • 1980  : après son acquisition par des agents immobiliers, le château en partie en ruines, cernée par la végétation et des prairies marécageuses[2], est racheté par Marc Simonet-Lenglart (à l'époque chargé de mission auprès de Jack Lang, au Ministère de la culture), Pierre Almendros et Anne-Marie Joly qui vont le rénover et qui en sont aujourd'hui toujours les propriétaires.
  • À partir de 1981, le président François Mitterrand, amateur de Lamartine, y fera des passages réguliers[2].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00113246, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Cormatin, dans la série documentaire Histoire de chateau, réalisé par Michael Kazan, coproduit par Luka Prod et Electron libre Prod, 2004.
  3. « Un bureau dit "de Lamartine" au Museon Frederi Mistral », article de Robert Testot-Ferry paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 117 d'avril 1999, pages 2 et 3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri-Stéphane Gulczynski, La construction du château de Cormatin. Nouvelles approches sur l'historique des travaux, à propos de documents inédits relatifs à Guillaume Tabourot, p. 25-38, Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 1996, no 154-1 (Lire en ligne)
  • R. Violot, Mémoire de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, 1940.
  • M. Clergeat, Le château de Cormatin en Saône-et-Loire.
  • Alphonse Fargeton, Lamartine à Cormatin, Annales de l'Académie de Mâcon, Mâcon, Protat Frères, 1962-1963 (pp. 23-27).
  • Frédéric Brochot, La construction du château de Cormatin, revue « Images de Saône-et-Loire » n° 77 (printemps 1989), pp. 3-7.
  • André Jeannet, Contribution à l'étude du château de Cormatin, revue « Images de Saône-et-Loire » n° 97 (avril 1994), pp. 2-7.

Articles connexes[modifier | modifier le code]