Château de Cavagnac

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Château de Cavagnac
Image illustrative de l'article Château de Cavagnac
Nom local Château de Cavagnac
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Guillaume-Robert de Cavagnac
Propriétaire actuel famille Desplaces
Destination actuelle propriété privée
Protection  Inscrit MH (2013)
Coordonnées 45° 00′ 28″ nord, 1° 38′ 26″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Quercy
Région Occitanie
Département Lot
Commune Cavagnac

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Le château de Cavagnac est un château français situé sur la commune de Cavagnac dans le département du Lot.

Historique[modifier | modifier le code]

Le château[modifier | modifier le code]

Le château est construit sur le site d’une ancienne villa romaine. La Villa Cavaniacus est mentionnée dès 868 dans le cartulaire de Beaulieu[1].

Le château de Cavagnac date pour sa partie la plus ancienne du XIIe siècle, date à laquelle sont élevés les premiers murs par la famille Robert dite « Robert de Cavagnac ». De cette époque subsiste le donjon dont on voit encore les restes de mâchicoulis et une haute tour dite « romane » ou « Sarrasine ».

La seigneurie de Cavagnac est tenue par les Robert de Cavagnac sous la suzeraineté des abbés de l'abbaye Saint-Pierre de Beaulieu-sur-Dordogne depuis le milieu du XIIe siècle[2].

Guillaume-Robert, seigneur de Cavagnac, rend hommage à l'abbé de Beaulieu pour son château vers 1180. En 1142, Guillaume-Robert de Cavagnac, agissant conjointement avec le vicomte de Turenne, permet à la constitution de la grange cistercienne de Saint-Palavy.

Son fils Bernard-Robert est cité dans un acte de 1194 dans lequel il est écrit que les seigneurs de Cavagnac tiennent le château des abbés de Beaulieu auxquels ils ont prêté de tout temps serment d'obéissance et de fidélité. Ils ont le droit d'être enterré dans le cimetière de l'abbaye de Beaulieu. Les seigneurs de Cavagnac doivent aussi hommage aux prieurs de Friac pour des fiefs qu'ils possèdent dans les paroisses de Cavagnac et de Condat[3].

Ces liens entre les seigneurs de Cavagnac et l'abbaye de Beaulieu n'empêchaient pas des relations avec l'abbaye d'Aubazine comme on peut le constater dans l'acte de 1194.

En 1351, Rigald de Cavagnac, descendant direct de Guillaume-Robert, prête serment, tête nue, au vicomte de Turenne sur le pont du Rhône à Avignon, pour ses possessions de Cavagnac. Mais il n'était plus le seul seigneur de Cavagnac et partageait ses droits avec le chevalier Guillaume de Vassal. La suzeraineté sur Cavangnac était passée des abbés de Beaulieu au vicomte de Turenne Guillaume-Roger de Beaufort, neveu du pape Clément VI.

En 1365, Bertrand, seigneur de Cavagnac, est le lieutenant du vicomte de Turenne Guillaume Roger de Beaufort quand ce dernier reconnaît Charles V pour son seigneur et fait sa soumission par son intermédiaire auprès de Louis d'Anjou, lieutenant du roi en Languedox[4].

À la fin du XIVe siècle la famille de Guiscard, ou Giscard, originaire de Gagnac, hérite du château par le mariage de Bertrand de Guiscard avec Y. de Cavagnac. Elle habite le château et détient les droits de haute justice dans la Vicomté de Turenne. Antoine de Guiscard est seigneur de Cavagnac en 1454[5]. Lui succède son neveu, Antoine de Guiscard, seigneur de Cornac, qui dénombre au roi en 1504[6].

La seigneurie de Cavagnac devient une baronnie au XVIIe siècle.

Le château féodal laisse la place au XVIe siècle à un nouveau château, flanqué d’un monumental corps de logis au milieu du XVIIIe siècle dont la façade est remarquable de sobriété.

Le château reprend les plans de l’architecture d’une belle demeure parisienne et témoigne du gout et de la puissance des Guiscard qui occupe le site sans interruption durant cinq siècles jusqu’à la Révolution. En cette période troublée le château est attaqué par des villageois, le blason de la famille, gravé sur une pierre énorme logée au centre de la façade dans la cour d’honneur, est rogné tel qu’on le voit encore aujourd’hui.

Pour finir le château est saisi et vendu comme « Bien National ». Les Guiscard s’éteignent en 1790 avec le décès de Jean Pierre de Guiscard, baron de Thédirac, seigneur de Cavagnac et autres lieux époux de Paule Augustine de Plas, issue de la noble maison des Plas de Curemonte. Les liens entre les deux familles ne s’arrêtent pas là puisque Marie Madeleine de Guiscard, la sœur de Jean-Pierre de Guiscard, avait épousé le marquis de Plas de Curemonte.

Famille de Plas[modifier | modifier le code]

C’est un descendant de la famille des Plas, branche des comte Desplaces qui est aujourd’hui propriétaire du château de Cavagnac.

Un salon de Cavagnac porte leur nom…

Marie Angélique de Scorailles de Roussille, (1661-1681) duchesse de Fontanges est la fille d’Aimé Eléonore de Plas de Curemonte et du Marquis de Scorailles. D’une incroyable beauté elle est présentée à la cour et tombe sous le charme du roi dont elle devient juste avant madame de Maintenon, la dernière favorite. Élevée par Louis XIV à Versailles au rang de Duchesse, elle meurt enceinte d’un enfant du roi dans d’atroces souffrances à l’âge de 20 ans sans doute empoisonnée.

Gustave, comte Desplaces, (1820-1869) issue de la famille des Plas, branche du Quercy, entre à l’école polytechnique sous la Monarchie de Juillet. Son père le comte Claude Desplaces ayant été secrétaire du baron d’Haussez, ministre de Charles X.
Président de la délégation technique près de la Chambre des pairs chargés d’établir la première charte du Chemin de fer, -(il n’avait que 22 ans !!!), Gustave Desplaces est l’un des principaux artisans du développement des chemins de fer en France dans la première moitié du XIXe siècle. En 1852 il construit le pont de Tarascon qui enjambe encore aujourd’hui le Rhône, reliant ainsi la Provence au Languedoc. On lui doit aussi notamment la gare Saint-Charles à Marseille et les docks de la Joliette, le chantier le plus cher du Second Empire. Décoré de la légion d’honneur à l’âge de 30 ans par Napoléon III il épouse Alice Dumalle de Colonjon, -fille de Reine de Montgolfier et nièce de Marc Seguin, l’inventeur de la chaudière tubulaire, qui lui donne deux fils dont l’écrivain comte Henri Desplaces (1869-1922), grand-oncle de l’actuel propriétaire de Cavagnac.

Protection[modifier | modifier le code]

Le château a été inscrit au titre des monuments historiques en 2013[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cartulaire de Beaulieu - Charte CLIII (lire en ligne)
  2. Cartulaire de Beaulieu - Charte CXCVI (lire en ligne)
  3. G. Lacoste 1884, p. 105-106
  4. P. Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de St Martial apôtre des Gaules et principalement de l'Aquitaine et du Limousin, 3e partie, p. 665, Antoine voisin libraire et imprimeur, Limoges, 1685 (lire en ligne)
  5. T. Pataki 1991, p. 101
  6. Louis d'Alauzier 1985, p. 40
  7. « Site castral », notice no PA46000060, base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Lacoste, Histoire générale de la province de Quercy, tome 2, p. 105-106, J. Girma libraire-éditeur, Cahors, 1884 (lire en ligne)
  • Edmond Albe, Les possessions de l'abbaye d'Obazine dans le diocèse de Cahors et les familles du Quercy, Roche, Brive, 1911
  • Pierre Flandin-Bléty, Notes sur la justice ordinaire de Cavagnac-en-Quercy, vicomté de Turenne (du XIIe au XVIIIe siècle), p. 183-210, dans Bulletin de la Société des études du Lot, 1965, tome 86
  • Louis d'Alauzier, Le dénombrement de 1504 en Quercy pour le ban et l'arrière-ban, p. 40, dans Bulletin de la Société des études du Lot, 1985, tome 106
  • Catherine Didon, Châteaux, manoirs et logis. Le Lot, p. 51, Editions Patrimoine & medias, Chauray, 1996 (ISBN 978-2-910137-18-2)
  • Tibor Pataki, Hommages rendus au vicomte de Turenne (1427-1439, 1453-1488), p. 101, dans Bulletin de la Société des études du Lot, 1997, tome 118
  • Colette Chantraine, Le Lot. Jardin du Ségala. Saint-Céré. Bretenoux, p. 36, Les éditions du Laquet, Martel, 1994 (ISBN 978-2-910333-00-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]