Château de Calmont d'Olt

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Château de Calmont d’Olt
image illustrative de l’article Château de Calmont d'Olt
Le château de Calmont d'Olt, vu depuis l'ouest.
Période ou style Moyen Âge
Type Château fort
Début construction 883 ? jusqu’à (899)
Protection Logo monument historique Classé MH (1992)
Site web http://www.chateaucalmont.org
Coordonnées 44° 31′ 17″ nord, 2° 44′ 31″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aveyron
commune française Espalion

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Château de Calmont d’Olt

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Château de Calmont d’Olt

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Château de Calmont d’Olt

Le château de Calmont d'Olt est un château fort français situé à Espalion, dans le département de l'Aveyron. Perché sur un dyke basaltique à 535 mètres d'altitude, il surplombe de 200 mètres la ville d'Espalion et la vallée du Lot, offrant une vue panoramique sur les monts d'Aubrac.

Le château, ses enceintes et les vestiges de la chapelle font l'objet d'une protection au titre des monuments historiques.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, Calmont contient la racine pré-indo-européenne calm-, très fréquente pour désigner une hauteur dénudée. Olt est le nom occitan du Lot dont le château domine la vallée ; cette mention permet de distinguer le site de la commune de Calmont, également appelée Calmont-de-Plancatge, au sud de Rodez, dans le même département, et de celle de Calmont, dans la Haute-Garonne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plan du château.

Le château, en son état actuel, est un jalon important dans l'histoire de la castellologie du Rouergue médiéval. C'est un témoin de la mutation architecturale d'un site castral entre les XIe et XVe siècles faisant principalement l'objet d'une adaptation aux progrès techniques de la guerre de Cent Ans.

En 883 est mentionné pour la première fois l’aice Calvomontensis qui semble alors constituer le pôle défensif éponyme d'une viguerie carolingienne. La famille seigneuriale qui s'éteindra en même temps que Raimond de Calmont d'Olt, évêque de Rodez en 1297, passe pour avoir été un puissant lignage féodal issu de l'administration carolingienne. Jouissant d'une position stratégique et symbolique forte sur la vallée du Lot et la ville d'Espalion, le château de Calmont d'Olt a probablement toujours eu une vocation militaire. Il commandait la route allant de Rodez vers l'Aubrac et plus largement le franchissement sur le Lot de l'axe routier commercial Toulouse-Rodez-Lyon. L'enceinte basse érigée au XVe siècle et flanquée de huit bastions (tours ouvertes à la gorge) réaffirme le rôle de Calmont d'Olt, durant la guerre de Cent Ans.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 883 : première mention écrite connue de Calmont d'Olt.
  • 1060 : les vassaux de Perse obtiennent librement de Hugues de Calmont d'Olt, leurs terres pour lesquelles ils sont redevables d'une rente ou « cens ».
  • 1060 : Hugues de Calmont d'Olt donne à Conques l'alleu du fief de Perse ainsi que la moitié du tonlieu du sel sur le pont d'Espalion au franchissement du Lot.
  • 1100 : les seigneurs de Calmont d'Olt perçoivent un droit de péage sur le pont d'Espalion, et participent à la fondation de l'hôpital d'Aubrac.
  • 1144 : Guillaume de Calmont d'Olt, évêque de Cahors, donne aux cisterciens des terres qui permettront d'établir l'abbaye Notre-Dame de Bonneval.
  • 1161 : première mention du château.
  • 1165 : mention de la commanderie templière d’Espalion.
  • 1214 : Bégon III de Calmont d'Olt participe à l'hommage que rend Hugues, comte de Rodez, à Simon de Montfort.
  • 1226 : Louis VIII, roi de France, regagne sa capitale après être allé combattre les albigeois. Passant par Espalion, il reçoit hommage lige de Guillaume de Calmont (tête nue, un genou à terre, sans épée ni ceinture ni éperon).
  • 1266 : première charte communale qui règle les rapports entre la ville d'Espalion et le seigneur de Calmont d'Olt.
  • 1278 : Raimond de Calmont d'Olt, évêque de Rodez, et seigneur de Calmont d'Olt pose la première pierre de la cathédrale.
  • 1337 : début de la guerre de Cent Ans, le roi Philippe VI confisque la Guyenne, Édouard III d'Angleterre revendique le trône de France.
  • 1341 : Espalion fournit des hommes pour la guerre de Gascogne.
  • 1345 : Hugues III de Castelnau-Bretenoux, baron de Calmont d’Olt, est fait prisonnier par Henry de Lancastre au siège de Bergerac.
  • 1348 : la peste noire décime un tiers de la population du Rouergue.
  • 1350 : Jean Ier de Castelnau, baron de Calmont d’Olt, fidèle du roi de France, reçoit successivement les titres de gouverneur en Guyenne et de capitaine général en Languedoc.
  • 1356 : les « Englès » investissent la ville d'Espalion.
  • 1360 : traité de Brétigny qui cède le Rouergue aux Anglais.
  • 1362 (7 mars) : le lieutenant anglais Jean Chandos délivre la ville tenue par Jehan Emerit et se rend au « castel » pour y recevoir l’hommage des consuls.
  • 1364 : saccage d'Espalion par des routiers (les soudards d'Arnaud de Cervole).
  • 1369 : Louis d’Anjou reprend le Rouergue aux Anglais.
  • 1374 : Charles V cède à Jean II d'Armagnac la baronnie de Saint-Geniez-de-Rive-d’Olt dont dépend la baronnie de Calmont d’Olt.
  • 1437 : Charles VII est de passage à Espalion.
  • 1455 (5 juillet) : confirmation du consulat et des privilèges d'Espalion par Antoine de Castelnau Caylus, baron de Calmont d’Olt.
  • 1512 : Jacques de Castelnau-Caylus, baron de Calmont d’Olt, confirme les privilèges d'Espalion.
  • 1528 (11 juillet) : Jean III de Castelnau-Caylus, baron de Calmont, confirme les privilèges d'Espalion.
  • 1533 : passage de François Ier à Espalion.
  • 1591 : Alexandre de Castelnau-Clermont-Lodève, baron de Calmont d’Olt, reçoit l’hommage à Saint-Côme-d'Olt du noble Guion de Bonnafous, seigneur de Roquelaure. Le 15 décembre, confirmation des privilèges d'Espalion.
  • 1595 : saccage du château par des Espalionnais. Goffre, capitaine du château de Calmont d’Olt et huit hommes de garnison environ[Quoi ?].
  • 1597 : deux habitants d’Espalion séquestrés au château.
Vue du château depuis le donjon (1833).
  • 1621 : Alexandre de Castelnau-Clermont, baron de Calmont d’Olt, assassiné à Espalion.
  • 1624 : le comte d’Apcher s’empare du château de Calmont d’Olt.
  • 1624 (10 et 13 août) : état des lieux du château de Calmont d’Olt, Jean Conquet garde et concierge.
  • 1627 (28 mai) : Gabriel Aldounce de Castelnau traite avec Jean Sabatier, maçon de Saint-Côme d'Olt « pour la reconstruction de la grande tour du château de Calmont, côté ouest, en grande partie ruinée ».
  • 1649 (29 octobre) : le vicomte d'Arpajon s’empare du château sans combat.
  • 1671 : état des lieux du château de Calmont d’Olt.
  • 1679 : François Moulorze de Villehaux, capitaine du château de Calmont d’Olt.
  • 1692 : état des lieux du château de Calmont d’Olt, « deux gabions à refaire entièrement… pont-levis à refaire… une tour abattue ».
  • XVIIIe siècle : le château aurait fait l'objet d'une occupation temporaire par des faux monnayeurs.
  • 1833 : gravure de Bichelois montrant le château en ruine et son occupation agro-pastorale.

Liste des seigneurs de Calmont d'Olt[1][modifier | modifier le code]

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Famille de Calmont d'Olt[modifier | modifier le code]

  • Hugues Ier de Calmont d'Olt (vers 1000-?), marié à une dame nommée Engelberge, seigneur de Calmont ;
  • Huges II de Calmont d'Olt, marié vers 1040 à une dame nommée Foi, seigneur de Calmont ;
  • 1065 : Bégon Ier de Calmont d’Olt (< 1065-> 1092), fils du précédent, marié à une dame nommée Florence, chevalier, seigneur de Calmont ;
  • 1120 : Geoffroi de Calmont d'Olt, fils du précédent, seigneur de Calmont ;
  • 1169 : Bégon II de Calmont d’Olt (?-< 1175), fils du précédent, chevalier, seigneur de Calmont ;
  • 1175 : Bégon III de Calmont d’Olt (< 1175-> 1214 ), fils du précédent, seigneur de Calmont ;
  • 1226 : Guillaume de Calmont, fils du précédent, seigneur de Calmont ;
  • 1245 : Bégon IV de Calmont d’Olt (?-> 1284), fils du précédent, seigneur, puis baron de Calmont en 1245. Il eut trois filles ;
  • 1278 : Raimond de Calmont d'Olt (?-1298), frère du précédent, évêque de Rodez, et seigneur de Calmont d'Olt, fin du lignage des Calmont d'Olt.

Famille Pelet[modifier | modifier le code]

  • 1298 : Pierre Ier Pelet (?-1309), seigneur d'Alès, hérite de la baronnie de Calmont d'Olt de Raimond de Calmont d'Olt ;
  • 1309-vers 1315 : Raimond Pelet (?-vers 1315) par la succession de Pierre, son fils, époux d'Alixent de Calmont, fille de Bégon IV.

Famille de Castelnau[modifier | modifier le code]

Branche de Calmont

  • 1315 : Hugues III de Castelnau-Bretenoux, baron de Calmont d’Olt (?-1350), marié à Aiguiline Duèze (?-1323), nièce du pape Jean XXII, puis à Maralde de Canillac, sœur du cardinal Raymond de Canillac et de Garine, épouse de Gerbert de Thémines ;
  • 1350 : Jean Ier de Castelnau, baron de Calmont d’Olt (1350-1395), dixième baron de Castelnau, gouverneur en Guyenne et capitaine général en Languedoc, n'ayant pas d'enfants de Marguerite de Villemur sa femme, il institue son neveu Pons de Caylus comme héritier.

Famille de Caylus[modifier | modifier le code]

  • 1395 : Pons Ier de Castelnau-Caylus, baron de Calmont d’Olt (?-1419), hérite par suite de l'extinction de la maison primitive de Castelnau, dont le dernier rejeton Jean Ier de Castelnau-Calmont, qui était son parent, le fit héritier de tous ses biens. Il est marié à Bourguine Guilhem de Clermont-Lodève ;
  • 1419 : Antoine de Castelnau-Caylus, baron de Calmont d’Olt (?-1465), fils du précédent, épouse en 1436 Catherine de Chauvigny ;
  • 1465 : Jean II de Castelnau-Caylus, baron de Calmont d’Olt (?-1505), fils du précédent, épouse Anne de Culant. Conseiller et chambellan de Louis XI ;
  • 1505 : Jacques de Castelnau-Caylus, baron de Calmont d’Olt (?-1514), fils du précédent, sans descendance, époux de Françoise de La Tour ;
  • 1514 : Jean III de Castelnau-Caylus, baron de Calmont d’Olt (?-1530), frère du précédent, sans descendance de Charlotte de Rochefort.

Famille de Clermont-Lodève[modifier | modifier le code]

  • 1530 : Pierre Guilhem de Castelnau-Clermont-Lodève, baron de Calmont d’Olt (?-1537), est neveu du cardinal Georges d'Amboise. Il hérite des biens de la branche des Castelnau-Caylus ses cousins. Il est marié à Marguerite de La Tour ;
  • 1537 : Gui Ier de Castelnau-Clermont, chambellan de François Ier, sénéchal de Carcassonne, baron de Calmont d’Olt (-1544). Marié à Louise de Bretagne d'Avaugour ;
  • 1544 : Gui II de Castelnau-Clermont-Lodève, baron de Calmont d’Olt, sénéchal de Toulouse en 1566 (-1580). Il décède lors de la prise de Cahors par les protestants ;
  • 1580 : Alexandre de Castelnau-Clermont-Lodève, baron de Calmont d’Olt (?-1621) ;
  • 1621 : Gabriel-Aldonce de Castelnau-Clermont, baron de Calmont d’Olt (?-7 août 1657). Marié en 1626 à Marie-Madeleine de Nantouillet ;
  • 1657 : Louis de Guilhem de Castelnau-Clermont, baron de Calmont d’Olt (?-1669). Meurt au siège de Cambrai ;
  • 1669 : Louis II de Guilhem de Castelnau-Clermont, baron de Calmont d’Olt (?-1703). Marié en 1698 à Jeanne-Thérèse-Pélagie d'Albert de Luynes, fille de Louis Charles d'Albert de Luynes.

Famille d'Albert de Luynes[modifier | modifier le code]

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Espalion4299.jpg

Le site du château est inscrit le [2].

En grande partie ruiné, le château est racheté en 1987 par Thierry Plume qui le rénove graduellement. Le château est inscrit au titre des monuments historiques le [2]. Le château et les maigres vestiges de la chapelle, y compris la deuxième enceinte, font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques le [3]. À partir de cette date et avec le concours des Bâtiments de France, du Service régional de l'archéologie, et grâce au secours de bénévoles qui secondent durant les étés l'équipe du château, le site renaît petit à petit.

En 2006, de nouveaux éléments de datation apparaissent. Le dégagement d'une partie des éboulis engorgeant la tour longe a révélé à l'archéologue une clé de voûte, ainsi qu'une triple arcature romane, faisant office de jour. Ces éléments permettent donc d'en situer la construction au XIe ou au XIIe siècle (architecture civile/militaire).

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château est constitué d'une enceinte haute avec donjon de l'an mil, corps de logis et deux tours, ainsi que d'un rempart bas à huit tours ouvertes à la gorge du XVe siècle. De la chapelle castrale extérieure à l'enceinte basse, il ne subsiste qu'un petit pan de mur.

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Tourisme[modifier | modifier le code]

Le château fait partie de la Route des Seigneurs du Rouergue[4] qui regroupe 24 châteaux et a obtenu en 1997 le Trophée du Tourisme culturel en Midi-Pyrénées.

La mise en valeur du site se fait autour du thème de la poliorcétique. Des machines de guerre ont été reconstituées grandeur nature. Les spectateurs peuvent assister, toute l'année, à des jets de projectiles avec :

Les visiteurs peuvent également participer à d'autres animations (tir à l'arc, à l'arbalète, joute d'épées (quintaine), fabrication d'une cotte de mailles) ; une librairie sur le thème du Moyen Âge est à disposition. Tous les fonds issus de l'activité touristique sont réinjectés dans le site (emplois, matériaux de constructions, recherches).

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste-Pierre Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, et des maisons princières de l'Europe, vol. 8, Paris, M. le chevalier de Courcelles, , 12 vol. in-4 (notice BnF no FRBNF30279778, lire en ligne), p. 389.
  2. a et b Vestiges du château et de la chapelle de Calmont-d'Olt, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimone, consultée le 27 janvier 2018.
  3. « Vestiges du château et de la chapelle de Calmont-d'Olt », notice no PA00094233, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 26 janvier 2018.
  4. Route des Seigneurs du Rouergue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Affre, Simples récits sur Espalion, 1850 (réédition, Lacour, 2005).
  • F. de Gournay, Le Rouergue au tournant de l'An Mil, Toulouse, Méridiennes, 2004.
  • J. Miquel, Calmont d'Olt en Rouergue, Rodez, IFAG, 1989.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]