Château de Brionne

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Château de Brionne
Image illustrative de l'article Château de Brionne
Donjon du château de Brionne.
Type château
Début construction XIe siècle
Destination actuelle Domaine public
Protection  Inscrit MH (1925)
Logo site naturel positif.svg Site classé (1925)
Coordonnées 49° 11′ 43″ nord, 0° 43′ 23″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Eure
Commune Brionne

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Château de Brionne

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Château de Brionne

Le donjon de Brionne est ce qui reste aujourd'hui du château situé dans le département de l'Eure en Normandie.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le donjon de Brionne se situe dans la commune de Brionne dans le nord-ouest du département de l'Eure. Les ruines de cet ancien château s’élèvent sur une pointe de coteau. Elles dominent toute la ville offrant ainsi de nombreuses perspectives sur l'ensemble de la vallée de la Risle[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Les historiens pensent qu'il existait un fort à l'époque romaine, à ce carrefour important entre Lisieux, Pont-Audemer, Rouen et Évreux.

Selon Orderic Vital, Godefroi de Brionne, comte d'Eu, reçoit de son père le château et le comté de Brionne. Robert de Torigni parle plutôt d'une simple cession de la forteresse, de plus par volonté de Richard II. Ce qui est sûr, c'est que Godefroi était au moins le châtelain de Brionne[2].

Au milieu des années 1040, Gui de Brionne possède les importants châteaux forts de Brionne, sur la Risle, et de Vernon, sur la Seine[3]. Il les a reçus après la mort de Gilbert de Brionne (mort vers 1040)[3], tuteur du duc Guillaume. Il a aussi reçu la seigneurie de Brionne avec le titre de comte[4]. Blessé à la bataille du Val-ès-Dunes, en 1047, il échappe à la capture sur le champ de bataille[3]. Il se réfugie alors dans son château de Brionne, avec une importante troupe armée, et en renforce les fortifications[3]. Il aurait fallu trois ans au duc Guillaume pour l'en déloger[3].

Vue du château depuis le centre ville de Brionne

Orderic Vital explique que Guillaume le Conquérant a confié le château d'Ivry à la garde de Roger de Beaumont mais que vers 1089, le nouveau duc, Robert Courteheuse, cède la forteresse à Guillaume de Breteuil. En compensation, Roger reçut le château de Brionne. Un autre chroniqueur, Robert de Torigni, donne une version légèrement différente : le fils de Roger de Beaumont, Robert Ier de Meulan, aurait demandé au duc d'échanger Ivry contre Brionne, ce qu'il obtient.

En 1090, un événement brouille Robert de Meulan et Guillaume le Roux. Il revendique la possession du château d'Ivry car il est selon lui une dépendance du château de Brionne, que son père a précédemment obtenu du duc Robert[5]. Ce dernier, poussé par un groupe de courtisans hostiles au Beaumont, l'emprisonne et s'empare de Brionne[5]. Après de délicates négociations, le père obtient la libération de son fils[5]. En 1094, Roger meurt et son fils reprend la succession de ses importantes terres normandes qui comprennent notamment les châteaux de Pont-Audemer, Brionne et Beaumont[5].

Le donjon que nous voyons aujourd'hui a probablement été érigé par Robert Ier de Meulan, seigneur de Brionne, en remplacement d’une fortification plus ancienne située sur un îlot de la Risle, au cœur du bourg, et qui avait subi au moins deux sièges en 1047 et 1090. En 1124, la nouvelle tour doit à son tour subir un long siège mené par Henri Ier Beauclerc contre Galéran de Meulan, fils de Robert.

Philippe Auguste s'en empare en 1194.

Il est partiellement détruit en 1735 pour la construction de moulins sur la Risle.

La ville de Brionne entreprend des travaux de consolidation de l'édifice de 1994 à 1996[6]. À la même époque, des recherches architecturales sont entreprises par M. Brabant. Ainsi, plusieurs pièces de bois ainsi qu'une poutre horizontale sont prélevées en vue d'une datation par la dendrochronologie. Mais leur mauvais état de conservation n'a pas permis d'obtenir de résultats sur l'histoire et sur l'architecture du donjon[6].

Architecture[modifier | modifier le code]

Selon toute vraisemblance, le château de Brionne a été érigé à la fin du XIe siècle, voire au premier quart du XIIe siècle [7]. Construit sur un plan carré, il possède des murs épais d'environ 1 m à la base, mais cette épaisseur augmente aux angles et sur les côtés, à l'emplacement des contreforts plats extérieurs[6].

Seule la façade sud est relativement bien conservée. Son examen permet de distinguer trois niveaux[6] :

  • un niveau inférieur accessible depuis une porte (ou une fenêtre ?) aménagée dans le mur ouest[6] ;
  • un premier étage dont le plancher reposait sur des solives qui s'appuyaient elles-mêmes sur trois sommiers. Deux grandes baies se trouvaient du côté nord et éclairaient une grande salle dont la hauteur est estimée à 4,20 m[6] ;
  • enfin, des combles qui surmontaient l'étage. Ces combles étaient dominées par un toit en bâtière[6], c'est-à-dire à deux versants opposés et à pignons découverts. Sur le mur nord-ouest, subsiste le solin ou le rampant d'un pignon[8] grâce auquel il a pu être établi que la pente du toit était de 10 %[6].

Toutefois, l'organisation décrite ci-dessus, qui correspond à l'architecture visible aujourd'hui, n'est pas celle d'origine. En effet, lors de sa construction, le château est fait de "moellons noyés dans le mortier et consolidés ça et là par des longines de bois"[8]. Il semblerait qu'à la fin du XIIe siècle[Note 1], il fait l'objet de travaux importants : ainsi, il reçoit un double revêtement, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, de pierres de taille[8]. Le glacis en escalier, semblable à celui qui se trouve au pied des contreforts du donjon de Conisborough, semblerait dater de la même époque[8].

Par ailleurs, la porte qui se trouve dans le mur ouest est certainement ultérieure à la construction de l'édifice, car, à l'époque, les donjons romans étaient habituellement aveugles[6].

Restes du piédroit d'une ancienne cheminée

En outre, le premier étage résulterait de la fusion de deux niveaux différents. En effet, des traces de deux voûtes comblées superposées sont visibles dans le mur ouest[6]. La voûte inférieure correspond à un espace qui est agrémenté d'une cheminée dont l'un des piédroits, surmonté d'un chapiteau sculpté, existe toujours. Il apparaît donc peu probable que ces deux niveaux antérieurs aient été des galeries de circulation.

Sur la face interne du mur nord, à droite de chacune des fenêtres, des passages étroits, aujourd'hui obstrués, ont existé. Sur le côté extérieur, deux baies ébrasées correspondent à ces passages. S'agit-il de fenêtres ? Dans leur article intitulé "Eure. Observations récentes sur le donjon de Brionne", Dominique Pitte, Paola Caldéroni et Jean-Pierre Brabant font un parallèle avec la tour de Domfront, qui présente des baies semblables. Ils concluent que rien ne permet de savoir si ces deux types d'ouverture ont co-existé.

De plus, un couloir part d'une des fenêtres et rejoint un espace non identifié, occupant l'angle nord-ouest du donjon[6].

Enfin, un réaménagement de la partie sommitale du donjon a également eu lieu, entraînant une modification de la distribution intérieure du monument. Certains espaces sont comblés des hourds sont installés, une partie de la voûte est détruite, la cheminée et son conduit sont condamnés, etc[6].

Il est à noter que M. de Caumont, dans son ouvrage intitulé "Histoire sommaire de l'architecture religieuse, militaire et civile au Moyen-Age", fait remarquer la présence de trous carrés dans les façades extérieures. Ces trous contenaient des poutres saillantes. Celles-ci supportaient un balcon en bois qui faisait le tour de l'édifice (comparable, sur ce point, au château de Loches qui garde des vestiges d'un pareil balcon en bois)[9].

Des pièces de bois ainsi qu'une poutre horizontale noyée dans le blocage du mur nord ont été retrouvées[6]. Selon M. de Caumont, "ces pièces de bois avaient pour but d'empêcher les dislocations, en reliant, par de grandes traverses ces murs épais pour la solidité et la durée desquels on n'avait à craindre que l'affaissement du sol et les fissures ou crevasses qui pouvaient en être la suite"[9].

Le sentier du vieux château et le château de Brionne à droite

Protection[modifier | modifier le code]

Le donjon de Brionne fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du [10]. Par ailleurs, le donjon et la côte qui l'entoure, font l'objet d'un classement au titre des sites protégés par arrêté du 20 avril 1925[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aucun document ne renseigne ni sur les détails ni sur la date des travaux entrepris ultérieurement à la construction. Les auteurs de "La Normandie monumentale et pittoresque. Édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc. Eure, deuxième partie" estiment qu'ils ont eu lieu au cours des dernières années du règne d'Henri II d'Angleterre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Brionne - Motte féodale », sur Site de la préfecture de l'Eure (consulté le 9 mars 2016).
  2. Pierre Bauduin, La Première Normandie (Xe-XIe siècles), Caen, Presses Universitaires de Caen, , 474 p. [détail des éditions] (ISBN 2-84133-145-8), p. 295
  3. a, b, c, d et e David C. Douglas, William the Conqueror, University of California Press, réédition 1992, p. 47-55.
  4. François Neveux, La Normandie des ducs aux rois, Xe – XIIe siècle, éditions Ouest-France, 1998, p. 112.
  5. a, b, c et d David Crouch, « Beaumont, Robert de, count of Meulan and first earl of Leicester (d. 1118)», Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Dominique Pitte, Paola Caldéroni et Jean-Pierre Brabant, « Eure. Observations récentes sur le donjon de Brionne », Bulletin Monumental, vol. 156, no 2,‎ (lire en ligne).
  7. Haute-Normandie Archéologique, n° 11, fascicule 2, 2006 [1]
  8. a, b, c et d Jules Adeline, L'abbé De la Balle et Fossey, La Normandie monumentale et pittoresque. Édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc. Eure, deuxième partie, , 298 p. (lire en ligne), p. 234-235.
  9. a et b M. De Caumont, Histoire sommaire de l'architecture religieuse, militaire et civile au Moyen-Age, , 423 p. (lire en ligne), p. 286-289.
  10. « Ruines du château », notice no PA00099362, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Le donjon de Brionne », sur Carmen - L'application cartographique au service des données environnementales (consulté le 3 février 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]