Château de Boussac

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Château de Boussac
Image illustrative de l'article Château de Boussac
Château de Boussac, dominant la Petite Creuse
Début construction XVe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1930)
Coordonnées 46° 20′ 53″ nord, 2° 12′ 40″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Limousin
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Creuse
Commune Boussac

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Boussac

Le château de Boussac est situé à Boussac dans le département de la Creuse et la région Nouvelle-Aquitaine. Boussac est au bord de la Petite Creuse (affluent de la rive droite de la Creuse), à 40 km environ au Nord-Est de Guéret.

Les traces de George Sand et de Pierre Leroux imprègnent ce lieu.

Description[modifier | modifier le code]

C'est sur un site occupé depuis les Romains ; le maréchal Jean de Brosse, issu d'une branche cadette des vicomtes de Brosse qui avait obtenu Boussac par mariage avec l'héritière de la première famille féodale (une branche cadette des princes de Déols sires de Châteauroux), reconstruit vers 1400 le château de Boussac à l'emplacement d'un château primitif des XIIe et XIIIe siècles détruit par les Anglais. Il est remanié aux XVIe et XVIIe siècles. Siège d'une baronnie, voire d'une vicomté : précisions sur les barons à l'article Brosse (Penthièvre, Luxembourg-Martigues, Lorraine-Mercœur, César de Vendôme fils d'Henri IV...).

Il se compose d'un bâtiment rectangulaire flanqué d'une grosse tour ronde, de deux tours carrées et d'une tourelle d'escalier à trois pans. La tour sud-ouest a conservé une partie des corbeaux de ses anciens mâchicoulis.

La façade du château présente du côté de la Petite Creuse un aspect austère avec des pierres brunes, rythmée de tours rectangulaires coiffées de tuiles[1].

Les lucarnes datent du XVe siècle et possèdent des pignons à crochets, des fleurons et des compartiments flamboyants et une porte d'escalier en arc brisé possède un tympan sculpté. Les fenêtres des premier et second étages ont été modifiées au XVIIIe siècle.

À l'intérieur du château la salle des gardes possède deux cheminées dites petite et grande cheminées toutes deux du XVe siècle qui ont été classées à titre d'objets en 1998[2].

Au deuxième étage on peut voir la chambre que George Sand occupe à plusieurs reprises, notamment pendant une épidémie qui l'oblige à s'éloigner de Nohant et durant la guerre de 1870. Les lambris de revêtement de la chambre de George Sand qui datent du milieu du XVIIIe siècle ont aussi été classées à titre d'objets en 1998[2].

Le château a été classé monument historique par arrêté du .

Histoire[modifier | modifier le code]

Cour intérieure du château de Boussac

Cédant aux objurgations de la société populaire de Lépaud, relayée par l'administration du département, la municipalité de Boussac, sans enthousiasme, décide le démantèlement du château en avril 1794. L'adjudicataire, pour une somme de 8 400 livres (payables en assignats ?), y procède à partir du mois de juillet : il comble les fossés, rase le donjon, ainsi que les toitures « orgueilleuses » des tours, abat le portail et les fortifications. Le corps principal de bâtiment reste pourtant à peu près intact. Sa porte d'entrée comporte encore aujourd'hui, au-dessus du linteau, les armes de la famille de Brosse (trois « brosses ») sculptées dans la pierre.

Vendu en 1833 à la municipalité de Boussac par Pauline de Carbonnières, fille de Charles Henri, devenue comtesse de Ribereix, racheté par le département, le château abrite, à partir de 1838, le siège de la sous-préfecture de Boussac. C’est Prosper Mérimée, lors d'une inspection dans la région, et George Sand qui y découvrent les six panneaux de « La Dame à la Licorne », célèbres tapisseries fabriquées dans les Flandres, aujourd’hui pièces maîtresses du musée du Moyen Âge à Paris.

George Sand y réside à plusieurs reprises, notamment pendant une épidémie qui l'oblige à s'éloigner de Nohant et durant la guerre de 1870. Elle y écrit Journal d'un voyageur pendant la guerre.

Puis, après 1926, une caserne de gendarmerie s'installe dans le château.

Le château est acquis en 1965 par M. et Mme Blondeau qui le restaure et le meuble. M. Blondeau s'intéresse aussi à la tapisserie d'Aubusson. Il rachète la manufacture Saint-Jean à Aubusson.

Le château possède une très intéressante suite de tapisseries d'Aubusson à partir du XVIIe siècle jusqu'à l'époque actuelle. Dans les premières salles d'expositions, on peut y voir en particulier des tapisseries de Jean Lurçat, Jean Picart Le Doux et Dom Robert.

Contrairement à des légendes bien établies, le prince turc Djem ("Zizim") n'a jamais séjourné à Boussac ; à plus forte raison, il n'est pour rien dans la confection des tapisseries dites de La Dame à la Licorne.

Pierre Leroux et George Sand à Boussac[modifier | modifier le code]

C'est en 1835 ou 1836 que Pierre Leroux fait la connaissance de George Sand. Ainsi que l'écrit Georges Lubin, Leroux la subjugue et « elle ne jure plus que par lui ». Certains de ses romans, tels Consuelo et La Comtesse de Rudolstadt (1843-44), ainsi que Le Meunier d'Angibault (1845), se ressentiront de l'influence de Leroux. Dès 1843, George Sand ne tarde pourtant pas à perdre ses illusions sur le personnage, qui avait largement et abusivement profité de ses relations pour les démarcher et obtenir des subsides. Elle va jusqu'à le qualifier de « sybarite intellectuel... »

La statue de Pierre Leroux à Boussac

Le , Leroux obtient du gouvernement de Louis-Philippe un brevet pour créer une imprimerie à Boussac, que George Sand, « la voisine de Nohant », lui avait sans doute fait découvrir lors d'une excursion au site « Les pierres jaumâtres ». Leroux s'installe à Boussac, près du cimetière communal, et fait venir sa famille, des proches, puis, au fil des mois, des « disciples » séduits par ses théories et le mode de vie de la communauté.

L'activité politique de Leroux, initié dans la franc-maçonnerie à Limoges, est alors presque nulle. Il est en effet surtout préoccupé d'éditer L'Éclaireur, La Revue sociale, de rééditer ses propres œuvres, de chercher des commandes, tout en s'efforçant, en vain, de mettre au point sa machine d'imprimerie. Infatigable démarcheur, il tente aussi de séduire de nouveaux adeptes, si possible fortunés, et de recueillir des dons pour son entreprise collective, qui est bien loin de parvenir à l'auto suffisance. En 1848, selon des témoins cités par le premier biographe de Leroux, Pierre-Félix Thomas, la « communauté » de Boussac aurait compté plus de quatre-vingt personnes.

Au printemps 1845, le maire de Boussac, sous-préfet par intérim, s'inquiète des activités de Leroux auprès du ministère de l'Intérieur. Celui-ci le rassure par l'intermédiaire du préfet de la Creuse, en présentant Leroux comme « un rêveur qui n'a jamais été considéré comme propre à devenir un homme d'action ».

Quelques jours après la proclamation de la IIe République à Paris, en février 1848, Leroux est pourtant élu maire de Boussac. En mai, il échoue aux élections législatives dans la Creuse. Il est élu député à Paris à l'occasion des élections complémentaires de juin 1848.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le guide vert du Limousin, édition 2006, p. 170.
  2. a et b Base Mérimée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Aucapitaine, Notes historiques sur la ville, le château de Boussac et la famille de Brosses, Dumoulin, libraire de l'école des Chartes, Paris, 1853 Texte

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]