Château de Bourdeilles

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Château de Bourdeilles
Image illustrative de l'article Château de Bourdeilles
Vue d'ensemble des deux châteaux
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire actuel département
Protection Logo monument historique Classé MH (1919)
Coordonnées 45° 19′ 20″ nord, 0° 35′ 12″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Périgord
Région administrative Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Commune Bourdeilles

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Château de Bourdeilles

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(Voir situation sur carte : Aquitaine)
Château de Bourdeilles

Le château de Bourdeilles[1] est situé à Bourdeilles en Dordogne.

Il s'agit en fait d'un complexe de deux châteaux : l'un, médiéval, du XIIIe siècle construit par Géraud de Maulmont sur des fondations plus anciennes ; l'autre, palais Renaissance du XVIe siècle. L'ensemble du site est classé au titre des monuments historiques en 1919[2].

Note : Le « s » de Bourdeilles est en fait issu d'une erreur administrative en 1974. Le titre original de la ville, et, par corollaire, de son château, est donc « Bourdeille ». Toutefois, par convention, on utilise « Bourdeilles » pour désigner la ville et son château, et « Bourdeille » pour désigner la famille de Bourdeille.

Histoire du site[modifier | modifier le code]

Une légende du IVe siècle[modifier | modifier le code]

La première source (non historique) dont nous disposons est une légende du IVe siècle qui fait état de l'existence d'Athilda de Bourdeille, fille du roi d'Angleterre, épouse du roi franc Marcomer. De leur union naquirent sept enfants, dont trois garçons, qui se révèlèrent particulièrement courageux et aventureux. Ils décident de partir à l'assaut de la Gaule aquitaine, province sous domination romaine. Ils prennent un bateau et s'échouent sur une île mythique au large de l'estuaire de la Garonne. Ils y trouvent des hommes, qui se révèlent sauvages – et qui se feront massacrer par les trois frères – mais aussi des griffons, créatures mythologiques, qui auront raison de deux des frères. Le dernier, l'aîné, survivra en coupant les serres des griffons, serres qui figureront pour l'avenir sur le blason de la famille de Bourdeille.

Un repaire noble en 1183[modifier | modifier le code]

La première source écrite de l'existence d'un site à Bourdeilles remonte à 1183. À cette époque, les abbés de Brantôme cherchent un refuge pour fuir des brigands, les pailliers[3]. Ils se réfugient alors à Bourdeilles, dans un repaire noble, dont on ne peut que supposer qu'il est alors tenu par la famille de Bourdeille.

Une forteresse médiévale aux XIIIe et XIVe siècles[modifier | modifier le code]

Le donjon

Selon Géraud Lavergne, historien du Périgord et de ses nombreuses demeures, la plus ancienne description que nous ayons du premier château de Bourdeilles est le PV dressé le 13 août 1400, à l'occasion de la remise de la châtellenie au nouveau comte du Périgord, Louis d'Orléans.

Il confirme la coexistence des deux châteaux : le château des comtes et le château de la baronnie, déjà en ruine à cette époque. Ce dernier se situait à l'angle nord-est de l'enceinte actuelle, soit près de l'emplacement du palais Renaissance.

Le château médiéval[modifier | modifier le code]

Le château des comtes (médiéval) occupe toute la terrasse ouest. Il se compose d'un logis seigneurial avec un donjon octogonal et précédé d'une cour entourée de hautes murailles fortifiées.

Géraud de Maulmont a entrepris sa construction à partir de 1283, selon un modèle similaire à celui qui avait été retenu à Châlus pour un autre de ses châteaux, Châlus Maulmont. La construction du donjon aurait commencé vers 1280[4] et se serait achevée au siècle suivant. Il est haut de 35 mètres, avec des murs épais de 2,50 mètres, et surmonté d'une terrasse panoramique d'où l'on a une vue imprenable sur Bourdeilles.

Le palais Renaissance[modifier | modifier le code]

Le palais Renaissance

La construction près de l'ancien château est dirigée par Jacquette de Montbron de 1588 à sa mort en 1598[5],[6]. Elle s'inspire de normes architecturales italiennes qu'elle avait lues dans les livres de Sebastiano Serlio[7]. Les influences italiennes y sont plus fortes qu'au château de Matha, notamment car Jacquette de Montbron bénéficie de son passage à la cour au service de Catherine de Médicis[8].

Classement[modifier | modifier le code]

En 1919, le château médiéval, le palais Renaissance, les remparts et la porte d'entrée sont classés au titre des monuments historiques[2].

On découvre deux châteaux en un, à Bourdeilles. Celui datant du Moyen Âge et un autre de la Renaissance.Ce joyau permet aussi de découvrir l'histoire du mobilier d'Europe. Imposant château rectangulaire, Bourdeilles intéresse les curieux[Quoi ?][réf. nécessaire] pour son architecture particulière, partagée en deux parties bien distinctes. D'un côté, on se laisse impressionner[non neutre] par une forteresse médiévale, dominée par un donjon haut de 32 mètres. À quelques enjambées, on découvre le logis Renaissance, dont la construction a été commandée à la fin du XVIe siècle par Jacquette de Montbron, une des dames de Catherine de Médicis.

Au cœur du Périgord vert, à deux pas du charmant[non neutre] village et de l'abbaye de Brantôme, il ne faut donc pas rater cette visite[non neutre] qui, au-delà de plonger le touriste dans une des quatre baronnies du Périgord, permet aussi et surtout d'admirer[non neutre] une importante[réf. nécessaire] collection de meubles d'époque, riche[non neutre] d'environ 700 pièces.

Si le château a été classé aux Monuments historiques en 1919, il a été légué au Département par une héritière de la branche des Bourdeilles, en 1962. À l'époque, il ne restait plus rien ou presque du mobilier originel. Celui qui orne[non neutre] désormais les pièces et couloirs de cette demeure n'y est arrivé qu'en 1967. En échange du logis, Robert Santiard et Suzanne Bulteau, un couple de collectionneurs, ont donné au Conseil général leurs meubles.

Ils ont alors remanié l'édifice à leur façon, nommant les pièces non pas en tenant compte de leur fonction d'origine, mais en se rapportant aux meubles qu'ils y installaient.

Ainsi, au rez-de-chaussée, ce qui devait être une cuisine s'appelle désormais la chapelle. On y trouve le superbe[non neutre] monument funéraire de Jean de Chabannes, accompagné d'une mise au tombeau du Christ, de plusieurs mètres de large. Les détails de cette sculpture en pierre blanche lui donnent des allures d'orfèvrerie. Certainement sculptée au début du XVIe siècle, cette pièce unique provient du prieuré de Montgé-en-Goële, en Seine-et-Marne.

Dans le couloir principal, le regard du visiteur s'arrête immanquablement[réf. nécessaire] sur les quelques coffres disposés ici. « On trouve un coffre-fort, mais également des coffres de sacristie. Ce sont des meubles très polyvalents. On s'en servait de réceptacle ou de siège et ils permettaient surtout de transporter les tapisseries et les autres biens d'un château à un autre. »

Passionné[non neutre] de mobiliers espagnols, Robert Santiard a également laissé à Bourdeilles de très beaux bargueños. Dans son testament, le donateur a bien stipulé qu'aucun meuble ne devait disparaître de cette collection et qu'elle devait rester en l'état au château de Bourdeilles. Dans le cas contraire cette collection reviendrait aux ayants-droit de la famille Santiard. De plus, les membres de la famille Santiard peuvent bénéficier de façon permanente du logis au château de Bourdeilles, c'est également mentionné dans le testament.

Ces petits meubles de voyage faits de tiroirs et d'une écritoire permettaient de transporter des lettres ou des bijoux. Dans ce qui était une salle de réception et qui a été renommée par le collectionneur « chambre de Charles-Quint », on peut notamment admirer[non neutre] un bargueño incrusté d'ivoire. Les amateurs de peinture[réf. nécessaire] pourront aussi trouver à Bourdeilles un très beau[non neutre] tableau représentant Simon de Montfort. Peint par Simon Vouet en 1650, il faisait partie de la collection de Richelieu, au Palais-Royal.

Ces dernières années, plusieurs campagnes de restauration ont été menées sur l'ensemble de la collection, ainsi que sur les céramiques hispaniques à reflets métalliques qui viennent de la région de Valence, en Espagne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Le pont de Bourdeilles

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Babelon et Christian Rémy, Les châteaux de Bourdeilles, dans : Congrès archéologique de France, 156e session, Monuments en Périgord. 1998, Société française d'archéologie, Paris, 1999, p. 119-142.
  • Dominique Audrerie, Visiter le château de Bourdeilles, Éditions Sud Ouest, Paris, 2005 (ISBN 2879012643) (principalement).
  • Marquis de Bourdeille, La maison de Bourdeille, Troyes, 1893.
  • Brigitte et Gilles Delluc, 1977 : Les gravures du donjon de Bourdeilles, ‘’Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord’’, 104, p. 276-291, 8 fig.
  • Brigitte et Gilles Delluc, 1989 : Deux ensembles sculptés de la vallée de la Dronne : Brantôme et Bourdeilles en Dordogne, La Sculpture rupestre en France (de la Préhistoire à nos jours), actes du colloque de Brantôme 1988, n° spécial du Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, p. 171-176, 3 pl.
  • Brigitte et Gilles Delluc, 2000 : Les peintures du Salon doré de Bourdeilles, Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, 127, p. 539-552, 3 pl.
  • Géraud Lavergne, « Le château de Bourdeilles », in Congrès archéologique de Périgueux de 1927, Paris, 1928.
  • Pierre Pommarède, Brantôme et Bourdeilles oubliés, Éditions Pierre Fanlac, Périgueux, 1980.
  • Jean Secret, Le château de Bourdeilles, Office départemental du Tourisme, Périgueux, 1980.
  • François-Emmanuel de Wasseige, « Les châteaux de Bourdeilles », dans : Demeures Historiques et Jardins no 170, juin 2011, p. 33-40

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Babelon et Christian Rémy, Les châteaux de Bourdeilles, dans Congrès archéologique de France. 156e session. Monuments en Périgord. 1999, Société Française d'Archéologie, Paris, 1999, p. 119-142.
  2. a et b « Château de Bourdeilles », notice no PA00082391, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 17 mai 2011.
  3. Appelés ainsi car ils torturent leurs victimes en leur brûlant les pieds avec de la paille.
  4. André Châtelain, Châteaux forts - Images de pierre des guerres médiévales, Paris, Rempart, 2003, (ISBN 2-904-365-001), p. 41.
  5. Madeleine Lazard, « Jacquette de Montbron, une bâtisseuse humaniste », dans Royaume de fémynie : pouvoirs, contraintes, espaces de liberté des femmes de la Renaissance à la Fronde (communication de congrès), Paris, H. Champion, (ISBN 2745302892, résumé).
  6. « Fiche de présentation de l'ensemble castral de Bourdeilles », sur base Mémoire du ministère de la culture (consulté le 1er août 2017).
  7. Lebeaux 2011, § 16-17.
  8. Mélanie Lebeaux, « Jacquette de Montbron (1542–1598), femme « architecte » de la Renaissance entre Angoumois et Périgord », Le Moyen Âge, vol. CXVII, no 3,‎ , p. 545-560, § 22 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]