Château de Boulogne-sur-Mer

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le monument. Pour le musée qu'il abrite, voir Château-musée de Boulogne-sur-Mer.

Château de Boulogne-sur-Mer
Image illustrative de l’article Château de Boulogne-sur-Mer
Le château vu de côté
Nom local Château d'Aumont
Période ou style Médiéval
Type Château fort (château-cour)
Début construction 1227
Fin construction 1231
Propriétaire initial Philippe Hurepel
Destination initiale Résidence comtale
Propriétaire actuel Propriété de la commune
Destination actuelle Musée
Protection  Inscrit MH (1926)
Logo monument historique Classé MH (1977)[1]
Logo des sites naturels français Site classé (1916)
Coordonnées 50° 43′ 32″ nord, 1° 37′ 01″ est
Pays Drapeau de la France France
Ancienne province Comté de Boulogne
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Commune Boulogne-sur-Mer

Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais

(Voir situation sur carte : Pas-de-Calais)
Château de Boulogne-sur-Mer

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Boulogne-sur-Mer

Le château de Boulogne-sur-Mer, ou château d'Aumont, est un ancien château fort de la première moitié du XIIIe siècle[2], remanié profondément au XVIe siècle[2], puis aux XVIIIe et XIXe siècles[2] et aujourd'hui reconverti en musée, qui se dresse sur la commune de Boulogne-sur-Mer, dans le département du Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France.

Avec les remparts, le château constitue l'un des derniers ensembles architecturaux médiévaux de ville fortifiée encore intacts en France. Les remparts, à l'exception des parties de ces derniers déjà classées parmi les monuments historiques sont classés par arrêté du 16 mai 1916[3] parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique[4].

Au titre des monuments historiques, le château (sauf parties classées) et l'enceinte de la vieille-ville font l’objet d’une inscription par arrêté du 10 juin 1926 ; l'ensemble des façades et toitures, le portail d'entrée, le pont, la salle basse dite La Barbière, les fenêtres de la grande salle au-dessus de la salle basse font l’objet d’un classement par arrêté du 6 octobre 1977[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château[5] est situé sur la commune de Boulogne-sur-Mer, dans le département français du Pas-de-Calais. Il faisait face au danger pouvant surgir des collines environnantes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château et les fortifications ont été construits par Philippe Hurepel, fils de Philippe Auguste, d'un seul jet, en quatre ans, de 1227 à 1231[2]. L'enceinte de la ville épouse exactement le tracé du castrum romain de Bononia[Note 1],[6], dont il subsiste, visibles dans les souterrains du château, les soubassements. Les tours ont été construites au XVIe siècle : la tour Notre-Dame en 1516, la tour Françoise de 1516 à 1531, le Fer à cheval de 1550 à 1567, après que les Anglais en eurent arasé une partie, et la tour ronde, par la suite reconstruite.

La double ligne de fortifications a été détruite à partir de 1689, par Louis XIV, puis au XIXe siècle le corps de garde et les logements ont été en partie détruits avant de l'être totalement durant la Seconde Guerre mondiale[3].

La porte de Calais, ou porte Neuve, ou encore porte Flamengue, ou Aubete, est un passage pour piétons percé en 1895[7]. Un édifice existait au-dessus en 1743 et ce corps de garde a été aménagé en logement pour aide-major en 1864 à la place de l'Aubete détruit en 1866[8].

Au XVIIe siècle le château est aménagé en caserne, puis sera utilisé comme prison jusqu'en 1974, date où il devient propriété de la ville. En 1988, le musée est inauguré.

Description[modifier | modifier le code]

Le château construit sur un terrain plat, d'un plan ramassé, peut être catégorisé dans les châteaux-cours.

Le château avec son plan polygonal[9] s'inscrit dans le complexe fortifié de Boulogne-sur-Mer dont il occupe une partie de l'enceinte urbaine rectangulaire. Il est isolé de cette dernière par son propre fossé, jadis en eau, et est doté d'un accès orienté vers la place ainsi que d'un autre orienté vers l'extérieur[10]. La grande porte ouvrant sur la ville, se fait entre deux tours cylindriques ; à l'opposé, une poterne permet une sortie vers les champs.

Le château, dépourvu de donjon, renforce l'angle oriental des remparts de l'enceinte rectangulaire de la ville. Avec ses neuf tours cylindriques dominant des courtines droites, il décrit un polygone irrégulier centré. Des courtines, munies d'un chemin de ronde, il en subsiste deux tronçons isolés par un mur de la chapelle et de la grande salle, sur les côtés Nord-Ouest, les assimilant à une gaine. Il semble qu'à l'origine, les tours et courtines aient été surmontées de hourds.

Les bâtiments sont adossés à ces dernières, enserrant une cour centrale. Une fois passée l'entrée, qui a perdu son pont-levis, on trouvait sur la gauche en premier la salle d'apparat, qui s'éclaire côté cour par quatre fenêtres à colonnettes, puis la chapelle, ensuite la salle d'armes, puis les logis et cuisines (aujourd'hui le Musée).

Au XVIe siècle[2], vers l'Est, les murs ont été noyés dans d'épaisses maçonneries de pierre, faisant blindage, et doublés de fausses braies englobant cinq des neuf tours sous une toiture quasi continue, afin de se protéger de l'artillerie en progrès. Seule la première tour à gauche a conservé son aspect originel. Elle est percée sur trois niveaux d'archères disposées en quinconce et couverte d'un toit en poivrière. La suivante, accolée à la chapelle, recèle la salle du Trésor. Cette salle est voûtée d'ogives et la clé décorée de feuillages.

Les sous-sols, qui font le tour complet de la forteresse, sont voûtés en plein cintre. De cet ensemble, la salle dite de la « Barbière » en est l'élément le plus remarquable. À demi enterrée sous la grande salle, elle est longue de 20 mètres est comporte deux nefs parallèles de quatre travées voûtées en ogive, qui repose sur trois colonnes, dont l'une a son chapiteau décoré de feuilles d'arum. Cette salle a servi de magasin aux poudres, et son appellation découle probablement de sainte Barbe, patronne des artilleurs.

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleAndré Châtelain, Châteaux forts - Images de pierre des guerres médiévales, Paris, Rempart, 2003, (ISBN 2-904-365-001), p. I à IV.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le castrum mesurait 400 × 300 mètres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château d'Aumont », notice no PA00108228, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a b c d et e André Châtelain, Châteaux forts - Images de pierre des guerres médiévales, Paris, Rempart, 2003, (ISBN 2-904-365-001), p. XV.
  3. a et b « Fortification d'agglomération dite Remparts de la Haute Ville », notice no IA00059456, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. Synthèse de documents concernant l'arrêté de classement sur http://www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/
  5. « Château fort puis Caserne d'Aumont », notice no IA00059455, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. Jean Mesqui, Châteaux et enceintes de la France médiévale : de la défense à la résidence, tome 1, les organes de la défense, 2013 (2e édition), 376 p. (ISBN 978-2-7084-0961-3), p. 53.
  7. « Ouvrage d'entrée dit Porte de Calais, dit Porte Neuve, dit Porte Flamengue, dit Aubete », notice no IA00059458, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. « Édifice logistique dit Porte Neuve, dit Porte de Calais, Porte Flamengue », notice no IA00059462, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. André Châtelain, op. cit., p. 35.
  10. Jean Mesqui, op. cit., p. 45.