Château de Bonneville (Chamblac)

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Château de Bonneville
Image illustrative de l'article Château de Bonneville (Chamblac)
Période ou style XVIIe siècle
Type château
Début construction XVe siècle
Propriétaire initial Jean de Bonneville
Destination initiale demeure seigneuriale du fief de Bonneville
Propriétaire actuel Princesse C.-E. de Broglie, née L. Mallard de La Varende
Destination actuelle propriété privée
Protection  Inscrit MH (1978)
Coordonnées 48° 59′ 14″ nord, 0° 32′ 59″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Eure
Commune Le Chamblac

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Bonneville

Le château de Bonneville est implanté sur la commune du Chamblac, dans le département de l'Eure. Il a été la demeure de l'écrivain Jean de La Varende de 1919 à 1959. Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [2].

Situation[modifier | modifier le code]

Situé dans le canton de Broglie, le château de Bonneville appartient au patrimoine du Pays d'Ouche, célébré dans la littérature française par l'écrivain Jean de La Varende, son ancien propriétaire, qui la situe ainsi :

« En remontant vers Laigle (RD 33), on rencontre à gauche ma maison; bien modeste et dont je ne parlerais point sans l'insistance de mes amis. Peut-être garde-t-elle quelque intérêt d'être une des rares demeures normandes qui n'aient jamais été vendues. » [3].

Le château se situe en effet à un peu plus de 300 m de l'église Notre-Dame du Chamblac, vers l'est. Il est entouré d'un parc avec avenues et pièces d'eau. On y accède par une avenue arborée commençant à proximité du petit cimetière et de son église. Côté est se trouvent la ferme du château, et ses bâtiments à usage agricole, ainsi que les vestiges d'une avenue non plantée de 200 m.

Historique[modifier | modifier le code]

Les fiefs de Bonneville et du Chamblac relevaient féodalement de la baronnie de Ferrières, intégrée en 1742 dans le Duché de Broglie (anciennement Chambrais).

Au XVe siècle, le domaine de Bonneville appartenait à la famille de Bonneville. Jean de Bonneville, chambellan du roi, est cité en 1400 comme seigneur du Chamblac et de Bonneville. En 1464, lors de la recherche de Montfaut, il semble appartenir à Laurent de Bonneville, sergent de Chambrais. Le château se transmet dans cette famille jusqu'au XVIIIe siècle. Sur la base d'un manoir carré, est édifiée une demeure en briques, entièrement remaniée sous Louis XV, et munie de toits mansardés. En 1765, il appartient à Jacques Édouard de Bonneville, chevalier, seigneur de Bonneville, dernier seigneur et patron du Chamblac, mort en 1806. Il le laisse à Nicolas, comte de Bonneville, mestre de camp de cavalerie, dit « Gentil-Bo », mort sans postérité. Il avait été député de la noblesse aux États généraux de 1789. Cette famille portait : D'argent à deux lions léopardés de gueules [4].

Armes des Bonneville

Il fut transmis en 1806 par héritage à la famille Mallard de La Varende, par le dernier Bonneville. Léon Mallard de La Varende, lieutenant-colonel d'artillerie, député de l'Eure, beau-frère du fameux « Nez de cuir », y décède en 1849. Antoine, son fils, y naît en 1808, mais le château revient à sa sœur Louise (1814-1883), qui y épouse le comte Albert de Bréda (1807-1881)[5]. La comtesse de Bréda-Heerenberg a été figurée par La Varende sous les traits de la « Comtesse de Bernberg », dans une nouvelle parue dans : Pays d'Ouche. Antoine en hérite et laisse la propriété à son fils Gaston de La Varende (1849-1887). Le premier meurt en avril 1887, le second en juillet, laissant de Laure Fleuriot de Langle, d'origine rennaise, trois enfants dont Jean de La Varende (1887-1959). Veuve avec trois enfants, Madame de La Varende délaisse le château pour rejoindre sa famille maternelle.

Jean de La Varende, dans sa jeunesse, rend visite à son château. Il ne revoit en effet sa Normandie natale qu’en de rares occasions pendant son enfance et développe à son égard une très forte nostalgie qui l’amène à se réinstaller définitivement au château de Bonneville en 1919.

Le parc a encore conservé bon nombre d'aménagements dont il avait soin, notamment un ensemble de buis taillés en rocs d'échiquier. Maquettiste de marine, artiste-peintre, et surtout écrivain. Il meurt en 1959. Le château revient à son fils Éric Mallard de La Varende (1922-1979), puis à l'une de ses filles qui a épousé un Broglie.

Il a été inscrit depuis quelques années à l'inventaire des Monuments historiques : Grand salon et chambre dite chambre de l'évêque, au rez-de-chaussée, avec leur décor : inscription par arrêté du 9 mai 1978. Façades et toitures : inscription par arrêté du 4 juillet 1991. Le parc et les jardins créés par La Varende à partir de 1919 ont été classés comme site par arrêté du 7 février 1964.

Description[modifier | modifier le code]

L'édifice est bâti en briques rouge orangé, sur un socle ancien en calcaire. La demeure se présente comme une façade comportant un rez-de-chaussée et un étage sous mansarde, accostée aux angles nord et sud de petites tourelles carrées à toit pointu, et ouvert de grandes fenêtres à petits carreaux. Sur cette façade, un balcon unique agrémente l'étage noble.

À l'arrière, deux ailes en retour sans cachet lui donnent un plan en U, agrémenté, dans la cour, d'une tourelle à toit mansardé, et d'une véranda en briques pleines.

Le tout est couvert d'ardoises bleues, ce qui fit écrire à l'écrivain les lignes suivantes : « Le Chamblac est rose et bleu, avec des ferronneries noires. On ne peut plus rien pour lui. En le voyant je pense à une dame qui sort de l'institut de beauté : "plus d'espoir, Madame, on a tout, mais tout fait…". »[6].

Souvenir de La Varende[modifier | modifier le code]

Le château abrite la collection des 200 maquettes de bateaux réalisées par l'écrivain hobereau, qui, petit-fils d'amiral, et fils d'officier de Marine, n'avait pu suivre la même carrière, navigua dans le monde des lettres. Cette demeure restée familiale est également le siège de l'association pour la création du Musée Jean de La Varende, créée en août 2000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean de La Varende, Châteaux de Normandie. Itinéraire sentimental, Paris, Plon, 1958, p. 53-57, 3 photos d'Emmanuel Boudot-Lamotte.
  • « Château de Bonneville-Chamblac », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, 1936, p. 99-100. Phot.
  • Maximilien Vox, « préface » dans : Jean de La Varende, Amours, suite romanesque, Monaco, Le Rocher, 1949, p. 8-9. : « Bonneville-Chamblac est écrasant de charme; un de ces lieux, comme disent les amateurs de Barrès, où souffle l'esprit. ou mieux, les esprits. Les souvenirs y dansent dans l'air autour de vous comme la poussière dorée qui vibre dans un rais de soleil. Pas un objet, pas une pièce, pas un paysage entrevu par la croisée qui ne soit chargé de mémoire et d'histoire. »
  • Philippe Seydoux, Châteaux des pays de l'Eure, Éditions de la Morande, 1984, p. 32 sq.

Littérature : Champnoir[modifier | modifier le code]

  • Jean de La Varende, L'Amour de Monsieur de Bonneville, Paris, Plan, 1956. Nicolas de Bonneville, dernier de son lignage, rejoint sa demeure accompagné de sa jeune épouse, qui décède malheureusement sans lui laisser de descendance. Roman écrit d'après des lettres conservées par La Varende dans ses archives familiales.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Notice no PA00099370, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Jean de La Varende, Châteaux de Normandie. Itinéraire sentimental, Plon, Paris, 1958, p. 53.
  4. Louis-Étienne Charpillon et Anatole Caresme, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, p. 696.
  5. Constant Antoine Serrure, Histoire de la souveraineté de 's Heerenberg, La Haye : Nijhoff, Paris : Rollin, 1860, p. 50.
  6. Jean de La Varende, Châteaux de Normandie. Itinéraire sentimental, Plon, Paris, 1958, p. 55.