Château de Beaulon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château de Beaulon
Image illustrative de l'article Château de Beaulon
Façade Nord du Château
Période ou style Style Louis XII-Renaissance
Type Manoir
Début construction Entre 1480[1] et 1520[2]
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Famille Vinsons
Destination initiale Seigneurie
Propriétaire actuel Christian Thomas
Destination actuelle Fondation-Exploitation vinicole-Distillerie
Protection  Inscrit MH (1987)[3]
Coordonnées 45° 26′ 03″ nord, 0° 42′ 17″ ouest[4]
Pays France
Région historique Saintonge
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente-Maritime
Commune Saint-Dizant-du-Gua

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Château de Beaulon

Le château de Beaulon est un château français de Style Louis XII et Renaissance, situé dans le Saintonge, sur la commune de Saint-Dizant-du-Gua, dans le département de la Charente-Maritime.

Entouré du vignoble producteur de pineau et de cognac, il est connu pour ses exsurgences artésiennes appelées Fontaines bleues[5] que l'on rencontre au détour de son parc labellisé « Jardin remarquable »[5].

Si le château de Beaulon a été inscrit à l'ISMH (Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques) le 16 décembre 1987[3], son parc figure également depuis 1990 au pré-inventaire des monuments historiques[6].

Historique[modifier | modifier le code]

C'est vers 1480 (fin du règne de Louis XI) que la famille de Vinsons fait construire le château qui prendra le nom de Beaulon en 1510, lorsque la seigneurie de Saint-Dizant est acquise par la famille de Beaulon, en 1502, ou un peu avant[5].

Après un incendie en 1510, le château est reconstruit par Jacques de Beaulon dans sa partie ouest dans le style Renaissance[1].

En 1591, la terre est saisie par les jésuites de Bordeaux pour non-paiement de rente et ce malgré l'intervention d'Henri IV.

Au début du XVIIe siècle, Monseigneur de Nesmond, évêque de Bayeux et conseiller de Louis XIV, devient par héritage le seigneur de Beaulon (La famille de Nesmond en sera propriétaire jusqu'en 1712) et le droit de haute justice est donné à la seigneurie en 1635[5].

Il fut au XVIIe siècle, la résidence d'été des évêques de Bordeaux.

Par la suite, par alliance, le château de Beaulon sera, après la famille de Nesmond, la propriété des familles de Bigot, de Brémond d'Ars, de la Porte.

En 1965, le château de Beaulon devient la propriété de Christian Thomas. Depuis cette année où il acquit le domaine, des travaux de rénovation importants ont été effectués tant au niveau des bâtiments que de l'aménagement et l'embellissement des vignobles. Inscrit monument historique en 1987 grâce à la pugnacité de son propriétaire, après cinq siècles d'existence, le domaine familial, depuis une quarantaine d'années, accueille les visiteurs[5].

Architecture[modifier | modifier le code]

Lucarne de Style Louis XII, formant la transition entre l'art gothique finissant et la Première Renaissance (vers 1510)[7].

Construit entre 1480 et 1520[1],[2], le corps de logis est surmonté d'une haute toiture d'ardoise munie de rampants à crochets. C'est la façade nord, qui révèle le style initial de la construction, à l'exception des bâtiments plus tardifs flanqués de part et d'autre[5].

À l'époque, en architecture, on préfère juxtaposer plutôt que de synthétiser ; c'est ainsi que l'édifice présente deux lucarnes de style très différent. Cette tendance encore toute médiévale de s'adapter à la configuration du terrain, à la desserte intérieure des pièces ou encore, de compléter parcimonieusement les édifices dans le style du moment, sans pour autant cherche la symétrie, ne s'éteindra définitivement qu'avec l'arrivée du Classicisme en France au cours du règne de Louis XIV[8]. On retrouvera toutefois un regain d'intérêt pour ce type de "collage" architectural,avec Guimard et Majorelle lors du mouvement Art Nouveau, si friand de décrochements, de mélanges de matériaux et de pittoresque[9].

La lucarne de gauche, élément majeur de la composition, est un somptueux témoinage du style Louis XII, formant la transition entre l'art gothique finissant et la Première Renaissance[7]. Tout en respectant le schémas gothique traditionnel, une nouvelle étape ornementale classicisante est franchie, avec un décor qui devient italianisant. Placée dans l'aplomb d'une travée de fenêtres, l'ogive du gable est devenu ici un arc en plein cintre qui se découpe sur le fond sombre des ardoises du toit. Si les festons et les motifs de choux frisés à crochets surmontant la lucarne restent dans l'esprit du gothique flamboyant, les ornementations stylisées d'inspiration florale, sculptées en damier, ainsi que la corniche à Rais-de-cœur, annonçent déjà la Première Renaissance. Les petits pinacles à colonnes torses, représentent quant à eux, l’un des ornements communs au répertoire français et espagnol, depuis son apparition dans la région de Valence au XVe siècle[10].

La seconde lucarne de style Renaissance, contraste par sa rigueur. Elle manifeste par son fronton triangulaire épurée, du passage de la Première renaissance vers le classicisme, avec dès les années 1526, une application plus savante des ordres antiques en architecture[7]. Malgré cette rupture de style, la justaposition de ces deux lucarnes de style très différent, ne porte pas atteinte à l'harmonie de l'édifice, dont la dissymétrie architecturale témoigne d'une construction qui a traversé cinq siècles d'histoire[5].

Typique de l'époque, l'escalier, obsession généralement étrangère à la Renaissance italienne[11], est considéré ici encore, comme l'élément français autour duquel gravitera le château tout entier : C'est ainsi que la tour d'escalier polygonale prévue au château de Beaulon, fut remplacée au cours du XVIe siècle par un escalier rampe sur rampe[11], qui bien plus qu'une importation italienne, semble bien appartenir au répertoire de l'Ouest de la France depuis le xve siècle[11]. C'est pourquoi, l'escalier monumental qu'on appelle « à l'italienne », s'il a été rénové, a toujours fait partie de la tour originale qui nous est parvenue aujourd'hui[5].

Le pigeonnier, une tour cylindrique datée de 1740, présente un toit conique recouvert de tuiles plates de terre cuite et percé de lucarnes à frontons de pierre. À l'intérieur se trouvent 1500 boulins (nids) en pierre et en poterie (de la Chapelle-des-Pots - XVIIIe). Pour accéder aux nids, une échelle tournante est également une curiosité à ne pas manquer.

Le château de Beaulon a été inscrit à l'ISMH (Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques) le 16 décembre 1987[3].

Jardins[modifier | modifier le code]

Le parc[modifier | modifier le code]

Le château est agrémenté d'un jardin à la française et d'un parc anglais qui s'étend sur 13 hectares. L'ensemble est labellisé « Jardin remarquable »[5].

Lors du passage de la grille du parc, le visiteur est accueilli par des conifères taillés puis par des plantations exotiques (bananiers) qui profitent de la douceur du climat de la région[5].

Le parc figure depuis 1990 au pré-inventaire des monuments historiques[6].

Le parc

Les Fontaines bleues[modifier | modifier le code]

Les Fontaines bleues intriguent par leur couleur : ce sont des exsurgences artésiennes dont la couleur bleu turquoise est due à la présence d'algues microscopiques[12]. Au milieu de la clairière, les bassins des fontaines, forment des entonnoirs de 10 à 18 mètres de profondeur, et l'eau, d'une température constante de 13 °C, s'écoule avec un fort débit et forme l'Étier de Beaulon. Chaque fontaine porte un nom : la Grande Fontaine, le Miroir des fées, la Fontaine aux fées, les Fontaines sereines, les Sources vives, et la Fontaine de la Main rouge avec sa légende. Autour, l'aménagement a été étudié en jardin sauvage avec sous-bois d'aulnes, de frênes, d'érables et des vivaces autochtones[5].

Les libellules sont très présentes.

L'accès aux Fontaines bleues par le chemin de gauche, puis le retour par celui de droite, permettent d'accéder au chai du château[5].

Les Fontaines bleues
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Christian Thomas, Prospectus du château de Beaulon, , 2 p.
  2. a et b Frédéric Chassebœuf, Châteaux, manoirs et logis : La Charente-Maritime, vol. 2, éditions Patrimoine et Médias, , 795 p. (ISBN 978-2-916757-27-8)
  3. a, b et c « Château de Beaulon », notice no PA00105170, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Coordonnées d'après Géoportail
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Christian Thomas, « Château de Beaulon », Château de Beaulon 17240 St Dizant du Gua France, sur http://www.chateau-de-beaulon.com, T3a (consulté le 15 avril 2017)
  6. a et b « Parc du château de Beaulon », notice no IA17008884, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 18 juillet 2011.
  7. a, b et c Robert DUCHER (photogr. Pierre Devinoy), Caractéristiques des styles, Paris, FLAMMARION Editeur, , 410 p. (ISBN 9782080113597), p80
  8. Claude Mignot et Daniel Rabreau (ill. illustration couleur), Temps Modernes XVe-XVIIIe siècles, Paris, Flammarion, coll. « Histoire De L'art », , 575 pages p., 19,7 cm × 26,3 cm × 3,8 cm (ISBN 978-2081244269)
  9. Jean-Michel Othoniel, « L'Art nouveau ou l'esthétique des courbes », France Culture.com Les jeudis de l'expo par Elisabeth Couturier (consulté le 23 novembre 2009)
  10. La colonne torse en Périgord à la Renaissance. Entre tradition ornementale et influence espagnole, Mélanie Lebeaux, LOCVS AMŒNVS, 2009-2010.
  11. a, b et c Jean-Pierre Babelon, Châteaux de France au siècle de la Renaissance, Paris, Flammarion / Picard, 1989/1991, 840 pages p., 32 cm (ISBN 978-2080120625)
  12. Pierre Tillinac, Un bleu comme on n'en voit jamais, Sud Ouest du 18 juillet 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guide des parcs et jardins de Charente-Maritime, Philippe Prévôt, éditions Sud-Ouest 2003, (ISBN 2-87901-497-2)
  • Frédéric Chassebœuf, Châteaux en Poitou-Charentes, Prahecq, Patrimoines et Médias, coll. « Belles visites », , 173 p. (ISBN 2-910137-91-0, OCLC 71887670)